Beaucoup d'expatriés installés depuis plusieurs années au Pérou finissent par se poser la même question : la résidence permanente suffit-elle, ou vaut-il mieux franchir le cap de la nationalité péruvienne ? Le Pérou autorise la double ou multiple nationalité sans exiger aucune renonciation à la nationalité d'origine, ce qui lève souvent le principal obstacle à cette démarche. La naturalisation par résidence reste la voie la plus empruntée ; le mariage avec un ressortissant péruvien et la filiation constituent deux autres trajectoires, chacune avec ses propres conditions. La loi n° 32421, publiée en août 2025, modifie plusieurs critères d'accès à la nationalité, notamment la durée de résidence requise avant de pouvoir déposer un dossier. La date d'entrée en vigueur de ses dispositions d'application n'ayant pas encore été confirmée, tout candidat à la naturalisation doit vérifier l'état actuel de la procédure auprès de la Superintendencia Nacional de Migraciones avant d'engager ses démarches.
Citoyenneté et résidence permanente au Pérou : différences essentielles
Deux statuts distincts permettent de s'établir durablement au Pérou : la résidence permanente, qui est un titre migratoire renouvelable, et la nationalité péruvienne, qui constitue un lien juridique, politique et social permanent avec l'État péruvien. La Loi N° 32421 encadre désormais l'ensemble du droit de la nationalité au Pérou.
La résidence permanente (calidad migratoria permanente) est administrée par la Superintendencia Nacional de Migraciones. Un étranger qui a résidé au Pérou pendant trois ans consécutifs en qualité de travailleur, d'investisseur, de chercheur ou de membre d'une communauté religieuse peut en faire la demande. La carte d'étranger (carnet de extranjería) délivrée sous ce statut est valable cinq ans et doit être renouvelée tous les cinq ans (tous les trois ans pour les mineurs) ; les frais de renouvellement s'élèvent à 22,10 PEN (environ 6 EUR). Ce statut confère de nombreux droits pratiques : travailler, étudier, créer une entreprise, accéder au système de santé public, ouvrir un compte bancaire et acquérir des biens immobiliers dans les mêmes conditions que les citoyens péruviens, sauf dans une zone de 50 km autour des frontières nationales.
La nationalité péruvienne, en revanche, confère une série de droits que la résidence permanente n'accorde pas. Seuls les citoyens peuvent obtenir le Document National d'Identité (Documento Nacional de Identidad, DNI), délivré exclusivement par le RENIEC (Registro Nacional de Identificación y Estado Civil). Avec le DNI, le citoyen peut obtenir un passeport péruvien, voter aux élections nationales, régionales et municipales, bénéficier de la protection consulaire en tant que ressortissant péruvien et transmettre la nationalité à ses enfants nés à l'étranger. Ces droits ne sont pas accessibles aux résidents permanents.
Une différence fondamentale concerne la stabilité du statut. Les résidents permanents sont soumis à une obligation de renouvellement et peuvent perdre leur statut en cas de non-conformité ou d'absences prolongées non autorisées. La nationalité péruvienne, une fois acquise, ne peut être perdue que par une renonciation express, volontaire et personnelle devant l'autorité péruvienne compétente : aucun autre événement, y compris l'acquisition d'une autre nationalité, n'entraîne sa perte automatique.
Les résidents étrangers inscrits au registre électoral des étrangers résidant au Pérou peuvent participer aux élections municipales, tant pour voter que pour se présenter comme candidats. Aux élections nationales, en revanche, seule la nationalité péruvienne ouvre ce droit.
Bon à savoir : La résidence permanente convient à ceux qui souhaitent une stabilité à long terme au Pérou tout en conservant leur identité juridique étrangère. La nationalité s'adresse à ceux qui envisagent de s'installer définitivement, souhaitent un passeport péruvien et sont prêts à satisfaire aux conditions financières, culturelles et de sécurité introduites par la Loi N° 32421.
Plusieurs voies permettent d'acquérir la nationalité péruvienne. Toutes les procédures sont traitées par la Superintendencia Nacional de Migraciones lorsque le demandeur se trouve au Pérou, et par les consulats péruviens à l'étranger selon les cas. Après l'obtention du titre de nationalité, le nouveau citoyen s'enregistre auprès du RENIEC pour obtenir son DNI.
