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Parler le mahorais à Mayotte

Bonjour à tous,

On dit souvent que parler le mahorais est indispensable pour bien sintégrer à Mayotte. Quen pensez-vous ? Partagez votre expérience !

Parlez-vous le mahorais ? Si oui, où avez-vous appris cette langue ? Où peut-on suivre des cours de langue à Mayotte ?

Si non, comment vous débrouillez-vous dans la vie de tous les jours ?

Merci de partager votre expérience.

Christine

Il y a deux langues maternelles à Mayotte, le shimaore et le kibushi. Mais toutes deux se créolisent rapidement ; l'autre jour, j'ai même entendu un vieux du village gratifier les membres de sa classe d'âge d'un savoureux "bonjourouni" !

Ce qui est amusant, c'est que les wazungu qui baragouinent péniblement deux phrases rarement correctes sur le plan grammatical ont la réputation de parler un meilleur shimaore que les locaux. Pas plus tard que ce matin, mes élèves se disputaient à l'interclasse sur la façon de désigner les frères et sœurs, selon leur âge. Et il est vrai que les langues de Mayotte accordent une grande importance à l'âge des personnes ; on ne rigole pas avec le respect dû aux aînés. Tout d'un coup, l'un d'eux s'avise de ma présence : "Le prof parle mahorais, il n'y a qu'à le lui demander !"

Et voila comment j'ai tranché une querelle linguistique dans une langue qui n'est pas la mienne et que je ne maitrise absolument pas, grâce à ma couleur de peau (et aussi grâce au dictionnaire installé sur mon téléphone portable) !

Bis repetita du post sur erasmus a Mayotte...
"On dit souvent que parler le mahorais est indispensable pour bien s’intégrer à Mayotte" j'aimerais bien savoir qui dit ça

"comment vous débrouillez-vous dans la vie de tous les jours ? Est-il facile de communiquer dans une autre langue avec les Mahorais" en français la langue officiel d'un département français :)

Moins caustique je suis pleinement d'accord avec Combava.

~ Message supprimé ~

@Arwen60,

A priori, connaitre la langue véhiculaire permet de mieux s'intégrer, de mieux se faire comprendre et respecter ?

Je dis cela, au vu de mon expérience à Maurice : les langues officielles sont le Français et l'Anglais, mais parler Créole Mauricien est un signe de respect envers la population locale, qui apprécie naturellement les efforts pour pratiquer cette langue.

Tout à fait.
Tous ces mzungus parfois là depuis 3 ou 4 ans et incapables de faire une phrase en shimaorais.   :joking:
Respectez la population qui vous accueille!!

Cavaliers :

Tout à fait.
Tous ces mzungus parfois là depuis 3 ou 4 ans et incapables de faire une phrase en shimaorais.   :joking:
Respectez la population qui vous accueille!!

et en meme temps, je demande aussi l'inverse :
puisqu'ils se sont manifestés pour etre Français et pour la départementalisation, serait il possible de caresser l'espoir d'avoir des Mahorais qui parlent et qui (surtout !) comprennent le français ?

(au niveau de la manifestation pour le département, ils étaient 95% des votants (60% de la population s'est sentie concernée) à voter pour ça...
en gros, 55% des élécteurs voulaient avoir un département...
N'ont ils pas compris les enjeux ?
les jeux étaient faits ?
savaient ils qu'il y avait des elections ?
croyaient ils au Père Noel ? (que Papa allait débarquer avec des valises bourrées de billets de 500 euros et les distribuer ... (si, si !! mes proprios et leur famille attendaient ça !! et ce n'etaient pas les seuls).

Bref, le shimaoré ? oui !
pour dire "viens !", "merci", "demain ou apres demain", "un, deux, trois" (bass ! :-) ", "stop"
s'il vous plait, j'ai effacé : ils ne savent pas demander, enfin, entourer la question d'un mot de politesse...

le plus "marrant", c'est que les Comoriens parlent mieux que les Mahorais

"A priori, connaitre la langue véhiculaire permet de mieux s'intégrer, de mieux se faire comprendre et respecter ?"

Severinguiton, oui si il n'y avais qu'une langue véhiculaire reconnue et parlée par tous.
Or si on simplifie il y en a au moins deux et que grosso modo personne n'est d'accord pour valider un mot avec son écriture et sa prononciation. Comme le raconte Combaya, et je pense qu'on l'a tous vécu, quand on demande aux élèves comment on dit ça et bien les réponses sont multiples pour le même mot. Et ça n'est pas une histoire de synonyme.
Donc on connait tous les mots de base du quotidien (oui, non, merci, les chiffres, ...) mais le reste...

