vivre a mayotte en famille dangereux ou pas ?

bonsoir voila mon marie a une proposition a Mayotte et vue les dire que j'ai , j'ai un peu peur surtout que j'ai une petite fille de  3 ans et demie ya t'il des résidence sécuriser pourrais je travailler dans mon milieu (hospitalier) j'ai beaucoup d’appréhension aiderrr moi.

Je pense qu'il faut relativiser et arrêter la parano. C'est pas Beyrouth quand même!!! Lis pas les posts négatifs, part sereine avec ta petite famille en te disant que tu vas vivre dans un décor de carte postale et que ce ne sera jamais pire qu'une affectation dans certaines banlieues de métropole. Moi je n'ai qu'une envie: vivre et faire vivre à mes enfants une formidable expérience". Carpe diem.

D'accord avec toi à 100%...faut pas lire les post négatifs...moi je suis là depuis 6 mois bientôt et je ne regrette rien...bien au contraire. ..tente l'expérience,  ça vaut vraiment le coup

Bin oui, ne lis pas les posts négatifs!

"ILS" sont tous fous, paranos!

"ILS" ont rêvé leurs cambriolages,
"ILS" ont rêvé le climat social explosif,
"ILS" ont rêvé le manque cruel de médecins et de spécialités médicales ( ophtalmo, urologue, neuro-chirurgien.....) 
"ILS" ont rêvé le très faible niveau scolaire, 
"ILS" ont rêvé les prix exorbitants des produits alimentaires de mauvaises qualité,
"ILS" ont rêvé la vie chère et le monopole d'une ou deux enseignes qui l'entretiennent,
"ILS" ont rêvé les caillassages un week-end sur 3
"ILS" ont rêvé les déchets présents partout loin du décor de carte postale!
"ILS" ont rêvé les gamins en guenilles qui mangent dans les poubelles
"ILS" ont rêvé tous ces "jeunes" seuls sur l'île, livrés à eux-mêmes
"ILS" ont rêvé l'état déplorable des routes
"ILS" ont rêvé les nombreuses plages où l'on ne peut aller sous peine de se faire plumer
"ILS" ont rêvé que le lagon pourrait rester magnifique longtemps si chacun avait conscience de son impact sur son environnement
"ILS" ont rêvé que les élus arrêtent de s'en mettre plein les poches et s'occupent enfin de leur île


Bref, "ILS" ont rêvé.....d'arrêter la langue de bois.

mais du coup comment est la vie la en tant que femme pourrais je sortir librement aller travailler et me promener avec ma famille au prés des lagon et seule risque t'on de se faire embêter j'ai besoin d’être rassurer et de dormir tranquille une fois la bas

Maintenant,ça n'est pas "dangereux"

mais il faut bien avoir en tête que tout ce que vous lisez, provient certes d'un ressenti, mais n'est pas affabulation.

Vous y repenserai à certains moments de votre séjour, en vous disant: " ah oui, je comprends, maintenant ce qu'"ILS" voulaient dire......"

A côté de tout ce que j'ai cité cyniquement plus haut, il y aura de très bons moments et de très belles choses mais gardez le négatif à l'esprit pour y être préparé.

Conseil qui vaut ce qu'il vaut mais qui est basé sur un vécu de 4ans, en famille avec deux fils , aujourd'hui âgés de 9 et 12 ans.

Oui , bien sûr, heureusement, on peut sortir en famille, ........sur certaines plages,
ou aller travailler seule .....
mais il faut rester prudents, sans paranoïa, passé certaines heures ou le week-end et dans certains quartiers.

Ne jamais tenter le diable, comme on dit.

En tant que femme, je n'ai jamais ressenti de danger pour ma personne mais je ne me suis jamais mise en situation de danger.
C'est plus un ressenti de vigilance quasi permanente qui m'a gênée, en tant que maman et par rapport à mon logement.

y'a t'il un quartier sympa ou habiter car je vois beaucoup de location sur mamoudzou mais que choisir?

merci pour vos réponce

oui c'est dangereux,
Rien n'est vraiment organisé, on ne peut  donc pas parler de quartier sur, j'éviterais absolument de venir ici avec des enfants.
Pour avoir une idée de l'ambiance lisez le journal de mayotte;
www.lejournaldemayotte.com

Si c'était à refaire, j'éviterai de venir avec mes enfants en primaire et collège où la différence de niveau scolaire est trop criante et oblige quasiment à mettre dans les écoles privées au-delà de ses propres convictions. Mais en maternelle, cela ne m'aurait pas gênée.

Là, mon fils de 12 ans est impatient de quitter l'île, où il a pourtant une bonne bande de copains, une petite amie.Il est dans un collège dit "privilégié" avec quand même 26 classes de 6ème ( l'usine). Mais il en a marre du manque d'infrastructures culturelles ( chaque concert finit en bagarre ou en bain de sang). Et au bout de 4 ans , il n'en peut plus de la plage, d'autant qu'on doit toujours fréquenter les 3 ou 4 mêmes plages plus sûres.
Il ne peut même pas aller seul chez ses potes de notre quartier car même en ne traversant que 2 pâtés de maisons, il risque de se faire em****der par des jeunes!!
Dès qu'il veut des vêtements, soit, vu le prix , il ne peut en avoir qu'un, soit il doit faire le parcours fastidieux de la commande sur le net envoyée à la famille qui reconditionne le colis pour nous le renvoyer et ne pas payer 40% de taxes douanières!!

Quant au logement, il n'y a pas de quartier miracle car malheureusement tous sont touchés par les cambriolages, les conflits entre jeunes, par les barrages constants pour un oui, pour un non. 
Il faut sécuriser son logement au max mais on n'est tout de même jamais à l'abri de rien.

