L’Europe : destination la moins chère des destinations chères

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Publié le 2019-07-08 15:32

On aurait tendance à croire que la vie en Europe de l’Ouest est peu abordable. Pourtant, cette région est loin d’être la pire pour les expatriés, si l’on en croit l’enquête annuelle du cabinet Mercer sur le coût de la vie. Retour sur les trouvailles de cette enquête.

Plusieurs grandes capitales européennes ont fait un bond en arrière dans le classement du cabinet Mercer. Milan (45e rang), Paris (47e rang), Oslo (61e rang) et Madrid (82e rang) ont par exemple chuté de 12, 13, 14 et 18 places respectivement. Elles sont loin derrière Hong Kong, Tokyo et Singapour, les trois premières villes du classement. Cette année, huit des dix villes les plus chères pour les expatriés sont asiatiques. La seule ville européenne qui fait partie du top dix est Zurich, à la 5e place. 

Cependant, il ne faut pas croire que le coût de la vie baisse en Europe, c’est même plutôt l’inverse. « Malgré une hausse modérée des prix dans la plupart des villes européennes, les devises locales se sont affaiblies par rapport au dollar américain, ce qui a fait chuter la majorité de ces villes dans le palmarès, explique, dans un communiqué, Yvonne Traber, responsable des solutions en matière de mobilité à l’échelle mondiale chez Mercer. De plus, d’autres facteurs comme les récents problèmes de sécurité et les perspectives économiques inquiétantes ont eu un impact sur la région. », ajoute-t-elle.

En effet, en mars 2019, date à laquelle a été réalisée l’enquête sur laquelle sont basées ces données, la valeur d’un euro évoluait entre 1,119 80 USD et 1,142 80 USD. Or le dollar américain est la valeur de référence du classement Mercer sur le coût de la vie. On peut rappeler également que plusieurs pays européens ont été frappés par des attentats et des attaques terroristes en 2018 et 2019. C’est le cas, par exemple, du Royaume-Uni, de la France et des Pays-Bas. 

La faute du Brexit ?

Le Brexit ne semble pas être à l’origine du petit recul que connaissent, notamment, les villes britanniques comme Londres et Birmingham. "Ces conclusions indiquent que le Royaume-Uni demeure une destination attractive pour les entreprises qui cherchent à délocaliser leur personnel vers les centres d’affaires et de finance internationaux, en dépit des vents contraires insufflés par les médias, dont le Brexit fait partie », analyse Kate Fitzpatrick, cheffe des services professionnels en mobilité internationale chez Mercer pour la zone Royaume-Uni et Irlande. 

Les propos de Caroline Guigou, expatriée à Londres depuis un an, abondent dans le même sens que ceux de Kate Fitzpatrick. Cette jeune Française, qui a trouvé un travail dans la capitale britannique quelques mois après son arrivée, ne croit pas que le Brexit ait fait peur à son nouvel employeur londonien. "Il y a tellement d’offres d’emploi à Londres. Je ne crois pas que ça va changer grand-chose", assure-t-elle.

Toutefois, selon l’entreprise en conseil immobilier Savills, le Brexit a bien un impact sur le marché de l’immobilier londonien : après plusieurs années de baisse, les loyers de la capitale devraient augmenter en moyenne de +11,5 % au cours des cinq prochaines années et de +12,6 % dans les principales banlieues. Actuellement, pour un logement de deux chambres, les loyers s’étendent entre 1000 £ et 3250 £ — soit entre 1116 € et 3628 € — selon la carte interactive des loyers réalisée par la Mairie de Londres.  

Londres 

Bien qu’elle ait perdu quatre places, Londres reste tout de même la 23e ville la plus chère pour les expatriés. Sur les 209 villes du classement, elle occupe la première place du podium concernant le prix du billet de cinéma : près de 25 $ pour une personne ! 

Paris 

Située à la 47e place du classement Mercer, Paris reste abordable si on la compare à certaines grandes villes asiatiques, américaines et même européennes. De quoi faire relativiser les Parisiens qui se plaignent de l’augmentation du coût de la vie ? Pas vraiment, car il faut noter qu’en 2018, Paris est devenue la ville européenne la plus chère en ce qui concerne le prix du m2, alors que le haut du podium était auparavant occupé par Londres. La situation pourrait s’inverser, car les deux capitales restent au coude à coude. 

Genève

Contrairement à Zurich, qui trône en 5e position dans ce classement sur le coût de la vie, Genève n’occupe "que" la 13e place. Elle est également 9e dans le classement sur la qualité de vie de Mercer, un classement basé sur 39 critères, dont la sécurité, l’environnement, les transports et les soins médicaux. Les amateurs de McDo devront toutefois prendre en compte le fait que c’est en Suisse que le Big Mac coûte le plus cher !

Berlin 

Berlin se trouve à la 81e place de l’enquête sur le coût de la vie, juste avant Madrid, mais après deux autres villes allemandes importantes : Munich (67e place) et Francfort (74e place). Toutefois, la cosmopolite capitale allemande n’est pas à l’abri de la flambée des prix de l’immobilier qui touche l’Europe. Rien qu’entre 2016 et 2017, les prix des loyers ont bondi de 20,5 % selon une étude réalisée par le cabinet de conseil britannique Knight Fox. Ainsi, pas plus tard qu’en avril dernier, des milliers de Berlinois sont sortis dans la rue pour dénoncer la spéculation immobilière. Cependant, Berlin reste une ville plus abordable que Paris, Londres ou Genève. 

Madrid 

Située à la 82e place de ce classement du coût de la vie, la capitale espagnole est aussi l’une des villes les plus prisées par les expatriés. En effet, vivre à Madrid coûte moins cher que de vivre dans une autre capitale européenne populaire comme Paris, Londres, Genève ou Dublin. Par exemple, pour une sortie au restaurant, on peut s’en sortir avec une douzaine d’euros seulement. De plus, elle dispose d’infrastructures accessibles et de qualité, notamment en termes de santé et de transports.