De la grisaille du Royaume-Uni au soleil du Chili

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Interview
Publié la semaine dernière

Nina est ce qu'on appelle une expatriée en série. Passionnée par le voyage d'aventures dès l'âge de 18 ans, elle se spécialise par la suite dans le voyage de luxe. Aujourd'hui, elle a la chance de vivre au Chili, l'un des plus beaux pays d’Amérique latine. Blogueuse et maman de trois enfants, elle parle à Expat.com de sa nouvelle vie bien remplie à Santiago.

Bonjour Nina, peux-tu te présenter brièvement ?

Je viens d'Angleterre et vis au Chili avec ma famille en janvier 2018. Avant cela, mon époux travaillait au Nigeria où nous avions initialement prévu de nous retrouver. En revanche, j'attendais un enfant et, avec deux autres, nous n'étions pas convaincus que le Nigeria serait l'endroit idéal pour nous. Nous avons donc révisé notre projet, ce qui nous a mené vers le Chili.

Nous avons trois enfants : Sébastien qui a trois ans, Rafa qui en a deux et Annabelle qui n'a que trois mois. Je profite aujourd'hui de ma nouvelle vie dans ce pays fabuleux. J'ai une formation dans les relations publiques pour le compte de grandes marques de luxe et je suis actuellement blogueuse et rédactrice en freelance.

Quelles étaient les formalités à remplir pour s'installer au Chili ?

Pour venir au Chili, l'un des membres de la famille doit être détenteur d'un visa de travail obtenu au préalable. A l’arrivée, le reste des formalités doivent être complétées au bureau des visas. Nous étions prévenus que cela pouvait être un véritable cauchemar avec de longues files d'attentes dès l'aube mais nous avons eu de la chance. En une vingtaine de minutes, tout était réglé. Comme j'attendais un enfant à l’époque, nous avons eu la priorité et obtenu l'aide d'un consultant.

Qu'est-ce qui te plaît le plus au Chili et le moins ?

Venant d'un pays où il pleut presque toujours, j’apprécie vraiment le soleil. Le climat est vraiment agréable et je me sens vivante et heureuse. C'est également beaucoup plus pratique. Avec mes enfants, nous arrivons à profiter pleinement du plein air avec un peu de crème solaire. Au Royaume-Uni, il fallait toujours sortir le parapluie, les bottes et les gilets imperméables.

La seule chose qui me plaît le moins c'est le coût de la vie. Santiago est une ville chère. Je dirai même que le coût de la vie en Suisse était inférieur à celui-ci. Si les prix sont bas, les salaires le sont aussi, alors tout est relatif.

Il est vrai que les loyers ne sont pas aussi cher qu'à Londres ou Hong Kong, mais les prix grimpent rapidement lorsqu'on achète des produits importés. L'enseignement a un prix absurde compte tenu de la qualité. Au Royaume-Uni, avec un niveau bien supérieur, on payait beaucoup moins. J’étais vraiment choquée de découvrir l’état des écoles privées ici, ainsi que leurs frais !

Comment décrirais-tu le Chili en une phrase ?

C'est un petit pays mais beau, ensoleillé et traditionnel.

expatriee au Chili

Qu'est-ce qui t'a le plus surpris au Chili ?

Santiago, du moins, est une ville très développée, particulièrement en raison du dynamisme de l'écosystème des start-ups. Cependant, l'on ne peut qualifier le Chili de pays développé en ce qui concerne faire ses courses en ligne, ou encore, la location de vélos électriques.

Qu'est-ce qui caractérise le marché du travail chilien ?

Pour ceux qui ont encore des souvenirs du boom minier des années 90s et des salaires incroyables offerts aux expatriés, sachez que c'est du passé. Il existe toutefois plein d’opportunités pour les anglophones bien que les salaires restent faibles.

Est-il difficile de trouver un logement à Santiago ? Quels sont les types de logements disponibles ?