Attention aussi aux lectures, le "journal de Mayotte" faisant partie du groupe "Kwezi", même s'il relate des faits, ne le fait pas de manière impartiale et attise très souvent l'opposition "mzungu= méchant fonctionnaire, riche, vénal..." contre "mahorais= gentil, opprimé, pauvre à cause du mzungu...."
Je raccourcis grossièrement mais c'est le procédé qu'ils utilisent très, trop souvent, rendant leurs infos critiquables et à ne pas prendre au pied de la lettre.

Plutôt que "dangereux", disons que c'est "sensible" "tendu" " oppressant" constamment.

Le mot que je retiendrais pour qualifier la vie ici serait "risqué"

et niveau vestimentaire comme faut il s'habiller la bas et vous jensaisrien ou habitiez vous? sans indiscrétion

Moi j'ai fait le choix ( toujours très contesté sur ce forum) de vivre à "mzungu land" , juste derrière l'école des Flamboyants, où est encore scolarisé mon cadet.
Perso, je ne le regrette pas du tout, en tant que maman, c'est un très bon choix car mes fils ont pu rentrer de l'école seuls et attendre 15 à 30 minutes mon retour du travail ( je suis enseignante en primaire à Kawéni , donc mes horaires sont les mêmes que les leurs) sans devoir manger à la cantine.
On a notre petite piscine perso, la maison est très sécurisée et difficile à "visiter"
Par contre le loyer est exorbitant, mais c'est le prix à payer si on veut la tranquillité avec des gamins.

Notre choix n'aurait pas été le même si nous n'avions pas eu d'enfants, on serait probablement allé en brousse, dans un village, pour être au coeur de la vie mahoraise. On l'aurait peut-être regretté mais on ne saura pas.

Pour le vestimentaire, on voit de tout: de la jupe courte au sarouel ( dont je suis adepte: léger, cache les jambes, et ample pour une aisance de mouvement) , du top-brettelles au chemisier...
Tout ce que je peux conseiller, c'est d' opter pour des vêtements aux tissus légers car tout colle à la peau ici, il fait très chaud et surtout humide.
Le moindre mouvement engendre une transpiration excessive.

Bonjour melo56,

Ton questionnement je le comprend, mais hélas tu n'auras pas de réponse.
En fait si tu vas en avoir mille ou plus ou moins.
Chacun répondra selon son vécu ou celui de son voisin ou de l'homme qui a vu l'homme qui a vu le dugong.
Dans les réponses de chacun, il y a leur propre souffrance, leurs appréhensions, leurs peurs, leurs fantasmes ou  peut être même le contraire leur naïveté, leur inconscience.
Mais ce n'est pas forcément ce qui t'attends là bas, ce sera peut être mieux, peut être pire.
Ton Mayotte sera peut être une merveilleuse aventure et des moments forts, ou bien se sera pas terrible, des galères des mauvaises rencontres, personne ne peut répondre à cela.
C'est à toi de vivre au mieux cette expérience.
Une seule constante à Mayotte, c'est qu'il y a de l'insécurité et ce n'est pas un fantasme, il faut prendre des précautions mais ce sujet a été maintes fois abordés.
Ne vas pas à Mayotte la peur au ventre, mais l'esprit ouvert et tu nous racontera bientôt ton Mayotte à toi  ;)

Je partage les avis circonstanciés de tifette93 et jansaisrien !
Mayotte est dangereuse c'est un fait. Il faut être prudent c'est évident.
On peut néanmoins y passer du bon temps !!

tifette93 :

Bonjour melo56,

Ton questionnement je le comprend, mais hélas tu n'auras pas de réponse.
En fait si tu vas en avoir mille ou plus ou moins.
Chacun répondra selon son vécu ou celui de son voisin ou de l'homme qui a vu l'homme qui a vu le dugong.
Dans les réponses de chacun, il y a leur propre souffrance, leurs appréhensions, leurs peurs, leurs fantasmes ou  peut être même le contraire leur naïveté, leur inconscience.
Mais ce n'est pas forcément ce qui t'attends là bas, ce sera peut être mieux, peut être pire.
Ton Mayotte sera peut être une merveilleuse aventure et des moments forts, ou bien se sera pas terrible, des galères des mauvaises rencontres, personne ne peut répondre à cela.
C'est à toi de vivre au mieux cette expérience.
Une seule constante à Mayotte, c'est qu'il y a de l'insécurité et ce n'est pas un fantasme, il faut prendre des précautions mais ce sujet a été maintes fois abordés.
Ne vas pas à Mayotte la peur au ventre, mais l'esprit ouvert et tu nous racontera bientôt ton Mayotte à toi  ;)

J'ai rencontré le week end dernier à Lille une collègue en fin de séjour sur Mayotte après six années service là bas. Elle en a été ravie et jamais elle n'a été agressée ni cambriolée. Confrontée parfois à quelques incivilités comme partout ailleurs, elle a vécu les moments les plus inoubliables de sa vie .Elle confirme que si c'était à recommencer, elle recommencerait sans hésitation aucune. Comme partout, il faut être prudent mais  ouvert d'esprit pour apporter sereinement ce qu'on a à apporter et  profiter pleinement de son séjour. Je pense comme elle.

Sinon, ça n'a pas vraiment d'importance mais quand même... Le Journal de Mayotte n'a rien à voir avec Kwezi (Tu dois confondre, Jensaisrien, avec le torchon appelé France Mayotte Matin). Parce qu'en effet, la qualité de l'information n'est pas la même selon les sources : j'avais une élève en métropole il y a quelques années qui lisait Le Nouveau Détective, et qui était terrorisée à l'idée de sortir de chez elle le soir.

Si, si, Combaya, ça a de l'importance!

