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Les belles histoires de Mayotte

Un tantinet excédé par les discussions ne traitant que de l'insécurité et des drames à Mayotte, et dans la mesure où je crois que comme partout ailleurs on trouve plein de méchants dans les rues, je propose cette discussion qui pourra permettre à celles et ceux qui en vivent de raconter des belles histoires sur Mayotte : des échanges interculturels, des traditions partagées, des moments de joie simple, des rencontres...
Quelqu'un peut-il nous parler de cette tradition du Voulé par exemple ? Ou bien de tout ce que les métros qui vont débarquer ne connaissent pas encore ?
Guillaume

Cà c'est une bonne idée
J'me lance
Celà fait maintenant, hummm, qqs semaines, mois, année, pas si loin que çà de la décennie, que tous les matins, je pars à 06h du mat pour le boulot et que je fais çà avec le sourire: je sais que je vais faire 12km en bordure du lagon et que je vais voir le soleil se lever sur la mer. C'est magnifique, jamais pareil et çà donne plus de peche que n'importe quel morceau du periph de paname ou d'ailleur. C'est bête je sais mais que c'est beau

MERCI!!!!!

J'ai une amie qui vient de rentrer de Mayotte et elle a su elle aussi me raconter de belles histoires.
Car quoique l'on puisse raconter, les personnes qui viennent à Mayotte, bien souvent découvrent Mayotte, aime Mayotte, décide d'y rester et s'ils doivent repartir ne rêvent que d'y retourner.

Sherpa

Le Jasmin.
Excellente idée ce forum, un peu de rêve exotique ça ne peut faire que du bien, d'ailleurs il n'y a pas plus de crimes à Bandrélé qu'à Bordeaux, c'est juste le nombre d'habitants qui change! Je plaisante bien sûr.
Les fleurs de jasmin ont ici une symbolique d'accueil très forte, vous le verrez dès l'aéroport, les gens qui arrivent sont accueillis par leur famille avec un collier de fleurs où le jasmin a une bonne part, "Caribou Maoré": "Bienvenue à Mayotte". "Caribou" veut dire "bienvenue", mais aussi "près"ou "approche-toi". Le jasmin est donc la fleur de l'accueil, du mariage.
Une m'zunguette de mes voisines, disons "Fanny" est laissée par son mari qui doit se rendre en métropole pour deux mois pour des raisons professionnelles. Il n'est pas d'usage ici qu'une jeune femme reste seule longtemps. Une autre voisine "Faïdati", s'en inquiète et envoie son petit garçon porter une boite de fleurs de jasmin à la jeune femme avec comme conseil de la mettre au réfrigérateur. Celle-ci, nouvelle venue, trouve ça très gentil, mais ne sait pas quoi faire de fleurs sans tiges. Faïdati vient  tenter de lui expliquer, ce qui n'est pas facile car aucune des deux ne parle la langue de l'autre. Comme c'est plus simple par gestes, elle montre qu'il faut répandre les fleurs sur le seuil, puis dans la pièce qui conduit à la chambre de Fanny, pour terminer, elle en met sur le lit. Le fils de Faïdati explique que c'est pour faire revenir le mari.
-Et s'il ne revient pas?
-Ça ne fait rien , un autre viendra.
Fanny comprend alors qu'il s'agit d'une façon traditionnelle d'inviter...à ne pas prendre le thé.
Comme dans un conte de fée, la morale est sauve, le mari est revenu et ils eurent beaucoup d'enfants. Enfin un seul en réalité, c'est déjà bien.
Le dicton de Tonton Saïd: "Qui plante un jasmin à la St Glinglin a des femmes plein son jardin".
à+

Aaaaaaaah, elle fait du bien cette discussion. Merci aux généreux contributeurs! :cool:

merci beaucoup pour ces belles histoires....ENCORE un peu

Une fois sur Mayotte.. vous aurez surement l'occasion d'aller Pique niquer sur l'ilot M'tsamboro.. Un endroit magnifique vous dirais je.. Sur cet ilot on y trouve aussi des oranges,  les meilleures de tout Mayotte en terme de gout... Je vous raconterai l'histoire de ce fruit ce soir.. Bon appétit a tous..:)

c'est bizare puisqu'il s'agit de raconter des bonnes choses sur mayotte ya pa grand monde

a penser qu'il ya pa grand chose a raconter de positif sur mayotte
c'est dommage!!!

