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Devenir ciyo belge

17 min de lecture
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En Belgique, un droit de séjour illimité ouvre déjà l'accès au travail, à la santé, à l'école et à la quasi-totalité de la sécurité sociale : la nationalité n'ajoute donc pas de vie nouvelle, mais trois éléments précis, à commencer par le passeport belge, classé 4e au Henley Passport Index, et la pleine participation politique aux élections fédérales et régionales. La voie ordinaire pour un résident installé depuis plusieurs années n'est pas une naturalisation au sens strict, mais une déclaration de nationalité déposée auprès de sa commune après cinq ans de séjour légal, sous réserve de preuves linguistiques et d'intégration précises. La Belgique autorise la double nationalité sans exiger de renoncer à l'origine, mais la question décisive reste posée par le pays d'origine lui-même, et non par le droit belge.

Nationalité belge et résidence permanente en Belgique : les différences essentielles

Un résident étranger installé en Belgique avec un droit de séjour illimité bénéficie déjà, dans la plupart des cas, du même accès au marché du travail, aux soins de santé, à l'éducation et à la majorité des prestations de sécurité sociale qu'un citoyen belge. Ces droits sont attachés au statut de séjour et de travail, et non à la nationalité. La question n'est donc pas « qu'est-ce que je ne peux pas faire aujourd'hui », mais bien ce que la nationalité apporte concrètement à une vie déjà installée.

Trois éléments restent réservés aux citoyens belges. D'abord, la participation politique complète : seuls les Belges votent aux élections fédérales et régionales/communautaires, et les citoyens de l'Union européenne résidant en Belgique ne peuvent voter localement qu'aux élections du Parlement européen, pas aux scrutins nationaux. Ensuite, le passeport belge : une carte de séjour est un document de séjour, jamais une preuve de nationalité, et seul un citoyen belge peut demander un passeport belge. Enfin, certains emplois publics : la Constitution réserve aux Belges les fonctions liées à l'exercice de l'autorité publique, tandis que les emplois statutaires fédéraux restent ouverts aux ressortissants de l'Espace économique européen et de la Suisse, et les emplois contractuels fédéraux à toute nationalité.

Sur le plan juridique, la nationalité belge relève du Code de la nationalité belge. Pour un adulte installé depuis plusieurs années, la voie ordinaire n'est pas une « naturalisation » au sens strict mais une déclaration de nationalité déposée devant l'officier de l'état civil : une démarche administrative encadrée par des conditions précises, à distinguer de la naturalisation proprement dite, qui reste une faveur discrétionnaire accordée par la Chambre des représentants.

Devenir belge change aussi la nature du statut lui-même : la nationalité ne dépend plus du renouvellement d'un titre de séjour et n'impose aucune condition de présence continue en Belgique une fois acquise. La Belgique autorise par ailleurs la double nationalité sans exiger de renoncer à la nationalité d'origine, un point développé plus loin. Concrètement, la nationalité convient surtout à ceux qui recherchent la pleine appartenance politique, un passeport belge et européen, et un statut indépendant d'une carte de séjour à renouveler. Ceux dont les besoins se limitent au travail, à la santé, à la scolarité et à la sécurité sociale, sans vouloir prendre le moindre risque sur leur nationalité d'origine, peuvent choisir de rester en résidence permanente le temps de vérifier les règles de leur propre pays en matière de double nationalité.

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Belgique

Les parcours vers la nationalité belge

La quasi-totalité des résidents étrangers de longue durée passe par une seule voie : la déclaration de nationalité déposée auprès de l'officier de l'état civil de leur commune de résidence principale. Cette procédure couvre cinq catégories statutaires, combinant années de séjour légal, connaissance linguistique, intégration sociale et participation économique ; ces catégories sont détaillées dans la section suivante.

La naissance sur le sol belge ne rend pas automatiquement un enfant belge. Avant dix-huit ans, la nationalité s'acquiert uniquement par des voies définies : naissance en Belgique sous conditions précises, filiation avec un parent belge, reconnaissance par un parent belge, ou adoption remplissant certaines conditions. La transmission par filiation et la déclaration liée au mariage constituent deux catégories distinctes, non automatiques, chacune détaillée ci-dessous.