Tu as raison de souligner mon erreur grossière car le JDM n'a rien à voir avec Kwezi et son pseudo journal!

jensaisrien :

Si c'était à refaire, j'éviterai de venir avec mes enfants en primaire et collège où la différence de niveau scolaire est trop criante et oblige quasiment à mettre dans les écoles privées au-delà de ses propres convictions. Mais en maternelle, cela ne m'aurait pas gênée.

Là, mon fils de 12 ans est impatient de quitter l'île, où il a pourtant une bonne bande de copains, une petite amie.Il est dans un collège dit "privilégié" avec quand même 26 classes de 6ème ( l'usine). Mais il en a marre du manque d'infrastructures culturelles ( chaque concert finit en bagarre ou en bain de sang). Et au bout de 4 ans , il n'en peut plus de la plage, d'autant qu'on doit toujours fréquenter les 3 ou 4 mêmes plages plus sûres.
Il ne peut même pas aller seul chez ses potes de notre quartier car même en ne traversant que 2 pâtés de maisons, il risque de se faire em****der par des jeunes!!
Dès qu'il veut des vêtements, soit, vu le prix , il ne peut en avoir qu'un, soit il doit faire le parcours fastidieux de la commande sur le net envoyée à la famille qui reconditionne le colis pour nous le renvoyer et ne pas payer 40% de taxes douanières!!

Quant au logement, il n'y a pas de quartier miracle car malheureusement tous sont touchés par les cambriolages, les conflits entre jeunes, par les barrages constants pour un oui, pour un non. 
Il faut sécuriser son logement au max mais on n'est tout de même jamais à l'abri de rien.

Attention aussi aux lectures, le "journal de Mayotte" faisant partie du groupe "Kwezi", même s'il relate des faits, ne le fait pas de manière impartiale et attise très souvent l'opposition "mzungu= méchant fonctionnaire, riche, vénal..." contre "mahorais= gentil, opprimé, pauvre à cause du mzungu...."
Je raccourcis grossièrement mais c'est le procédé qu'ils utilisent très, trop souvent, rendant leurs infos critiquables et à ne pas prendre au pied de la lettre.

Plutôt que "dangereux", disons que c'est "sensible" "tendu" " oppressant" constamment.

Le mot que je retiendrais pour qualifier la vie ici serait "risqué"

Une question: dans quel état d'esprit étais-tu en demandant ta mutation il y a 4 ans? Tout ce dont tu parles existait déjà (pauvreté, cambriolages,...) et on pouvait lire des témoignages aussi alarmants que le tien non?...Je ne comprends pas pourquoi tu es partie...
Mon mari a séjourné à Mayotte longtemps, plusieurs potes aussi (certains y sont encore et ne rentreraient pour rien au monde), ils n'ont pas un discours aussi flippant.
Je connais bien le nord de la France et ce n'est pas rose en termes de précarité et de misères sociales... Je reste optimiste et persuadée qu'en évitant Mamoudzou on peut vivre heureux à Mayotte.  .

Non Christine la situation s'est considérablement dégradé, la conjoncture actuelle n'a rien à voir avec celle d'avant 2011.
C 'est difficile d'être heureux ici .

Oui on peut vivre heureux à Mayotte (plages, soleil,... ),

Mais ce n'est pas suffisant car certains éléments perturbent sincèrement la vie ici à Mayotte:

- scolarité de tes enfants: niveau extrêmement faible (dernière statistique: 75% des élèves mahorais n'ont pas les compétences lecture et maths en fin de collège contre 6% en Métropole, et 30% dans les autres DOM. Quand tu as des enfants, tu dois refaire la classe à la maison après la classe. Et cela avant de venir on ne le savait pas forcément. Dans les classes de CM2: 30% de non lecteurs, niveau va de CP à CM2,... alarmant!

- Insécurité: ce n'est pas un simple impression. Tous les médias locaux précisent que la situation se dégrade fortement depuis quelquies mois. Un ras le bol chez les entrepreneurs et personnel de santé actuellement. Nouvelle tendance depuis quelques mois, le car jacking...

- Vie chère: je confirme on nous vend très cher des produits limites au niveau qualité (défaut de qualité, abîmés par l'humidité,...). Dernier sacandale La Somaco (vend des produits périmés) révélé par la presse. Les produits sont stockés au port de Longoni dans les conteneurs (température intérieure de 50°) ou dans des conteneurs frigo avec variations de températures...

-  Extrême pauvreté d'une partie de la population. Circule à Kawéni le soir et tu verras des enfants fouiller dans les poubelles...Certains médias ont en parlé la semaine dernière. L'UE vient de sortir une stat: Mayotte est le territoire le plus pauvre de l'UE (information communiquée officiellement avant hier). Quand tu es prof et que tu vois certains élèves ne pas manger à la maison....

Oui on peut vivre heureux si on ne soucie pas de ce qui se passe autour de nous.

Non Christine,

il y a 4 ans, les témoignages sur Mayotte ne parlaient pas du tout de tout cela,
tout simplement parce que tout a basculé le 27 septembre avec le début des émeutes contre la vie chère.

En arrivant, mon état d'esprit était serein, confiant, ouvert, ......
Je partais pour découvrir autre chose, faire découvrir autre chose à mes fils, leur montrer qu'ils avaient bien de la chance d'être nés où ils sont nés, que tout n'est pas acquis dans la vie, qu'il faut s'ouvrir aux autres.....

Mais imagine-toi arriver sur l'île le 16 août la bouche en coeur, les yeux émerveillés de découverte , et à peine 1 mois plus tard, "explose" une grève contre la vie chère.

Nos amis, mes collègues mahorais, mon directeur mahorais,  déjà sur place....., tous me disait dès le début, 
"reste chez toi surtout, ne vas pas travailler dans Kawéni, ...."
" c'est pas bon pour les mzungus, ça...."
mais je venais tous les jours car pour moi ça passerait vite et je ne voyais, au début, aucun danger, car je n'avais rencontré que sourires, gentillesse depuis mon arrivée.

