La Suisse autorise la double nationalité sans restriction depuis 1992, mais cette souplesse cache une exigence de résidence parmi les plus longues d'Europe : dix ans, dont trois des cinq années précédant la demande, avec un permis d'établissement C obligatoire. Pour un résident de longue date, la question n'est pas tant l'accès aux droits sociaux, déjà garantis par le permis C, que la valeur ajoutée du passeport et du droit de vote fédéral face aux exigences linguistiques (B1 à l'oral, A2 à l'écrit), aux frais cantonaux non harmonisés et à un parcours qui traverse trois autorités distinctes. Le mariage ou la filiation ouvre des voies plus courtes, mais chacune impose ses propres conditions, et la seule inconnue réelle reste le droit du pays d'origine face à la double nationalité.
Citoyenneté suisse et permis d'établissement C : quelles différences ?
Après dix ans de résidence avec un permis d'établissement C, l'essentiel de la vie quotidienne est déjà sécurisé : accès stable au marché du travail, assurance maladie obligatoire, scolarité des enfants dans le système cantonal, couverture par l'assurance vieillesse et survivants. Ces droits reposent sur la résidence et l'activité professionnelle, et non sur la nationalité, et s'appliquent donc de la même façon aux citoyens suisses et aux résidents étrangers installés durablement. La différence se joue ailleurs : sur le terrain politique, sur le passeport et sur la sécurité du statut.
La nationalité suisse s'acquiert au niveau communal et cantonal, puis au niveau fédéral, une fois la décision cantonale de naturalisation devenue définitive. Elle ouvre l'accès au droit de vote et d'élection, ainsi qu'aux obligations qui en découlent, y compris le service militaire lorsqu'il s'applique. Seuls les citoyens suisses âgés de 18 ans ou plus peuvent voter au niveau fédéral, lancer ou signer des référendums et des initiatives populaires fédérales ; les titulaires d'un permis C n'ont aucun droit de vote fédéral, même si certains cantons et communes accordent un droit de vote local limité aux étrangers. De la même façon, seul un citoyen suisse peut obtenir un passeport suisse ou une carte d'identité suisse : le permis C reste un statut migratoire, pas un document de voyage lié à la nationalité.
La nationalité confère aussi un droit de séjour inconditionnel, alors qu'un permis C peut être suspendu après six mois d'absence de Suisse, sauf demande de maintien déposée à l'avance, suspension qui reste de toute façon plafonnée à quatre ans. À l'étranger, les citoyens suisses peuvent recourir à la protection consulaire des représentations suisses, tandis qu'un résident permanent reste rattaché à la protection consulaire de son pays d'origine. Certaines fonctions publiques exigent par ailleurs les droits politiques fédéraux ou la nationalité suisse, ce qu'un permis C seul ne permet pas d'obtenir.
Cette progression rappelle la distinction entre la carte de résident de longue durée et la naturalisation par la nationalité française : la carte de résident donne un droit de séjour stable, mais seule la naturalisation confère le passeport et le droit de vote, exactement comme le permis d'établissement C suisse par rapport à la citoyenneté fédérale suisse.
La double nationalité est autorisée sans restriction depuis le 1er janvier 1992 : le droit suisse ne fait pas obligation de renoncer à sa nationalité d'origine pour devenir suisse. Une naturalisation obtenue par déclarations fausses ou dissimulation de faits essentiels peut toutefois être annulée jusqu'à huit ans après son acquisition, avec un délai de deux ans avant toute nouvelle demande après une annulation devenue définitive ; un double national peut aussi être déchu de la nationalité suisse si son comportement porte gravement atteinte aux intérêts ou à la réputation de la Suisse, dans des cas graves comme des crimes de guerre ou des actes de terrorisme.
La question à trancher n'est donc pas tant « quel statut donne le plus de droits » que « la naturalisation vaut-elle la charge administrative et les dix ans de résidence exigés pour obtenir la couche politique et identitaire supplémentaire ». Pour un résident qui n'est pas encore prêt à franchir ce pas, le permis d'établissement C reste l'alternative de résidence de longue durée à considérer.
