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Comment se déplacer en temps de crise du carburant : paroles d'expats

se déplacer en scooter
ESBProfessional / Envato Elements
Écrit parAsaël Häzaqle 20 Mai 2026

« Dès que cette guerre sera terminée, les prix du carburant vont s'effondrer », a affirmé Donald Trump. Le président américain croit en ses « très bonnes chances » de conclure à un accord avec l'Iran, tout en se disant prêt à attaquer, dans le cas contraire. En attendant, les prix à la pompe continuent de battre des records dans le monde, avec néanmoins des variations selon les États. Comment les expatriés vivent-ils cette situation ? Comment gèrent-ils leurs déplacements ? La communauté d'Expat.com partage ses expériences.

Moins de voitures, plus de vélo et de transports en commun

Qu'ils soient aux Philippines, au Portugal, en Indonésie ou au Vietnam, les expatriés partagent le même point de vue : face à la flambée des prix des carburants, le meilleur choix est de limiter l'usage de la voiture et de privilégier le vélo et les transports en commun. C'est ce qu'a choisi François, un expatrié aux Philippines. « Je n'utilise ma petite voiture que pour aller au marché ; j'ai par ailleurs un tricycle électrique que j'ai construit et que j'utilise également pour mes déplacements locaux. » Le tricycle est aussi le choix d'un autre expatrié, qui constate que leur prix « n'a pas bougé. C'est toujours 15 pesos philippins par personne ».

D'autres expats misent sur le vélo, comme Moetai qui vit au Portugal : « On a commandé un vélo électrique à condensateur en France. Pas besoin de prise électrique et de longue garantie. Ce n'est pas donné, mais vu l'inflation… » C'est aussi le choix de Lennerd : « Pour me déplacer dans Hô Chi Minh-Ville, j'utilise mon vélo à assistance électrique. » L'expatrié pense également aux professionnels impactés par la crise. « Lorsque je prends un Grab (application permettant de commander une voiture ou un moto-taxi) ou un taxi, je donne un pourboire d'au moins 20 % pour aider les chauffeurs face à la hausse du prix du carburant et au plafonnement des compteurs par le gouvernement. »

Le vélo n'est cependant pas toujours la solution la plus économique. C'est ce que rappelle un expatrié pour qui le vélo en Indonésie est peu envisageable : « […] Très peu d'Indonésiens possèdent un vélo ou pourraient se permettre cette dépense supplémentaire. »

Modes de déplacement : une question de coût et de tranquillité

Écarts de revenus, différences entre locaux et expatriés : pour Ajairon, « comparer les prix pour les locaux et les expatriés est très relatif. » Expat au Vietnam, il explique : « Le salaire de base est de 420 dollars, contre un coût de la vie de 600 dollars (pour une famille modeste de 4 personnes). La plupart des gens utilisent des scooters de 110 cm³, qui coûtent environ 1 400 dollars et consomment 2 litres aux 100 km. Le prix du carburant est « d'un dollar » pour ce type de scooter, « soit seulement 0,15 centime de plus qu'il y a trois mois ». Pour l'expat, le problème est celui des bus publics : « [...] ils ont tous 22 places, voire 35 lorsqu'ils sont pleins. La fréquence est de 10 minutes, de 5 h à 20 h. Le prix est inférieur à 0,25 dollar. Personnellement, je ne comprends pas pourquoi le Vietnam ne prévoit pas d'augmenter la fréquence des bus publics. »

Jrharvey, qui « possède une moto électrique depuis début 2023 », constate néanmoins que « le réseau de bus à Hô Chi Minh-Ville est vraiment performant. Beaucoup de bus sont flambant neufs et très propres. De plus, la climatisation fonctionne généralement à plein régime. » S'il s'est mis à prendre le bus, ce n'est pas à cause de la flambée des prix des carburants, mais plutôt pour la sécurité et la tranquillité. « Ma femme et moi utilisons le bus et le métro depuis qu'elle est enceinte, au début de l'année dernière. Il s'agissait surtout de sécurité et d'éviter la route, bien plus que de se soucier du prix de l'essence. » Son avantage : « avoir un arrêt de bus juste devant notre appartement, qui nous permet de rejoindre le métro en cinq minutes environ : un vrai bonheur ! » Son seul regret : « l'absence de système de géolocalisation dans de nombreux bus. »

Transports publics gratuits, solution à la flambée des prix des carburants ?

Et si la solution était de rendre les bus gratuits ? Autriche, France, Luxembourg, Espagne… De plus en plus de pays se sont lancés dans les transports publics gratuits. L'idée est en effet vue comme un moyen efficace de limiter l'utilisation des véhicules personnels tout en permettant au plus grand nombre de se déplacer.

Le Vietnam sera-t-il le prochain sur la liste ? Phap tri précise qu'Hô-Chi-Minh-Ville « prévoit la gratuité totale des bus sur 35 lignes urbaines et l'élimination complète des véhicules thermiques, remplacés par des véhicules 100 % électriques dans un avenir proche. » Il rappelle que le « VinBus est le moyen de transport privilégié » car très économique.

D'autres expats soulignent que, les prix à la pompe n'ayant pas tellement augmenté, les transports en commun restent de toute manière une bonne affaire. C'est le constat d'un autre expat en Indonésie : « Les transports en commun sont généralement bons. » Un constat confirmé par son compatriote, qui craint cependant « le calme avant la tempête ». En attendant, Daniella, qui vit au Portugal, a trouvé son juste milieu : « la marche et les transports en commun ».

