
Depuis septembre 2025, les conditions d'entrée au Chili ont changé pour les ressortissants de plus d'une centaine de pays. L'adoption du décret n° 359 a introduit une autorisation consulaire préalable obligatoire pour entrer sur le territoire chilien, modifiant ainsi un système qui permettait jusqu'alors une arrivée directe sans démarche préalable. Cet article présente les règles d'entrée actuelles, les types de séjour autorisés, les documents à préparer, ainsi que les procédures à suivre en cas de prolongation ou de dépassement de séjour, afin que chaque étape se déroule sans complication.
Conditions générales d'entrée au Chili
Le Chili autorise l'entrée sans visa pour le tourisme et les visites d'affaires non rémunérées pour les ressortissants de nombreux pays, généralement pour une durée maximale de 90 jours. Cette entrée est conditionnée à la présentation d'un passeport en cours de validité couvrant toute la durée du séjour prévu, avec au moins une page vierge disponible pour le tampon d'entrée. Les citoyens français, belges et suisses bénéficient de cette exemption de visa pour le Chili pour des séjours touristiques allant jusqu'à 90 jours.
Un changement majeur est intervenu en septembre 2025 : le décret n° 359, publié le 17 septembre 2025, a instauré une autorisation consulaire préalable (Autorización Previa) pour les ressortissants d'une centaine de pays souhaitant entrer au Chili sous le régime du permis de séjour temporaire. Avant de réserver un billet, il est donc indispensable de vérifier si votre nationalité figure dans la liste établie par ce décret, disponible auprès des consulats chiliens compétents.
Avant leur arrivée, tous les voyageurs doivent obligatoirement remplir la déclaration numérique du Service agricole et d'élevage (SAG) dans les 24 heures précédant leur arrivée sur le territoire chilien. Ce formulaire en ligne permet de déclarer tout produit végétal, animal ou organique transporté dans les bagages. L'absence de déclaration expose à la confiscation des articles concernés et à des amendes élevées.
À l'arrivée, la Police d'investigation chilienne (PDI) délivre une carte touristique (Tarjeta de Turismo ou TUM). Ce document est indispensable pour quitter le pays : il convient de le conserver précieusement pendant toute la durée du séjour.
Bon à savoir :
Les voyageurs qui séjournent plus de 30 jours au Chili et souhaitent utiliser une carte SIM locale doivent enregistrer le code IMEI de leur téléphone étranger dans les 30 jours suivant leur entrée sur le territoire. Passé ce délai, l'appareil sera automatiquement bloqué sur les réseaux chiliens.
Entrée sans visa au Chili
Les ressortissants des États-Unis, du Canada, du Royaume-Uni, de l'Union européenne, d'Australie et de plusieurs autres pays bénéficient d'une entrée sans visa au Chili pour des séjours touristiques ou des visites d'affaires ne dépassant pas 90 jours. Cette exemption ne dispense pas de se conformer aux contrôles effectués à la frontière par les agents de la PDI.
Les agents d'immigration sont habilités à demander une preuve de solvabilité financière avant d'autoriser l'entrée. Le montant minimum légalement requis est de 46 USD par personne et par jour de séjour prévu. Cette solvabilité peut être justifiée par des relevés bancaires des trois derniers mois, des espèces ou un relevé de limite de carte de crédit. Il est également possible qu'un agent demande à voir une réservation d'hébergement confirmée, comme une réservation d'hôtel ou une lettre d'invitation signée devant un notaire chilien.
L'île de Pâques (Rapa Nui) est soumise à des règles d'entrée spécifiques, distinctes de celles appliquées sur le continent. Les touristes ne peuvent y séjourner que 30 jours au maximum. Il est obligatoire de remplir un formulaire d'entrée unique (FUI) dans les 48 heures précédant le vol, de présenter un billet aller-retour confirmé et de justifier d'une réservation dans un hébergement enregistré auprès du SERNATUR ou d'une invitation officielle d'un résident.