Pour la grande majorité des résidents étrangers, la naturalisation ordinaire par la résidence est la seule voie réaliste : elle exige au moins dix ans de résidence en Suisse, dont trois ans durant les cinq années précédant la demande, ainsi qu'un permis d'établissement C. Les frais fédéraux s'élèvent à 100 CHF (environ 107 EUR) pour un adulte, 150 CHF (environ 161 EUR) pour des époux déposant une demande conjointe, et 50 CHF (environ 54 EUR) pour un mineur ; des frais cantonaux et communaux s'ajoutent.
La nationalité par filiation (droit du sang) s'acquiert automatiquement à la naissance d'un parent suisse, sans procédure de naturalisation. La Suisse n'accorde en revanche aucune nationalité du seul fait de naître sur son territoire : l'acquisition à la naissance dépend d'un parent suisse, et non du lieu de naissance.
La nationalité par mariage s'effectue par une procédure distincte de la naturalisation facilitée, ouverte au conjoint étranger d'un citoyen suisse, avec des exigences de résidence réduites par rapport à la naturalisation ordinaire.
Une voie de réintégration existe pour les personnes ayant déjà perdu la nationalité suisse : les frais s'élèvent à 900 CHF (environ 963 EUR) pour un demandeur résidant en Suisse (650 CHF, soit environ 696 EUR, pour un mineur déposant seul) et à 600 CHF (environ 642 EUR) pour un demandeur résidant à l'étranger (350 CHF, soit environ 375 EUR, pour un mineur déposant seul). Ces frais sont dus à l'avance et ne sont pas remboursés en cas de refus.
La naturalisation facilitée est la voie fédérale utilisée pour les conjoints de citoyens suisses et dans certains cas liés à la filiation ; elle reste plus rapide que la naturalisation ordinaire, mais elle est soumise aux mêmes exigences d'intégration, d'ordre public, de respect des valeurs constitutionnelles et de sécurité. La naturalisation ordinaire est déposée auprès de la commune ou du canton de résidence, qui instruit le dossier et le transmet, avec un rapport, au Secrétariat d'État aux migrations (SEM) pour l'autorisation fédérale de naturalisation ; l'autorité cantonale compétente rend ensuite la décision finale. La naturalisation facilitée et la réintégration sont traitées directement par le SEM, tandis que les représentations suisses à l'étranger gèrent l'étape consulaire pour les demandeurs vivant hors de Suisse.
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La naturalisation ordinaire en Suisse : devenir citoyen par la résidence
Les années vécues en Suisse entre 8 et 18 ans comptent double dans le calcul des dix ans de résidence exigés, mais au moins six années de résidence effective restent nécessaires dans tous les cas. Dans cette fenêtre de dix ans, le demandeur doit avoir vécu en Suisse pendant trois ans au cours des cinq années précédant immédiatement le dépôt de la demande ; le droit cantonal ajoute une durée de résidence minimale supplémentaire de deux à cinq ans dans la commune et le canton concernés.
Les permis de séjour ne comptent pas tous de la même façon : le temps passé sous un permis B ou C compte intégralement, de même qu'une carte de légitimation du DFAE ou un permis C ; le temps sous un permis F compte pour moitié ; le temps sous un permis N de la procédure d'asile ou un permis de courte durée L ne compte pas du tout.
Les conditions cumulatives à remplir portent sur plusieurs plans :
participer à la vie économique ou être en formation ;
n'avoir reçu aucune aide sociale durant les trois années précédant la demande, sauf remboursement intégral ;
n'avoir aucune poursuite en cours, acte de défaut de biens ou impôt impayé ;
respecter la sécurité et l'ordre public : une inscription au casier judiciaire ou une procédure pénale en cours constitue en principe un obstacle, et le SEM suspend la procédure jusqu'à l'issue légale de la procédure pénale ;
prouver la capacité à communiquer dans la vie quotidienne dans une langue nationale suisse, au minimum au niveau B1 à l'oral et A2 à l'écrit ;
connaître les conditions de vie en Suisse (géographie, histoire, institutions politiques et société), participer à la vie sociale et culturelle et entretenir des contacts avec la population suisse.
Ce standard légal d'« intégration réussie » combine la maîtrise linguistique, le respect de l'ordre public, le respect des valeurs constitutionnelles, la participation économique ou éducative, ainsi que le soutien à l'intégration des membres de la famille ; les cantons peuvent ajouter leurs propres critères.