Puis deux semaines sont passées, les incivilités ont commencé dans la rue , comme ça , gratuitement...
Je me suis encore dit, "ce sont de pauvres gamins seuls et en colère, il faut les comprendre"

Les magasins avaient tous fermé de force leurs rideaux, donc la nourriture commençait à manquer.
Heureusement, mon mari, c'est "Jo la Débrouille", il était à l'affût de la moindre info:
- "un magasin ouvre ses portes une heure" " j'y vais tout de suite, je ramène ce que je peux"
- "il y a un vendeur d'oeufs sur le bord  de la route" " j'y vais, appelle nos amis et demande s'il leur en faut" Le voilà revenu avec 20 plateaux de 36 oeufs sur le scooter pour nous et nos amis.
-"Il parait que la petite boulangerie ouvre en douce sur le côté et vend quand même du pain"  " j'y vais, je prends ce que je peux et on mettra à congeler".....
-"le GAB machin-machin, va être réapprovisionné ce matin" " j'y vais tout de suite et je retire ce que je peux, appelle mes collègues pour les prévenir"
-"il pourrait peut-être y avoir du gaz à la Somaco demain, j'irai voir" mais là, ça a été l'émeute, les gens se frappaient pour avoir une bouteille, certains étaient montés de force sur le camion... " Alors " Jo la Débrouille" n'en a pas eu...
-" La station service machin-machin, sera ouverte par le préfet , j'irais tout de suite" Mais là encore, fini, trop de monde, pas assez pour tous, rationnement pourtant, mais pas assez pour tous....Alors "Jo la Débrouille" n'a pu avoir qu'un bidon pour son scooter, déjà pas mal!!

Puis la quatrième semaine, et là, ça a vraiment dégénéré: l'île avait des allures de guerre civile, des barrage, des rackets, des caillassages, des cocktails molotov....des manguiers centenaires abattus....

Un jour, comme les précédents, on entendait depuis ma classe des explosions, des hélicos qui tournaient, des cris....
Et mon directeur a débarqué comme une trombe dans ma classe et m'a dit, à 10h du matin, de rentrer chez moi le plus vite possible, qu'il avait entendu à la radio que chasse aux "mzungus" allait se faire.
Je commence donc à ranger mes affaires en protestant car dans le village même de Kawéni autour de mon école, je savais que je ne craignais rien.....

mais là, il me met mon sac dans les mains, me pousse dehors et me dit
" je vous emmène Isa et toi à l'Inspection, je ne peux pas vous laisser partir seules, je suis responsable de votre sécurité, je ne veux pas que ça fasse comme en 2008",
je n'avais jamais vu son visage aussi effrayé!!
Du coup, je commence enfin à me dire que ça craint vraiment, s'il réagit comme ça, que je vais vite rentrer récupérer mes fils ...

Au lieu de ça, je me suis retrouvée pendant plus de 3h00, avec 6 autres collègues mzungus et mahorais, dans le petit bureau de mon Inspection, au beau milieu d'un champ de bataille car l'Inspection se trouvait face à un terrain qui servait constamment de lieu d'affrontement entre jeunes de Kawéni et forces de l'ordre.

Ca caillassait, les cocktails explosaient, les tirs de flash-ball répliquaient.... 

Et nous, on attendait pris au piège comme des rats, de pouvoir enfin sortir de là.

Et là, je peux te dire que 3h00 dans ces conditions, tu cogites:
je me suis vraiment demandée comment ça allait se terminer?
quand ça allait se terminer?
quel était réellement le danger pour ma famille?
ce que je foutais là?....
pourquoi je n'étais pas restée chez moi avec mes fils et mon mari?.....

Hein???.....Mon mari?? en scooter, à l'autre bout de Mamoudzou, obligé de passer par cette seule et unique foutue route nationale pour rentrer à la maison récupérer nos fils.
Pourvu qu'il ne se fasse pas agresser en passant, pourvu qu'il parvienne à rentrer à temps pour nos enfants....

Nos enfants???... mais ils sont dans une école de "mzungus", de "riches", ....et s'il prenait l'envie aux émeutiers , après avoir tenté de piller le Sodifam, de faire un petit détour par leur école, pour déloger ces enfants de "nantis"....

C'est dingue, hein, Christine, de penser un truc pareil?
Et pourtant, la maman que je suis a commencé à imaginer le pire et à voir enfin l’ampleur des dégâts.

Finalement, n’y tenant plus, ma collègue et moi avons fini par sortir malgré les protestations de nos collègues et sommes arrivés au véhicule d'Isa, escortées par les "tortues ninjas", sous les caillassages et entre les tirs de flash-ball.
Autant te dire que je n'avais jamais vécu cela ( là-haut dans le Nord de la France Métropolitaine) , et que je ne souhaite, tu t'en doutes, ne jamais le revivre!!!

Après ce jour, je suis restée enfermée chez moi avec mes fils et mon mari.

Par le Vice Rectorat: aucune consigne de sécurité n’a été donnée, là où d'autres fonctions publiques donnaient consigne de ne sortir qu'en cas de réelle urgence.
J’étais donc censée me présenter tous les matins dans mon école pour montrer que je n’étais pas gréviste et ensuite pouvoir retourner chez moi vers 9h00 s’il n’y avait pas d’élèves.
Mais où va-t-on ?  Ca voulait dire me mettre en danger tous les matins en traversant Kawéni pour me montrer et repartir.
Pour le coup, on a été complètement livrés à nous même, aucune protection d'une partie des agents de la fonction publique et des habitants.

Et pour les bons tuyaux, y'en avait plus.
Parce qu'il n'y avait plus rien!!!