La naturalisation, décidée directement par la Chambre des représentants, reste une voie exceptionnelle : elle est réservée aux adultes capables de démontrer un mérite exceptionnel dans un domaine scientifique, sportif ou socioculturel, et de justifier qu'une déclaration de nationalité leur est pratiquement impossible. Les apatrides reconnus judiciairement peuvent également y recourir après au moins deux ans de séjour légal. Un ancien Belge peut, de son côté, recouvrer sa nationalité par déclaration s'il a au moins dix-huit ans, n'a pas été déchu par voie judiciaire et réside principalement en Belgique depuis douze mois sur la base d'un séjour légal ininterrompu.

Quelle que soit la voie choisie, le dossier est d'abord vérifié par l'officier de l'état civil, puis transmis au procureur du Roi, à l'Office des étrangers et à la Sûreté de l'État ; la naturalisation, elle, est tranchée directement par la Chambre.

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La naturalisation en Belgique par la résidence : la déclaration de nationalité

Pour la plupart des résidents étrangers, la voie la plus directe passe par cinq années de séjour légal en Belgique, combinées à la preuve de maîtrise d'une des trois langues nationales, à l'intégration sociale et à la participation économique. D'autres catégories existent : naissance en Belgique avec résidence depuis la naissance, mariage avec un Belge ou parenté d'un enfant belge après cinq ans de résidence, invalidité ou âge de la pension après cinq ans de résidence, et une voie à dix ans fondée sur la langue et la participation à la vie de la communauté d'accueil.

Au moment du dépôt, il faut détenir un droit de séjour illimité. Pendant la période immédiatement précédant la demande, un droit de séjour de plus de trois mois suffit : certains titres temporaires peuvent donc compter dans les cinq années, à condition que le statut soit devenu illimité au moment du dépôt effectif de la déclaration.

La participation économique se prouve différemment selon la catégorie :

  • Voie générale à cinq ans : au moins 468 jours de travail salarié ou en tant qu'agent public au cours des cinq dernières années, ou au moins six trimestres de cotisations sociales comme indépendant à titre principal.
  • Catégorie de conjoint ou de parent d'un Belge : une combinaison plus légère, soit 400 heures de formation professionnelle reconnue plus au moins 234 jours de travail, soit trois trimestres de cotisations comme indépendant.

La connaissance d'une des trois langues nationales, le néerlandais, le français ou l'allemand, est exigée pour les catégories concernées ; la preuve de l'intégration sociale vaut automatiquement preuve de connaissance linguistique. Cette intégration sociale peut elle-même se démontrer par un diplôme du secondaire supérieur reconnu par une Communauté belge ou par l'École royale militaire, par au moins 400 heures de formation professionnelle reconnue, par la réussite d'un parcours d'intégration ou d'accueil organisé par l'autorité compétente, ou par un travail ininterrompu au cours des cinq années précédentes.

Les résidents dans l'incapacité de travailler pour cause de handicap ou d'invalidité, ou ayant atteint l'âge de la pension, bénéficient d'une voie de cinq ans qui les dispense du triple bloc linguistique, d'intégration et de participation économique. Dans tous les cas, le demandeur doit avoir au moins dix-huit ans, ou être émancipé avant cet âge. Pour l'immense majorité des résidents de longue durée, le premier moment réaliste pour déposer une déclaration se situe donc après cinq années de séjour légal qualifiant, une fois le droit de séjour illimité et les preuves requises réunis ; la naturalisation n'est en aucun cas une voie rapide de substitution ; elle reste réservée aux situations de mérite exceptionnel.

La nationalité belge par filiation

La transmission par filiation ne peut se faire que par un lien de filiation légalement établi avec un parent belge : il n'existe aucune voie reconnue pour les grands-parents ni pour une ascendance plus lointaine. Le facteur déterminant est le lieu de naissance du parent belge, et non le nombre de générations d'ancêtres belges dans la famille.