La Suisse n'exige pas la renonciation à la nationalité d'origine pour naturaliser : le maintien de cette nationalité dépend uniquement du droit du pays d'origine. Sur le plan procédural, la naturalisation ordinaire est d'abord examinée par la commune et le canton de résidence, qui préparent un rapport de naturalisation ; si le canton, et la commune lorsque le droit cantonal l'exige, soutiennent la demande, le dossier part au SEM pour l'autorisation fédérale de naturalisation, puis l'autorité cantonale rend sa décision finale dans un délai d'un an après cette autorisation. Le formulaire de demande est obtenu et déposé auprès de l'autorité compétente du lieu de résidence, la procédure locale relevant du droit cantonal.
La nationalité suisse par filiation
La transmission automatique par filiation ne peut passer que par un parent, jamais par un grand-parent ou un ancêtre suisse plus éloigné : un demandeur qui bâtit son dossier sur un grand-parent suisse ne peut prétendre à aucun droit automatique de ce fait. Un enfant né de parents mariés acquiert la nationalité suisse à la naissance dès qu'un des deux parents est suisse ; il en va de même pour l'enfant d'une mère suisse non mariée. Pour l'enfant mineur d'un père suisse non marié et d'une mère étrangère, l'acquisition dépend de l'établissement du lien de filiation avec le père suisse : celui-ci doit reconnaître l'enfant avant ses 18 ans, ou la filiation doit être établie par un jugement.
Aucun droit général à la nationalité suisse n'existe du simple fait d'avoir un grand-parent ou un ancêtre suisse plus lointain. Les voies officielles couvrent la filiation par un parent, des cas de naturalisation simplifiée pour des enfants n'ayant pas acquis automatiquement la nationalité (certains enfants nés d'une mère suisse dans des anciens cas de transmission, et les enfants nés avant le 1er janvier 2006 d'un père suisse non marié), ainsi que la réintégration pour les personnes ayant précédemment perdu la nationalité suisse.
Un enfant né à l'étranger d'au moins un parent suisse, et détenant aussi une autre nationalité, perd la nationalité suisse à 25 ans sauf si, avant cet anniversaire, la naissance a été annoncée à une autorité suisse (en Suisse ou à l'étranger), si la personne s'annonce elle-même, ou si elle déclare par écrit vouloir conserver la nationalité suisse. Une personne ayant précédemment perdu la nationalité suisse peut demander sa réintégration auprès de la représentation suisse à l'étranger dans les dix ans suivant la perte, à condition de démontrer des liens étroits avec la Suisse.
Les enfants étrangers d'un parent naturalisé suisse qui n'ont pas acquis automatiquement la nationalité doivent déposer une demande de naturalisation simplifiée avant leur 22e anniversaire et justifier de cinq ans de résidence totale en Suisse, dont les trois années précédant immédiatement la demande. Les enfants d'une mère suisse ou d'un père suisse, remplissant les conditions applicables, suivent une voie distincte liée à la filiation et doivent démontrer une intégration réussie s'ils résident en Suisse, ou des liens étroits avec la Suisse s'ils résident à l'étranger.
La nationalité suisse par mariage
Le mariage avec un citoyen suisse raccourcit la durée de résidence exigée de dix à cinq ans, dont trois ans au sein de l'union conjugale, mais superpose les mêmes contrôles d'intégration, de langue et d'ordre public que la naturalisation ordinaire, et l'ensemble de l'éligibilité s'effondre si l'union conjugale prend fin, ou si le conjoint suisse décède, avant que la décision ne soit définitive.
Pour un conjoint résidant en Suisse, les conditions sont de trois ans d'union conjugale avec le conjoint suisse et cinq ans de résidence totale en Suisse, dont l'année précédant immédiatement la demande, ce qui constitue un parcours plus court que les dix ans requis pour la naturalisation ordinaire. Pour un conjoint résidant à l'étranger, il faut six ans d'union conjugale et des liens étroits avec la Suisse.
La demande est exclue si les deux époux étaient étrangers au moment du mariage et que l'un est devenu suisse ensuite uniquement par naturalisation ordinaire, ou si le conjoint suisse est décédé avant le dépôt de la demande ; les personnes de référence résidant en Suisse doivent également confirmer que les exigences d'intégration sont remplies. Les demandeurs résidant en Suisse doivent prouver une capacité en langue nationale de niveau B1 à l'oral et A2 à l'écrit ; ceux résidant à l'étranger doivent pouvoir communiquer oralement dans la vie quotidienne en langue nationale, dans le cadre des « liens étroits avec la Suisse ».