le fameux voulé
c'est une sorte de barbecue au bord de la mer avec des banane, manioc, fruit a pain, brochette, du poulet grillé, du vin, des boisson, avec la musique a fond, on chante danse on joue du volley ball a la plage et bcp d'autre activité
ça permet de se detendre, de decouvrir d'autre personne et en meme temps se baigner avec une eau de 25 degré
en marée base si vous etes sur la plage de tanaraki au nord de mayotte vous pouvez aller sur une petite ilot qui se trouve a 200 m de la plage c'est trop beau mais aussi voir les corail, les differents coquillage de mayotte et bcp d'autre chose que vous n'avez jamais vu dans votre vie
bon week end a tous.....

Le voulé.
Le voulé a ses racines dans la vie communautaire où les repas étaient pris ensemble. Aujourd'hui on mange le plus souvent des ailes de poulet (bawas) incisées, marinées avec des épices frais écrasés avec un galet (oignons, curcuma,piment,sel...)et accompagnés de légumes cuits sous la cendre, ou frits (chaoula) fruit à pain, manioc, bananes. Le tout est servi avec du piment écrasé (putu). On peut faire la même chose avec les poissons du lagon.
Il n'y a pas si longtemps c'était souvent le peuple des chèvres qui faisait les frais du voulé, la bête était chassée et amenée à la plage. Il y avait beaucoup de ces chèvres plus ou moins errantes. On l’attrapait et hop, on la mangeait. Sur l'îlot Bambo il y en avait beaucoup autrefois, puis, de voulé en voulé elles ont disparu. La notion d'économie est apparue à une époque récente. Les familles riches, quand elles tuaient un zébu ne prélevaient que les morceaux les meilleurs et laissaient le reste aux plus pauvres. C'était aussi un  moyen d'asseoir son prestige social. Le kangué de coquillages se prépare encore souvent au bord de l'eau, plusieurs familles se réunissent pour les pêcher et les préparer. Ça cuit longtemps, c'est délicieux. Il y a des espèces aujourd'hui protégées comme le bénitier, mais ce n'est pas très respecté. Les tortues sont protégées à Mayotte et étaient souvent consommées sur place, je pense que c'est une explication à ces repas pris en dehors du village, la nourriture est plus fraîche et l'on n' a pas à transporter (il fait chaud).Toutes les occasions sont bonnes pour faire un voulé, voulé de classe d'âge, voulé de fin d'année scolaire, voulé des taximen, des menuisiers. Evidemment le lien entre la chasse, la pêche et le voulé tend à se distendre et on passe à la Snie ou à la Somaco afin de se procurer ce qu'il faut. Les jeunes et moins jeunes vont toujours à la chasse au hérisson. En résumé: il y a moins de vingt ans, on cueillait, on chassait, on pêchait pour manger, il n'y avait pas de famine car nous étions dix fois moins nombreux. Maintenant on va travailler pour acheter des (sous-)produits des agricultures européennes et asiatiques, disons que c'est le progrès.
à+, Saîd

Bonjour Saîd,
Merci pour ces informations.

A bientôt,
Harmonie.

Les belles histoires, on en redemande, on en écrit finalement peu et décidément, le thème de l'insécurité fait davantage recette. Score du jour: 382 consultations des belles histoires à 996 pour le topic sur l'insécurité. Alors je mets ce mot, histoire de faire remonter en tête ce sujet!
à+ Saïd.

histoire de vous faire sourire:
j'ai un copain menuisier qui a récup d'un chantier 2 portes en bois rouge vendredi. elles ne sont pas neuves bien sûr mais pas si abimées que çà non plus. Comme c'est pas son métier la récup, il les dépose devant son atelier (route très passante) vendredi soir; ben figurez vous que lundi elles y étaient encore !! et mardi aussi !!! alors hier soir en partant il a écrit à la craie : a vendre 10€, merci de laisser l'argent à la boulangerie en face. Il n'a pas eu le temps de fermer l'atelier que les portes avaient disparue..
Morale : on ne prends que ce qui vaut de l'argent

Une petite histoire sur les Djinn.

