Fargo71, boa noite
Je crois important de clarifier certaines « petites » choses.
Je crois pouvoir affirmer qu’aucun d’entre nous, expats au Brésil, ne veut descendre en flèche le pays que nous avons « choisi », plus ou moins, qui nous reçoit et avec lequel nous tentons de d’établir les meilleures relations possibles.
Bien sûr que le Brésil est un pays motivant! Bien sûr que c’est un pays passionnant! Bien sûr que l’on ne peut pas toujours comparer à la France.
Le problème n’est pas lá. Chico, Arnaud, Henri, Benji - et j’en passe d’autres dont je ne me rappelle plus le nom; et je m’en excuse! -, et moi-même essayons tout simplement de passer du stade de la fascination - légitime - envers un pays aimé/halluciné, à celui de la réalité.
Il y a, je crois, une grande part d’honnêteté de la part de tous ceux qui passent du temps - sans parler des émotions! - à répondre aux nombreuses questions de ceux qui, un jour, ont envie de tenter la vie, une vie différente, au Brésil.
Nous les respectons. Ils nous rappelle nos propres envies, projets et projections. Bien sûr que, si Fred a envie d’aller au Brésil - seul ou avec sa fille - il peut, il doit y aller si cela a du sens pour lui! Aucun d’entre nous pourrait dire le contraire! Mais la différence entre Fred, ou trucmuche, et nous, c’est que, pour la plupart d’entre nous, nous avons passé déjà du temps derrière le miroir d’Alice…
Si nous avons, je suis sûr, pour la plupart d’entre nous la même envie (en portugais brésilien on parlerait de « tesão », mot fort qui n’a pas beaucoup d’équivalence en français), nous nous sommes bien souvent « casser les dents » quand il s’est agit de passer du « rêve » à la réalité (même préparée le mieux possible).
Aussi, chacun d’entre nous, avec ses mots, ses difficultés d’expression propres, ses expériences - « bonnes » ou « mauvaises » - essaie d’alerter sur certains dangers que, seule, l’expérience vécue, peut nous permettre de formuler. Une expérience « X » au Mali ou en Colombie, n’a rien a voir avec le vécu qui lui « correspond », généralement, au Brésil.
Voilá. Notre « prétention », en gros ne va pas plus loin que cela. Au Brésil, passé le miroir aux alouettes, passée la fascination/attraction qui nous maintient en vie, il y a la « réalité » de chacun… Et l’honnêteté de chacun, je crois,- je suis sûr - le pousse à privilégier le pragmatisme par rapport à la fantaisie.
Oui, on peut « kiffer » au Brésil! Oui, la vie peut y être belle, au pied des cocotiers! Oui, en apparence, les relations entre les « gens » sont plus simples, plus directes. Oui, pour beaucoup de choses que l’on note lorsque l’on est touriste.
Mais, NON,- désolé de casser le rêve!- quand on débarque avec les 64 kilos réglementaires de bagages pour affronter la vie de tous les jours na Cidade Maravilha ou nos Lençois do Maranhão! Non, les « petits logements pas chers » ne sont pas si fréquents; non les musiciens « si cool » avec leur maconha fresquinha ne sont pas si sympathiques dès lors que vous avez envie de piétiner leurs platte-bandes; non, a Senhora Fulana de tal, n’est pas si communicative avec ceux qui veulent s’installer ou acheter na Barra de Tijuca, etc.
La réalité est là, brother, quand on pose sur le sol les deux valises de 32 kilos avec, pour projet, celui de « faire sa vie » dans le pays du futur.
On n’est pas dans une conversation de café du Commerce. Après les fantasmes et les fantaisies, place à la réalité de chacun. Et il ne s’agit pas de « délires » d’Arnaud ou de Chico, ou de qui que ce soit… Il s’agit simplement de mettre en garde sur la « descente d’acide »: il n’y a pas de parachute adapté, ni de ligne de conduite clairement définie ou « padronizada ».
Tu comprends, Fargo71? C’est juste que chacun fait un effort pour dire (avec ses mots, ses ressentis, ses émotions, ses limites, ses appréhensions, ses espoirs -encore en vie ou déçus - que ce qui fait la grande différence entre le rêve et la réalité, c’est comment chacun est « préparé » pour l’atterrissage.
Je te rassure, malgré toutes les précautions possibles, personne ne l’est jamais vraiment. Car chacun est différent.
Donc, bien sûr Fred peut tenter le coup. Bienvenue à Rio! Mais, je crois, que chacun de nous se sentirait un peu mal à l’aise à ne pas dire ce qu’il en est de ces différents/multiples Brésils que nous rencontrons.