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Nomadisme digital : réussir en toute liberté

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Interview
Publié il y a 2 mois

Le nomadisme digital est un style de vie de plus en plus répandu. Qu'y a-t-il de mieux que d'avoir la possibilité de gagner sa vie en voyageant en toute liberté, tout en ayant l'occasion de découvrir de nouvelles cultures et de faire de belles rencontres ? Sanne, nomade digitale et blogueuse, en fait l’expérience depuis près d'une dizaine d’années et en parle à Expat.com.

Sanne

Sanne est partie vivre à l’étranger et a commencé à voyager à l'age de 17 ans. Il y a une dizaine d’années, elle a lancé A to Z Marketing, une société en ligne de marketing qui lui permet de travailler à distance en tant que nomade digital. Elle partage également ses expériences de voyage et donne quelques conseils sur son blog Spend Life Traveling.

Bonjour Sanne. Tu es partie vivre à l’étranger pour la première fois en 2002 et tu es à présent nomade digitale. Quelle est la différence entre le fait d’être expatrié et nomade digital ?

S'expatrier signifie s'installer quelque temps dans une destination spécifique. Lorsque je me suis envolée pour la première fois pour l'Espagne, j'y avais décroché un emploi. Aujourd'hui, je suis à la tête d'une entreprise en ligne qui me permet de travailler depuis n'importe où dans le monde. Cette liberté, ou le simple fait de ne dépendre d'aucun endroit en particulier, combiné avec la possibilité de travailler en ligne, fait de moi une nomade digitale. Mais au final, il ne s'agit que d’appellations différentes. Je connais plein de gens qui se qualifient de nomade digital même s'ils ne partent à l’étranger que pour quelques mois. J'en connais aussi qui évitent d'employer le terme « expatrié » pour diverses raisons.

Dans combien de pays as-tu vécu depuis 2002 et quels types de postes as-tu occupés ? Quel est ton meilleur souvenir de tous ces voyages à l’étranger ?

Depuis 2012, j'ai occupé de nombreux postes et fait du volontariat dans 14 pays même si j'ai voyagé vers encore plus de destinations. J'ai ainsi travaillé dans divers domaines, allant du marketing à l'entretien des chambres d’hôtel au Honduras. Bien qu'ayant une formation en marketing, je me sens également à l'aise dans le domaine de l’hospitalité, chacun de ces postes étaient reliés d'une manière ou d'une autre. Mais il s'agissait surtout d'un moyen pour moi de découvrir ces pays.

C'est assez difficile de dire quel a été mon meilleur souvenir. Chaque expérience a été unique, comportant son lot de hauts et de bas. J'ai vécu aux Maldives où j'ai eu l'occasion de séjourner dans quelques uns des hôtels les plus luxueux du monde et de faire des traversées sur des yachts vraiment luxueux. Cependant, il ne s'agit pas forcément de mes moments préférés. En même temps, je vivais dans la capitale qui avait tout juste vécu un coup d’État et, depuis, la liberté des gens était limitée par la loi de la charia et l'atmosphère était vraiment déprimante, voire déchirante.

J'ai aussi vécu quelque temps dans les Caraïbes où je passais mes journées à plonger au fond des lagons. Mais est-ce le moment que j'ai préféré ? Pas si sûr ! J'ai découvert la face cachée de la vie dans les îles après m’être fait cambriolée. Je pense que je n'ai pas vraiment de meilleur souvenir, mais j'aime surtout le fait d'avoir découvert tant de cultures différentes et fait tant de nouvelles rencontres. Cela a vraiment été une expérience enrichissante et je m'en réjouis sincèrement.

Nomade digital

Qu'est-ce qui t'a motivé à devenir nomade digitale ?

Je ne pense pas avoir choisi de devenir nomade digitale. Lors de mon séjour en Espagne, alors que j'avais 20 ans, j'ai décidé de créer une entreprise de marketing et de conception web. Deux ans plus tard, j'ai décroché un emploi dans les Caraïbes et j'ai décidé de tenter l'aventure, mais en même temps, je n’étais pas prête à laisser tomber mon entreprise à laquelle je tenais tellement et j’étais si dévouée. Mon partenaire d'affaires et moi avons ainsi décidé de répartir le travail afin qu'il puisse être fait à distance. Pour sa part, il s'est engagé à s'occuper de tout ce qui pouvait être fait localement.

Au fur et à mesure que l'entreprise se développait, j'avais moins besoin de trouver un emploi sur place au cours de mes séjours à l’étranger. J'ai donc pu me concentrer davantage sur la croissance de l'entreprise. Ainsi, je n'avais pas vraiment planifié les choses : elles se sont déroulées naturellement et je suis devenue nomade digitale sans même m'en rendre compte. En revanche, je pense que la principale raison pour laquelle je suis devenue nomade digitale c'est ma soif de liberté. J'aime beaucoup voyager et découvrir de nouvelles choses car je m'ennuie vite de la routine. Même si je travaille, je ne suis pas attachée à un endroit spécifique et je suis libre d'aller où je veux quand je le souhaite.

