
Le Chili affiche une économie relativement stable en Amérique du Sud, avec une croissance du PIB de 2,5 % en 2025 et des projections autour de 2,2 % à 2,4 % pour 2026. Le marché du travail y est structuré, encadré par un droit social solide, et en pleine transformation avec la réforme des 40 heures hebdomadaires en cours d'application. Pour les expatriés, comprendre les secteurs qui recrutent, les pratiques locales de candidature et les particularités contractuelles est indispensable avant de se lancer. Cet article présente concrètement comment s'y retrouver sur le marché de l'emploi chilien.
Vue d'ensemble du marché du travail au Chili
L'économie chilienne a progressé de 2,5 % en 2025, avec une croissance projetée entre 2,2 % et 2,4 % pour 2026. Ce rythme modéré reflète un pays dont la base économique reste solide, même si le marché de l'emploi traverse une période d'ajustement. Le taux de chômage national a atteint 8,3 % lors du trimestre novembre 2025/janvier 2026, en légère hausse sous l'effet d'une population active en expansion. L'inflation, quant à elle, s'est nettement détendue pour s'établir à 2,4 % en février 2026, son niveau le plus bas depuis août 2020.
La grande majorité des emplois qualifiés se concentrent dans la Région Métropolitaine de Santiago, qui centralise les services, la finance et la technologie. Les régions d'Antofagasta et d'Atacama constituent le cœur de l'industrie minière, tandis que les régions du sud, comme Los Lagos, sont orientées vers l'aquaculture et la sylviculture. Cette géographie économique façonne directement les opportunités selon le profil du candidat. À noter également que l'informalité représente environ 26,8 % de la main-d'œuvre, un paramètre qui influe sur les dynamiques salariales et les conditions de travail selon les secteurs.
Pour les expatriés francophones, la Chambre de Commerce Franco-Chilienne (CCIFC) constitue un point d'entrée pertinent sur le marché du travail local : elle propose un service de recrutement actif et un programme dédié à l'emploi, le #BoostEmploi, qui met en relation les candidats avec son réseau d'entreprises membres.
Rechercher un emploi au Chili depuis l'étranger
Il est tout à fait possible de préparer sa recherche d'emploi avant même d'arriver au Chili. Le pays propose un visa spécifiquement conçu à cet effet : le Visa de Résidence Temporaire pour la Recherche d'Emploi (Visa SUJE), dont les candidatures sont ouvertes. Ce visa permet de séjourner légalement au Chili pendant six mois pour y chercher du travail, avec la possibilité d'exercer une activité à temps partiel, dans la limite de 20 heures par semaine.
Pour être éligible au visa SUJE, il faut justifier d'un diplôme universitaire reconnu (niveau licence ou équivalent), d'une capacité financière suffisante pour subvenir à ses besoins pendant la durée du séjour (environ 1 500 USD, soit environ 1 380 EUR, par mois), d'un casier judiciaire vierge et d'une couverture médicale valable pour toute la période. Une fois un emploi à temps plein obtenu, le visa doit être converti en Visa de Résidence Temporaire pour Travailleurs, généralement valable jusqu'à deux ans, et qui ouvre une voie vers la résidence permanente.
Bon à savoir :
Les ressortissants français peuvent également bénéficier du Programme Vacances-Travail (PVT) avec le Chili, qui permet de séjourner et de travailler dans le pays pendant un an. C'est une option intéressante pour découvrir le marché local avant de s'engager dans une démarche de visa de travail classique.
Secteurs porteurs pour les expatriés au Chili
Quatre secteurs se distinguent par leur capacité à recruter des profils étrangers qualifiés.
Le secteur de la technologie et du développement logiciel est en manque chronique de compétences, notamment en ingénierie logicielle, en intelligence artificielle, en analyse de données et en architecture informatique. Les salaires y sont compétitifs et les postes offrent souvent une grande flexibilité quant au lieu de travail. Les travailleurs à distance trouvent également dans ce secteur de nombreuses opportunités pour exercer depuis le Chili pour des employeurs étrangers.
L'industrie minière et l'ingénierie constituent un secteur historiquement fort : le Chili est le premier producteur mondial de cuivre et recrute régulièrement des géologues, des chefs de projet et des ingénieurs spécialisés. Les opportunités sont principalement situées dans les régions du nord, notamment à Antofagasta et à Tarapacá.