Types de séjour de courte durée au Chili
Deux catégories principales régissent les séjours de courte durée au Chili pour les étrangers.
La Permanencia Transitoria est le statut standard accordé aux étrangers entrant pour le tourisme, les visites familiales ou toute activité de loisir non rémunérée. Elle est généralement accordée pour une durée maximale de 90 jours et s'obtient directement à l'arrivée pour les ressortissants des pays exemptés de visa.
L'Autorización Previa est une autorisation consulaire préalable instaurée par le décret n° 359 de septembre 2025. Elle concerne les ressortissants d'une centaine de pays qui ne peuvent plus entrer sur le territoire chilien sans avoir obtenu cette autorisation auprès d'un consulat chilien avant leur départ. La demande s'effectue en ligne via la plateforme du ministère des Affaires étrangères chilien.
Il existe une troisième catégorie qui mérite d'être mentionnée : le visa de résident temporaire pour activité professionnelle. Les étrangers qui se rendent au Chili pour réaliser des interventions techniques rémunérées, même de très courte durée, telles que l'installation d'équipements ou le déploiement de logiciels, ne peuvent pas bénéficier du régime touristique. Ils doivent obligatoirement demander un visa de résident temporaire avant leur départ.
Procédure de demande de visa pour le Chili
Toutes les demandes de visa et d'autorisation préalable d'entrée au Chili s'effectuent en ligne via le Sistema de Atención Consular (SAC) du ministère des Affaires étrangères chilien. Les ressortissants de pays tiers résidant en France et n'étant pas exemptés de visa doivent passer obligatoirement par cette plateforme avant de prendre rendez-vous au consulat du Chili.
Sur la plateforme, le demandeur sélectionne la catégorie correspondant à son séjour, soit Permanencia Transitoria, soit Residente Temporario pour une activité professionnelle, puis télécharge l'ensemble des pièces justificatives au format PDF. Une fois le dossier numérique examiné, le demandeur peut être convoqué au consulat chilien le plus proche pour une présentation en personne des documents originaux, une vérification d'identité et l'apposition du visa.
Les frais de traitement varient selon la nationalité du demandeur, en raison des accords de réciprocité applicables. Ils sont à régler soit en ligne lors du dépôt de la demande, soit par virement bancaire selon les instructions du consulat compétent.
Documents nécessaires pour entrer au Chili
Que vous entriez au titre de l'exemption de visa ou que vous deviez déposer une demande formelle, voici les pièces généralement requises pour un séjour de courte durée au Chili :
- Un passeport valide couvrant l'intégralité du séjour prévu (certains consulats exigent une validité résiduelle d'au moins 6 mois à compter de la date de la demande pour certains visas).
- Une photographie récente en couleur, au format passeport, sur fond blanc uni, téléchargée au format numérique lors de la demande en ligne.
- Une réservation d'hébergement confirmée pour toute la durée du séjour, ou une lettre d'invitation d'un résident au Chili, signée devant un notaire chilien, indiquant ses coordonnées, son identité et la durée de la visite.
- Une preuve de solvabilité financière démontrant un accès à au moins 46 USD par jour de séjour prévu, sous la forme de relevés bancaires des trois derniers mois ou d'un relevé de la limite de carte de crédit.
- Pour les visas de travail technique : un extrait de casier judiciaire apostillé et traduit en espagnol, ainsi qu'un certificat médical attestant l'absence de maladie infectieuse.
- Pour les mineurs de moins de 18 ans voyageant avec un seul parent ou un tuteur : un acte de naissance original apostillé et une autorisation de voyage notariée et légalisée délivrée par le ou les parents absents.
