Zoom sur la stratégie d'immigration canadienne à cinq piliers
Le 20 septembre dernier, Sean Fraser, le ministre de l'Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, a rendu public une stratégie d'immigration à cinq piliers, élaboré par son ministère. Il faisait écho à la motion datant de mai 2022 du député Randeep Sarai, demandant au gouvernement canadien d'honorer la promesse faite en décembre 2021 : celle de présenter un nouveau plan d'immigration économique pour les travailleurs de tous niveaux de qualification.
Les cinq piliers peuvent être résumés comme suit :
- Pilier 1 – Tirer parti de l'augmentation des niveaux d'immigration
Il s'agit là, d'atteindre les objectifs d'augmentation de l'immigration fixés pour la période 2023-2024. Selon cette nouvelle stratégie, le Canada devrait accueillir 447 055 nouveaux immigrants en 2023 et 451 000 en 2024. Le pays est d'ailleurs en voie d'atteindre son objectif de 431 645 nouveaux immigrants pour 2022 et il est même probable qu'il le dépasse. Quant à l'objectif d'immigration pour 2025, il sera annoncé en novembre.
- Pilier 2 - Réformer le système Entrée express et assouplir les outils de sélection des immigrants
A titre d'information, le système Entrée express prévoit un délai de traitement de six mois ou moins. La présente réforme affectera les critères d'attribution de points nécessaires pour être éligible au système en vigueur, en accordant plus de points aux études et à l'expérience professionnelle au Canada, à la maîtrise de la langue et à l'existence d'une offre d'emploi. L'octroi de plus de points pour une éducation canadienne incitera les étudiants internationaux à rester dans le pays après y avoir obtenu leur diplôme. La réforme touchera également la préférence accordée à certaines professions très demandées dans la Classification Nationale des Professions (CNP) pour Entrée express. Seize nouvelles professions seront ainsi admissibles au système, tandis que trois autres seront éliminées.
- Pilier 3 – Améliorer les programmes permanents d'immigration économique et les programmes pilotes
Ce module permettra d'aider les travailleurs à convertir leur visa temporaire en visa permanent plus facilement dans les secteurs à forte demande. Il s'agit de la mise en œuvre d'une Classification Nationale des Professions actualisée à partir de novembre afin de répertorier les professions les plus en demande. Comme le rapporte le cabinet juridique Canadim, la nouvelle classification remplacera également les niveaux de compétences par la rubrique FÉER : Formation, Éducation, Expérience et Responsabilités. Parmi les professions à forte demande figurent celles de médecin, d'infirmière, d'ingénieur, d'architecte, de responsable des ressources humaines et de soudeur.
Les autres aspects de ce pilier concernent l'amélioration des programmes pilotes qui facilitent la transition des soignants et des travailleurs de l'agroalimentaire, vers la résidence permanente. Il s'agira également d'améliorer l'accès à une meilleure information aux nouveaux arrivants afin qu'ils puissent présenter plus facilement leur candidature aux programmes d'immigration permanente fédéraux, provinciaux ou territoriaux.
- Pilier 4 – Aider les collectivités à attirer et à retenir les nouveaux arrivants, notamment par l'immigration francophone
Il s'agit ici d'augmenter le niveau d'immigration des francophones dans les régions hors Québec, et créer un nouveau Programme des Candidats des Municipalités (PCM). Il est à rappeler que le français est la deuxième langue officielle du Canada avec l'anglais. Bien que la population francophone soit concentrée dans la province de Québec, ses compétences linguistiques sont également demandées dans d'autres provinces. Ceci est une excellente nouvelle pour les immigrants potentiels en provenance de France et d'Afrique francophone. Quant au Programme des Candidats des Municipalités, il a été introduit pour la première fois en 2019 et permet aux petites villes peu desservies d'accueillir des immigrants permanents.
- Pilier 5 – Renforcer la capacité opérationnelle
Ce dernier axe de réforme concerne la numérisation et la modernisation du système d'immigration canadien pour améliorer la capacité et la rapidité du traitement des visas. Cette mesure est impérative pour résorber l'arriéré de près de 3 millions de demandes de visas en suspens, auquel le Canada est confronté. Cet arriéré ne cesse de croître, puisque les demandes de visa ont augmenté de près de 60 % en 2022. Par ailleurs, certains visas, comme ceux des Candidats des Provinces et des travailleurs qualifiés sélectionnés par le Québec, sont désormais entièrement traités en ligne. Certains entretiens relatifs aux visas se déroulent également via Internet.