Si le parent belge est né en Belgique, l'enfant né à l'étranger est automatiquement belge dès que la filiation est valablement établie selon le droit belge. Si le parent belge et l'enfant sont tous deux nés à l'étranger et que l'enfant possède une autre nationalité, l'acquisition n'est pas automatique : le parent belge doit signer une déclaration d'attribution avant le cinquième anniversaire de l'enfant, après quoi cette voie se ferme définitivement.

Lorsque cette démarche est effectuée auprès d'un consulat belge, il faut généralement fournir un acte de naissance récent attestant la filiation, apostillé ou légalisé, accompagné d'une traduction assermentée en néerlandais, en français ou en allemand. Pour un enfant né hors mariage, une preuve de reconnaissance de paternité et, le cas échéant, l'autorisation de la mère peuvent être demandées en plus.

Le dossier se dépose auprès du consulat belge où le parent belge est inscrit à l'étranger ; une fois complet, il est examiné par le poste consulaire puis transmis au service de la nationalité du SPF Affaires étrangères. Le traitement prend généralement trois à six mois une fois le dossier complet, avec des délais supplémentaires possibles en cas de demande de pièces complémentaires. La déclaration d'attribution pour un mineur est gratuite, même si des frais annexes (traduction, timbres, photocopies) peuvent être facturés séparément.

La nationalité belge par mariage en Belgique

Le mariage avec un citoyen belge ne confère aucun droit automatique à la nationalité et ne raccourcit aucun délai de résidence : il ouvre seulement une catégorie supplémentaire de déclaration, superposée à la règle générale de cinq ans, à laquelle s'ajoutent des conditions de cohabitation et de langue. Un conjoint belge ne doit donc jamais être considéré comme un raccourci vers la nationalité.

La catégorie « conjoint d'un Belge » exige cinq années de séjour légal en Belgique, un mariage avec un ressortissant belge, et une vie commune en Belgique d'au moins trois ans, en plus de la preuve d'une langue nationale et de l'intégration sociale. Cette intégration sociale peut se prouver par la combinaison d'au moins 400 heures de formation professionnelle reconnue et de 234 jours de travail, ou par trois trimestres de cotisations sociales en tant qu'indépendant au cours des cinq années précédentes. Une séparation ou un divorce avant le dépôt du dossier fait tomber la base factuelle de cette catégorie, puisqu'elle exige un mariage et une cohabitation effective d'au moins trois ans.

La double nationalité en Belgique

La règle belge est simple et permissive : aucune renonciation n'est exigée, ni dans un sens ni dans l'autre. Un étranger qui acquiert la nationalité belge par déclaration ou par naturalisation peut conserver sa nationalité d'origine si le droit de ce pays le permet également, et un Belge adulte qui acquiert volontairement une autre nationalité ne perd pas la nationalité belge pour ce motif. Un Belge qui acquiert automatiquement une autre nationalité, par exemple par ses parents, ne la perd pas non plus.

Cette ouverture complète à la double nationalité pour les acquisitions volontaires par un Belge adulte s'applique depuis le 28 avril 2008. Les personnes ayant acquis certaines nationalités avant cette date, dans des pays liés par la Convention du Conseil de l'Europe sur la réduction des cas de pluralité de nationalités de 1963, ont pu perdre leur nationalité belge selon les règles alors en vigueur ; une telle perte passée ne se répare pas automatiquement et nécessite une déclaration de recouvrement.

La Belgique ne demande donc jamais de renoncer à sa nationalité d'origine ; la véritable question à trancher est celle posée par le pays d'origine lui-même : ce pays fait-il perdre sa nationalité une fois la nationalité belge acquise ? La réponse dépend entièrement du droit de ce pays, pas du droit belge. Pour un résident français, suisse ou canadien (y compris québécois), cette vérification se fait directement auprès des autorités nationales compétentes : c'est un point que le consulat belge à Paris recommande explicitement de clarifier avant tout dépôt de dossier.