La dernière semaine a été dure, très dure :
comment tu expliquerais, Christine,  à deux enfants de 4ans et demi et de 8ans et demi, fraichement arrivés de leur petit cocon, avec leurs petites habitudes de petits « mzungus » : céréales, jus de fruit, lait, bonne nourriture 3 fois par jour, qu’il n’y a plus rien, plus de pain, plus de lait, plus de jus de fruit, plus de nourriture, plus de gaz, plus d'essence...

Quand t’es parent, ça t’arrache les tripes de faire vivre ça à ton enfant.

Mais le pire pour moi reste à venir,
et oui, jusqu’à présent, nos fils n’avaient jamais été confrontés au danger. Leur école privée étant à une rue de la maison, ils avaient été à l’abri de toute cette violence et leur petite vie avait, à peu près, continué normalement. C’est là où notre choix de vivre dans le quartier des « mzungus » n’a pas été un mauvais calcul.

Mais on venait d’arriver un mois plus tôt, donc notre conteneur n’était pas encore arrivé avant le début des émeutes, et avec lui notre véhicule.
Il est arrivé durant les grèves mais le port était bloqué donc pas de possibilité d’aller le récupérer. Enfin, au cours de la 5ème semaine  , un coup de fil du transitaire :
« demain, nous pourrons faire sortir votre conteneur et vous le livrer. »
Super, Noël avant l’heure dans toute cette agitation, quel bonheur de retrouver nos affaires familières.

On avait donc enfin notre voiture, il fallait donc rendre celui de loc à G***a location dans Kawéni.
On l’appelle, il  convient d’un rendez-vous très tôt le matin pour éviter tous problèmes avec les émeutiers.

On y va , on se suit avec les deux voitures , on traverse Kawéni qui ressemble à une ville après-guerre.
Et on lui rend la voiture. On n’a jamais été obligé de rendre  aussi vite une voiture : 5 minutes top chrono et c’était fait.

On repart donc le plus vite possible, dans notre véhicule vers chez nous, Majicavo Lamir, là où il y a le JUMBO.

Bien sûr la radio tourne toujours depuis 5 semaines, et là on entend que les émeutiers ont décidé d’aller faire fermer de force ce magasin qui a osé ouvrir ses portes malgré les menaces.
On continue à se diriger vers chez nous en pensant pouvoir passer avant leur arrivée. Je rappelle qu’il n’y a qu’une seule route.

Eh non, trop tard, ils sont déjà là sur la route, un flot de centaines de personnes déchainées, hurlant , nous fait face. Les voitures de devant restent bloquées, se font secouer par la foule, le coffres sont ouverts de force et pillés devant nos yeux !!! Quelle scène terrifiante de cette foule en délire , hors contrôle.

Oh non, Ils approchent de notre véhicule, nos fils à l’arrière sont morts de peur.
Les femmes avec leurs masques d’habitude si jolis mais aujourd’hui les rendant effrayantes commencent à secouer  « nôtre » voiture, frappent avec frénésie sur les vitres arrières pour apeurer nos gamins. C’est réussi !!

Je dis à mon mari, « fais marche arrière et fonce, tant pis !! »
Et oui l’instinct de parent vous ferait faire n’importe quoi pour eux !!

On a réussi à se dégager de ce piège et on est allé se cacher dans la zone Nell en attendant que les émeutiers repartent.

Rien que de le l’écrire, j’en tremble encore et la colère me revient !!
De quel droit s’en prendre à nous?
qu’avons-nous fait pour mériter ça?
pourquoi priver ainsi les gens de leur liberté de circuler?
quelle violence gratuite !!


Voilà en grande partie, ce que nous avons vécu en arrivant.

Mais presque qu’aucune information ne transitait jusqu’en Métropole, nos familles apprenaient l’état de la situation par notre biais. On était et on se sentait laissé à l’abandon.

Alors , je peux te dire qu’après ça , rien n’a plus été pareil sur cette île.

Cette grève qui a commencé contre la vie chère cachait en fait un problème social bien plus important et qui était enfoui, et qui aujourd’hui réapparait au moindre prétexte.

Les forces de l’ordre, trop peu nombreuses, n’ont pas su maîtriser à temps l’ampleur du phénomène, laissant ainsi croire que la loi de la rue est maintenant la plus forte.

L'économie de l'île en a pâti: beaucoup de petites entreprises ont mis la clef sous la porte au grand bonheur des grosses enseignes qui en ont encore plus profité.
Beaucoup de médecins généraliste, suite à cela et aux agressions que certains avaient subi, sont partis.

Et les jeunes isolés ont compris qu'ils avaient beaucoup de pouvoir dans la rue, de par leur nombre et leur colère.



Tu trouvais mes quelques remarques plus haut "flippantes", ça c'est du vécu flippant!!!

Et pourtant, je suis restée 4 ans parce que j'y croyais, au changement, à l'apport de mon aide....

Par exemple mon directeur m'a expliqué ensuite 2008, ,je ne l'avais lu nulle part.
Parce que généralement, les gens écrivent ce que vous avez envie d'entendre pour vous conforter dans le bien fondé de votre décision de venir à Mayotte.

Après 2011, certains participants au forum ont tenté de montrer ce côté caché, sans langue de bois, mais à chaque fois , on nous a targués d'être de mauvaises foi, d'inventer de vouloir faire peur...

Ca n'est pas le cas, regarde ce témoignage je ne l'avais jamais partagé en 4ans.

Je pense juste qu'être averti du danger , sans venir avec des oeillères nous prépare mieux au grand saut.

J'aurais aimé savoir tout de l'île avant de venir, les bons comme les mauvais côtés.
Ca n'aurait pas changé notre projet , mais on aurait été moins dépourvu face à certaines situations taboo, dont on ne parle nulle part.