La naturalisation par résidence est la voie principale pour la grande majorité des expatriés. Le demandeur doit être âgé d'au moins 18 ans, justifier d'une résidence légale continue au Pérou, satisfaire à des conditions de revenu, de connaissance et de moralité, et réussir un examen d'évaluation. Cette voie est détaillée dans la section suivante.
La nationalité par naissance sur le territoire (jus soli) s'applique à toute personne née sur le sol péruvien, quelle que soit la nationalité de ses parents. Aucune démarche n'est nécessaire au-delà de l'enregistrement de naissance au Pérou.
La nationalité par filiation (jus sanguinis) permet aux enfants et petits-enfants d'un parent péruvien par naissance, eux-mêmes nés à l'étranger, d'être enregistrés comme ressortissants péruviens au consulat péruvien le plus proche. Ce droit s'étend jusqu'à la troisième génération (petits-enfants). L'enregistrement n'est pas automatique : une démarche consulaire est nécessaire. Cette voie fait l'objet d'une section distincte ci-dessous.
La nationalité par mariage permet à un étranger marié à un citoyen péruvien d'obtenir la nationalité péruvienne après au moins deux ans de mariage civil et deux ans de résidence continue au Pérou. Cette voie dispose d'un calendrier réduit et d'une procédure propre, détaillés dans la section correspondante.
Le recouvrement de la nationalité péruvienne est ouvert aux Péruviens de naissance qui ont expressément renoncé à leur nationalité. La démarche s'effectue auprès de Migraciones au Pérou ou d'un consulat péruvien à l'étranger, en déclarant la volonté de recouvrer la nationalité et en présentant des casiers judiciaire et judiciaire vierges.
La Loi N° 32421 reconnaît également deux voies exceptionnelles : la naturalisation pour distinction méritoire (distinción meritoria) et pour les sportifs qualifiés (deportistas calificados). Ces voies existent dans le texte de loi ; leur procédure détaillée n'a pas encore été publiée par Migraciones à ce jour.
Enfin, le statut de résident investisseur (calidad migratoria inversionista residente) constitue un tremplin vers la naturalisation, mais ne confère pas directement la nationalité. Le titulaire doit, après la période de résidence requise, satisfaire à l'ensemble des conditions de naturalisation comme tout autre résident.
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Naturalisation au Pérou par la résidence
La procédure de naturalisation est accessible aux étrangers âgés d'au moins 18 ans titulaires d'une résidence légale valide au Pérou, attestée par un carnet de extranjería en cours de validité ou par une carte d'identité délivrée par le ministère des Affaires étrangères. Les demandes sont déposées en ligne via la Mesa de Partes de l'Agencia Digital de Migraciones.
Durée de résidence requise et transition législative : la procédure publiée par Migraciones exige actuellement un minimum de deux ans consécutifs de résidence légale au Pérou avant le dépôt du dossier. Toutefois, la Loi N° 32421, publiée le 15 août 2025, porte cette exigence à cinq ans continus et immédiats de résidence migratoire dès l'entrée en vigueur de son règlement d'application, dont la date n'avait pas encore été publiée au moment de la rédaction de cet article. Il est donc indispensable de vérifier la condition active auprès de Migraciones avant d'entamer les démarches.
La résidence doit être ininterrompue durant toute la période qualifiante, conformément à l'article 63 du règlement du Décret législatif N° 1350. Une exception est prévue uniquement lorsque Migraciones a accordé une autorisation de séjour à l'étranger au titre de l'article 67.
Condition de solvabilité financière : le demandeur doit justifier d'un revenu annuel brut minimum de 55 000 PEN (environ 13 000 EUR), ce qui correspond à dix fois l'unité de référence fiscale (Unidad Impositiva Tributaria, UIT). Les pièces justificatives varient selon le statut du demandeur : salarié, indépendant, investisseur ou membre d'une communauté religieuse. Les membres d'une communauté religieuse reconnue peuvent substituer une déclaration sur l'honneur de soutien économique de leur entité religieuse.
Casier judiciaire : le demandeur doit ne pas avoir de casier judiciaire, judiciaire ou de police au Pérou ni à l'étranger. Cette condition est attestée par une déclaration sur l'honneur et par la fiche d'échange international INTERPOL (Ficha de Canje Internacional), délivrée par l'OCN INTERPOL Lima de la Police nationale péruvienne, dont la date d'émission ne doit pas remonter à plus de six mois. Cette vérification INTERPOL a été rétablie par décision judiciaire à compter du 14 juin 2024.