Sur le plan pratique, les autorités belges traitent toujours un double national comme belge pour toutes les démarches administratives internes : identité, services consulaires, passeport et état civil suivent la nationalité belge. La Belgique n'inflige aucune sanction du simple fait de détenir plusieurs nationalités là où son propre droit le permet. Renoncer à la nationalité belge, si un résident le souhaite, exige une déclaration expresse devant l'officier de l'état civil en Belgique ou devant un poste consulaire belge à l'étranger : cela ne se produit jamais automatiquement.

Test de nationalité et exigences linguistiques en Belgique

Il n'existe pas d'examen civique national à réviser séparément pour la déclaration de nationalité. Le Code de la nationalité belge fixe un niveau minimal de A2 du cadre européen commun de référence pour les langues dans l'une des trois langues nationales, le néerlandais, le français ou l'allemand.

Cette connaissance linguistique peut se prouver de plusieurs façons : un diplôme reconnu par une Communauté belge, un diplôme européen équivalent, au moins 400 heures de formation professionnelle reconnue, l'achèvement d'un parcours d'intégration ou d'accueil, un travail ininterrompu sur cinq ans, une attestation linguistique délivrée par le SELOR, ou une attestation d'un service régional de l'emploi ou de la formation (le VDAB en Flandre, Bruxelles Formation ou Actiris à Bruxelles, le FOREM en Wallonie, ou l'Arbeitsamt en Communauté germanophone). Les certificats internationaux classiques ne constituent pas la voie standard reconnue pour cette démarche.

Prouver l'intégration sociale vaut automatiquement preuve de connaissance linguistique, ce qui signifie qu'un parcours d'intégration régional bien suivi peut satisfaire les deux conditions à la fois. Les personnes en séjour légal depuis cinq ans qui ne peuvent pas travailler en raison d'un handicap ou d'une invalidité, ou qui ont atteint l'âge de la pension, échappent à ce triple bloc linguistique, d'intégration sociale et de participation économique. Le Code prévoit également une disposition particulière pour les demandeurs illettrés qui possèdent les connaissances orales requises mais ne peuvent acquérir les compétences écrites de niveau A2, même via une formation organisée.

La procédure de demande de nationalité en Belgique

Le dépôt d'une déclaration se déroule en plusieurs étapes, chacune ayant ses propres conditions et délais :

  1. Vérifier l'éligibilité : avoir au moins dix-huit ans, résider principalement en Belgique, détenir un séjour légal et un droit de séjour illimité au moment du dépôt.
  2. Choisir sa catégorie et rassembler les documents : identifier la catégorie applicable (résidence générale, conjoint ou parent d'un Belge, handicap ou âge de la pension, ou voie à dix ans) et réunir les preuves linguistiques, d'intégration et de participation économique correspondantes.
  3. Payer le droit d'enregistrement avant le dépôt : ce droit s'élève à 1 000 EUR, indexé chaque année au 1er janvier, et s'applique à toute procédure d'acquisition sauf la déclaration de recouvrement, qui reste gratuite. La commune ne délivre un accusé de réception qu'une fois le dossier complet, recevable et le droit payé.
  4. Déposer la déclaration en personne auprès de l'officier de l'état civil de la commune de résidence principale. Certaines communes ajoutent des étapes locales : la Ville de Bruxelles exige une préapprobation par son service de la nationalité avant le dépôt de la déclaration, tandis que la commune de Zaventem demande un rendez-vous au cours duquel le demandeur présente d'abord sa carte de séjour afin d'identifier la procédure applicable.
  5. Période d'examen : la commune transmet le dossier complet au procureur du Roi, à l'Office des étrangers et à la Sûreté de l'État. Le procureur dispose de quatre mois à compter de la réception de l'acte pour formuler un avis négatif ; l'absence d'avis dans ce délai vaut avis positif.
  6. Décision : un avis positif, exprès ou tacite, entraîne l'inscription immédiate de la déclaration dans les registres de la commune, et le demandeur devient belge à ce moment précis. Un avis négatif peut être contesté devant le tribunal de la famille.