La recherche de logement dépend surtout de vos critères et de votre style de vie. A mon arrivée, je recherchais plutôt un appartement dans le centre-ville pour que je puisse prendre mes repères. Ce fût vraiment difficile de trouver un appartement avec trois chambres, une salle de jeux et un endroit pour notre femme de ménage. Vitacura et Las Condes sont les quartiers les plus populaires de Santiago mais l'on y trouve généralement des appartements de deux chambres. Notre choix s'est donc porté sur un bâtiment plus vieux qui nécessitait une légère rénovation.

Quels sont les festivals les plus populaires au Chili ?

En tant qu’expatriée au Chili, j'ai l'impression qu'il y a des festivités pratiquement toutes les semaines. Septembre est le mois le plus attendu de toute l’année avec la fête de la fondation de l’État moderne du Chili autour du 18.

Quels sont les principaux codes culturels au Chili ?

Mes amis espagnols me disaient toujours que les Chiliens sont de nature réservé et un peu snobs, mais je ne le vois pas trop puisque les Britanniques sont plus ou moins similaires.

Que penses-tu du mode de vie au Chili ?

Comme n'importe où ailleurs, la vie peut être merveilleuse l'on a les moyens. D'une manière générale, on constate une meilleure performance du secteur privé que du public. Sur le plan de la santé, par exemple, tout va bien lorsqu'on a une bonne mutuelle. Nous avons fait pas mal de va-et-viens à la clinique et cela s'est plutôt bien passé.

Dans la vie de tous les jours, les Chiliens ne sont pas très ponctuels. On travaille tard puisqu'on est toujours en retard. Pour ma part, c'est une chose que je n'apprécie guère puisque cela empêche aux parents de passer du temps avec leurs enfants. Au final, c'est la femme de ménage qui doit se charger de tout.

Nina a Santiago

Quels sont les moyens de transport disponibles au Chili ? Comment te déplaces-tu ?

Je me déplace principalement à pied et en voiture, même si j'essaye d’éviter autant que possible de prendre le volant. La pollution est à son comble durant les heures de pointe en raison de la congestion routière et je ne souhaite pas y contribuer. On a aussi le métro et mon époux prend le bus pour se rendre au travail. Même s'ils sont généralement bondés, les transports en commun sont efficaces.

As-tu eu des difficultés d'adaptation à ton nouvel environnement ?

Jusqu'à présent, j'ai vécu dans 8 pays y compris l’Angola avec son environnement particulier. Si l'on a les moyens, vivre à Santiago peut être agréable et confortable. Il est également facile de faire de nouvelles rencontres, qu'il s'agisse d’expatriés ou de locaux, et de se faire des amis. Je n'ai encore jamais entendu un expatrié se plaindre de sa nouvelle vie au Chili. J'avoue que je me sens très bien ici et que cela me ferait de la peine de partir.

Que fais-tu de ton temps libre ?

Comme je travaille en freelance et que j'ai des enfants, je n'ai pas beaucoup de temps libre. Dès que l'occasion se présente, j'en profite pour sortir avec des amis, faire un tour au parc ou faire du sport. Je viens d'engager un instructeur à domicile. Des fois, je vais à la découverte des splendides vignobles du Chili.

Y a-t-il des activités nocturnes pour les fêtards ?

A Barrio Italia, par exemple, on trouve de nombreux bars et restaurants. Les restaurants les plus chics, pour leur part, se trouvent à Vitacura. D'une manière générale, on trouve de tout à Barrio Italia, allant des dîners aux rencontres et événements.

Quelles nouvelles habitudes as-tu adoptées au Chili ?

Je dois avouer que la disponibilité d'une multitude de services et facilités m'a rendue un peu farniente. Ici, on a des gens pour laver et garer sa voiture et faire le ménage. Et puis, je profite pleinement du climat. Si on avait ce type de climat au Royaume-Uni, je crois que j'aurais enfilé mon maillot de bain aux petites heures du matin ! Ici, en revanche, je profite des galeries d'art.

maman et nouveau ne

Quelles vieilles habitudes as-tu laissé tomber ?

J'aime bien le thé mais puisque c'est dur d'un trouver ici, je privilégie les infusions à base de plantes.