Évaluation de langue et de culture civique : le demandeur doit réussir un examen d'évaluation interne administré par Migraciones, portant sur la maîtrise de l'espagnol, l'histoire péruvienne, la géographie, la Constitution, la culture et l'actualité du pays. Aucun certificat externe comme le DELE ou le SIELE n'est accepté en substitution de cet examen interne.
Le Pérou ne requiert pas la renonciation à la nationalité antérieure comme condition de naturalisation : la double ou multiple nationalité est autorisée dès le départ.
Frais de dossier : 301,50 PEN (environ 78 EUR), payables avec le code 07564 à la Banco de la Nación ou via le portail de paiement officiel pagalo.pe.
Les documents requis pour tous les demandeurs comprennent :
Le formulaire Formulario PA – NACIONALIDAD complété et signé ;
Le numéro de reçu et la date du paiement ;
Une copie simple du passeport ;
Une déclaration sur l'honneur concernant l'état de santé, l'adresse réelle au Pérou et l'absence de casier judiciaire, judiciaire ou de police ;
Les justificatifs de revenu annuel minimum (55 000 PEN bruts) ;
La fiche d'échange international INTERPOL Lima, émise dans les six mois précédant le dépôt ;
L'acte de naissance original légalisé ou apostillé par le ministère des Affaires étrangères péruvien ou les consulats péruviens.
Documents complémentaires pour les salariés : contrat de travail approuvé par l'autorité du travail pour au moins un an à compter du dépôt du dossier ; les trois derniers bulletins de salaire ; le certificat de retenues fiscales de la catégorie 5 pour l'exercice fiscal précédent ; l'employeur doit avoir un numéro RUC (numéro d'identification fiscale) actif auprès de la SUNAT (administration fiscale péruvienne) ; si l'employeur est une personne morale, une déclaration sous serment de son représentant légal.
Documents complémentaires pour les indépendants : contrat de prestation de services valable au moins un an à compter du dépôt ; les trois dernières quittances d'honoraires ; déclaration sur l'honneur et justificatif du paiement du dernier impôt annuel sur le revenu ; certificat de retenue SUNAT ; l'entité contractante doit avoir un numéro RUC actif.
Documents complémentaires pour les investisseurs : certificat d'inscription au registre des entreprises (SUNARP) ou d'augmentation de capital prouvant un investissement au moins égal au seuil fixé par Migraciones ; numéro de licence d'exploitation ; justificatif du dépôt et du paiement de la dernière déclaration annuelle d'impôt sur le revenu de l'entreprise ; certificat de conformité SUNAT pour les cotisations salariales et contributions à l'EsSalud (sécurité sociale) ; certificat de revenu de troisième catégorie pour l'exercice précédent.
Délai de traitement : après le dépôt en ligne, Migraciones dispose d'un maximum de 30 jours ouvrables pour notifier sa décision à l'adresse électronique enregistrée, sous réserve de suspensions procédurales autorisées. Une fois la Loi N° 32421 pleinement en vigueur, ce délai maximum passera à 18 mois, prorogeable de six mois pour les vérifications complémentaires nécessaires. En cas d'approbation, Migraciones contacte le demandeur pour lui communiquer la date, l'heure et le lieu de la cérémonie de nationalisation, à l'issue de laquelle il reçoit le titre de nationalité péruvienne (Título de la Nacionalidad Peruana), puis se présente au RENIEC pour obtenir son DNI.
Nationalité péruvienne par filiation
Toute personne née à l'étranger d'un père ou d'une mère péruvien(ne) par naissance est reconnue comme ressortissant péruvien à condition d'être enregistrée dans le registre des naissances du consulat péruvien compétent. Ce droit est garanti par l'article 52 de la Constitution péruvienne et confirmé par la Loi N° 32421. Un point essentiel : le parent péruvien doit l'être par naissance. Un parent qui a acquis la nationalité péruvienne par naturalisation, par mariage ou par option ne peut pas transmettre ce droit d'enregistrement consulaire à ses enfants nés à l'étranger.
Le droit se transmet jusqu'à la troisième génération de descendants, c'est-à-dire jusqu'aux petits-enfants d'un Péruvien par naissance. Pour qu'un petit-enfant puisse être enregistré, le parent intermédiaire doit lui-même avoir été préalablement enregistré en tant qu'enfant d'un Péruvien par naissance, établissant ainsi une chaîne ininterrompue d'enregistrements consulaires.