Anecdote vécu en distribution de bulletin: un élève traduit à sa mère ce que je viens de dire et ce qui est écrit. Pour traduire cinq et sept ( ses moyennes) il dit cinqi et septi à sa mère alors qu'en shimaoré on dit tsano et saba (écriture de l'association shime). Sacré traduction... Et c'est comme ça pour plein de mot.

Oui

Avec toutes ces langues véhiculaires, vous risquez de vous y perdre. Un conseil, privilégiez les langues vernaculaires

pour s'intégrer??? il s'uffit déjà de ne pas se prendre pour le "blanc" arriviste et superieur..quand au shimaroais et bien moi je me fais un plaisir del apprendre tous les jours avec les gens que je côtoie dans mon boulot et ils sont ravis de m entendre .. c'est pas critiquer  leur français etc etc... apprenez donc l histoire de mayotte... les bretons les alsaciens,les basques et autres provinces aiment aussi quand on parle leur patois.. les créoles aussi.. alors descendez de vos piedestales et restez humbles face aux mahorais...

~ Message supprimé ~

Zitoun arriviste!
Descends de ton piedestal escabot.

Un piédestal.
Des piédestaux.

Il faut arrêter de dire que les Mahorais ne parlent pas le français ! En fait, leurs phrases en shimaore en sont remplies (je ne comprends pas le kibushi, mais je suppose que c'est tout pareil).
Deux exemples d'interactions récentes pour illustrer mon propos :

Hier à Kahani, à la suite de l'opération de destruction de bangas menée par la commune, des jeunes ont mis le feu à quelques branchages jetés en travers de la route. Logiquement, "malébleu" (les gendarmes) ont bloqué la circulation, provoquant un mini-embouteillage à l'heure de la sortie des classes. En haut de la côte, en venant de Chiconi, un passant s'improvise alors agent de la circulation en lançant aux automobilistes : "Vhua laguerra, fanya demitourou !" que même un métropolitain arrogant et inculte peut comprendre.

Un peu plus tôt, sur le boulevard François-Miterrand à Pamandzi, le chauffeur du taxi avise deux quidams garés sur le trottoir, le coffre rempli de "mafurampé" (fruits à pain). Il s'arrête purement et simplement au milieu de la chaussée pour faire ses achats, provoquant rapidement une file de taximen en colère à sa suite. Comme il regagne tranquillement son siège, un de ses collègues qui passe dans l'autre sens entend lui suggérer de se garer plutôt sur le terre-plein central en lui criant d'une voie peu accorte : "Trya au milieu !"

Quand je suis chez quelqu'un, j'essaie de le comprendre, c'est la moindre des politesses.
Je ne suis pas là pour le coloniser.
Je ne suis pas chez moi, je suis chez lui.

Une chose me paraît certaine, il m'en apprendra plus que je ne pourrai lui en apprendre.

C'est la raison pour laquelle je suis venu ici et je ne le regrette pas.

SAPANEL Didier :

Quand je suis chez quelqu'un, j'essaie de le comprendre, c'est la moindre des politesses.
Je ne suis pas là pour le coloniser.
Je ne suis pas chez moi, je suis chez lui.

Une chose me paraît certaine, il m'en apprendra plus que je ne pourrai lui en apprendre.

C'est la raison pour laquelle je suis venu ici et je ne le regrette pas.

bonjour


Il me semblait bien que nous étions dans le 101° département français...
et que le point commun, hormis que la république est une et indivisible, c'est la langue parlée...

Imaginons que dans chacune de nos régions, nous devions apprendre, qui le breton, qui le basque, qui le catalan, qui le dialecte..
tout ça pour le même pays !!

je suis chez lui, peut etre, mais je suis aussi chez moi..
et, entre les différentes langues entendues, celle qui est la plus pratique, c'est le français..


quant à moi, je suis venu pour faire ce qu'ils ne savent pas encore faire ou ce qu'ils ne sont pas assez nombreux pour le faire... (quoique !!!)

arvi' pâ

vous parlez d un dictionnaire sur le telephone possible de partager le lien concerné stp?

~ Message supprimé ~

Apprendre les langues et ne pas le dire. Je pense que ça peut être utile pour pas mal de mecs à Mayotte. Histoire de savoir ce que leurs "copines" disent d'eux au téléphone !