À la frontière chilienne
Le contrôle de l'immigration aux points d'entrée chiliens, dont l'aéroport international Arturo Merino Benítez de Santiago, est assuré par la PDI. À l'issue d'un contrôle réussi, la PDI délivre une carte touristique (TUM), physique ou numérique. En cas de perte de ce document, il est indispensable d'en demander un duplicata numérique sur le site de la PDI ou de se rendre dans un bureau de police internationale avant de se rendre à l'aéroport, sous peine de ne pas pouvoir quitter le territoire.
Les contrôles douaniers sont particulièrement rigoureux au Chili en matière de produits agricoles. Tous les bagages sont soumis à un scanner et des chiens renifleurs sont régulièrement déployés pour détecter les fruits frais, graines, miels, viandes et produits laitiers. La déclaration SAG remplie en ligne avant l'arrivée est systématiquement vérifiée.
Les touristes étrangers peuvent bénéficier d'une exonération de la TVA chilienne de 19 % sur les nuitées d'hôtel, à condition de régler leur séjour en dollars américains ou avec une carte de crédit émise à l'étranger, et de présenter leur passeport étranger ainsi que la carte touristique TUM au moment de l'enregistrement à l'hôtel.
Prolonger son séjour au Chili
Les étrangers souhaitant rester au-delà de leur période initiale de 90 jours peuvent demander une prolongation de séjour touristique (Prórroga de Permanencia Transitoria) pour 90 jours supplémentaires. La demande doit être soumise en ligne via le portail numérique du Service national des migrations (SERMIG), dans les 30 derniers jours de validité du séjour en cours.
Les frais de traitement s'élèvent à 100 USD (réglés en pesos chiliens au taux en vigueur) pour toutes les nationalités, et sont payables par voie électronique au moment du dépôt de la demande. Le dossier doit comprendre une copie numérisée du passeport, une image lisible de la carte touristique TUM originale délivrée par la PDI, ainsi qu'une preuve solide de moyens financiers suffisants pour couvrir la période supplémentaire.
Lorsqu'un tiers résidant au Chili prend en charge financièrement le séjour, il doit fournir une déclaration sur l'honneur notariée (declaración jurada de expensas) signée numériquement, accompagnée de relevés bancaires et de ses huit dernières fiches de paie. En cas de rejet de la demande de prolongation, l'intéressé est tenu de quitter le territoire dans un délai de 10 jours et s'expose au paiement d'une amende proportionnelle aux jours écoulés.
Sorties temporaires et retours au Chili
Certains expatriés envisagent de quitter brièvement le territoire chilien pour rejoindre un pays voisin, comme l'Argentine ou le Pérou, avant de revenir pour bénéficier d'un nouveau délai de séjour. Cette pratique est techniquement possible, mais elle comporte des risques réels.
Des sorties répétées signalent le passeport du voyageur dans les systèmes de la PDI. Les agents aux frontières disposent d'un pouvoir discrétionnaire absolu pour refuser l'entrée lorsqu'ils estiment qu'une personne cherche à résider au Chili sans titre de séjour adapté. La procédure de prolongation en ligne, décrite dans la section précédente, constitue la voie légale la plus sûre pour les personnes souhaitant séjourner jusqu'à 180 jours au total.
Par ailleurs, chaque retour sur le territoire chilien, qu'il s'effectue par voie terrestre ou aérienne, impose de remplir à nouveau la déclaration agricole SAG. Cette obligation s'applique sans exception, même pour un aller-retour d'un ou deux jours.
Conséquences d'un dépassement de séjour au Chili
Dépasser la durée autorisée de séjour constitue une infraction à la loi chilienne sur les migrations. L'amende prévue se situe entre 1 et 10 UTM (Unidades Tributarias Mensuales), ce qui représente une fourchette approximative de 63 USD à 630 USD selon la durée du dépassement. Un dépassement supérieur à 180 jours consécutifs est classifié comme une infraction grave par le SERMIG et pèse lourdement sur toute future demande de visa ou de résidence.