Le même standard d'intégration que pour la naturalisation ordinaire s'applique : aucune aide sociale perçue durant les trois années précédant la demande sauf remboursement intégral, aucun arriéré fiscal, aucune poursuite ni acte de défaut de biens, et aucune inscription au casier judiciaire. La naturalisation facilitée exige une union conjugale réelle et stable, avec une vie commune au même domicile et l'absence d'intention de séparation ou de divorce ; si cette communauté conjugale n'existe plus dans les faits, les conditions ne sont pas remplies, même si le mariage reste juridiquement valide.
La double nationalité en Suisse
La Suisse autorise la double et la multiple nationalité sans restriction, que la nationalité suisse s'acquière par naturalisation, par filiation ou par mariage. Les personnes devenues suisses par naturalisation n'ont pas à renoncer à leur nationalité précédente selon le droit suisse, et les citoyens suisses qui acquièrent une autre nationalité à l'étranger ne perdent pas la nationalité suisse selon le droit suisse.
L'exception pratique à cette règle permissive ne vient pas du droit suisse mais du pays d'origine du demandeur : certaines législations nationales entraînent la perte automatique de la nationalité d'origine lorsqu'une personne acquiert volontairement une autre nationalité. Les autorités suisses ne peuvent pas indiquer si une nationalité donnée sera conservée ou perdue : ce point doit être vérifié directement auprès de l'autorité compétente du pays d'origine.
Sur ce point, les situations varient nettement selon le pays d'origine. La Belgique a définitivement levé l'interdiction de la double nationalité le 28 avril 2008 : un adulte belge qui acquiert volontairement une nationalité étrangère reconnue conserve automatiquement sa nationalité belge, sans déclaration à effectuer. Le Canada, par l'intermédiaire d'IRCC, confirme qu'une personne peut être à la fois citoyenne canadienne et citoyenne d'un autre pays sans démarche particulière. Pour la France, il convient de vérifier directement auprès des autorités françaises compétentes avant d'engager une procédure de naturalisation suisse.
Les obligations de service militaire pour les doubles nationaux dépendent généralement du domicile au moment du recrutement, et la protection consulaire peut également être limitée pour un double national : la Suisse indique que sa protection consulaire dans le pays de l'autre nationalité n'est disponible que si cet État ne s'y oppose pas. Les citoyens suisses inscrits auprès d'une représentation suisse à l'étranger sont par ailleurs invités à en informer la représentation suisse à l'étranger s'ils acquièrent une autre nationalité.
Test de connaissances et exigences linguistiques pour la naturalisation en Suisse
Le niveau linguistique minimal au niveau fédéral pour la naturalisation est B1 à l'oral et A2 à l'écrit dans une langue nationale suisse, selon le Cadre européen commun de référence pour les langues ; les cantons peuvent exiger davantage.
Seuls les certificats figurant sur la liste officielle du SEM sont acceptés comme preuve : une simple attestation de suivi de cours ou un test de positionnement en ligne ne suffit pas. La preuve est également acceptée sans certificat lorsque le demandeur parle et écrit une langue nationale suisse comme langue maternelle, a suivi au moins cinq ans de scolarité obligatoire dans une langue nationale suisse, ou a effectué des études secondaires ou supérieures dans une langue nationale suisse.
Un entretien personnel sert à évaluer la « familiarité avec les conditions de vie en Suisse », c'est-à-dire les connaissances de base en géographie, histoire, institutions politiques et société, la participation à la vie sociale et culturelle et les contacts avec la population suisse ; cet entretien complète la preuve linguistique documentaire ; il ne la remplace pas.
Les situations de handicap, de maladie ou de difficultés majeures d'apprentissage, de lecture ou d'écriture doivent être prises en compte de manière appropriée lorsqu'elles rendent la preuve linguistique ou la participation économique impossible ou très difficile ; le demandeur doit alors fournir une attestation d'un spécialiste médical ou un document équivalent, l'autorité compétente décidant de la manière d'en tenir compte.
