Covid-19, vaccination et doses de rappel : l'actualité dans le monde

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Publié le 2021-09-21 à 10:00 par Mikki Beru
Face au variant Delta, les mesures se durcissent : vaccination obligatoire, suppression de la tolérance « test PCR négatif »… Les populations sont partagées entre soutien des mesures gouvernementales, craintes pour l'avenir, et revendications parfois violentes. Impératif économique, urgence climatique, tensions internationales… L'actualité mondiale reste marquée par une grande incertitude, alors que la Covid-19 continue de sévir.

Variant Delta et obligation vaccinale 

Première plainte contre les nouvelles mesures d'obligation vaccinale dévoilées par le président Biden. Tout juste une semaine après l'annonce de ce nouveau plan, censé pousser à la vaccination les millions de réticents (seuls 54,6% des Américains sont complètement vaccinés), l'État républicain de l'Arizona saisit la justice. Cette obligation vaccinale touche désormais la majorité de la population résidant aux États-Unis : fonctionnaires, salariés du privé, professionnels de santé... 100 millions de travailleurs seraient visés par la mesure. Les expatriés sont, bien entendu, aussi concernés. L'Arizona dénonce une règle discriminatoire, qui exempterait les personnes entrées illégalement sur le territoire de toute obligation vaccinale. Joe Biden préfère soulever l'urgence sanitaire, face à un variant Delta toujours virulent. Les États-Unis déplorent à ce jour plus de 660 000 victimes de la Covid-19, sur 331,4 millions d'habitants recensés en avril 2020.

La fermeté du président Biden s'observe ailleurs dans le monde. La France opte pour l'obligation vaccinale pour certaines professions, à commencer par les métiers de la santé. Depuis le 15 septembre, tout personnel non vacciné est suspendu. Quelque 3 000 praticiens sont concernés, selon le ministère de la Santé. Le Zimbabwe durcit également l'obligation vaccinale. En plus des fonctionnaires et enseignants, les fidèles devront désormais être vaccinés pour assister aux offices religieux. La mesure concerne également tout résident voulant passer des examens, aller au restaurant, pratiquer une activité sportive en salle, ou se rendre au marché : toutes les sphères de la vie courante sont impactées. Une mesure indispensable pour les autorités, pour contrer une épidémie responsable, à ce jour, de 4551 décès. Le Zimbabwe a connu un pic de contamination en juillet dernier (plus de 2000 cas par jour, environ 260 aujourd'hui), mais n'a que 13,2% de sa population totalement vaccinée - essentiellement par des vaccins produits en Chine, en Russie et en Inde, soit, homologués par l'OMS, mais pas par la majorité des États occidentaux. États (UE, Australie, États-Unis...) qui déconseillent d'ailleurs à leurs ressortissants de se rendre au Zimbabwe. Les expatriés vaccinés déjà présents sur le territoire voient leur situation se complexifier. Le Zimbabwe vient d'approuver le vaccin Johnson & Johnson, et en appelle de nouveau à l'aide internationale. L'UE a répondu le 15 septembre dernier, par la voix d'Ursula von der Leyenla, présidente de la Commission européenne : en plus des 250 millions de doses promises s'ajouteront 200 millions de doses d'ici à mi-2022. Cette aide sera destinée à l'ensemble des pays pauvres.

Après la crise AstraZeneca, la polémique autour du Moderna

L'annonce a retenti jusqu'aux bureaux de la gouvernance américaine. Yoshihige Suga ne se présentera pas aux prochaines élections du PLD (Parti Libéral Démocrate) prévues le 29 septembre prochain. Le Premier ministre, élu il y a tout juste un an, jette l'éponge. En cause : sa gestion de la crise de la Covid-19, jugée insatisfaisante. Très impopulaire, Yoshihige Suga essuie un nouveau revers avec le récent scandale des doses non conformes. Le 16 août, les laboratoires japonais remarquent la présence de corps étrangers dans des lots de vaccins Moderna importés d'Espagne. Dix jours plus tard, d'autres non-conformités sont découvertes; le Japon suspend l'administration de près d'1,63 millions de doses. Mais les vaccinations avaient déjà commencé ; deux hommes meurent après avoir reçu une deuxième dose de Moderna provenant des lots suspects. Le 30 août, 1 million de doses supplémentaires sont suspendues. Rien ne permet de relier la mort des deux hommes aux doses infectées. Ce revers crispe néanmoins un peu plus une population japonaise déjà ébranlée par la tenue des JO, et la reprise épidémique. À peine 46% des Japonais sont vaccinés. D'aucuns militent pour un maintien des frontières fermées. Souhait pour l'instant entendu par le gouvernement : seuls les détenteurs d'un visa valide peuvent se rendre au Japon. L'État a suspendu toute délivrance de visa depuis le début de la crise. Un contrat de stage, une participation à des examens, ou une vaccination complète avec un vaccin reconnu par le Japon (Pfizer-BioNTech, Moderna ou AstraZeneca) ne constituent pas un motif impérieux justifiant l'entrée sur le territoire. Les candidats à l'expatriation ne peuvent envoyer aucune demande par anticipation.