Y a-t-il une chose que tu souhaiterais faire au Chili mais dont tu n'as pas encore eu l'occasion ?

L’équitation ! J'ai un peu perdu l'habitude depuis ma grossesse. A présent, je dois attendre que mon nouveau né grandisse un peu pour que je puisse m'accorder un peu de pratique. Il y a pas mal de clubs d’équitation dans la capitale.

On trouve également de splendides vignobles au Chili. Nous en avons déjà visité quelques-uns mais je n'ai pas encore eu l'occasion de déguster leurs merveilles, ni durant ma grossesse ni maintenant puisque j'allaite. J'aimerai donc en profiter véritablement.

Quel est ton meilleur souvenir du Chili ?

Le jour où je suis tombée dans les pommes au milieu de la rue. Les enfants étaient avec moi. Tout le monde a accouru pour me venir en aide. Je suis particulièrement reconnaissante envers une dame qui avait arrêté sa voiture pour m'aider.

Si tu pouvais repartir à zéro au Chili, que ferais-tu différemment ?

Si seulement je n'attendais pas un enfant à l'époque. Je plaisante, évidemment, mais c'est vraiment dur de s'expatrier durant une grossesse.

Que penses-tu de la cuisine chilienne ? Quelles sont tes spécialités culinaires préférées ?

Je suis pratiquement végétalienne et mon cadet a des allergies. Il est donc compliqué pour nous d'aller manger au restaurant. Nous préférons dîner avec des amis. Parmi nos spécialités préférées, il y a l'empanada, une pâtisserie savoureuse garnie de poulet ou de légumes et le chanco en piedra, une merveilleuse salade de piments zingy. Je raffole de l'avocat qui accompagne presque tous les plats. Originaire du Venezuela, les arepas sont une sorte de crêpe/pain que j'aime beaucoup quand c'est ma bonne qui les prépare.

maman et enfant

Qu'est-ce qui te manque le plus par rapport à ton pays d'origine ?

Le thé, ma famille et les journaux du dimanche.

Es-tu déjà arrivé au point de vouloir quitter le Chili ? Comment as-tu surmonté cette étape ?

Oui, c’était quand mon époux a été forcé à travailler pendant que j'étais très malade. J'ai même cru que j'allais perdre mon enfant. Fort heureusement, j'ai pu bénéficier de l'assistance de notre agent et mon enfant a pris naissance sain et sauf.

Quels conseils donnerais-tu aux futurs expatriés au Chili ?

Il faut vraiment dresser son budget dans les moindres détails et le contre-vérifier. Notez toutes vos dépenses, notamment en matière de soins de santé, d’éducation, de transport, de logement et de services de garde d'enfants. Tout cela peut coûter une petite fortune.

Avoir une maîtrise de l'espagnol avant votre arrivée est un plus. Même si les hôpitaux sont modernes, bien souvent les médecins ne sont pas anglophones. Il peut donc être difficile de s'en sortir sans connaître la langue locale.

Pensez aussi à demander votre carte d’identité nationale, appelée RUT, le plus tôt possible. Faites-en une priorité si vous avez recours à un agent pour votre déménagement. Cette carte est indispensable pour toutes les démarches au Chili, allant de la location d'un bien immobilier à la souscription d'un forfait téléphonique et la connexion au réseau électrique. Même pour bénéficier de remises au supermarché, il vous faudra un RUT !

Quelles seraient, selon toi, 5 choses à mettre dans sa valise en allant vivre au Chili ?

Du beurre de cacahuètes de bonne qualité, des sachets de thé, des vitamines et des couches si vous avez un bébé. Tout est cher ici. Pensez aussi à emmener des médicaments, même s'il est possible d'en trouver suivant une longue période d'attente.

Quels sont tes projets d'avenir

Si j'aime bien bloguer et travailler à distance, j'avoue que l'environnement professionnel me manque. A l'avenir, je souhaite trouver un poste à temps partiel dans le domaine du marketing, et puis faire de l’équitation et profiter du bon vin !