Bon à savoir :
Le seuil fédéral paraît modeste sur le papier mais n'est pas automatique dans les faits, puisqu'il faut réunir à la fois une preuve linguistique documentée et un entretien d'intégration distinct, les cantons pouvant en outre fixer des exigences plus strictes ou plus localisées.
La procédure de demande de naturalisation en Suisse
La naturalisation en Suisse passe par trois autorités successives : la commune ou le canton, puis la Confédération, puis à nouveau le canton. Le dossier est donc examiné deux fois au niveau cantonal avant même que Berne ne se prononce, et le calendrier est asymétrique : l'autorisation fédérale expire si le canton ne rend pas sa décision finale dans l'année suivant sa réception.
Vérifier son éligibilité : dix ans de résidence en Suisse (dont trois durant les cinq dernières années), détention d'un permis d'établissement C, et respect de la durée de résidence cantonale et communale supplémentaire.
Obtenir le formulaire de demande et réunir les documents exigés par l'autorité compétente de la commune ou du canton de résidence, selon la liste précise applicable au droit cantonal.
Satisfaire à l'exigence linguistique : obtenir un certificat figurant sur la liste reconnue par le SEM, ou documenter une équivalence de langue maternelle ou de scolarité, attestant au moins du niveau B1 à l'oral et A2 à l'écrit.
Se présenter à l'entretien cantonal d'intégration portant sur la connaissance des conditions de vie en Suisse ; certains cantons ou communes ajoutent des contrôles de connaissances locales.
Déposer la demande complète auprès de la commune ou du canton de résidence.
L'autorité cantonale examine les conditions formelles, l'intégration et la connaissance des conditions de vie en Suisse, puis rédige un rapport de naturalisation.
Si le canton, et la commune lorsque le droit cantonal l'exige, soutient la demande, le dossier et le rapport sont transmis au Secrétariat d'État aux migrations (SEM), et les frais fédéraux sont payés (100 CHF pour un adulte, 150 CHF pour des époux en demande conjointe, 50 CHF pour un mineur).
Le SEM délivre l'autorisation fédérale de naturalisation si les conditions formelles et matérielles fédérales sont remplies.
L'autorité cantonale compétente doit rendre sa décision finale dans un délai d'un an après la délivrance de l'autorisation fédérale, faute de quoi celle-ci expire ; le canton peut encore refuser si des faits nouveaux apparaissent qui auraient empêché l'autorisation fédérale.
Dans les cantons qui l'exigent, comme Genève et Vaud, assister à la cérémonie de prestation de serment qui clôt la procédure et fixe, pour les adultes, la date d'acquisition de la nationalité suisse.
Une fois la naturalisation définitive, demander un passeport suisse et/ou une carte d'identité.
Recourir à un conseil juridique s'avère particulièrement utile en cas de parcours de résidence complexe, de casier judiciaire, de questions de remboursement d'aide sociale, de poursuites en cours, d'évaluation d'intégration contestée, ou de questions de double nationalité et de renonciation liées au pays d'origine. Les ressources officielles à consulter directement sont les pages du Secrétariat d'État aux migrations consacrées à la naturalisation ordinaire, à la foire aux questions sur la citoyenneté et aux certificats de langue reconnus, ainsi que les informations du Département fédéral des affaires étrangères sur la double nationalité.
Délais et frais de la naturalisation en Suisse
Les frais fédéraux sont fixes et modestes, mais ils ne représentent qu'une partie du coût réel : les frais cantonaux et communaux sont fixés localement et ne sont pas publiés au niveau fédéral, tandis que le seul délai ferme de toute la procédure est d'une année, dont dispose le canton pour statuer après la délivrance de l'autorisation fédérale par le SEM.
Frais fédéraux de naturalisation ordinaire : 100 CHF (environ 107 EUR) pour un adulte, 150 CHF (environ 161 EUR) pour des époux en demande conjointe, 50 CHF (environ 54 EUR) pour un mineur.
Réintégration : 900 CHF (environ 963 EUR) depuis la Suisse, 650 CHF (environ 696 EUR) pour un mineur déposant seul ; 600 CHF (environ 642 EUR) depuis l'étranger, 350 CHF (environ 375 EUR) pour un mineur déposant seul.