Les énergies renouvelables représentent un domaine en plein essor. Le pays investit massivement dans le solaire et l'éolien, notamment dans le désert d'Atacama et en Patagonie, ce qui génère une demande constante en spécialistes des technologies vertes et en consultants en énergie.
Enfin, le secteur de la santé offre des débouchés, mais avec une contrainte importante : les diplômes étrangers nécessitent en général une validation officielle (reconocimiento de título) auprès de l'Universidad de Chile. Les médecins doivent en outre réussir l'examen EUNACOM pour exercer légalement.
Plateformes et ressources pour trouver un emploi au Chili
Le marché de l'emploi chilien dispose d'un écosystème de plateformes bien structuré. Les sites les plus utilisés pour les offres généralistes sont Laborum.cl, Trabajando.com et Bumeran, qui couvrent aussi bien les postes d'entrée de gamme que les fonctions de direction, à Santiago comme en régions. Pour les profils technologiques et les startups, GetonBrd fait référence dans l'espace numérique chilien et latino-américain, avec une spécialisation en informatique, design et marketing digital.
LinkedIn occupe une place centrale dans le recrutement chilien, en particulier pour les niveaux intermédiaires et supérieurs. Les chasseurs de têtes et les recruteurs d'entreprises multinationales l'utilisent activement pour sourcer des profils, y compris des candidats expatriés. La Bourse Nationale de l'Emploi (Bolsa Nacional de Empleo), portail gouvernemental, existe également mais s'adresse plutôt aux postes administratifs et aux fonctions moins qualifiées.
Les cabinets de recrutement internationaux comme Michael Page, Hays et Randstad sont bien implantés à Santiago et se spécialisent dans le placement de profils bilingues au sein de groupes multinationaux./p>
La CCIFC met également à disposition une CVthèque à destination des candidats qui souhaitent intégrer son réseau d'entreprises membres : il est possible d'envoyer son CV directement à operaciones@camarafrancochilena.cl pour être mis en relation avec les sociétés partenaires de la Chambre.
Développer son réseau professionnel au Chili
Au Chili, le réseau professionnel joue un rôle déterminant dans l'accès à l'emploi. Le concept local de pituto, qui désigne les contacts personnels et les recommandations, pèse considérablement sur le marché caché de l'emploi : beaucoup de postes, surtout les postes à responsabilité, se pourvoient grâce au bouche-à-oreille, parfois avant même d'être publiés en ligne.
Participer aux salons professionnels sectoriels est une stratégie efficace pour établir des contacts locaux rapidement. Les événements comme Exponor ou Expomin dans le secteur minier, ou encore Food & Service dans la restauration et l'agroalimentaire, rassemblent acteurs locaux et internationaux.
Les chambres de commerce bilatérales à Santiago constituent des portes d'entrée précieuses pour les expatriés. La Chambre de Commerce Franco-Chilienne organise régulièrement des événements professionnels au sein de son Club d'Affaires, permettant de rencontrer des représentants du tissu économique franco-chilien et de développer son réseau dans un cadre structuré. Pour aller plus loin dans votre réseautage professionnel et social au Chili, des ressources dédiées aux expatriés sont également disponibles.
Candidater à un emploi au Chili
Les candidatures se font en espagnol dans la grande majorité des cas, sauf si l'offre est rédigée en anglais ou si l'employeur le demande explicitement, ce qui est courant dans la technologie et la finance internationales.
Il est courant et socialement accepté au Chili d'inclure une photo professionnelle, sa date de naissance et sa nationalité sur son CV. Les entreprises technologiques et les startups internationales tendent cependant à adopter des formats plus anonymisés, conformes aux standards internationaux. La lettre de motivation n'est pas systématiquement exigée, mais elle est appréciée dans les secteurs traditionnels tels que la banque ou le droit. Elle doit être concise et peut utilement mentionner le statut migratoire du candidat s'il est déjà sur le territoire.
Le prestige de l'établissement d'enseignement supérieur fréquenté conserve un poids important dans les environnements d'entreprise chiliens traditionnels. Ce facteur peut jouer en faveur des candidats issus d'institutions reconnues, y compris à l'international.
Les entretiens d'embauche au Chili
Le processus de recrutement au Chili est souvent long et structuré. Il n'est pas rare de passer trois à cinq rounds d'entretiens pour un poste intermédiaire ou senior, ce qui suppose d'anticiper des délais de plusieurs semaines entre la candidature et la décision finale.