Très omniprésent sur Mayotte.. Les Djinn font parti de la société mahoraise. Vous en rencontrerez peut être un jour lors de votre séjour sur l'ile.

Sur Pamandzi, il y a une fundi femme très respectée qui depuis très jeune s'adonne aux rituels des Djinns..  On fait appel à cette personne régulièrement lors des rituels organisés sur Petite Terre.. Elle a une capacité rare, qui est celle de rentrer en contact avec n'importe quel Djinn( Azafady, Botobé, Alexandry, Soufflé...) sans qu'elle soit en trans. Ce qui est très rare..

Les Djinns sont des esprit bienfaisant pour ceux qui ne les connaissent pas encore!! Ils peuvent devenir malfaisants s'ils ne sont pas bien traités!!! Ils sont présents dans toutes les maisons de l'ile.. Ils fréquentent aussi les différentes plages de l'ile car....  ( à suivre)

encore !! encore !! encore !!

ça te va comme ça ???

...ils aiment se baigner ?

LOL

Les djinns peuvent prendre différente forme, ils aiment fréquenter les plages car ce sont les seul lieu où ils peuvent se retrouver entre eux, dans l'eau.. une fois dans l'eau les djinns n'en font qu'un.. ils peuvent donc papoter et s'accoupler.. Les bébés djinns viennent au monde tous les soirs de pleine lune.

Oula, quelle histoire :blink:!

Outre les Djinns, des créatures s’appelant " Moina Inssa" sont tout aussi omniprésents sur l'ile.. Ces dernières élisent domicile généralement dans les mangroves et au abords des lacs.

Il me semble que j'aurais du mal à me dormir ce soir! lol

Mais j'en redemande quand-même.;)

Les moina Inssa sont connus tout particulièrement par leur malice. En effet ces créatures ont le pouvoir de prendre une apparence humaine. La journée, ils restent planqué au fond des mangroves. C'est à la tombée de la nuit qu'ils quittent leur abri. Pour ne pas être reconnu, ils prennent un apparence humaine, le plus souvent c'est en très très très jolie fille qu'ils se transforment.. Mais un petit bémol, ces créatures n'ont pas de cheveux et ont une particularité, c'est d'avoir le bras gauche qui ne leur arrive qu'au niveau de la taille. Donc pour cacher cela, ils s'enrobent dans un drap multicolores qui s'appelle "Shoromany" un drap qu'ont trouve partout sur l'ile.
Donc à la nuit tombée en ayant pris l'aspect humaine, ils quittent leur refuge pour.... (à suivre)

-C'est le récit de l'ilot au sable blanc, en shimaoré "Mtsanga Tsoholé" (traduct. Le sable en forme de Riz).

Les faits se passent il y a très longtemps, à l'époque où les Sultans régnaient en maitre sur l'ile. Lors de la saison de mangues, un grand notable décide de marier sa fille unique, il est père de 12 garçons :). Pour le mariage il invita tout les villageois de Saziley, de Dapani, de Mtsamoudou ainsi que des amis de longues dates venus de la grande ile, Madagascar.

La cérémonie avait lieu sur l'ilot de Saziley, lieu où aujourd'hui se trouve l'ilot au sable blanc.

  Donc Vendredi après la grande prière tout ce beau monde prend la direction de l'ilot.. à l'époque on pouvait y accéder facilement en empruntant une digue. Pour accueillir ses convives le notable fait étaler des tonnes de grain de riz tout le long de cette digue, un peu comme on le faisait en France avec des pétales de rose.... Le notable avait tout fait en grand.. dans le spectaculaire afin d'en mettre plein les yeux à ses invité.. allant même contre les interdits.. dont le riz versé tout le long de la digue.. Alors que les tambour, les djembé, les shakacha, les gaboudzi raisonnaient à des kilomètres depuis l'ilot où la fête devient endiablée... Soudainement le ciel s'assombrit... le vent se lèva... (à suivre)

  -

Je fais remonter ce post car visiblement beaucoup de personnes sont en quête d'informations et ici ils pourront en trouver à la pelle.