L'enregistrement de la naissance à l'étranger n'est pas automatique : l'enfant doit être inscrit dans le registre des naissances (Registro de Nacimientos) du consulat péruvien du pays où la naissance a eu lieu. Pour les mineurs, la demande est présentée par l'un ou les deux parents. En cas d'impossibilité, les grands-parents, les frères et sœurs majeurs, les oncles ou tantes consanguins, ou encore la personne ou l'entité exerçant la garde peuvent en faire la demande. Le parent étranger seul ne peut pas initier l'enregistrement.
Les documents requis comprennent :
La demande d'enregistrement complétée et signée ;
L'acte de naissance original de l'enfant délivré par l'autorité civile locale, daté de moins de trois mois, apostillé si émis hors du ressort consulaire et traduit en espagnol par un traducteur officiel agréé du ministère des Affaires étrangères péruvien si rédigé dans une autre langue ;
Le document prouvant que le parent est péruvien par naissance (acte de naissance péruvien, DNI mentionnant un lieu de naissance péruvien, ou propre enregistrement consulaire de naissance du parent) ;
Les pièces d'identité des parents et des déclarants.
L'enregistrement consulaire de naissance est gratuit. Une copie certifiée de l'acte est remise sans frais après l'enregistrement ; des copies supplémentaires peuvent être soumises au tarif consulaire local. L'enregistrement consulaire a pleine valeur auprès de l'État péruvien et n'a pas besoin d'être répété au Pérou.
Les adultes nés à l'étranger qui n'ont jamais été enregistrés peuvent exercer le droit d'option (opción) après avoir atteint l'âge de 18 ans, en déclarant leur volonté d'acquérir la nationalité péruvienne auprès du Directeur général des migrations et de la naturalisation. Cette voie requiert la majorité civile, la capacité juridique pleine et une résidence réelle au Pérou. Le demandeur adulte peut agir seul, sans présence parentale.
Les demandes peuvent être déposées dans n'importe quel consulat péruvien dans le monde. Le réseau consulaire péruvien couvre notamment Madrid, Londres, Paris, Milan, New York, Miami, Los Angeles, Chicago, San Francisco, Toronto, Montréal, Sydney, Dublin, Genève et de nombreuses autres villes.
Nationalité péruvienne par mariage
Un étranger marié à un citoyen péruvien et résidant au Pérou peut déposer en ligne une demande de nationalité péruvienne par mariage via l'Agencia Digital de Migraciones. Cette voie confère la pleine nationalité péruvienne, et non un simple titre de séjour. Elle aboutit à la même cérémonie de nationalisation que la naturalisation par résidence.
Les conditions d'éligibilité sont les suivantes :
Au moins deux ans de mariage civil avec un citoyen péruvien ;
Au moins deux ans de résidence continue au Pérou sous ce statut matrimonial ;
Une déclaration expresse de la volonté d'acquérir la nationalité péruvienne ;
L'absence de casier judiciaire, de police ou judiciaire au Pérou et à l'étranger ;
La bonne conduite et la moralité ;
La capacité juridique pleine ;
Un carnet de extranjería valide et en cours de validité.
Le lien matrimonial doit subsister au moment où la décision est rendue : si les époux se séparent ou si le mariage est dissous avant la décision, l'éligibilité est perdue. Le demandeur doit soumettre une déclaration sur l'honneur signée conjointement par les deux époux, confirmant la cohabitation et la persistance du lien conjugal. L'adresse du DNI de l'époux péruvien doit correspondre à l'adresse déclarée par le demandeur.
L'acte de mariage civil doit être enregistré dans les registres civils du RENIEC et émis dans les 30 jours calendaires précédant le dépôt du dossier. Si le mariage a été célébré à l'étranger, l'acte doit avoir été enregistré au consulat péruvien compétent, être daté de moins de 90 jours et légalisé par le ministère des Affaires étrangères péruvien. Un mariage étranger non encore enregistré au consulat doit être enregistré au Pérou dans les 90 jours suivant l'arrivée, ou par voie judiciaire ensuite.
Des justificatifs de revenus familiaux sont exigés : bulletins de salaire, quittances d'honoraires professionnels, contrats de travail ou déclarations SUNAT. La fiche d'échange international INTERPOL Lima, datant de moins de six mois, est également requise.
