Et tu es de quel organisme pour connaître ce sujet ?
Pas besoin d'être d'un organisme quelconque pour connaître le sujet; il suffit de s'intéresser aux questions fiscales et plus particulièrement à l'application des conventions bilatérales en vue d'éviter les doubles impositions pour s'apercevoir que les consulats, de quels que pays qu'il soient, racontent souvent des couillonnades en la matière.
Voici ce que j'ai trouvé sur la toile, sachant ce que vaut ce que l'on trouve sur la toile, c'est à dire une base d'informations qu'il faut ensuite débroussailler pour démêler le vrai du faux, voire comprendre correctement ce qu'on y lit :
"L’imposition en étant auto-entrepreneur résidant à l’étranger
A partir du moment où votre auto-entreprise est domiciliée en France, vous êtes considéré comme résidant fiscal français, et ce même si vous n’y êtes pas plus de 6 mois par an. L’administration considère que le centre de vos intérêt économique se situant sur le territoire, vous devez par conséquent y verser des impôts.
Avant de vous lancer, il faudra bien vous renseigner auprès de votre pays d’accueil sur les règles d’imposition qu’il applique. Si votre pays de résidence a conclu un accord fiscal avec l’administration française, vous éviterez une double imposition.
Si vous percevez d’autres revenus non-liés à votre auto-entreprise dans votre pays d’accueil, vous devrez les déclarer à la fois à l’administration française et à votre pays de résidence. Dans la situation où aucun accord fiscal n’a été conclu, vous pourrez être soumis à une double imposition. Pensez-donc bien à vous renseigner en amont de votre déclaration, à la fois auprès du centre des impôts français et de celui de votre pays de résidence."
Mais voici ce que dit à son article 14 la convention bilatérale entre la France et l'Espagne en vue d'éviter les doubles impositions et il s'impose au delà des lois et règlements nationaux :
"Article 14
Professions indépendantes
1. Les revenus qu'un résident d'un État contractant tire d'une profession libérale ou d'autres activités de caractère indépendant ne sont imposables que dans cet État, à moins que ce résident ne dispose de façon habituelle dans l'autre État contractant d'une base fixe pour l'exercice de ses activités. S'il dispose d'une telle base fixe, les revenus sont imposables dans l'autre État mais uniquement dans la mesure où ils sont imputables à cette base fixe.
2. L'expression " profession libérale " comprend notamment les activités indépendantes d'ordre scientifique, littéraire, artistique, éducatif ou pédagogique, ainsi que les activités indépendantes des médecins, avocats, ingénieurs, architectes, dentistes et comptables."
Donc, si vous n'exercez pas physiquement votre travail au départ d'un établissement stable situé physiquement en France, vous êtes imposable en Espagne.
Par ailleurs, sachez que le principe évoqué à cet article 14 est celui qui est recommandé par l'OCDE et que c'est ce principe qui est de mise dans toutes les conventions bilatérales que j'ai étudiées. Je vous informe également que les jurisprudences que je connais vont toutes dans ce sens.
Enfin, retenez également que "le maître du jeu dans cet affaire sera les fisc espagnol", pas le consulat qui n'a strictement rien à voir dans cette affaire, ni même le fisc français qui devra se concerter avec le fisc espagnol en cas de doute (c'est à dire quand vous aurez été imposé en Espagne si vous faites une réclamation - article 25 de la convention et croyez moi, quand on en est à devoir demander l'application de l'article 26 c'est qu'on est déjà dans la me**e jusqu'au cou).
J'en terminerai par un conseil : contactez préalablement le fisc espagnol pour connaître leur décision.
Merci de nous faire part de votre retour d'expérience...