Pour les dossiers de naturalisation facilitée ou de réintégration traités à l'étranger, des coûts supplémentaires peuvent s'ajouter : frais de représentation facturés au temps passé, frais de vérification des documents étrangers par l'autorité de l'état civil, et traduction certifiée des documents non rédigés en allemand, français ou italien.
Le seul délai publié de manière ferme est d'un an, après lequel l'autorité cantonale compétente doit rendre sa décision de naturalisation à compter de l'octroi de l'autorisation fédérale par le SEM ; passé ce délai, l'autorisation fédérale expire. Aucune durée totale de bout en bout pour l'ensemble de la procédure commune-canton-Confédération n'est publiée, le coût et le délai variant selon le canton, puisque le dossier passe par trois étapes d'examen distinctes menées indépendamment selon le droit cantonal.
Pour les procédures de naturalisation facilitée ou de réintégration traitées depuis l'étranger, la représentation suisse transmet en général son rapport d'enquête au SEM dans un délai de douze mois, le SEM statuant ensuite généralement dans les douze mois suivant la réception du dossier complet. Durant cette procédure, tout changement d'adresse ou tout événement d'état civil (mariage, séparation, divorce, naissance, décès ou adoption) doit être signalé à la représentation suisse compétente tant que la demande est en cours.
Droits et avantages de la nationalité suisse
Le passeport suisse occupait la troisième place du classement Henley des passeports (édition 2026), offrant un accès sans visa ou avec visa à l'arrivée à 186 destinations. Un passeport suisse standard pour adulte, délivré en Suisse, coûte 140 CHF (environ 149 EUR) plus 5 CHF (environ 5 EUR) de frais d'envoi.
Les citoyens suisses âgés de 18 ans ou plus résidant en Suisse peuvent voter aux niveaux fédéral, cantonal et communal, et lancer ou signer des référendums et des initiatives populaires fédérales ; les citoyens suisses de l'étranger peuvent voter au niveau fédéral une fois inscrits auprès d'une représentation suisse, et certains cantons ouvrent également le vote cantonal ou communal aux citoyens de l'étranger. Les droits politiques fédéraux, y compris le droit de se présenter aux élections du Conseil national, appartiennent aux citoyens suisses de 18 ans ou plus non exclus en vertu du droit fédéral.
La nationalité confère un droit de séjour inconditionnel, alors qu'un permis C, statut migratoire, peut être suspendu après six mois d'absence sans suspension approuvée. Un enfant né à l'étranger d'un parent suisse détenant également une autre nationalité peut perdre la nationalité suisse à 25 ans si sa naissance n'a pas été enregistrée auprès des autorités suisses ; il convient donc de le signaler à une ambassade ou à un consulat suisse, ou à l'office d'état civil du lieu d'origine suisse, après la naissance.
Cérémonie de naturalisation et serment en Suisse
L'étape finale de la naturalisation n'est pas uniforme sur l'ensemble du territoire : certains cantons, comme Vaud et Genève, concluent la procédure par une cérémonie de prestation de serment obligatoire, qui fixe légalement, pour les adultes, la date d'acquisition de la nationalité suisse.
Dans le canton de Vaud, le demandeur prête serment lors d'une cérémonie obligatoire organisée par le canton, au cours de laquelle la nationalité suisse est acquise. À Genève, les candidats adultes acquièrent la nationalité suisse à la date de la cérémonie de prestation de serment ; les mineurs l'acquièrent à la date de l'arrêté de naturalisation du Conseil d'État. Dans la procédure ordinaire genevoise, après réception du préavis communal et de l'autorisation fédérale, l'administration cantonale effectue un dernier contrôle du casier judiciaire et de l'indépendance financière ; si tout est validé, le Conseil d'État délivre un arrêté d'admission, et les candidats adultes prêtent alors serment lors d'une cérémonie officielle qui clôture la procédure.
Genève délivre un certificat de droit de cité genevois pour 30 CHF (environ 32 EUR), envoyé par courrier dans un délai de dix jours ouvrables à compter de la demande. Environ quatorze jours après le serment, le nouveau citoyen peut commander un passeport suisse et/ou une carte d'identité ; les administrations cantonales sont informées de la nouvelle citoyenneté dans un délai d'environ dix jours ouvrables suivant son acquisition.