Les frais s'élèvent à 204,40 PEN (environ 53 EUR), payables avec le code 07564 à la Banco de la Nación ou via pagalo.pe. Le dossier est déposé entièrement en ligne sous forme d'un PDF unique. Le délai de traitement est de 30 jours ouvrables maximum, sous réserve de vérifications auprès d'entités publiques ou privées. En cas d'approbation, Migraciones informe le demandeur de la date, l'heure et le lieu de la cérémonie de nationalisation.
Double nationalité au Pérou
Le Pérou autorise la double ou multiple nationalité sans réserve. La nationalité péruvienne n'est pas perdue automatiquement par l'acquisition d'une autre nationalité ; la renonciation est toujours volontaire et expresse. Ce cadre libéral fait du Pérou l'une des destinations les plus accessibles pour les expatriés souhaitant naturaliser sans abandonner leur statut d'origine.
En vertu de la Loi N° 32421, les Péruviens qui détiennent plusieurs nationalités sont, sur le territoire péruvien, soumis à la Constitution et aux lois péruviennes. Leurs entrées, séjours et sorties du Pérou s'effectuent toujours en qualité de Péruviens : ils doivent se présenter comme tels dans tous les actes civils et politiques accomplis au Pérou.
Sur le plan pratique, Migraciones recommande aux personnes détenant plusieurs nationalités d'utiliser systématiquement le même passeport pour entrer et sortir du Pérou à tout point de contrôle migratoire. Entrer au Pérou avec un passeport étranger crée un statut touristique assorti d'une durée de séjour autorisée limitée et expose à des amendes pour dépassement de durée. Entrer avec le passeport péruvien évite toute restriction de séjour.
Le Pérou insiste sur un point crucial : il appartient à chaque demandeur de vérifier les règles de nationalité de son pays d'origine avant d'entamer les démarches, car chaque pays applique ses propres règles et peut exiger la renonciation à la nationalité antérieure. Cette vérification doit être effectuée auprès du consulat ou de l'autorité officielle du pays d'origine, indépendamment des règles péruviennes.
La renonciation volontaire à la nationalité péruvienne est possible mais implique d'être majeur, de posséder une autre nationalité, d'établir un acte notarié de renonciation volontaire devant un notaire péruvien et de justifier d'une résidence permanente à l'étranger. Migraciones traite la demande dans un délai de 30 jours ouvrables. À l'issue de la procédure, les documents d'identité péruviens, dont le DNI et le passeport, doivent être remis au consulat péruvien compétent. Cette décision est difficile à réverser.
Évaluation linguistique et civique au Pérou
Tous les demandeurs de naturalisation doivent réussir un examen d'évaluation interne administré par Migraciones. Cet examen couvre la maîtrise de l'espagnol, l'histoire du Pérou, la géographie, la Constitution, la culture et l'actualité du pays. Il fait partie intégrante de la procédure de naturalisation et n'est pas organisé séparément par une institution externe.
Aucun certificat de langue externe, qu'il s'agisse du DELE, du SIELE ou d'un équivalent, n'est désigné comme substitut à cet examen interne. Les documents officiels de Migraciones ne publient pas de niveau CECRL requis, ni de note de passage, ni de nombre de questions, ni de règles pour les sessions de rattrapage. Il est conseillé de contacter directement Migraciones pour connaître les modalités pratiques de l'examen et sa programmation.
Les frais de dossier de 301,50 PEN (environ 78 EUR) couvrent l'ensemble de la procédure de naturalisation, y compris l'étape d'évaluation. Aucun frais distinct pour l'examen n'est publié par Migraciones.
Procédure de demande de nationalité au Pérou
La totalité du dépôt de dossier s'effectue en ligne jusqu'à la décision ; seules la cérémonie et les démarches ultérieures auprès du RENIEC et de Migraciones se font en présentiel.
Vérifier l'éligibilité : s'assurer que la durée de résidence requise est satisfaite (actuellement deux ans consécutifs, sous réserve de l'entrée en vigueur de l'exigence de cinq ans prévue par la Loi N° 32421), que le carnet de extranjería est en cours de validité, que les revenus atteignent le seuil de 55 000 PEN bruts annuels et qu'aucun antécédent judiciaire n'existe.
Rassembler les documents : selon le statut professionnel (salarié, indépendant, investisseur ou membre d'une communauté religieuse), constituer le dossier complet incluant l'acte de naissance apostillé ou légalisé, les justificatifs de revenus SUNAT et la fiche d'échange international INTERPOL Lima (émise dans les six mois précédant le dépôt).
