Bonjour à tous,
J'ai lu vos commentaires et vos messages privés et je dois vous dire que ça m'a fait un peu plaisir et ça m'a permis de relancer cette idée d'école à Cancun. Car cela fait plus d'un an que la discussion a été lancée!
Alors je reviens sur mon premier message, puis je vous dirai ce qui s'est passé depuis pour revenir sur vos retours et conclurai de nouveau sur ce projet.
Il était donc question de la faisabilité d'une école à Cancun, tant sur le plan des moyens que de potentiels élèves.
Bien qu'il y ait encore peu de retour, je suis persuadé, de par mon expérience à Cancun, ainsi que la conjoncture (encore plus exacerbée par la situation économique qui commence vraiment à dégénérer en Europe), que le problème n'est pas au niveau de l'effectif potentiel que contiendrait un tel projet d'école.
Nous sommes toujours une petite équipe motivée de professeurs, comprenant un canadien, une mexicaine et un français. Mais le recrutement de personnel n'est de toute façon pas un problème de façon générale. Dans l'école thaïlandaise où je travaillais, pour chaque poste, il y avait en moyenne plus d'une centaine de demandes de la part de candidats divers, parmi lesquels sans doute des perles rares!
D'autre part, j'ai discuté avec mes anciens collègues, dont des directeurs d'école, et j'en ai contacté d'autres qui m'ont proposé de me conseiller au niveau administratif et pédagogique. La faisabilité pédagogique n'est donc pas un problème non plus.
Au départ, l'idée était de commencer par une école de langues qui serait ouverte à des élèves de différentes nationalités et niveaux de français mixtes pour ensuite évoluer vers une véritable école française. Mais je me rends compte que ça n'est pas forcément une bonne idée.
Depuis le premier message, j'ai discuté du projet avec de nombreuses personnes dont des mexicains expatriés venant de Cancun et il en ressort les choses suivantes:
- il serait plus facile que ce que je pensais de monter un tel projet vis-à-vis des autorités. En effet, les visas de travail par exemple peuvent en quelque sorte se "négocier". Il en serait de même de la comptabilité, qui serait "laissée tranquille", du moins les premières années. La question reste posée au niveau de la responsabilité individuelle des élèves, des enseignants, ainsi que celle de l'école en cas de pépin et de la conformité aux normes de sécurité.
- il y a déjà beaucoup d'écoles de langue et une énième ne serait donc pas forcément une bonne idée. Les parents français ont les moyens de mettre leurs enfants dans les écoles américaines ou celles prodiguant un enseignement en anglais mais trouvent ces institutions trop chères.
D'autre part, j'ai eu des retours plutôt négatifs venant des autorités canadiennes ou françaises:
- Mon collègue canadien qui travaille pour l'instant à Guadalajara m'a suggéré qu'un financement ainsi qu'un soutien de la part de l'administration canadienne serait possible. Hélas, les lettres que j'ai envoyées aux personnes concernées sont restées mortes.
- De la même manière, il semble qu'il ne faut pas trop compter sur l'aide du ministère des Affaires Etrangères (dont la plupart des écoles privées à l'étranger dépendent). En effet, lorsque j'ai contacté l'AEFE pour étudier la faisabilité d'un tel projet et une possible aide de leur part, on m'a clairement fait comprendre qu'il y avait un projet de centre culturel offrant des cours de français en cours mais que s'il fallait monter une école, ce serait un projet individuel et il n'y aurait pas de participation de leur part. De mémoire, il y a 3 écoles françaises au Mexique et une trentaine d'instituts qui offrent des cours de français dans des annexes au centre culturel mais malgré tout cela, on m'a gentiment proposé de voir où en seront nos différents projets respectifs fin 2018.
Il faut que vous sachiez que les écoles sont rattachées aux centres culturels français, dont les directeurs, les COCAC, sont l'autorité première, au-dessus même de celle du directeur de l'école, qui, dans un premier temps, est souvent un professeur des écoles avec un certificat de capacité de gestion d'une telle structure. Mais une telle autorité est mise en place seulement après quelques années, où l'école a démontré qu'elle est fondée sur un projet solide, conforme et financièrement stable.
Dans un premier temps, rien n'empêche de monter une structure destinée aux élèves français et assurant un programme qui, même s'il n'est pas certifié par les autorités, pourrait se conformer le plus possible aux programmes français, et donc assurer une éducation complète et à temps plein des élèves.