La naturalisation déclenche une série de démarches qui, pour la plupart, ne s'effectuent pas automatiquement. Le nouveau citoyen peut demander un passeport suisse et/ou une carte d'identité en ligne, par téléphone ou auprès d'un office cantonal des passeports ; les personnes résidant à l'étranger déposent leur demande en ligne puis se rendent à la représentation suisse compétente pour la saisie des données biométriques (photo, signature et empreintes digitales pour un passeport). La livraison prend au maximum dix jours ouvrables en Suisse ou trente jours ouvrables à l'étranger après approbation.
Un passeport ou une carte d'identité pour adulte reste valable dix ans ; les documents pour les personnes de moins de 18 ans sont valables cinq ans. En Suisse, un passeport pour adulte coûte 140 CHF (environ 149 EUR) plus 5 CHF (environ 5 EUR) de frais d'envoi ; une carte d'identité pour adulte coûte 65 CHF (environ 70 EUR) plus 5 CHF (environ 5 EUR) ; et le duo passeport et carte d'identité coûte 148 CHF (environ 158 EUR) plus 10 CHF (environ 11 EUR) ; ces documents ne se renouvellent pas par prolongation et exigent une nouvelle demande à chaque fois. Depuis novembre 2026, les citoyens suisses peuvent demander une nouvelle carte d'identité biométrique ; les cartes non biométriques existantes restent valables jusqu'à leur date d'expiration imprimée, sous réserve de l'acceptation par le pays de destination.
La Suisse elle-même n'exige pas qu'un citoyen nouvellement naturalisé renonce à sa nationalité précédente : le facteur déterminant reste le droit du pays d'origine, à vérifier directement auprès de son autorité compétente ou de sa représentation diplomatique ou consulaire. La Suisse reconnaissant la multiplicité des nationalités, un citoyen suisse peut détenir un passeport suisse en parallèle d'un autre passeport national ; l'autre pays peut néanmoins exiger de ses propres ressortissants l'usage de son passeport pour entrer et sortir de son territoire, ce qui justifie de vérifier les deux jeux de règles avant de voyager.
La nationalité suisse est la condition de base pour le service militaire suisse : les hommes suisses sont en principe soumis au recrutement dès 18 ans, mais les citoyens résidant à l'étranger sont dispensés du service militaire obligatoire, tout en pouvant se porter volontaires. Un double national ayant déjà accompli un service militaire ou civil obligatoire dans son autre pays de nationalité n'est pas tenu d'effectuer aussi le service suisse, mais peut rester redevable de la taxe d'exemption du service militaire suisse. Aucune surtaxe générale sur le revenu ne s'applique du seul fait de devenir citoyen ; l'exception concerne l'imposition d'après la dépense, un régime fiscal spécial réservé à certains résidents étrangers, qui prend fin au plus tard à la fin de la période fiscale durant laquelle la personne acquiert la nationalité suisse, l'imposition ordinaire sur le revenu s'appliquant ensuite.
Les citoyens suisses de l'étranger peuvent exercer leurs droits de vote fédéraux et voter aux élections du Conseil national par correspondance une fois inscrits auprès d'une représentation suisse, la commune électorale de référence étant leur dernière commune de résidence en Suisse, ou leur commune d'origine s'ils n'y ont jamais résidé.
Foire aux questions
La naturalisation ordinaire exige au moins dix ans de résidence en Suisse, dont trois ans au cours des cinq années précédant la demande, ainsi qu'un permis d'établissement C. Les années vécues entre huit et dix-huit ans comptent double, mais six années de résidence effective restent obligatoires. Les cantons et les communes ajoutent souvent leur propre durée minimale, généralement comprise entre deux et cinq ans.
Oui, pour la naturalisation ordinaire : le demandeur doit détenir un permis C après dix ans de résidence. La naturalisation facilitée, réservée aux conjoints de citoyens suisses et à certains descendants, suit des règles différentes et n'exige pas toujours ce permis.
La Suisse autorise la double nationalité sans restriction, mais le maintien de l'autre nationalité dépend également de la loi du pays d'origine. Il convient de vérifier à la fois les règles suisses et celles de son pays actuel avant de déposer une demande.
