Les expatriés non européens ne jouissent pas d'une totale liberté de mouvement
À l'heure actuelle, un expatrié non européen doit avoir vécu de manière continue pendant 5 ans dans un État membre pour y être considéré comme un résident de longue durée. Il ne doit pas non plus avoir séjourné à l'étranger pendant plus de 6 mois consécutifs et pendant plus de 10 mois au total au cours de ces 5 années. Dans sa demande, il doit fournir des preuves de stabilité financière (revenus réguliers au cours des 5 dernières années et épargne), présenter un plan d'assurance santé et satisfaire des conditions d'intégration telles que la preuve de la maîtrise de la langue et la réussite d'un test sur la législation et la culture du pays d'accueil de l'Union européenne.
En théorie, en devenant résidents de longue durée, les expatriés non européens bénéficient de la même liberté de circulation que les Européens et les citoyens de l'Union européenne. Dans la pratique, cependant, c'est beaucoup plus compliqué. Chaque État membre possède ses propres règles en matière de permis de travail et de résidence. Dans de nombreux pays de l'Union européenne, avant qu'une entreprise ne puisse embaucher un ressortissant d'un pays tiers, elle doit prouver à l'État que les compétences recherchées pour ce poste ne sont pas disponibles localement. C'est ce qu'on appelle un test du marché du travail.
Parfois, ce test et d'autres procédures bureaucratiques sont tellement compliqués que les entreprises préfèrent exclure dès le départ les candidats non européens de certains postes vacants, même si ces derniers vivent déjà dans un autre pays de l'Union européenne. Cette situation prive les travailleurs d'opportunités et les entreprises de travailleurs, ce qui est encore plus grave en période de pénurie de main-d'œuvre. De nombreux pays européens souffrent d'une pénurie de main-d'œuvre depuis la pandémie de Covid-19. Pour preuve, l'Agence fédérale du travail de l'Allemagne, la plus grande économie de l'Union européenne, a signalé fin 2022 que 200 professions souffraient d'une grave pénurie de main-d'œuvre. Ces professions vont des spécialistes de l'informatique aux chauffeurs routiers en passant par les infirmières.
Un autre problème est la manière dont les déplacements en Europe nuit aux chances d'un expatrié non européen d'obtenir le statut de résident de longue durée. S'il se rend dans un autre État membre pour un stage, un cours ou une formation professionnelle qui dure quelques mois, cela portera préjudice à son dossier de séjour continu dans le premier pays de l'Union européenne où il vit. Les échanges commerciaux et culturels entre les pays de l'Union européenne étant importants, il est donc inévitable que les expatriés se trouvent face à de bonnes opportunités à court terme dans d'autres États membres, ce qui ne devrait pas pénaliser leur statut de résident.
Tous ces éléments constituent depuis longtemps des problèmes pour les expatriés provenant des pays tiers, mais depuis 2016, ils sont également devenus des problèmes pour les expatriés britanniques. Alors que les modalités de l'accord du Brexit ont été finalisées au cours des sept dernières années, les expatriés britanniques à travers l'Europe se sont retrouvés dépouillés des droits dont ils bénéficiaient depuis des décennies. Payer des impôts, toucher sa pension et même conduire dans l'Union européenne sont devenus plus compliqués pour eux. C'est pourquoi certains membres du Parlement européen ont présenté une proposition visant à améliorer leur situation en matière de résidence.