Et la bonne nouvelle, c'est qu'il y a une solution possible dans la réalisation d'une telle structure, avec les études à distance. Quoique l'on puisse en penser, administrativement le fait d'être affilié au CNED pour un étudiant lui permet d'avoir un suivi de sa scolarité dès la primaire qui peut rassurer les parents qui sont souvent des expatriés dans l'âme, soucieux de l'éducation de leurs enfants et de l'assurance d'une éducation adéquate, quelle que soit leur future destination de résidence. Le CNED offre ces formations dès le cycle 3 donc, ce qui permet bien d'assurer un enseignement conforme aux standards français dès le plus jeune âge et un dossier scolaire traçable et vérifié dans toutes les écoles française à l'étranger ou en France même.
Encore une fois, mon idée est plutôt celle d'une école libre et expérimentale, comme une école Montessori. Mais il ne faut pas perdre de vue que nos clients sont les parents d'élèves, et qu'eux souhaitent d'abord un cursus régulier avant d'envisager un extra cursus plus libre. Les méthodes expérimentales pédagogiques peuvent être essayées à la maternelle avant de passer à une éducation plus conforme dès la primaire grâce aux études à distance, qui ont également l'avantage de ne pas nécessiter de besoins matériels importants, les parents se chargeant de financer le matériel envoyé par le CNED.
Quant aux moyens financiers, il faut noter que très souvent la création d'une école privée est issue de la volonté de quelques familles d'assurer une éducation française à leurs enfants; celles-ci se donnent donc les moyens de créer la structure possible pour assurer des cours plus ou moins conformes à ce à quoi elles pourraient s'attendre en France, tout en vérifiant les garanties que leur argent est bien investi et qu'il y a bien un retour positif et stable. Mes collègues et moi-même, ainsi que des membres de nos familles et amis, économisons de manière à être sûr de pouvoir travailler dans le risque les premiers mois de la naissance du projet.
D'expérience, je pense qu'il faut au moins une trentaine de familles pour ne pas perdre l'argent investi. Cela correspond à une quarantaine d'élèves. Dans mon précédent établissement, c'était le nombre fatidique, en deçà duquel notre bilan serait devenu négatif et l'investissement se serait donc fait à perte.
Les frais d'écolage d'un tel projet, sachant la conjoncture actuelle à Cancun, seraient de l'ordre de l'équivalent de 500€ par élève par mois, sur une période de dix mois, avec un modèle de calendrier scolaire calqué sur celui de l'AEFE. Aussi, dans cette configuration, les parents qui ont participé au montage financier de l'école peuvent se voir bénéficier de la gratuité de la scolarité de leurs enfants.
Il faut absolument réunir ce nombre si on a l'ambition d'établir une école dans la longévité et avec l'espérance que celle-ci puisse être homologuée voire conventionnée à long terme. Encore une fois, on ne peut pas se lancer dans un tel projet sans assurer ses arrières. S'il y a donc des familles qui sont prêtes à faire quelques heures supplémentaires pour en parler autour d'eux, j'en serais ravi.
Bien sûr, un projet peut démarrer seulement avec une dizaine d'élèves, mais celui-ci se fera forcément à perte et les potentiels investisseurs doivent donc bien en être conscients avant d'y participer.
Enfin, je sais que beaucoup de français vivent à Playa del Carmen mais je pense que le centre économique et administratif du Quintana Roo est Cancun et que ce serait une erreur de ne pas en tenir compte.
Pour résumer, je crois que le fond du problème n'est pas le manque de demande ni de compétences, mais la visibilité d'un tel projet. C'est surtout là-dessus, plus encore qu'en termes de moyens qui peuvent être modestes dans un premier temps (location d'une ou deux salles + matériel rudimentaire + de quoi assurer quelques salaires) qu'il faut insister. Je vous demanderai donc, chers parents, de bien vouloir sur votre temps libre et si vous le souhaitez, colporter le message de ce projet. Parlez-en autour de vous si vous le pouvez et faites-moi savoir ce qu'il pourrait en être.
Je pense qu'il est possible de commencer un tel projet à l'horizon 2022, le temps de réunir un nombre suffisant de parents, de trouver des locaux et du matériel de base, de monter un dossier et un budget viables et de réunir tous les papiers nécessaires à la réalisation de ce projet sur le plan administratif.
Merci à vous,
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