Quant à "éviter Mamoudzou, pour être heureux", je ne pense plus que ce soit une vérité aujourd'hui car bon nombre de villages souffrent des violence, des altercations de jeunes, des cambriolages aussi aujourd'hui. 
Et en plus, ça n'est pas toujours possible selon ton affectation, à moins d'être prêt à passer 2 à 3h00 dans les bouchons, tous les jours pour rejoindre ton lieu de travail!!

Le bonheur n'est pas le fait d'un lieu seul, c'est plutôt lié à un ensemble de conditions mise bout à bout, non?


Je m'attends après ce long, très long témoignage à de très fortes réactions, mais allez-y , j'assume complètement mes dires!

Cdelarue :

L'UE vient de sortir une stat: Mayotte est le territoire le plus pauvre de l'UE (information communiquée officiellement avant hier).

Merci Cdelarue pour avoir attiré l'attention sur ces nouvelles stats (on peut nuancer la place de bon dernier pour Mayotte si on regarde le PIB par habitant en Bulgarie et en Roumanie).

Source :
http://ec.europa.eu/eurostat/documents/ … 06d38d9987

Oui, Mayotte est un territoire où la délinquance est de plus en plus forte et pour ceux qui connaissent l'île depuis les années 90, le paradis est devenu un enfer ! Ce n'est pas un euphémisme...Les agressions récurrentes et les caillassages continuels (des pavés de plus d'un kilo quand même !!!) , les cambriolages de plus en plus violent, et j'en passe....
Oui, Mayotte est une superbe ile mais surtout pour son côté mer et soleil que terre ! car la saleté est omniprésente. Pourtant, plus de moyens qu'à l'époque pour nettoyer mais de plus en plus sale. Paradoxal non ?

Oui, Mayotte n'est plus une destination à demander vu l'insécurité qui y règne...Cela n'engage que moi, malgré que je n'ai jamais été cambriolé, mais actuellement, c'est de plus en plus chaud et ce territoire est une poudrière sociale qui explosera bientôt et ce sera bien pire qu'en 1993 ou qu'en 2008 ou 2011 !!!

Après, pour les optimistes du territoire, tant mieux pour vous de croire que l'île est un paradis, on en reparlera certainement après l'explosion à venir :)

Bonjour "jensaisrien",
Je comprends et j'ai beaucoup d’empathie pour toi et ta famille, vous avez du vivre une période terrible qui a certainement conditionné tous le reste de votre séjour. Vous étiez au mauvais endroit au mauvais moment. Peut être aurons nous plus de "chance" ou pas, je ne sais pas quoi dire...Bon retour chez vous

En effet,  notre séjour a été ponctué de hauts et de bas.

Mais, bizarrement, les émeutes de 2011 ne l'ont pas conditionné puisqu'on a tout de même renouvelé un second séjour en 2013.
Elles nous ont permis de vivre une partie du pire de ce que cette île peut montrer.
Ce sont surtout les conséquences de ces émeutes au fil des 4 dernières années qui ont changé les choses.


Merci, Christine, pour votre compassion.
Mais je ne veux pas faire pleurer dans les chaumières.
Je voulais juste vous le faire ressentir pour que vous compreniez les commentaires qui peuvent quelquefois vous sembler acerbes, aigris ou cyniques quand vous les lisez depuis la Métropole mais qui reflètent pourtant tout un vécu de chaque individu et de son ressenti face aux situations.

Il n'y a malheureusement pas que le soleil et le lagon.

Il vaut mieux le savoir avant d'arriver.

Sur ce, je souhaite sincèrement à chacun de vivre au mieux son séjour, d'en tirer le meilleur et surtout de passer à côté de ce genre d'évènements car le climat social est très explosif.

Cela fait presque dix ans que je vis à Mayotte avec mes enfants... Et presque dix ans que tantôt je déteste Mayotte, tantôt j'adore ma vie ici. On devient tous un peu bi-polaires à la longue, tant cette île est une terre de contrastes. En temps de crises, ici, ça ne chauffe pas, ça brûle. Mais en dehors de ces événements, ponctuels mais parfois traumatisants, la vie est tranquille, paisible, bucolique,... franchement... Je suis devenu tellement lent que je recule!
Partir loin de ses racines comporte un risque en soi... que ce soit à Mayotte ou ailleurs!

Bonjour jensaisrien,
Après lecture de votre témoignage pouvez vous nous dire qu'est ce qui vous a convaincu de renouveler votre séjour? Je suis là depuis seulement septembre, nous avions lu tout et son contraire sur la vie à Mayotte (mais beaucoup de négatif quand même) avant de venir nous installer. Nous sommes venus "averti" mais sans parano non plus.
Pour l'instant tout c'est super bien passé, (on habite à bandrelé en brousse) et je n'ai subi aucune mésaventure, mais j'ai l'impression que si j'avais vécu la même chose que vous, en tant que maman je serai rentrée... Alors je suis curieuse de savoir qu'est-ce qui vous a incité à rester sur l'île malgré tout?
Merci de votre témoignage.

Ce qui nous a incité à rester, bonne question!!! Merci de l'avoir posée!  :/

Une première chose à savoir: c'est que dans l'Education Nationale, on vous demande en octobre de la seconde année si vous voulez ou non renouveler votre contrat.
Soit un an seulement après votre arrivée.

Pour notre part, au bout d'un an, on n'avait pas encore découvert l'ïle.
On commençait tout juste à prendre nos marques tant professionnellement que personnellement.

Il y avait bien eu LES émeutes et un gros cambriolage, mais on avait déménagé, et on se sentait bien car comme ça a été dit plus haut, en dehors des périodes tendues, c'était plutôt cool: la plage un weekend sur deux, l'impression d'être en vacances chaque vendredi soir....

Et puis on était optimiste, car, pour nous, le pire était passé.
Donc il nous a semblé tout à fait logique de prolonger.