La naturalisation suit un circuit différent : la demande doit être déposée auprès du registrateur communal ou directement auprès de la Chambre des représentants, qui statue sans délai légal fixé, et un refus ne peut faire l'objet d'aucun recours devant un tribunal. C'est l'une des raisons pour lesquelles la déclaration reste la voie privilégiée pour la grande majorité des résidents de longue durée.

Il est utile d'envisager un accompagnement juridique avant le dépôt lorsque l'historique de séjour comporte des lacunes, que les preuves d'intégration ou de participation économique sont limitées, qu'il existe un antécédent judiciaire, qu'une nationalité belge a déjà été perdue par le passé, ou lorsque la démarche envisagée relève de la naturalisation discrétionnaire plutôt que de la déclaration.

Délais et frais de la procédure de nationalité en Belgique

Le droit d'enregistrement, fixe et payable d'avance, de 1 000 EUR, indexé chaque année, ne représente qu'une partie du budget réel. D'autres frais s'ajoutent presque systématiquement : traduction des documents d'état civil, timbres, photocopies et frais de greffe. La légalisation ou l'apostille d'un document coûte 25 EUR par pièce. Un dossier constitué de plusieurs actes étrangers (naissance, mariage, casier judiciaire) peut ainsi rapidement dépasser le montant du droit d'enregistrement.

Une fois la commune en possession d'un dossier complet et l'accusé de réception délivré, le procureur du Roi dispose d'un délai fixe de quatre mois pour rendre son avis ; l'absence d'avis dans ce délai vaut approbation et un acte de nationalité est établi. Ce délai de quatre mois ne couvre toutefois que la phase d'examen proprement dite : la vérification des conditions de résidence et de la complétude du dossier par la commune se déroule en amont, et sa durée varie d'une commune à l'autre, ce qui justifie de se renseigner directement auprès de sa propre administration communale.

La naturalisation, elle, n'est soumise à aucun délai légal de décision : la Chambre des représentants statue à son propre rythme, et un refus ne peut être porté devant un tribunal. Le dépôt d'une demande, quelle que soit la voie choisie, ne rend jamais la nationalité acquise automatiquement : pour une déclaration, ce sont le procureur puis, en cas de litige, le tribunal de la famille qui tranchent ; pour une naturalisation, seule la Chambre décide. Il est recommandé de conserver son statut de séjour actuel pendant toute la durée de l'attente, quelle que soit la voie suivie.

Droits et avantages de la nationalité belge

Le passeport belge se classe au 4e rang mondial du Henley Passport Index, avec un accès sans visa ou avec visa à l'arrivée vers 186 destinations. Cet accès s'ajoute aux droits électoraux : les citoyens belges votent aux élections fédérales, communautaires, régionales et européennes, y compris depuis l'étranger, s'ils sont inscrits auprès d'un consulat belge, ce qui constitue un niveau de participation politique qu'une résidence permanente ne permet jamais d'atteindre.

La nationalité belge est aussi une nationalité européenne, ce qui ouvre des droits qui dépassent le seul territoire belge : liberté de circulation et de résidence partout dans l'Union européenne, droit de vote et d'éligibilité aux élections municipales et européennes dans n'importe quel pays de résidence de l'Union, droit de pétition devant le Parlement européen, accès au Médiateur européen, et droit de s'adresser aux institutions européennes dans une langue officielle de l'Union avec obtention d'une réponse dans cette même langue.

Une fois acquise, la nationalité confère un droit de résidence inconditionnel en Belgique, qui ne dépend plus du respect continu de conditions de séjour propres aux étrangers. Les Belges à l'étranger peuvent aussi solliciter l'assistance consulaire belge dans les situations prévues par le droit consulaire, et là où la Belgique n'est pas représentée, ils peuvent solliciter l'aide d'un autre État membre de l'Union sous les règles européennes d'assistance consulaire. Enfin, la nationalité peut se transmettre aux enfants par filiation légalement établie : automatiquement si le parent belge est né en Belgique, ou via une déclaration d'attribution avant le cinquième anniversaire de l'enfant si le parent belge est lui-même né à l'étranger.