Une particularité notable : les évaluations psychométriques sont extrêmement répandues au Chili, y compris pour des postes de niveau intermédiaire. Les candidats peuvent être amenés à passer des tests de personnalité, des épreuves de logique ou des tests projectifs comme le Test de Zulliger ou le test dit « Persona bajo la lluvia ». Il vaut mieux y être préparé.
Pour les candidats postulant depuis l'étranger, les premiers tours d'entretien se déroulent généralement en visioconférence. Un entretien final en présentiel est souvent attendu si le candidat est déjà sur place au Chili. En matière de tenue vestimentaire, le costume est de rigueur dans la finance, le droit et les grandes entreprises traditionnelles ; un style professionnel plus décontracté est acceptable dans l'univers des startups et de la tech.
Salaires et rémunération au Chili
Le salaire minimum légal (sueldo mínimo) a été revalorisé à plusieurs reprises ces dernières années. Il a atteint 529 000 CLP (environ 515 EUR) avec effet rétroactif au 1er mai 2025, puis 539 000 CLP (environ 525 EUR) au 1er janvier 2026.
Le salaire mensuel brut moyen se situe entre 1 050 000 et 1 120 000 CLP (environ 1 020 à 1 090 EUR), avec d'importantes disparités selon les secteurs et les niveaux de qualification. Les expatriés occupant des postes spécialisés gagnent souvent bien au-dessus de cette moyenne : un développeur senior ou un directeur informatique peut percevoir entre 3 000 000 et 6 000 000 CLP par mois (environ 2 920 à 5 840 EUR).
Lors des négociations salariales, il est important de préciser si le montant discuté correspond au sueldo bruto (salaire brut) ou au sueldo líquido (salaire net, c'est-à-dire après déductions pour retraite et santé). Cette distinction est courante dans les offres et les échanges avec les recruteurs. Les primes légales, appelées aguinaldos, sont versées en septembre pour les Fêtes Nationales (Fiestas Patrias) et en décembre pour Noël, et font partie des usages largement répandus même si elles ne sont pas toujours imposées par la loi.
Les contrats de travail au Chili
Le droit chilien impose la signature d'un contrat de travail écrit dans les 15 jours suivant la prise de poste (ou dans les 5 jours pour les contrats d'une durée inférieure à 30 jours). Deux types de contrats sont les plus courants : le contrat à durée déterminée (contrato a plazo fijo) et le contrat à durée indéterminée (contrato indefinido). Un contrat à durée déterminée ne peut être renouvelé qu'une seule fois ; un second renouvellement le transforme automatiquement en contrat à durée indéterminée.
Dans les secteurs de la construction et des mines, le contrato por obra o faena est très répandu : il lie la durée de l'emploi à celle d'un projet ou d'un chantier précis, sans référence à une date d'échéance fixe.
Pour les travailleurs étrangers dont le visa est adossé à un contrat de travail, une clause spécifique doit figurer dans le contrat : la cláusula de viaje, qui engage l'employeur à prendre en charge le billet de retour du salarié vers son pays d'origine en cas de rupture du contrat.
Conditions de travail au Chili
Le Chili est en train d'achever une réforme majeure de son droit du travail avec la Ley 21.561, connue sous le nom de Ley 40 Horas. À compter du 26 avril 2026, la durée légale maximale hebdomadaire de travail passe de 44 à 42 heures, avec un objectif final de 40 heures hebdomadaires d'ici avril 2028. Cette réforme représente un changement important pour les employeurs comme pour les salariés.
L'article 22 du Code du travail permettait historiquement d'exempter certains salariés du décompte des heures travaillées, notamment les cadres. La nouvelle loi restreint considérablement cette exemption : elle ne s'applique plus qu'à la haute direction (gerentes, administradores) ou aux postes pour lesquels il est matériellement impossible d'exercer une supervision. Tous les autres salariés sont désormais tenus de pointer à l'entrée et à la sortie.
Concernant les congés annuels, les salariés ont droit à 15 jours ouvrables de congés payés après une année de service. Ce droit passe à 20 jours dans les régions les plus australes, en Aysén et à Magallanes. Le Chili compte entre 15 et 16 jours fériés par an. Lorsqu'un jour férié tombe un mardi ou un jeudi, il est courant que les salariés posent un jour de pont pour créer un long week-end : c'est ce qu'on appelle localement un jour sándwich.