Oui. La naturalisation exige de prouver la capacité à communiquer dans une langue nationale suisse, à un niveau minimal de B1 à l'oral et d'A2 à l'écrit, selon le Cadre européen commun de référence pour les langues. La langue exacte demandée et les modalités de preuve peuvent varier selon le canton et la voie choisie.
Il n'existe pas d'épreuve écrite nationale unique. Un entretien personnel et un examen cantonal ou communal évaluent la connaissance de la géographie, de l'histoire, de la politique et de la société suisses, ainsi que la participation à la vie sociale et culturelle.
Un casier judiciaire peut sérieusement compromettre une demande : le respect de la sécurité et de l'ordre public est une condition, et une inscription au casier judiciaire constitue en principe un obstacle à la naturalisation. Le fait qu'une inscription précise bloque ou non la demande dépend de la nature de l'infraction, de son ancienneté et de l'appréciation des autorités.
Les frais fédéraux de la naturalisation ordinaire s'élèvent à cent francs suisses pour un adulte, cent cinquante francs suisses pour des époux déposant une demande conjointe, et cinquante francs suisses pour un mineur ; les frais cantonaux et communaux s'ajoutent et varient selon les cantons et les communes. La naturalisation facilitée d'un conjoint résidant à l'étranger coûte 600 francs suisses, payables d'avance et non remboursables en cas de refus.
La naturalisation ordinaire est examinée d'abord par la commune et le canton de résidence, puis transmise au Secrétariat d'État aux migrations si elle est soutenue localement ; le seul délai ferme publié est que le canton doit rendre sa décision finale dans l'année suivant l'autorisation fédérale. La durée totale dépend fortement du canton, de la commune et de la complétude du dossier.
Les enfants ne deviennent pas suisses du simple fait de naître en Suisse de parents étrangers. Des voies facilitées existent pour certains enfants, notamment pour les étrangers de troisième génération et les enfants d'un parent naturalisé, mais chacune obéit à ses propres conditions.
Seulement dans des situations juridiques précises, par filiation directe avec un parent, et non dans le cadre d'un programme général ouvert à toute personne ayant un ancêtre suisse éloigné. La naturalisation facilitée et la réintégration s'appliquent aux liens familiaux établis avec des citoyens suisses ; il faut identifier la voie exacte et documenter la filiation avant de présumer d'une éligibilité.
Non. Le mariage avec un citoyen suisse ouvre l'accès à la naturalisation facilitée si les conditions légales sont remplies, notamment l'existence d'une union conjugale réelle et le respect des exigences d'intégration et de sécurité, mais il n'accorde pas automatiquement la nationalité.
Oui, dans des circonstances limitées : une naturalisation obtenue par de fausses déclarations ou par la dissimulation de faits essentiels peut être annulée jusqu'à huit ans après son obtention, et un double national peut être déchu de sa nationalité dans des cas graves portant sérieusement atteinte aux intérêts de la Suisse, tels que des crimes de guerre ou des actes de terrorisme.
La nationalité suisse donne accès au passeport suisse, classé troisième au Henley Passport Index avec un accès sans visa ou avec visa à l'arrivée à cent quatre-vingt-six destinations, ainsi qu'aux droits et devoirs politiques qui accompagnent la citoyenneté. Les règles d'entrée propres à chaque destination doivent toujours être vérifiées avant tout déplacement.
La nationalité suisse ouvre le droit de vote aux niveaux fédéral, cantonal et communal, une fois les formalités d'inscription accomplies auprès de la commune, ou auprès d'une représentation suisse pour les citoyens résidant à l'étranger. Les nouveaux citoyens doivent confirmer leur inscription auprès de leur commune immédiatement après la naturalisation.
Il n'existe pas de règle nationale uniforme, mais plusieurs cantons, dont Genève et Vaud, clôturent la naturalisation ordinaire par une cérémonie de prestation de serment obligatoire, qui fixe, pour les adultes, la date légale d'acquisition de la nationalité suisse. Il convient de vérifier les modalités locales auprès de l'autorité cantonale ou communale compétente.
L'approbation n'est jamais garantie, et certains frais de naturalisation facilitée ne sont pas remboursés en cas de rejet. En cas de refus, il convient d'examiner les motifs invoqués par l'autorité, les délais applicables et les possibilités de recours ou de nouvelle demande auprès du canton, de la commune, du Secrétariat d'État aux migrations ou d'un conseiller qualifié.
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