Sinon je me charge de vous raconter mes petites belles histoires et surprises dès mon arrivée. Comme je suis hébergée dans un premier temps, je vais avoir internet tout de suite. Je vais pouvoir vous informer à chaud !!!

bonne lecture

sherpa

merci à Yannick, Saïd et tous les autres pour ces belles histoires qui font rêver, j'ai hâte d'être dans trois semaines pour rencontrer tous ces gentils Djinns que je promet de bien traités...

Pardon aux obsessionnels  de la grammaire, je corrige "de bien traiter"...A+

La pêche en pirogue ou en barque se pratique souvent la nuit, une excellente connaissance du lagon est indispensable.
La nuit, certains soirs on voit de nombreuse lampes pétromax au loin, au niveau des passes de la barrière, c'est beau. Elles éclairent le pêcheur et attirent le poisson, quand le temps est calme elles sont immobiles, sinon elles clignotent sous l'effet de la houle. Le matin, de préférence de bonne heure on peut acheter du poisson frais dans certains villages.
Il est vendu à 6 euros le "kg".
à+ Saïd.

Il ne s'agit pas de donner une image dégradante de Mayotte, mais simplement de faire en sorte de briser l'isolement accru dans lequel l'île et ses habitants se trouvent aujourd'hui depuis le début de la crise dite "de la vie chère", en témoignant objectivement sur l'atmosphère désormais intenable qui règne ici depuis un mois.

Il faut arrêter de vouloir se persuader que cette crise actuelle à Mayotte est un conflit social...
Si ça l'était, les négociations sur les prix auraient porté leurs fruits et les choses seraient rentrées dans l'ordre très aisément : la grande distribution avait consenti à des efforts, mais visiblement, les syndicalistes (lesquels quittent le navire pour parader dans des conférences de presse à Paris ces prochains jours d'ailleurs, aux frais de la princesse évidemment) se sont comportés depuis le début comme s'ils étaient résolus par avance à ne surtout pas trouver de solution.

Quand va-t-on enfin assumer, d'un côté comme de l'autre, que "la vie chère" est un faux prétexte pour déguiser un malaise ethnique profond, qui n'a rien de nouveau et qui se manifeste depuis au moins une décennie comme un herpès, toujours là , pas forcément visible, ne déversant son pus par poussées ? Un porte-monnaie n'a pas de couleur, voyons !

Depuis un mois, les faits prouvent que dans l'esprit de la population locale, tout doit se dérouler à sens unique :

- les Mahorais qui veulent pouvoir consommer à tout-va dans les supermarchés à des prix honnêtes sont les premiers à vendre les mêmes produits dans leurs dukas trois fois plus cher, et à s'en donner à cœur joie dés qu'il s'agit de plumer le premier Blanc qui passe, à tous les étages de la vie quotidienne
- Les Mahorais peuvent tenir à la radio tous les propos racistes qu'ils veulent, mais un Blanc qui voudrait en dire le quart se ferait lyncher ou finirait avec je-ne-sais combien d'euros d'amende
- Les Mahorais peuvent continuer à ouvrir leurs échoppes en brousse, malgré la grève, mais les Blancs n'en ont pas le droit sous peine de représailles
- Les Mahorais peuvent franchir sans inquiétude les barrages routiers, mais les métisses ou les Blancs se font caillasser et/ou tabasser et/ou poignarder

Et j'en passe...

C'est un peu facile de réclamer toujours plus d'argent, tout en refusant de produire quoique ce soit...tout comme d'exiger des droits sans vouloir assumer aucun devoir.