Passer l'examen d'évaluation : contacter Migraciones pour fixer la date de l'examen de evaluación portant sur la langue espagnole, l'histoire, la géographie, la Constitution, la culture et l'actualité péruviennes. L'examen doit être réussi avant que la demande ne soit instruite.
Payer les frais : régler 301,50 PEN (environ 78 EUR) avec le code 07564 à la Banco de la Nación ou via pagalo.pe. Conserver le numéro de reçu et la date, qui sont des champs obligatoires du formulaire.
Déposer la demande en ligne : se connecter à l'Agencia Digital de Migraciones, compléter le Formulario PA – NACIONALIDAD, sélectionner la Mesa de Partes, téléverser tous les documents requis sous forme d'un seul PDF et soumettre. Le système génère un numéro de dossier, un identifiant et un mot de passe pour le BuzÓn Electrónico de Migraciones (boîte électronique de Migraciones), canal par lequel les observations, notifications et la décision finale seront transmises.
Répondre aux observations : si des documents manquants ou non conformes sont détectés, Migraciones en informe le demandeur par voie électronique et lui accorde un délai de correction. Les causes les plus fréquentes de retard sont la fiche INTERPOL expirée et le carnet de extranjería périmé.
Attendre la décision : Migraciones envoie la résolution à l'adresse électronique enregistrée dans un délai maximum de 30 jours ouvrables. Ce délai peut être suspendu à certaines étapes procédurales. Il est recommandé de surveiller régulièrement le BuzÓn Electrónico.
Assister à la cérémonie de nationalisation : en cas d'approbation, Migraciones contacte le demandeur pour lui communiquer la date, l'heure et le lieu de la cérémonie. Le demandeur y assiste en personne, prête le serment de loyauté envers la Constitution péruvienne et les symboles nationaux, et reçoit le titre de nationalité péruvienne (Título de la Nacionalidad Peruana).
Obtenir le DNI électronique : présenter le titre de nationalité dans un centre de service du RENIEC ou dans un centre MAC (Mejor Atención al Ciudadano) pour demander pour la première fois un DNI électronique. Le coût s'élève à 30 PEN (environ 8 EUR) durant la campagne RENIEC en cours. Le registraire indique la date approximative de remise.
Demander le passeport péruvien : muni du nouveau DNI, se présenter à n'importe quel bureau Migraciones, Migracentro ou centre MAC, sans rendez-vous préalable. Les frais s'élèvent à 120,90 PEN (environ 31 EUR), payables avec le code 01810. Le passeport est délivré le jour même.
Un recours à un avocat spécialisé en droit de l'immigration est fortement conseillé lorsque les documents proviennent de plusieurs pays et nécessitent apostille et traduction, lorsque la documentation de revenus implique des structures sociétaires complexes, ou lorsque le demandeur a connu une irrégularité migratoire antérieure.
Délais et frais pour la nationalité au Pérou
Les frais officiels de Migraciones sont les suivants :
Démarche
Frais en PEN
Équivalent en EUR
Naturalisation par résidence
301,50 PEN
environ 78 EUR
Nationalité par mariage
204,40 PEN
environ 53 EUR
Premier DNI électronique (naturalisés)
30 PEN
environ 8 EUR
Passeport électronique péruvien
120,90 PEN
environ 31 EUR
Ces montants correspondent aux frais officiels de Migraciones et du RENIEC. Il faut prévoir en supplément les frais d'apostille dans le pays d'origine, les frais de traduction officielle en espagnol par un traducteur agréé du ministère des Affaires étrangères péruvien, et les frais d'obtention de la fiche INTERPOL auprès de l'OCN INTERPOL Lima. Ces coûts annexes varient selon les pays et les prestataires.
Le délai officiel de décision est de 30 jours ouvrables à compter du dépôt du dossier. Une fois la Loi N° 32421 pleinement en vigueur, ce délai maximum passera à 18 mois, prorogeable de six mois pour les vérifications complémentaires. Entre l'approbation et la cérémonie s'écoule une période d'attente supplémentaire : les cérémonies de nationalisation sont organisées périodiquement par Migraciones au siège central de Jesús María et dans les bureaux régionaux, y compris à Cusco. Il faut donc prévoir plusieurs semaines entre la notification d'approbation et la date effective de la cérémonie.