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Après l'obtention de la nationalité belge

Une fois la déclaration inscrite dans les registres communaux, la nationalité prend effet immédiatement, sans étape d'activation supplémentaire à l'intérieur de la Belgique. Le nouveau citoyen peut alors demander son passeport dès qu'il est inscrit au registre de population d'une commune belge, ou auprès d'une ambassade ou d'un consulat belge s'il réside à l'étranger. Le dossier nécessite des pièces d'identité et un éventuel passeport précédent, une photo couleur récente, les empreintes digitales à partir de douze ans, et une signature à partir de six ans lorsque l'enfant sait écrire son nom.

Les frais de passeport se déclinent selon le format et la durée de validité :

Type de passeportValiditéFrais
Adulte, 32 pages7 ans75 EUR
Mineur, 32 pages5 ans35 EUR
Adulte, 66 pages7 ans240 EUR
Mineur, 66 pages5 ans210 EUR
Temporaire1 an100 EUR
Document de voyage d'urgenceTrajet uniqueGratuit

La Belgique n'impose aucune obligation de notifier son pays d'origine lors de l'acquisition de la nationalité belge, mais la conservation de la nationalité d'origine dépend entièrement du droit de ce pays : c'est auprès de son autorité nationale qu'il faut vérifier ce point. Sur le plan pratique, un double national reste traité comme belge pour toutes les démarches auprès des autorités belges ; le passeport belge est donc le document pertinent pour ces démarches, tandis que les règles relatives au passeport à présenter à l'entrée ou à la sortie d'un autre pays dépendent de la réglementation de ce pays.

Pour ceux qui résident hors de Belgique, l'inscription au registre consulaire n'est pas obligatoire mais reste vivement recommandée : seuls les citoyens inscrits peuvent obtenir une carte d'identité belge, un passeport ou une attestation consulaire par voie postale. Cette inscription se fait en personne, par courrier électronique ou en ligne via e-Consul avec une carte d'identité électronique belge activée. Les Belges inscrits à l'étranger doivent ensuite signaler à leur consulat tout changement d'adresse, d'état civil, de composition de ménage, de nationalité ou de mode de vote, afin que le Registre national soit mis à jour ; ceux qui remplissent les conditions standards restent soumis à l'obligation de vote aux élections fédérales, avec une commune de rattachement prédéfinie par la loi.

Le service militaire reste volontaire en Belgique, y compris pour les nouveaux citoyens ; il existe par ailleurs un programme distinct de service militaire volontaire d'un an, à places limitées, ouvert aux jeunes. Enfin, les effets de la nationalisation sur les pensions, les successions, la propriété ou la résidence fiscale dépendent du droit du pays d'origine et de la situation fiscale personnelle de chacun, et doivent être vérifiés au cas par cas plutôt que présumés.