Pour ceux qui veulent un dictionnaire français/shimaore, shimaore/français sur leur téléphone portable ou leur ordinateur, il y a un bon dictionnaire en ligne ici.
Il est aussi possible de télécharger (en un seul clic si on est sous Android) une version hors-ligne en descendant un peu sur la même page.
Personnellement, je la trouve un peu criarde, et j'ai opté pour une solution légèrement plus compliquée : J'ai téléchargé les fichiers de mots (encore plus bas sur la même page), et je les ai installés dans le dictionnaire Alpus, que l'on trouve sur le store de Google ou d'Apple. Toutes les explications sur la procédure sont sur le tutoriel d'installation tout en bas de la page. Outre l'aspect esthétique, cette solution permet de créer un profil pour un dictionnaire français/kibushi, certes un peu plus rudimentaire, mais suffisant pour se faire comprendre si la personne en face ne parle pas du tout le français.

zitoun :

Quand je suis chez quelqu'un, j'essaie de le comprendre, c'est la moindre des politesses.
Oui.
Je ne suis pas là pour le coloniser. L'économie d'une colonie se caractérise par un flux de matières premières, de main d'œuvre ou de capitaux du colonisé vers le colonisateur. Le terme de colonie est donc parfaitement impropre ici.
Je ne suis pas chez moi, je suis chez lui.
Ben moi si, je ne suis pas ici en touriste, j'ai bâti ma maison, je travaille ici et aux mahorais qui m'ont reproché de pêcher des poissons qui leur appartiennent  je réponds qu'il sont chez eux à Marseille et que je suis chez moi à Bandrélé.
Une chose me paraît certaine, il m'en apprendra plus que je ne pourrai lui en apprendre.
Ah bon? Je suis encore étonné ici de la minceur des savoirs techniques et culturels. Dans des environnements naturels similaires on rencontre beaucoup plus de savoir-faire, à Madagascar par exemple.

vous avez l air bien amer et peu ravi d etre ici... à vous lire vous n 'aimez pas beaucoup la population mahoraise.. que faites vous ici?? Comme tous ces expats venu chercher le pognon,le soleil mais pas côtoyer les gens.. etrange... chacun son paradis..

~ Message supprimé ~

Plus que de parler shimaore, ce qui est vraiment bien vu par la population locale c'est la conversion.
J'encourage Essentielle007 à l'assimilation.

C'est marrant Essentielle07 n'a apparemment pas encore mis les pieds à Mayotte qu'elle donne déjà des leçons sur ce qu'il faut en penser. La Guyane fonctionne beaucoup mieux que Mayotte entre parenthèses.
A la vue de ton profil, tu resteras 2 ans, grand max 4. Tu risque de prendre peur face à la délinquance et la criminalité. Donc tu peux apprendre à dire "bonjour" et aussi "au revoir". Ne nous (te) raconte pas d'histoires en nous (te) disant que tu vas taper la discut. avec tes copines mahoraises,  comoriennes ou malgaches et manger du poisson frit et du riz assise par terre en regardant des télénovelas. Ou alors une fois.
Plus sérieusement, on ne peut pas comprendre une culture sans connaître la langue mais il faut avoir du temps et/ou vivre en couple avec un(e) "local(e)".
Et pour les raisons du séjour... Je n'ai pas connu de rentiers métro qui y vivaient. Quelques retraités mais mariés.

Et encore pas toute l'année ! Enfin, mariés toute l'année mais pas présents sur le territoire. Vous m'avez compris !

Ah et puis tant qu'on y est, je suis breton, et si je vois quelqu'un débarquer et me parler breton (qui est une langue, pas un patois) histoire de sympathiser avec l'autochtone... T'es pas suffisante toi, Essentielle ?

