LE PARAGUAY PRATIQUE - par l'expérience de ceux qui y travaillent

Au travers des questions qui me sont posées par message privé, puis ensuite par mail, je m'aperçois que chaque question en cache une autre, et c'est bien normal. 

Du côté des demandeurs, j'ai constaté qu'avant de poser leurs questions sur le pays, beaucoup se sont déjà forgé leur petite opinion au travers de sites qui parlent du Paraguay en des termes tels que des gens comme nous qui y vivent, nous demandons si le type qui a écrit ça, a déjà posé ne serait-ce qu'un orteil sur le sol paraguayen...
Partant du principe que le regard que l'on porte sur les choses (ou sur un pays) influence considérablement l'opinion que l'on s'en fait, il est bien dommage d'arriver avec une opinion basée sur des sources bâtardes qui, majoritairement, présentent le Paraguay comme un pays dans lequel tout ce qui est compliqué chez nous serait simple ici !

Du côté de ceux qui répondent, je m'aperçois que les réponses faites par ceux qui vivent ici ne sont pas toujours adaptées à la question qui est posée.
Par exemple, si quelqu'un pose une question dans le but de venir s'installer pour monter une affaire, toute réponse émanant d'une personne qui ne connait pas le process administratif d'une activité commerciale et qui n'a jamais eu à employer du personnel, ne pourra qu'être évasive, voire même parfois induire en erreur celui qui la pose. Souvent bien involontairement et partant d'un bon sentiment, mais il faut bien reconnaitre que vivre de sa retraite ou de ses rentes au Paraguay, et y vivre d'une activité qu'on a créée soi-même, ne nous apporte pas du tout la même vision du pays, cette vision que nous transmettons aux autres.

Je connais personnellement nombre de retraités qui vivent au Paraguay depuis des années, dont des amis personnels, qui pensent que le pays n'a plus de secret pour eux, alors qu'ils n'en connaissent que ce que leur vie inactive (nulle critique ici) ne leur laisse entrevoir, c'est à dire quasiment rien d'après moi.
Et comme le dit le docteur Saro Vera  - paraguayen/guarani -  dans son livre que je cite souvent et qui traite de la double personnalité du Paraguayen dès qu'on entretient avec lui des rapports professionnels ou d'argent : chez les étrangers, entre un retraité et un actif, la perception du pays sera bien différente, le premier n'ayant jamais eu à traiter les problèmes qui fâchent 
 
Ne sachant comment aborder ce problème qui me semble sans solution, je me suis dit que le meilleur service que nous pourrions rendre aux gens qui sont désireux de venir travailler ici, serait de leur faire découvrir le pays au travers d'anecdotes que nous avons vécues, tant professionnelles que de la vie privée.

Un genre de fourre-tout, qui se lirait comme un recueil, et qui donnerait au candidat à l'expatriation une vision autrement plus concrète de la vie du quotidien qu'au travers de réponses à des questions précises qui ne traitent que l'aspect technique, et rarement du contexte particulier du pays lui-même...

Je commence, mais j'espère que d'autres suivront !

Evidemment, tout le monde peut poser des questions...

Fausse inspection de la Dirección de Servicios Ambientales

J'ai eu par deux fois la visite de vrais-faux inspecteurs de la Dirección de Servicios Ambientales du Paraguay, qui est l'équivalent du Ministère de l'environnement chez nous.

Le premier qui est venu, un an après l'ouverture (2012), s'est présenté comme venant à la demande d'un ami commun pour inspecter mes installations, avant l'inspection officielle, et ce dans le but de m'éviter une amende pour non-conformité.
J'ai de suite flairé le piège, mais je n'avais aucun motif valable pour lui refuser cette inspection officieuse, puisque je ne savais pas s'il était réellement employé au ministère ou non.
Après l'inspection il a déclaré que le traitement des eaux usées et des ordures de mon hôtel n'était  pas conforme (à quoi, je me le demande) et que lors de l'inspection officielle je serais bon bon pour une amende de 30 millions Gs (environ 4500€), avant d'ajouter : moi, je peux t'éviter l'inspection officielle, tu me donnes 10 millions (environ 1500€) et on n'en parle plus.
J'ai botté en touche en disant que j'allais réfléchir à la question.

Deux mois plus tard, un autre est arrivé avec un dossier élaboré à partir des infos relevées par son prédécesseur. Les documents étaient rédigés sur le papier à entête du ministère et couverts de signatures et de tampons tous azimuts. Il a inspecté lui aussi les installations avant de déclarer : si je fais mon boulot correctement, je suis obligé de te coller une amende de 30 millions Gs (environ 5000€). Mais si tu me donnes la moitié en espèces, ton dossier ira directement à la poubelle.
Evidemment j'étais très ennuyé, car je sais que même si l'amende était "bidon", elle pouvait se transformer rapidement en une amende réelle en cas de refus, avec la complicité des copains travaillant au ministère.
Et puis, quelles garanties avais-je en cas de paiement de la moitié en espèces ?
J'ai donc répondu que je n'avais pas une telle somme pour gagner du temps.

Puis j'ai téléphoné au maire d'Aregua pour lui demander s'il pouvait m'aider.
Peu après, le maire m'a rappelé pour me dire qu'il envoyait un type de la mairie pour vérifier les installations. Lors de la visite, ce troisième "inspecteur" n'a rien trouvé d'anormal.

Enfin, le maire m'a rappelé pour me confirmer que renseignement pris à la Dirección de Servicios Ambientales, il n'y avait aucune demande d'inspection me concernant.

Je n'ai plus jamais été inquiété.

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