En phase avec le poste de Prachya à quelques nuances près.
Je trouve que les thai ne sont pas plus ou moins abordables que les Français , suisses, belges et autres terriens.
L'approche et les comportements sont simplement différents.
Rentrer dans leur cercle d'amis est une étape que pour l'instant je n'ai jamais franchi et que je ne cherche pas forcément.Ma femme a énormément d'amis que je côtoie inévitablement,mais nous en restons au stade des relations sociales courtoises mais pas plus.
La raison principale : la langue, in fine une communication sommaire et basique.
Quand vous vous retrouvez à table avec 5 convives et que personne ne parle anglais, vous imaginez bien la scène et il est bien difficile dans ce cas d'amorcer des relations pérennes.
Rajouté au fait que les thai sont réservés de nature, je pense qu'il faut du temps et de la patience.
C'est dans cette optique également que j'envisage d'apprendre le thai, mais plus tard.
Il est bien mieux de faire que d'envisager !!!
Il est aussi souhaitable d'ajuster son discours. En effet, chacun perçoit les autres et est perçu de manière différente. Le contact s'établit d'abord au vu de l'autre sans même qu'il parle : est il grand ? petit ? gros ? mince ? jeune ? vieux ? d'apparence sympathique ? antipathique ? joyeuse ? sinistre ? beau ? laid ? homme ? femme? accompagné d'une femme ? est-elle farang ? est-elle thaï ? accompagné d'amis farangs ? d'amis thaïs ? Et même chose de l'autre côté. Quelle complexité que les rapports humains !!! et je n'ai pas tout développé. Et jusqu'à présent personne n'a prononcé un seul mot !!!!
Personnellement je connais bien deux pays d'Asie (Japon et Thaïlande) et je m'exprime dans les deux langues (bien mieux en japonais qu'en thaï), je connais l'Asie depuis une vingtaine d'années, je suis petit et mince et la plupart du temps je suis seul. J'ai une manière de m'habiller et de me comporter qui est très adaptée à l'Asie. Je me souviens du jour où une thaïlandaise que je ne connaissais ni d'Éve ni d'Adam m'a fait le signe du pouce en l'air car il y avait un soleil d'enfer et je me protégeais sous une ombrelle. A ce moment-là elle a pensé : "voila un farang qui n'est pas aussi ballot que les autres car il sait se protéger du soleil". En effet les thaïs ont intégré cela dans leur culture depuis longtemps pour deux raisons : l'exposition au soleil provoque des cancers dont certains peuvent être mortels et la peau blanche est très appréciée ici. Ce sont les raisons pour lesquelles les thaïs se baignent très souvent habillés. Il y a aussi la question de la pudeur.
La blague que font souvent les copains à un camarade qui a la peau bien noire et le nez bien aplati est la suivante : "tu as l'air d'un chanteur coréen" (les chanteurs coréens ont beaucoup de succès auprès des filles thaïlandaises avec leur peau blanche et leur nez droit).
Il est clair qu'un farang marié à une thaïlandaise lorsqu'il est en rapport avec des thaïlandais se voit perçu d'une manière bien particulière et prend tous les clichés possibles à la figure. Tout dépend aussi de son physique sachant que la minceur est très appréciée ici même s'il y a de plus en plus de thaïs obèses.
La manière dont un farang est perçu par les thaïs et vice-versa est une affaire très variée selon les circonstances et les individus.
J'ai eu plusieurs occasions au cours desquelles des thaïs ont eu un culot monstre avec moi. Même chose en moins important avec des japonais qui sont cependant connus comme réservés. Tout cela dépend de l'intérêt que l'on suscite pour eux et de la qualité de la relation que l'on a établie avec eux. Et tout cela est fort complexe.
Les asiatiques et les thaïs en particulier aiment les gens à la peau blanche, habillés décemment et élégamment, soignés (bien rasés et coiffés), minces, polis et respectueux des usages et traditions : tout un programme. Et des farangs gros, mal rasés, mal coiffés et qui ne sont pas allés chez le coiffeur depuis trois mois, en short, indécents, impolis, désinvoltes, alcoolisés, j'en passe et des meilleures, ce n'est hélas pas rare. Quant aux femmes aux tenues provocantes voire se promenant carrément en tenue de bain dans les rues ce n'est hélas pas rare non plus à Jomtien et Pattaya.
Les thaïs font preuve d'une finesse humaine qui n'a rien à voir avec celle des farangs qui passent bien souvent ici pour des ballots et des mufles.
Je dois partir dans quinze jours au pays du sourire où j'espère retrouver moi-même ce sourire que je perds progressivement quand je vis en France. J'ai vu une enquête reportage sur France 2 il y a quelques temps. Les français sont considérés comme plutôt pas sympathiques par les touristes étrangers particulièrement par les japonais. Il y a même une psychiatre japonaise qui a ouvert un cabinet à Paris pour soigner ses compatriotes traumatisés par le comportement des français qui, selon elle et je suis tout-à-fait d'accord, manquent de "fluidité" dans leur comportement. En d'autres termes, ils sont considérés comme des mufles. Cette dame est très pudique !!!!!
Mon expérience est que les thaïs sont nettement plus abordables que les français et leurs cousins suisses et belges qui ne les suivent pas de très loin.
Il est clair aussi que je suis un farang atypique, cependant les retours que j'ai de la part de français qui sont allés en Thaïlande c'est que "les thaïs sont très gentils". C'est mon avis avec les réserves que j'ai émises.
Pour en terminer, lorsque j'ouvre la bouche je montre que je parle leur langue en faisant le maximum d'efforts. Le compliment qui me va droit au coeur est le suivant : "khoun phout chat" ("vous parlez clairement", c'est-à-dire en respectant les tons : tout un programme !!!). Faire cet effort c'est aussi une marque de respect fort appréciée par les thaïs. Le respect, un mot oublié par les farangs et particulièrement par les français qui devraient plus souvent faire l'effort d'aller vers l'autre en parlant sa langue. C'est une manière de s'abaisser (dans le bon sens du terme) comme on le fait ici en saluant l'autre en joignant les deux mains.
Un thaïlandais salue une autre personne en joignant les deux mains et en s'abaissant comme il le fait devant le Bouddha. Il respecte l'autre en ne le touchant pas et en le considérant comme un Bouddha.
RESPECT, c'est un maître mot ici.