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Foire aux questions

La voie principale pour un adulte permet une déclaration de nationalité après cinq ans de résidence légale, associée à des preuves de connaissance linguistique, d'intégration sociale et de participation économique. Une voie de cinq ans existe aussi pour les conjoints de Belges (après trois ans de vie commune) ou les parents d'un enfant belge mineur, et une voie de dix ans repose sur la langue et la participation à la vie de la communauté d'accueil. La naturalisation reste exceptionnelle et ne constitue pas la voie normale fondée sur la résidence.
La Belgique exige une résidence principale et un séjour légal pendant la période requise, sans utiliser le terme « résidence permanente » à proprement parler. Il faut vérifier le statut de sa carte de séjour auprès de sa commune, car la déclaration se dépose auprès de l'officier de l'état civil du lieu de résidence principale.
La Belgique autorise la double nationalité et n'exige aucune renonciation. Le point décisif reste la loi du pays d'origine : les autorités belges recommandent de consulter les autorités nationales concernées, car l'acquisition de la nationalité belge peut entraîner la perte de la nationalité d'origine selon les règles de ce pays.
Oui. Les voies de déclaration ordinaires exigent une preuve de connaissance d'une des trois langues nationales belges, le néerlandais, le français ou l'allemand. La preuve d'intégration sociale vaut automatiquement preuve de connaissance linguistique.
Aucun test civique national autonome n'existe pour la voie de déclaration. Les conditions de langue, d'intégration sociale, de participation économique et de participation à la vie de la communauté d'accueil sont prouvées par des documents examinés par la commune et le procureur, et non par un examen unique.
Une demande n'est pas automatiquement rejetée, mais le procureur du Roi examine le dossier et peut émettre un avis défavorable. Certaines condamnations n'apparaissent pas sur un extrait demandé à des fins professionnelles mais peuvent figurer sur les versions demandées par les autorités judiciaires ou administratives, d'où l'intérêt d'un avis juridique adapté à sa situation avant de déposer le dossier.
Un droit d'enregistrement de 1 000 EUR (fixé le 29 juillet 2025, indexé chaque 1er janvier) est payable avant le dépôt, sauf pour une déclaration de recouvrement. Des frais de traduction, de photocopie et de documents justificatifs peuvent s'ajouter ; il convient de confirmer le montant indexé en vigueur auprès de sa commune ou du SPF Finances avant de payer.
Pour une déclaration, le procureur du Roi dispose de quatre mois à compter de la réception de la déclaration par la commune pour rendre son avis ; l'absence d'avis dans ce délai vaut approbation. La naturalisation n'a pas de durée légalement définie. Dans les deux cas, le temps nécessaire à la constitution d’un dossier complet et recevable influence le moment de début du délai.
Pas automatiquement dans tous les cas. La nationalité des enfants suit des règles d'attribution précises liées à leur lieu de naissance, à la nationalité et au statut de leurs parents, ainsi qu'à leur âge. Il faut vérifier auprès de sa commune quelle voie spécifique s'applique à sa situation familiale.
Uniquement par un lien de filiation légalement établi avec un parent belge, et non avec les grands-parents ou une ascendance plus lointaine. Un Belge né à l'étranger après le 1er janvier 1967 qui n'a pas résidé principalement en Belgique entre 18 et 28 ans doit également agir avant ses 28 ans pour conserver sa propre nationalité belge.
Non. La catégorie de déclaration pour conjoint de Belge exige toujours cinq ans de résidence légale en Belgique, la preuve de maîtrise d'une langue nationale, l'intégration sociale et au moins trois ans de vie commune en Belgique en tant qu'époux ; le mariage seul ne confère pas la nationalité.
Oui, dans des cas définis, y compris en cas de déchéance judiciaire dans des situations spécifiques. Un Belge adulte possédant également une autre nationalité peut renoncer volontairement à la nationalité belge par une déclaration auprès de sa commune ou d'un consulat belge à l'étranger. Les Belges nés à l'étranger et ayant une autre nationalité doivent prêter une attention particulière aux règles de maintien en vigueur entre 18 et 28 ans.
La nationalité belge donne accès à un passeport biométrique belge, classé au 4e rang mondial dans l'indice Henley des passeports, avec un accès sans visa ou avec visa à l'arrivée à 186 destinations, ainsi qu'aux services consulaires belges de passeport et d'identité, y compris en cas d'inscription à l'étranger.
Une fois votre déclaration inscrite dans les registres communaux, vous êtes belge à partir de ce moment. Il faut confirmer auprès de sa commune comment son inscription électorale sera mise à jour à temps pour la prochaine élection concernée.
Pour une déclaration, un avis négatif du procureur peut être contesté devant le tribunal de la famille. Pour la naturalisation, une décision négative de la Chambre des représentants ne peut faire l'objet d'aucun recours devant un tribunal, ce qui explique que la déclaration reste la voie privilégiée pour la plupart des résidents de longue durée.
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Julien Faliu
À propos de l'auteur

J'ai découvert très tôt le plaisir des mots, en écrivant de la poésie. Après une parenthèse consacrée à mes études supérieures, j'ai renoué avec l'écriture à travers un blog, alors que je partageais ma vie entre Londres et Madrid. Cette passion pour l'écriture et l'ouverture aux cultures étrangères m'a naturellement conduit à fonder Expat.com, un espace dédié à mes écrits mais aussi à ceux de toutes celles et ceux qui souhaitent partager leur expérience et leur parcours à l'étranger.

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