Mais en fin de 2ème année, déjà, on a un petit peu commencé à se demander si on n'aurait pas dû se contenter de 2ans.
En effet, au bout de deux ans, on s'est aperçu des conséquences sournoises des émeutes , on a mieux pris connaissance du contexte politique de l'ïle, on a aussi pris conscience que tout évoluait difficilement à Mayotte.

Puis la 3ème année a commencé, on ne pouvait de toute manière plus faire marche arrière. On ne rompt pas un "contrat" comme on veut;

Voilà un peu comment on en est arrivé à rester tout de même 4ans.
( je passe sous silence les coups bas faits par le gouvernement à nos "contrats"...., les problèmes de santé liés à la fatigue et à l'humidité....)

Attention, tout n'a pas été que mauvais, mais cette expérience nous a quand même bien changé.
Entre autre, ici, j'ai appris la méfiance, j'ai appris à subir des situations difficiles, des privations de libertés et j'ai appris à prendre mon mal en patience.

Ca n'était pas tout à fait ce que j'attendais retenir de mon voyage


Si ces émeutes avaient eu lieu au début de notre 3ème année, je serai partie, c'est sûr. Soit me mettre au vert à La Run en attendant que ça se passe, soit en rompant mon contrat

Mais comme beaucoup le disent: chacun son ressenti et son vécu.
Mais il faut savoir que les choses qu'on subit insidieusement au quotidien durant 4ans nous usent.

Joli message poignant jansaisrien.
J'espère n'avoir jamais à écrire la même chose .....
Certains de mes collègues me disent que la marmite chauffe en ce moment
Certains prédisent même qu'elle éclatera avant Noël ....

que dire? témoignage pour lequel j'adhère complètement !nous vivons les mèmes choses!et paradoxalement j'adore mayotte pour ces bons cotés .....j'entends le mème discours.... que la marmite chauffe ! et toutes mes connaissances partent par manque d'infrastructures et de prise en charge de soins corrects ! le turn over est de pire en pire! et bizarrement je me suis adaptée à ce rythme de dingue! jusqu’à quand?????

Merci de vos témoignages qui me montrent que je ne suis pas dingue, car comme le dit Tchipou, j'ai souvent l'impression d'être "bi-polaire" tant mon ressenti varie dans les extrêmes entre l'amour de certaines choses et le ras le bol de certaines autres.

Et effectivement, je ne suis pas mécontente de partir maintenant car j'ai aussi le trop fort pressentiment que ça va malheureusement très bien tôt exploser!!

JE pense qu'avant de partir et d'engager ses enfants il faut savoir où on met les pieds et pas faire l'autruche comme certains semblent te dire de le faire !!! il faut le faire en toute connaissance de cause !! moi j'y ai vécue 4 ans et je connais la question !! pareil au bout de six mois j'étais encore sur mon petit nuage , puis il y a eu l'affaire Bacar !! les émeutes qui ont suivies, les gendarmes mobiles qui débarquent car l'est chaud et qu'on en veut à la France de protéger cet homme , toi français de métropole tu deviens non- grata , des regards méchants , un climat de tension insoutenable !! puis ce sera les manifs contre la vie chère et là encore tu deviens la cible ainsi que tout ce qui représente la France , etc .... des centaines de profs quittent  Mayotte avec précipitation , alors t'apprends que le prof de sport de ton enfant c'est fait agresser en compagnie de son épouse enceinte  très grièvement !! et puis tu apprends des vols par çi des vols par là ; des gens agressés sur les plages et volés à la moindre occasion , non vraiment il faut savoir  en tout état de cause se que l'on peut rencontrer lors d'un séjour à Mayotte et arrêter de comparer aux banlieu  de métropole car très peu de ceux qui partent ne vivent en banlieu et ont l'expérience de ce qu'il s'y passe ! là tu es sur une petite île et parfois on se sent isolé surtout quand les compagnies aériennes  annulent les vols lors du plus fort  des émeutes , tu te sens pris au piège !! voilà un ressenti possible à Mayotte et j'étais en petite terre !!  la vie est plus dure en grande terre encore  !! Justement vas voir certains blogs de personnels soignants qui témoignent de leur incapacité à travailler par ces temps de crise qui frappent parfois et soudainement ce territoire !!!  non vraiment dire aux gens de partir comme ça à l'aveuglette c'est irresponsable !!  Ce n'est que mon avis mais ne dit on pas  un homme averti en vaut deux  ;)

J'ai vécue 4 ans à Mayotte et j'ai le même vécu et ressenti que toi je suis rentrée depuis juillet 2011 et mes amis restés là - bas nous disent que ça c'est encore aggravé !! ils ont l'impression d'une bombe à retardement !! personne ne peut vivre comme ça longtemps , ce sentiment d'insécurité fini par te miner et t'user !!
Pourtant nous avons adoré et aimons encore beaucoup Mayotte , on pourrait même y revenir ,  mais non !!!!  moralement ça n'est plus possible pour nous !!
salutations

Bonjour,
Je suis entièrement d'accord avec "Jensaisrien". Tout les maisons autour de nous ont été cambriolées plusieurs fois. Même à plusieurs, sur une plage non identifiée "Mzungu", vous risquez de vous faire attaquer. La vie est très chère, peu de produits. Si vous n'avez qu'1 salaire, c'est vraiment difficile. Pratiquement aucune activité culturelle. Les restaurants sont très chers.

Cependant, c'est une expérience à vivre.
Sauf que :
il ne faut pas y venir en bisounours "tout le monde il est gentil, tout le monde il est beau sous les cocotiers"
il faut rester toujours très prudent
il ne faut pas avoir d'objet de valeur (si vous vous faites voler ou dépouiller, vous ne perdrez pas grand chose)
il faut savoir s'occuper. Si vous n'aimez pas la plage et la baignade, ça va être dur
il ne faut pas vouloir gagner beaucoup d'argent (entre le cout de la vie, les loyers, l'école privée pour les enfants, les billets d'avion, il reste peu à économiser)
une partie des femmes mahoraises n'est pas très aimable, les hommes y sont beaucoup plus
il faut supporter la chaleur et l'humidité
il faut savoir bien conduire, et avoir des réflexes lorsque la voiture vous précédant pile pour prendre une personne en stop sans prévenir.