Il est impossible de régler l'amende directement au guichet d'immigration à l'aéroport le jour du départ. Toute tentative en ce sens entraîne la confiscation du passeport et la perte du vol. La procédure à suivre impose de s'autodéclarer en ligne sur la plateforme SERMIG via l'outil de calcul d'amende (Cálculo de Multa), d'attendre que le montant exact soit calculé, puis de le régler par voie électronique via la plateforme de la PDI afin d'obtenir un document de régularisation. Ce processus administratif peut prendre plusieurs jours.
Bon à savoir :
Si une demande de résidence temporaire a été déposée en ligne sur la plateforme SERMIG avant l'expiration du permis de séjour touristique, aucune amende n'est due pendant la durée de l'instruction du dossier, conformément aux dispositions légales en vigueur.
Foire aux questions
Peut-on travailler au Chili avec un visa touristique ?
Non. La Permanencia Transitoria interdit expressément toute activité rémunérée. Les personnes qui doivent réaliser des interventions techniques payées ou des missions professionnelles au Chili doivent obtenir un visa de résident temporaire pour activité professionnelle avant leur arrivée, quelle que soit la durée de la mission.
Que faire si j'ai perdu ma carte touristique TUM ?
La carte touristique TUM est obligatoire pour quitter le Chili. En cas de perte, il faut demander un duplicata numérique sur le site de la PDI ou se rendre dans un bureau de la police internationale avant de se rendre à l'aéroport. Ne pas attendre le jour du départ pour effectuer cette démarche, car le traitement peut prendre du temps.
Quel montant faut-il pouvoir justifier à la frontière ?
Les agents d'immigration peuvent demander une preuve de solvabilité financière avant d'autoriser l'entrée sur le territoire. Le montant minimum légalement requis est de 46 USD par personne et par jour de séjour prévu, justifiable par des relevés bancaires récents, en espèces ou par un relevé de limite de carte de crédit.
Les enfants ont-ils besoin de documents particuliers pour entrer au Chili ?
Oui. Les mineurs de moins de 18 ans voyageant seuls, avec un tiers ou avec un seul parent doivent présenter un acte de naissance original apostillé. Une autorisation de voyage notariée et légalisée délivrée par le ou les parents absents est également obligatoire pour entrer sur le territoire et en ressortir.
Mon séjour touristique couvre-t-il aussi un voyage à l'île de Pâques ?
Le permis de séjour touristique s'applique, mais l'île de Pâques (Rapa Nui) impose des restrictions spécifiques. La durée maximale de séjour y est de 30 jours. Il est obligatoire de remplir un formulaire d'entrée unique (FUI) dans les 48 heures précédant le vol, de présenter un billet aller-retour et de justifier d'une réservation dans un hébergement enregistré auprès du SERNATUR.
Qu'est-ce que le décret n° 359 et suis-je concerné ?
Le décret n° 359, entré en vigueur le 17 septembre 2025, impose aux ressortissants d'une centaine de pays d'obtenir une autorisation consulaire préalable avant d'entrer au Chili. Cette autorisation remplace l'accès sans démarche préalable dont ces nationalités bénéficiaient auparavant. Il est recommandé de vérifier la liste des pays concernés auprès du consulat chilien compétent avant de planifier tout voyage.
Peut-on payer l'amende pour dépassement de séjour à l'aéroport ?
Non. Il est impossible de régler cette amende sur place le jour du départ. La procédure exige de s'autodéclarer sur la plateforme du SERMIG en ligne, d'attendre le calcul du montant dû et de le régler par voie électronique via la PDI pour obtenir un document de régularisation. Ce processus peut prendre plusieurs jours et doit être anticipé bien avant la date de départ prévue.
Mon téléphone fonctionnera-t-il au Chili avec une carte SIM locale ?
Si vous insérez une carte SIM chilienne dans un téléphone acheté à l'étranger, vous disposez d'un délai de 30 jours pour enregistrer le code IMEI de votre appareil auprès d'un opérateur certifié. Passé ce délai, le téléphone sera bloqué sur les réseaux chiliens.
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