Qu'est-ce qui te plaît le plus dans ta vie de nomade digitale ?

C'est surtout la liberté de vivre comme je l'entends. Pendant des années, j'ai voyagé d'un pays à l'autre chaque 3 ou 6 mois. Maintenant que j'ai passé la barre de la trentaine, j'ai l'impression que ce besoin de changement est en train de se dissiper petit à petit. Mes voyages et mon style de vie à l’étranger sont également en train de changer, même si tout cela reste toujours possible. S'il me vient l'envie de partir de nouveau à l’étranger, ou tout simplement de passer quelques années, voire le restant de ma vie, dans un endroit en particulier, je le peux aussi. Évidemment, chaque mode de vie a ses défauts et ses limites. Il n’empêche que j'aime le fait de pouvoir être là où je veux, de travailler quand je le veux et de changer ma vie quand bon me semble. C'est tout simplement fantastique !

Y a-t-il un endroit où tu vas te ressourcer lorsque tu décides de prendre un peu de recul ? Pourquoi l'as-tu choisi ?

Il y a quatre ans, je me suis acheté un appartement aux Pays-Bas dont je suis originaire. Cela m'a paru une bonne décision pour les moments où j'aurai besoin de me retrouver et de revoir ma famille et mes amis. Je dois cependant avouer que je loue l'appartement depuis plus de trois ans, ce qui a plutôt l'air d'un investissement immobilier que d'un « chez moi ». Cela me réconforte de savoir que j'ai un endroit où rentrer si j'en ai besoin, mais en même temps, je ne se ressens pas vraiment le besoin de retourner aux Pays-Bas et je ne sais pas si j'en aurai envie un jour. A présent, je suis de retour en Europe, histoire de trouver un endroit plus près de mon pays d'origine et que je pourrais aménager avec mes propres affaires au lieu de louer. Je vais peut-être ranger ma valise pour quelque temps.

Nomade digital

Quelle est ta dernière expérience la plus folle et mémorable de ta carrière de nomade digitale ?

Pour revenir au concept de liberté dont je parlais plus haut, on m'a une fois proposé de faire une livraison de bateau dans les Caraïbes. Je n'avais pas vraiment de notion de navigation, mais j'avais compris que cela impliquait de livrer un bateau. Dans notre cas, il s'agissait de prendre un yacht de luxe de l’île de Saint Martin jusqu’aux Îles Vierges Britanniques. J'ai donc répondu « oui, pourquoi pas ? J'espère bien avoir le Wi-Fi aux Îles Vierges Britanniques pour pouvoir travailler un peu ! ». Ce fût une traversée incroyable : naviguer la nuit avec rien d'autre que les étoiles pour vous guider.

J'ai aussi eu pas mal d’expériences folles, négatives et parfois frustrantes. Cela peut être assez embarrassant de ne pas connaître la culture d'un pays et de ne pas savoir à qui l'on peut faire confiance. Il n'est pas toujours facile de s'envoler pour une nouvelle destination tous les quatre mois.

Une fois, j'ai passé quelques mois à Rome, en Italie, sur un projet de marketing pour quelques petits hôtels. J'ai donc eu droit à une chambre d’hôtel, ce qui m'avait l'air idéal puisque cela me permettait de séjourner dans le centre de la capitale sans avoir à dépenser le moindre centime en termes de logement. Mais c’était trop beau pour être vrai ! L'un des propriétaires de l’hôtel m'est tombé dessus et s'est énervé du fait que sa partenaire d'affaires (avec laquelle il avait eu une liaison qui a résulté en une relation professionnelle compliquée) m'ait fait une telle offre. J'avoue que cette expérience m'a déstabilisée. Je me suis sentie vulnérable vu que je ne connaissais personne à Rome et que je n'avais nulle part où aller. Au bout de quelques autres incidents, j'ai finalement décidé de partir.

J'ai également ressenti ce sentiment de vulnérabilité dans plusieurs autres pays. Lorsque vous arrivez dans un pays qui vous est étranger, vous devez souvent vous fier à des personnes que vous connaissez à peine. Des fois ça marche et d'autres non.

Qu'est-ce qui a changé pour toi depuis que tu as choisi de devenir nomade digitale (tes habitudes, croyances ou autre) ?