Bien qu'il ne nous soit rien arrivé depuis 2 ans, nous ne sommes pas paranoïaques, mais nous prenons des précautions, nous ne sortons pas le soir à Mamoudzou, nous n'allons pas nous promener tout seuls dans les sentiers de randonnée ni sur les plages.
Bienvenue à vous.

N'écoutez pas les personnes qui tiennent un langage politiquement correct......lisez les postes des personnes qui quittent Mayotte. Pour répondre à votre question, je n'y amènerai pas mes enfants.

jensaisrien :

Bin oui, ne lis pas les posts négatifs!

"ILS" sont tous fous, paranos!

"ILS" ont rêvé leurs cambriolages,
"ILS" ont rêvé le climat social explosif,
"ILS" ont rêvé le manque cruel de médecins et de spécialités médicales ( ophtalmo, urologue, neuro-chirurgien.....) 
"ILS" ont rêvé le très faible niveau scolaire, 
"ILS" ont rêvé les prix exorbitants des produits alimentaires de mauvaises qualité,
"ILS" ont rêvé la vie chère et le monopole d'une ou deux enseignes qui l'entretiennent,
"ILS" ont rêvé les caillassages un week-end sur 3
"ILS" ont rêvé les déchets présents partout loin du décor de carte postale!
"ILS" ont rêvé les gamins en guenilles qui mangent dans les poubelles
"ILS" ont rêvé tous ces "jeunes" seuls sur l'île, livrés à eux-mêmes
"ILS" ont rêvé l'état déplorable des routes
"ILS" ont rêvé les nombreuses plages où l'on ne peut aller sous peine de se faire plumer
"ILS" ont rêvé que le lagon pourrait rester magnifique longtemps si chacun avait conscience de son impact sur son environnement
"ILS" ont rêvé que les élus arrêtent de s'en mettre plein les poches et s'occupent enfin de leur île


Bref, "ILS" ont rêvé.....d'arrêter la langue de bois.

Excellente réplique, il y a trop de personnes qui raisonnent " à la bisounours'', cela semble etre la spécialité de christine07200!

Nous sommes venus à Mayotte en connaissance des désagréments potentiels. 10 jours après notre arrivée en août dernier nous avons été cambriolé à Iloni malgré rideaux, jalousies et grilles à la fenêtres : la technique des perches en bois est très efficace . . .nous les avons repoussées avec les voleurs au bout . . . mais l'ordi était déjà parti.
Le plus pesant à Mayotte est ce perpétuel sentiment qu'il peut nous arriver quelque chose. Un ami a été caillassé et agressé au chambo le we dernier et s'est réfugié sur son bateau alors qu'il pique niquait tranquillement sur la plage. La semaine précédente un collègue a vu sa femme avec un chambo au cou devant ses enfants en bas âge . . . et ce ne sont que deux histoires très récentes racontées par les protagonistes en direct . .  . de nombreuses autres faits arrivent régulièrement et comme l'île est toute petite tout se sait et participe à une sorte de psychose très pénible.
Nous resterons une année de plus à Mayotte, car comme expliqué dans un autre message ds l'education nationale il faut décider en décembre si on veut rester ou partir pour l'année suivante, . . .. mais je pense que l'on se contentera de 2 ans. L'atmosphère est trop pesante pour que le positif prenne le pas sur le négatif pour nous. Cela étant quand on rentre d'une journée ou tout c'est bien passé, on y vit des moments agréables avec de beaux souvenirs.
Quand aux enfants, ma position est claire : c'est non ! je ne ferai pas prendre de risques, car il y en a (un peu comme si on allait vivre aux Minguettes, à Sarcelles ou dans les quartier nord de Marseille) à mes enfants. Je suis déjà suffisamment stressé d'emmener promener mon frère en ce moment en espérant à chaque fois que tout se passe bien, et en lui conseillant de ne pas prendre d'appareil photo, etc . . . pour ne pas se le faire voler !
Bon courage à tout ceux qui veulent prendre une décision de venir ou non à Mayotte.

Mayotte n'est pas la destination la plus sécurisé, il existe des endroits plus ou moins "risqués".
Il faut juste connaître les endroits à éviter.
Il y a des endroits en métropole, ou vous ne vous risquez pas, à Mayotte c'est la même chose.
Les repères étant différends il vous faut un petit temps d'adaptation.
J'ai trois enfants ( deux ans et demi, cinq ans et neuf ans) et il n'y a jamais eu de problème.
Il faut juste bien choisir le lieu d'habitation, à mon avis vivre en petite terre est l'idéale ( malgré la barge à prendre pour se rendre en grande terre).
J'espère que j'ai répondu au mieux à votre question ?
Le séjour que l'on passe à Mayotte dépend de se que l'on veux en faire.

Dans le milieu hospitalier tu trouvera facilement du travail, mais dans des conditions parfois très difficiles, vue les conditions .... Si tu a une grosse capacité d'adaptation ça peu faire !!!
Dangereux pas très mais beaucoup de vols et larcins, une situation sociale très défavorable, choisi bien ton lieu d'habitation si tu veux bien dormir!!!
Autrement les plages sont super, mais là aussi fait toi bien conseiller, car tu ne peux aller ou tu veux, et ne jamais balader tout seul, enfin des précautions à prendre. Plonger, lagon formidable, super climat.

Bon courage, profite bien si tu viens à Mayotte.

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