Pour ma part, je trouve la langue mahoraise fascinante ;)  car elle dérive du swahili ( présent au Kenya, Tanzanie, Burundi, Zanzibar) parlé par des millions de personnes et du malgache.
Je suis curieuse de savoir comment cette langue s'est construite sur l'ile et de son évolution face à l'arrivée du français.
D'ailleurs, on retrouve les mêmes mots en mahorais qu'en swahili:
Karibu = bienvenu
mahaba = affection/amour
Roho = coeur/âme
kwaheri = au revoir
beau = mzuri
nyumba = maison

M'zungu= " celui qui se promène"  (  avouez que cela prend tout son sens surtout pour les promenades en bateau  :cool:  )

Apprendre le mahorais est donc une chance d'ouverte car c'est l'expression même de la diversité humaine à travers les langues ..... BLABLABLA  Peace   :heart:

~ Message supprimé ~

Passionnant tout ça   :)  merci pour ces détails.
Et oui c'est comme si on mettait de coté  la langue de Molière  pour seul prétexte que les Français sont des "Râleurs"  ..... "Grincheux"  .... euh pardon mais tellement attachant  :P

et c'est quoi, parler le mahorais ?
ânonner 2-3 mots dont on croit connaitre le sens ou savoir tenir une conversation ?

si "m'zungu", c'est celui qui se promène (et que les locaux utilisent pour qualifier ce qui n'est pas originaire de l'archipel), faut il comprendre qu'eux ne se promenent pas ? jamais ? qu'ils ne vont jamais ailleurs (meme pas à Mada ou en métro ?)..

En résumé, je suis d'accord avec le titre : quand on va dans un pays, il faut faire l'effort de parler la langue..
là, le pays, c'est la France ; la France depuis 1841, la France répétée à de nombreuses reprises par des prises de position politiques, par un referendum, par l'accession au département, par les aides reçues (et surtout pas refusées), par les soins donnés, par le developpement (à comparer des iles du coin..).

et pour etre un peu plus "leger" ; il y a quelques années, il y avait encore des instit' locaux qui ne parlaient pas français !
j'imagine bien la tronche des métro qui mettaient leurs enfants en classe et qui finissaient l'année sans parler notre langue.

~ Message supprimé ~

Tout ça pour quémander à la CAF.

Parler shimaoré et ensuite me balader en salouva et m'allonger sur le trottoir en attendant que "Dieu me donne", à coup sûr, là, je serai intégrée!😂😂😂😂😂
Blague à part, comme dit plus haut, nous sommes "sensés" être en France donc je ne ressens pas trop le besoin de "m'intégrer" plus que ça en parlant le patois local. Alors oui, bien sur, connaître quelques mots pour sa culture personnelle çà peut être sympa mais je n'irai pas prendre de cours intensifs pour le parler :
1- les personnes que je suis amenée à rencontrer dans le cadre professionnel parlent français (en même temps, c'est normal)
2- je ne compte pas rester 10 ans ici
3- non, ce n'est absolument pas essentiel pour s'intégrer sauf si, bien évidemment, on est amené à travailler dans le social (dans ce cas, autant maîtriser toutes les langues du coin)

Il n est pas necessaire De Parler Le mahoraise pour s integrer a Mayotte  Il faut vivre UN peu a la mahoraise faire des voule participer a des evenements festifs danser etc

~ Message supprimé ~

Mais enfin gégémay... et.. cher zitoun..excusez moi du peu mais ,d'abord mon ego va très bien et avant de parler de mon pseudo il faudrait peut etre connaitre sa signification Mr zitoun xxx
Et Mr gégémay,  je suis à Mayotte depuis bientot 2 ans ne vous déplaise et je parle le shimaorais et je suis venues travaillée ici de mon propre chef sans contrat juteux ni chaine à la patte comme beaucoup ici... et j 'aime Mayotte et les Mahorais et je deteste les gens voient que le coté sombre de cette ile magnifique.
Je n'ai pas besoin de m asseoir par terre pour echanger quelques mots...
xxx
xxx

Modéré par Bhavna l'année dernière
Raison : Attaques personnelles.
Je vous invite à lire la charte du forum

Farpaitement!!

~ Message supprimé ~

A Essentielle07, je dois dire que... eh ben je m'excuse. Tu as fait les frais de mes premiers messages. On n'est pas sur yahoo ici et heureusement. Bien loin de moi l'idée de décourager quiconque d'apprendre les langues locales. J'aurais bien aimé comprendre ma sympathique voisine sans avoir besoin d'intermédiaire, on a toujours besoin de la sagesse d'une "Ma" (Maman). Par contre, t'attaquer à Zitoun est une chose inconcevable. J'ai peut-être une vision noire de Mayotte, mais je ne suis pas le seul. Le soir même de mon arrivée, j'ai rencontré quelqu'un qui, par sa profession et son ancienneté sur l'île (1985), connaissait chaque pouce de l'île et était capable de converser avec tout le monde. C'est lui qui, le premier, m'a dit que tout avait changé...

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