Véhicule électrique ou hybride

Face à la flambée des prix à la pompe, le véhicule électrique se présente comme la solution économique et écologique. La crise actuelle profite en effet aux voitures électriques, qui attirent un nombre croissant d'automobilistes. Future expatriée au Portugal, Sandra est justement en pleine réflexion : « Nous sommes en réflexion avec mon mari pour l'achat d'une voiture électrique et nous préparons notre arrivée en Algarve pour l'été 2027. » Un expat au Portugal lui indique qu'il utilise la « voiture électrique pour les petits trajets ». 

Un autre expatrié confie qu'il profite de sa proximité avec l'Espagne pour payer moins cher à la pompe : « Tavira étant à 30 km de l'Espagne, on fait le plein là-bas, 1,57€/l. Et pour les petits trajets voiture hybride. » Expatrié en Thaïlande, Laurent a aussi opté pour l'hybride. Il se sait « privilégié » et pense aux « gens modestes, les livreurs, les chauffeurs et autres qui doivent faire des kilomètres tous les jours et sont fortement impactés. » Comme Lennerd, il donne systématiquement un pourboire aux gens qui lui livrent. Pour Laurent, il s'agit d'une évidence : « quand on a la chance d'avoir une situation financière décente, ne jamais oublier ceux qui n'ont pas la même chance et aider a son niveau. »

Indispensable scooter  

Pour un certain nombre d'expats, la solution, « anti-flambée des prix », c'est le scooter électrique. Confirmation avec Alexander, expat au Brésil : « Je me déplace en scooter électrique, ça consomme très peu d'essence. ». Propriétaire d'un « petit scooter » depuis deux ans, Kurterino, qui vit également au Brésil, ne regrette pas son choix : « C'est un 125 cm³, donc vraiment pratique pour les courts trajets. Il est confortable, mais beaucoup moins avec un passager […] Le mien est jaune, et ce n'est pas un hasard : j'ai parcouru des milliers de kilomètres en voiture de location et je voulais un véhicule de couleur vive pour être plus facilement repérable. L'avantage, c'est que le prix de l'essence n'a pas vraiment d'importance. Je dois dépenser moins de 200 réaux par mois, en faisant de courts trajets presque tous les jours. C'est tellement peu que je n'y avais même pas fait attention jusqu'à présent. J'utilise aussi Uber assez fréquemment. »

Expat au Vietnam, Aidan est un inconditionnel de la moto : « Au guidon de ma Honda XR150-L 150 cm³, je ne remarque même pas la légère augmentation du prix du carburant. Ça fait trente ou quarante ans que je n'ai pas pris le bus. Il fait bien trop chaud ici pour que j'envisage le vélo. Et vu ma façon de rouler, je le trouverais beaucoup trop lent. »

Rouler à l'électrique est-il vraiment économique ?

Rouler à l'électrique, oui, mais à quel prix ? C'est l'interrogation que soulève Julien. Expatrié à Maurice, il explique : « Impossible de me passer de la voiture à Maurice, ne serait-ce que pour déposer les enfants à l'école le matin, à quelques kilomètres, puis partir travailler à Port-Louis (20-25 km) ; je roule depuis quelque temps en électrique, du coup je ne suis pas impacté par le prix de l'essence, mais par celui de l'électricité. » Dans le même sens, un autre expatrié soulève une interrogation : « J'ai vu qu'il y a peu de lieux de recharge électrique sur Maurice. » Il confirme cependant que « la voiture électrique devrait être plus intéressante » au vu des « distances moins importantes à parcourir à Maurice.

Coût de l'électricité, recharges… C'est aussi ce qui préoccupe Sandra, la future expatriée au Portugal, qui se demande si l' « on trouve facilement des recharges ou super chargeurs en Algarve ».

Solution Uber

Au Brésil, certains expats ont fait leurs calculs : entre la voiture personnelle et Uber, mieux vaut opter pour le second choix. C'est l'option retenue par Tiomark. Al utilise également Uber, et maintient son choix malgré une possible hausse des tarifs : « Nous utilisons Uber et nous nous attendons à une hausse des tarifs avec le prix du carburant. Cela reste plus économique pour nous que de posséder une voiture, car le coût du carburant serait de toute façon le même. »

Flambée des prix des carburants : en attendant la sortie de crise...

Si pour un certain nombre d'expatriés, la flambée des prix des carburants a entraîné un changement de mode de déplacement, pour d'autres, rien n'a changé. C'est le cas de Jean-Luc, Michel et d'autres expatriés en Thaïlande. La raison est simple : ils ne roulent « pas énormément ».Marcher plus, rouler moins, passer à l'électrique, opter pour le vélo, la moto ou le scooter électriques ou non, prendre le bus… La variété de choix pour ne pas subir la flambée des prix à la pompe ne doit pas faire oublier les autres questions : l'accès aux modes de déplacement plus économiques et écologiques, les différences de revenus entre les populations, ou encore, les moyens mis en œuvre par les États pour atténuer l'impact de la crise des carburants sur le pouvoir d'achat des ménages les plus modestes. 



 

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A propos de

Rédactrice web spécialisée en actualité politique et socio-économique, Asaël Häzaq observe et décrypte les tendances de la conjoncture internationale. Forte de son expérience d’expatriée au Japon, elle propose conseils et analyses sur la vie d’expatrié : choix du visa, études, recherche d’emploi, vie de travail, apprentissage de la langue, découverte du pays. Titulaire d’un Master II en Droit - Sciences politiques, elle a également expérimenté la vie de nomade numérique.

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