En matière de congé parental, les mères bénéficient de 6 semaines de congé prénatal et de 12 semaines de congé postnatal. Un mécanisme de partage permet de transférer une partie du congé postnatal au père. Enfin, les parents ou tuteurs d'enfants de moins de 12 ans ont légalement le droit d'ajuster leurs horaires d'arrivée et de départ d'une heure, pour faciliter la prise en charge scolaire : c'est la banda horaria.
Culture d'entreprise au Chili
Les entreprises chiliennes sont généralement organisées de manière hiérarchique, avec une importance accordée aux titres et au respect de l'autorité. Les supérieurs sont habituellement interpellés de manière formelle, même si la culture startup et les filiales de groupes internationaux évoluent vers des structures plus plates. La ponctualité est attendue dans un contexte professionnel, même si les interactions sociales se déroulent souvent avec davantage de souplesse horaire.
Les relations au bureau comptent beaucoup : déjeuner avec ses collègues est fréquent, et il est de bon ton de saluer individuellement chaque personne en arrivant au bureau. Ce type de geste contribue à instaurer un climat de confiance et est perçu comme une marque de respect. La mise en place progressive de la semaine de 42 heures vise à améliorer l'équilibre entre la vie professionnelle et la vie personnelle, qui était historiquement peu favorable aux salariés chiliens.
Droits du travail et protections sociales au Chili
La Dirección del Trabajo (DT) est l'autorité en charge du contrôle de l'application du droit social, de la médiation des conflits et des inspections en entreprise. Elle est connue pour une application assez stricte des règles en faveur des salariés.
En cas de licenciement sans cause justifiée (despido injustificado), l'employeur est tenu de verser une indemnité de licenciement équivalente à un mois de salaire par année d'ancienneté, plafonnée à 11 ans. Les heures supplémentaires effectuées au-delà de la limite hebdomadaire légale de 42 heures doivent obligatoirement être rémunérées à raison d'une majoration de 50 % du taux horaire de base.
La présence syndicale est particulièrement forte dans les secteurs miniers, les transports en commun et l'industrie lourde, où la négociation collective influence substantiellement les salaires et les avantages sociaux.
Foire aux questions
Puis-je me rendre au Chili comme touriste pour chercher du travail ?
Le Chili propose désormais un visa dédié à la recherche d'emploi, le visa SUJE, valable six mois. Ce visa est la voie légale recommandée pour cette démarche, car il permet également de travailler à temps partiel jusqu'à 20 heures par semaine pendant la période de recherche.
Quel est le salaire minimum au Chili ?
Depuis le 1er janvier 2026, le salaire minimum légal pour les travailleurs âgés de 18 à 65 ans s'établit à 539 000 CLP par mois, soit environ 525 EUR. Ce montant fait l'objet de réévaluations régulières décidées par le gouvernement.
Combien d'heures constitue la semaine de travail légale au Chili ?
À compter du 26 avril 2026, la durée maximale légale du travail est fixée à 42 heures par semaine, contre 44 heures auparavant. Cette réforme s'inscrit dans un calendrier progressif visant à atteindre 40 heures hebdomadaires d'ici avril 2028.
Les tests psychologiques sont-ils courants dans le recrutement au Chili ?
Même s'ils ne sont pas imposés par la loi, les évaluations psychométriques font partie intégrante de la culture de recrutement au Chili. Il est très probable qu'un candidat soit invité à passer ce type de test, y compris pour des postes intermédiaires, avant d'être embauché.
Existe-t-il un visa pour les travailleurs à distance au Chili ?
Oui, le Chili dispose d'une voie de visa pour les personnes travaillant à distance pour des employeurs établis hors du pays. Les candidats doivent justifier d'un contrat de travail à distance, de revenus suffisants pour couvrir leur séjour et d'une couverture médicale complète.
Les parents ont-ils des droits spécifiques concernant leurs horaires de travail ?
Oui. En vertu de la Ley 40 Horas, les parents ou tuteurs d'enfants de moins de 12 ans ont le droit d'avancer ou de retarder leur horaire d'entrée et de sortie jusqu'à une heure, afin de pouvoir accompagner leurs enfants à l'école. Ce dispositif s'appelle la banda horaria.
Qu'est-ce qu'un contrato por obra o faena ?
Il s'agit d'un type de contrat très utilisé dans les secteurs minier et de la construction au Chili. La durée de l'emploi y est liée à celle d'un projet ou d'un chantier précis, plutôt qu'à une date d'échéance ou à une durée indéterminée. Lorsque le projet se termine, le contrat prend fin de plein droit.
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