Comment voulez-vous rester serein à Mayotte, en tant que Blanc, lorsque :

- des Mahorais armés débarquent en pleine journée le dimanche sur des plages très fréquentées et réputées sûres, pour lacérer des Blancs à la machette, voire enfoncer quelques crânes d'enfants blancs à coup de noix de coco par la même occasion, et ce en toute impunité

- des dizaines de cambriolages à main armée se produisent chaque jour, avec menaces (ou diffusion d'un soporifique toxique par le système de climatisation, plus original), puis, au passage, viol collectif de la maitresse de maison, et si possible devant ses propres enfants

- les incendies criminels de logements de Blancs se multiplient

- il n'y a plus aucun moyen de faire appel à une quelconque autorité en cas de problème

- l'accès aux soins médicaux est rendu impossible

- il devient difficile de se promener dans un village sans se faire regarder de travers par des bandes qui se retournent, et font des gestes obscènes à votre femme quand celle-ci a l'impudeur de s'être mise en jupe par 40 ° à l'ombre

- ce ne sont plus des signes de la main que les enfants en bord de route font aux voitures qui passent, mais des doigts d'honneur

- on se demande chaque jour comment nourrir sa famille (car les Mahorais peuvent tenir longtemps le siège : ils ont des zébus, des chèvres, des plantations de fruits et légumes, des bateaux de pêche... mais un Blanc, même très débrouillard, s'avère de fait assez démuni s'il veut ramener à ses enfants autre chose qu'une tomate pourrie ou un bout de manioc)

- des Saoudiens se font attraper en train de passer des vidéos djihadistes à la population, pour mieux attiser le mouvement

- l'Etat Français a définitivement baissé son pantalon, si vous me passez l'expression

Au bout d'un mois de siège, certains Blancs ne parviennent plus à s'entraider, tant tout manque, tant il faut assurer coûte que coûte sa survie ; d'autres décident de se faire justice eux-même puisqu'ils ne peuvent plus faire appel aux forces de l'ordre, et créent leur propre milice para-militaire équipée d'armes à feu, histoire de passer à tabac les violeurs de leurs femmes.
Difficile pour les Blancs de donner l'exemple, dans un tel contexte... Et il faut le vivre, pour le comprendre.

Rappelons qu'à l'étranger dans une situation pareille, tous les Blancs seraient rapatriés par la France... Mais là, nous sommes en territoire français donc nous n'avons même pas droit à cette faveur.

Bref : en ce moment, à Mayotte, c'est l'ANARCHIE totale, la vraie. Plus rien n'est sous contrôle.

Pour ce genre de post voir le topic"émeutes à Mayotte".Merci.
Aujourd'hui mon mzungu de voisin m'a dit qu'un cocotier avait été coupé sur la route de Nyambadao. On y est allé et on a du l'enflammer à cause des fourmis. Puis on l'a arrosé, on l'a débité et on a partagé le chou. C'est bon.
à+Saïd.

Dis-donc Saïd, tu me dis de venir sur ce topic pour le rêve, et sur quoi je tombe ?! Les viols et les assassinats des enfants.
Merci effectivement BASSSSSSS d'aller ailleurs pour ce type de message ! Ici, place aux belles histoires. Merci Saïd

De belles histoires à Mayotte.. pour moi c'est dabords les enfants incroyablement debrouillards, qui t'emmenent en brousse sur des chemins qu'eux seuls connaissent ( bien malin le mzungu qui ne s'y perdrait pas )et qui t'expliquent tout ce que tu peux y manger, tout ce qui peut etre utile et là, crois moi, la brousse devient magique: un vrai reservoir ! Si en plus tu as la chance de t'y balader tôt le matin, tu découvriras des paysages fabuleux, des odeurs, des bruits, des couleurs et souvent,il te suffira de lever les yeux pour apercevoir au loin, le bleu de l'océan...C'est un peu de bonheur !

cela me rappelle des endroits où je passais avec des copains pour sécher l'école coranique.ON passait tout un après midi en mangeant des fruits différents et bien sûr l'incontournable voulé accompagné d'un bon hérisson.HUMMM délicieux!AU loin tu peux parcourir l'océan  et le lagon en sculptant le couché du soleil.On avait même pas peur des djinns.