La Thaïlande teste la réouverture des frontières « 7 sur 7 »

Depuis juillet, la Thaïlande se rouvre petit à petit. En test actuellement, trois enclaves, dont une particulièrement appréciée des touristes : Phuket, (avec Krabi et Samui). En pratique : les touristes vaccinés et testés négatifs à leur arrivée séjournent obligatoirement 7 à 14 jours à Phuket, dans l'attente de leur test PCR. Si le test est négatif, ils peuvent passer 7 jours supplémentaires à Krabi, sur présentation d'un « formulaire de transfert » délivré par leur hôtel de Phuket, avec mention des résultats des deux tests PCR négatifs réalisés sur place. Pour se rendre vers une autre destination thaïlandaise, les voyageurs devront fournir un troisième test négatif, ainsi qu'un « formulaire de décharge » émanant de leur hôtel, les autorisant à se rendre ailleurs sur le territoire. Si le séjour à Krabi est inférieur à 7 jours, les touristes ont l'obligation de retourner à Phuket. La Thaïlande teste ainsi le voyage encadré. Oui à l'ouverture des frontières pour les touristes internationaux, mais avec un strict encadrement : obligation vaccinale et tests PCR négatifs réguliers. En parallèle, l'État, qui mettra en place le e-visa à partir du 18 septembre, étend ses mesures restrictives jusqu'au 30 septembre, avec des zones toujours interdites aux voyageurs étrangers. 

Remboursement des tests PCR et vaccination pour les Français de l'étranger

Les Français de l'étranger peuvent, depuis le 10 août, se faire rembourser tout test PCR réalisé en France.

En pratique, la situation varie selon qu'ils dépendent de la Caisse des Français de l'Étranger (CFE), et sont affiliés ou non à une Caisse Primaire d'Assurance Maladie (CPAM) : les premiers envoient la facture du test PCR directement auprès de la CFE. Les seconds envoient leur facture à la CPAM (sous réserve d'avoir, au préalable, envoyé une demande d'ouverture de droits à l'Assurance maladie). L'expatrié qui n'est inscrit ni à la CFE ni à la CPAM dépose sa demande en ligne, en y joignant la facture, le scan d'un document d'identité (carte ou passeport valide), un RIB, un scan de la Carte Européenne d'Assurance Maladie (CEAM) ou une attestation provisoire de la caisse du pays européen auquel il est affilié.

À noter que ces tests deviendront payants à partir du 15 octobre, sauf si le demandeur justifie une raison médicale. Le pass sanitaire, lui, entrera en vigueur pour les mineurs (à partir de 12 ans) dès le 30 septembre.

L'Agence Européenne des Médicaments (AEM) n'autorise toujours que 4 vaccins sur le marché : Pfizer & BioNTech, Janssen, Moderna, et AstraZeneca. De son côté, l'OMS reconnaît 4 autres vaccins supplémentaires : Sinovac, Sinopharm, et deux autres versions du AstraZeneca produits en Inde et en Corée du sud. Le secrétaire d'État français Jean-Baptiste Lemoyne précise que depuis le 26 août, « les Français établis hors de France ayant reçu 2 doses d'un vaccin non reconnu par l'UE mais listé par l'OMS bénéficieront du #PasseSanitaire, 7 jours après avoir reçu une 3e dose de vaccin ARNm. »

Frontières : ce qui change en septembre

C'est l'information que scrute tout futur candidat au voyage ou à l'expatriation : quels pays rouvrent leurs frontières ?

La Malaisie rouvre une partie de ses frontières uniquement aux personnes vaccinées : ces dernières pourront se rendre sur l'île de Langkawi.

Le Chili rouvre ses frontières en octobre. Octobre aussi pour la réouverture partielle du Viet Nam : seule l'île de Phu Quoc est concernée ; le pays entend ainsi booster le tourisme, et relancer une économie ébranlée par la crise sanitaire. L'Indonésie envisage une réouverture en novembre, si au moins 70 % de sa population reçoit une dose de vaccin. 

Dans tous les cas, seuls les visiteurs complètement vaccinés sont concernés par ces mesures. Les pays d'Asie scrutent avec attention le modèle thaïlandais. S'il fait ses preuves, il pourrait s'étendre bien au-delà de l'Asie. Le Viet Nam suit d'ores et déjà le modèle thaïlandais. L'Argentine semble envisager également une réouverture de ses frontières, avec un encadrement strict des touristes.