Je pense que le style de vie nomade m'a rendue plus flexible et ouverte à de nouvelles expériences. Au fil de mes voyages, j'ai dû me reconstruire une nouvelle vie tous les trois ou quatre mois, ce qui n'a pas toujours été évident. Pour pouvoir le faire, il faut vraiment avoir une grande ouverture d'esprit et la volonté d'apprendre et de se développer davantage. Ces expériences m'ont sans aucun doute permis d’élargir mes horizons et de me rendre compte de la chance que j'avais d’être née et d'avoir grandi dans un pays relativement aisé, sûr et stable.

Nomade digital

Comment les gens réagissent-ils quand tu partages avec eux tes expériences en tant que nomade digitale ?

Je dirai que leurs réactions sont plutôt positives. Les gens pensent que la vie de nomade digitale est cool et intéressante, même s'ils ne veulent pas forcément l'essayer. Cela les intrigue d'habitude. Je pense tout de même que les réseaux sociaux ont mené à une évolution des mentalités à l’égard du nomadisme digital. Quand j'ai commencé à voyager d'un pays à l'autre, des termes tels que « nomade digital » ou « style de vie nomade » n’étaient pas si répandus, ce qui fait que les gens étaient plus sceptiques. L'on me demandait souvent si je ne devais pas plutôt m'installer quelque part ou si je fuyais quelque chose.

Où te sens-tu chez toi ? Qu'est-ce qui te manque le plus par rapport à ton pays d'origine ? As-tu déjà eu le mal du pays ?

C'est une très bonne question ! Lors d'une visite familiale aux Pays-Bas, j'ai pris rendez-vous avec une coiffeuse. Une fois au salon de coiffure, on s'est mis à discuter un peu jusqu'à ce qu'elle me demande si je vivais dans la région. Qu'est-ce que j’étais censée lui répondre ? Que j’étais actuellement entre plusieurs pays ?

Je n'ai pas vraiment de chez moi. Je me suis récemment installée à Valence, en Espagne. Pour l'instant, c'est là mon « chez moi ». En revanche, étant nomade digitale depuis 9 ans maintenant, cela me manque d’avoir un « chez moi ». Je n'ai pas vraiment le mal du pays puisque je n'ai pas un « chez moi » à proprement parler, mais j'aurais tout de même aimé avoir un endroit où me poser pour de bon. Et puis, ma famille et mes amis me manquent. Si je pouvais emmener avec moi ma famille et mes amis, là où je veux, je pense que je pourrais poursuivre ce style de vie nomade pour toujours !

En tant que voyageuse, quel est le moyen de transport que tu préfères le plus et pourquoi ?

L'avion, bien sûr. Cela permet de voyager rapidement n'importe où dans le monde et de profiter de vues et de paysages incroyablement variés lors du vol. Au tout début, j'ai passé beaucoup de temps dans des pays en développement où je prenais généralement le transport en commun. A présent, mais surtout parce que je gagne mieux ma vie, je passe plus de temps dans les pays occidentaux où j'ai la possibilité d'acheter ou de louer une voiture pour me déplacer plutôt que de me fier aux réseaux de transport public, parfois lents et inefficaces.

Nomade digital

Quelle sera ta prochaine destination ? Que projettes-tu d'y faire ou voir ?

Je viens tout juste de m'installer en Espagne et, donc, je me concentre plus sur ma vie ici. Je me demande si je pourrais y vivre à long terme. Je m’apprête également à voyager aux États-Unis, au Suriname (en Amérique latine) avant la fin de l’année. J'ai surtout envie de découvrir encore plus de pays.

Quels conseils donnerais-tu à celles et ceux qui souhaiteraient devenir nomade digital ?

Prenez tout le temps qu'il faut, mais gardez en tête que tout ne se passera pas forcément comme vous l'attendez. Comme pour la plupart des nomades digitaux, cela m'a pris longtemps avant de pouvoir gagner ma vie convenablement pour pouvoir vivre aisément là où je le souhaite. C'est d'ailleurs pour cette raison que de nombreux nomades digitaux préfèrent commencer par des pays plus abordables tels que la Thaïlande ou l’Indonésie. Si vous êtes prêt à vous lancer, vous pourriez considérer ces deux pays, par exemple, surtout en raison de leurs vastes réseaux de nomades digitaux.

Une fois sur place, vous pourrez rencontrer des nomades digitaux et vous enrichir de leurs expériences. Cela vous donnera probablement une idée des « pour » et des « contre » de ce style de vie, ainsi que sur les différents moyens de gagner votre vie. Cependant, évitez de dépenser une fortune sur des refuges de nomades hors de prix et des cours en ligne. Il existe plein de groupes, sur les réseaux sociaux, dédiés aux nomades digitaux. Plus vous leur parlerez, mieux vous comprendrez les différentes options qui existent et cela vous permettra de faire le meilleur choix, qu'il s'agisse de la destination ou du mode de vie nomade qui vous convient le plus.

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