Encore une belle histoire...la musique ! A Mayotte, elle est partout ! Sur les plateaux, sur les plages, dans les taxis, sur les places du village, dans les magasins (... quand il y en avait encore, gloups, désolée, j'exagère !), à la radio, dans tous les portables de chaque ado (et oui, à Mayotte aussi, le portable est devenu le bon pote de l'ado !), dans le banga d'en face, dans la rue...et puis avec elle, il y a la danse, elle aussi, est partout...

merci Zaza1.
J-5

Aller ! Encore une histoire...Celle de la couleur, toi qui vas bientôt quitter la grisaille métropolitaine où les couleurs de l'hiver sont le gris, le noir et le bleu marine...Dans 5 jours donc, tu vas en prendre plein les yeux de la couleur, de la vraie : les dizaines de nuances du  vert de la brousse, les bleus de l'océan, le rouge orangé de la terre et les roses, jaunes, rouges, bleus des salouvas des femmes...

Le m'trondro est un arbre magnifique qui pousse sur certaines plages du sud, il a des feuilles vert foncées épaisses et peut pousser à la limite des marées, ceux de musicale plage ont des branches très basses, très longues et très solides que les enfants utilisent pour se balancer et jouer. Il donne un beau bois rouge utilisé pour faire des "os" sortes de bobines utilisées pour la pêche. Vous verrez sur son écorces de nombreuses incisions au chombo qui forment de longues séries de cicatrices. Ces incisions sont destinées à recueillir la gomme pour la médecine traditionnelle et l'épilation des jeunes mariées. C'est donc un symbole de la succession des mères du village depuis des temps anciens.
à+Saïd

Nous prenions un petit bain de soleil sur une petite plage de Sada. Un mahorais passe avec un "tchambo", puis un autre. Ils cherchent visiblement des bananes dans le secteur. Un autre passe avec des cannettes, puis encore un avec de la viande, puis avec du bois ... il en passera une vingtaine. A chaque fois nous échangeons nos salutations.
Ils organisent leur voulé ! L'un d'eux s'approchent de nous à nouvau : "si vous le désirez, vous pouvez venir manger avec nous". Je lui réponds "merci, mais nous n'avons pas grand chose. seulement 3 tomates, 2 bananes et de l'eau". "Ce n'est rien, dit-il; nous avons tout ce qu'il faut.

Nous nous sommes joint à eux pour un super moment ! Dans la discussion, ils nous racontent un peu leur vie. Ce sont en fait tous des Grands-comoriens en situation irrégulière. Ils regrettent les émeutes, mais "au moins la police nous laisse tranquille et arrête de nous faire courrir, nous raconte l'un d'entre eux dans un grand éclat de rire". C'est qu'ils ont le moral !!
J'ai 45 ans, et je n'ai jamais vu çà ...

Ben moi j'ai 50 ans et je vois souvent ça. Ce qu'on voit moins souvent c'est des Blancs qui acceptent ces invitations rituelles, plus que spontanées. Félicitations!
Pour le Blanc un certain nombre d'interrogations subsistent face à ce genre d'invitation: Va-t-on me demander de l'argent? Est-ce très épicé? La nourriture est-t-elle aux normes européennes? Suis-je physiquement le plat principal?
Il convient ici de rassurer les voyageurs. Le cannibalisme de masse à disparu vers 1850 avec le siège de Dar es Salaam où les Sakalaves avaient mangé la moitié des 6000 habitants assiégés. Ces chiffres doivent être relativisés vu le faible poids des habitants,race chétive, d'autant plus après 4 mois de siège. Les descendants des Sakalaves peuplent aujourd'hui les secteurs de Chirongui, Poroani où les invitations sont à considérer avec la plus grande réserve. Cela dépend bien sûr de votre goût pour la viande grillée et les épices. Après, il y a une faim à tous.
à+Saïd.

MDR !

bonsoir à tous et bonne année

je n'ai pas vécu à Mayotte du temsp des émeutes mais je suis rentrée en métropole il y a 3 ans, il y avait déjà eu des gros problèmes à l'époque avec Sambi.

Bref, les manif en Métropole sont loin de se faire en douceur elles aussi.

J'arrête là puisqu'on est là pour les belles histoires, moi, mon avis c'est qu'il faut aller en brousse pour retrouver l'authentique Mayotte , à Mamoudzou, derrière Cora ou Labattoir vous retouverez les m^mes sortes de problème que dans les cités ici , ce qui ne veut pas dire que la Franec se résume aux problèmes des cités.

En effet en brousse vous trouverez des gens formidables (peut-être à Mamoudzou aussi d'aillerus, je ne généralise pas) qui seront prêts à vous faire goûter la cuisine locale. J'ose ne pas penser que les métros qui vont à Mayotte ont en tête le cannibalisme, ce n'est pas possible.

Acceptez les sourires et surtout rendez les, faites l'effort d'apprendre le minimum vital en shimaore, pardon pour l'orthographe mais en effet Gégé, njéma, karibu, hodi , hodina, tafadani, kwaheri et j'en oublie évidemment. Ce n'est pas dur, ça montre qu'on s'intéresse au minimum aux autres et les sourires et les rires sont garantis. Apprenez aussi à manger goulument avec vos doigts surtout pendant les voulé sinon on vous dira que vous mangez comme un mzungu, oubliez les restos chics et retrouvez le goût de la vraie vie, des plaisirs simples. Et non, vous n'aurez pas de problèmes intestinaux, si apparemment au début il faut bien le dire, tout mzungu qui se respecte perd entre 6 et 8 kg les 2 premiers mois, mais même en faisant à manger lui même. J'ai une formation en hygiène alimentaire et le principal c'est le temsp qui s'écoule entre la préparation du repas et sa consommation, et dans les bangas en général , aussitôt cuisiné aussitôt mangé , d'où une moindre multiplication des germes, même si des puristes trouveront le moyen de me contredire.

Je suis une grande tricoteuse et à Mayotte pas trop besoin de tricoter, mais pour le plaisir j'avais quand même  tricoté des petites paires de chaussons pour bébés que j'ai distribuées évidemment gratuitement aux patientes de la maternité de Dzaoudzi, même méfiance de la part des femmes au départ et puis finalement beaucoup de reconnaissance dans leur regard. Ce n'est pas grand chose mais il faut partager.

C'est surtout avec les enfants et les adolescents que j'espère voir les choses changer, ils sont prêts à transmettre et sont peut-être un peu plus ouverts que leurs parents (surtout que parfois ils ne parletn pas Français même s'ils le comprennent globalement).

Bon, je m'éloigne du sujet  mais que de magnifiques paysages, que de magnifiques plages ( si les saletés vous gênent bon sang , ramassez les, vous trouverez bien quelqu'un qui se joindra à vous), moi , j'ai adoré le jasmin, les petits "grigris" que les femmes préparent en un rien de temps avec une vraie dextérité, mais surtout l'odeur de l'Ylang Ylang, les zébus qui se promènent, les chèvres...

J'ai une amie qui vit en Guadeloupe depuis 2 ans et demi et qui m'envoie des photos paradisiaques mais qui a aussi l'honnêteté de prendre d'autres photos, celles des décharges sauvages, des carcasses de machines à laver, de frigos;... alors il n'y a pas qu'à Mayotte

Manger du fruit à pain frit, du manioc en bata bata, des mabawas, du mtosola et les gâteaux à base de farine de riz je crois au nom imprononçable genre gourgoudj ou quelquechose comme ça, quel délice, ça fait 3 ans et j'en ai encore l'eau à la bouche. Je mange encore régulièrement du mataba en métropole et je suis surprise de voir qu'au Congo on prépar du saka saka un peu de la même façon avec les feuilles de manioc et du beurre de cacahuète et de l'huile d'olive, autre goût mais tout aussi bon.


Ce n'était pas une vraie belle histoire mais une façon de positiver malgré tout

à bientôt

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