Les principaux facteurs de retard sont : des documents incomplets ou non conformes (notamment une fiche INTERPOL expirée ou un carnet de extranjería périmé), un PDF de dépôt mal structuré ou des justificatifs de revenus ne correspondant pas à la catégorie professionnelle du demandeur. Pendant toute la procédure, le demandeur doit surveiller régulièrement son Buzón Electrónico de Migraciones et maintenir son statut migratoire en cours de validité jusqu'à la cérémonie.
Droits et avantages de la nationalité péruvienne
L'acquisition de la nationalité péruvienne débloque un ensemble de droits qui ne sont pas accessibles aux résidents permanents.
Le droit le plus immédiatement pratique est l'accès au passeport électronique péruvien (pasaporte electrónico), délivré le jour même dans n'importe quel bureau Migraciones, Migracentro ou centre MAC, sans rendez-vous préalable. Ce passeport électronique péruvien est valable dix ans pour les adultes, cinq ans pour les 12-17 ans et trois ans pour les enfants de moins de 12 ans, pour un coût de 120,90 PEN (environ 31 EUR). Les résidents permanents ne peuvent pas obtenir de passeport péruvien.
La nationalité confère également le droit inconditionnel de résider au Pérou : un citoyen péruvien ne peut pas être expulsé et n'est soumis à aucune obligation de renouvellement de son statut. Son droit de séjour est constitutionnel et ne peut être perdu que par renonciation volontaire expresse. En comparaison, les résidents permanents doivent renouveler leur carnet de extranjería tous les cinq ans et risquent de perdre leur statut en cas de non-conformité.
Les citoyens péruviens âgés de 18 à 70 ans ont le droit et l'obligation de participer au scrutin obligatoire (sufragio obligatorio) lors des élections nationales, régionales et municipales. Le vote est personnel, égal, libre et secret. Les citoyens résidant à l'étranger votent auprès de leur consulat péruvien et doivent être inscrits au registre électoral avec une adresse à l'étranger sur leur DNI. L'absence de vote non justifiée peut entraîner une amende électorale.
Sur le plan supranational, la nationalité péruvienne donne accès aux droits de la Communauté andine (Comunidad Andina, CAN) : les ressortissants péruviens bénéficient de la libre circulation et du droit de vivre et de travailler en Bolivie, en Colombie et en Équateur, dans un espace commun couvrant plus de 116 millions de citoyens andins. Cet avantage supranational ne bénéficie pas aux résidents permanents qui ne sont pas ressortissants péruviens.
Le ministère des Affaires étrangères est constitutionnellement tenu de protéger les Péruviens à l'étranger quel que soit leur statut migratoire, notamment en cas d'urgence, de rapatriement de dépouilles mortelles ou d'assistance en cas de besoin extrême. Le service compétent est la Dirección de Protección y Asistencia al Nacional, joignable à l'adresse peruanosprotegidos@rree.gob.pe et au 204-3270. Le RENIEC assure des services d'état civil et de DNI aux Péruviens par le biais de 202 bureaux consulaires dans 78 pays.
La nationalité permet également de transmettre la nationalité aux enfants nés à l'étranger par enregistrement consulaire gratuit, jusqu'à la troisième génération. Cette prérogative est réservée aux citoyens péruviens par naissance ou enregistrés par filiation ; les résidents permanents ne peuvent pas l'offrir à leurs enfants.
L'entrée dans le Corps diplomatique péruvien requiert d'être péruvien par naissance, en plus d'un diplôme de licence et de la formation dispensée à l'Academia Diplomática del Perú. C'est l'un des rares postes du secteur public où la condition de nationalité par naissance est expressément requise.
Bon à savoir : Même les citoyens naturalisés restent soumis à la restriction constitutionnelle interdisant l'acquisition de mines, terres, forêts, eaux, combustibles ou sources d'énergie dans une zone de 50 km des frontières nationales du Pérou. Cette restriction ne s'applique pas aux citoyens péruviens nés sur le territoire.
La cérémonie de nationalisation au Pérou
La cérémonie de nationalisation (ceremonia de nacionalización) est une étape obligatoire et non négociable de la procédure : sans y assister et sans recevoir le titre de nationalité, il est impossible d'entamer les démarches auprès du RENIEC pour obtenir le DNI. Une fois l'approbation notifiée, Migraciones contacte le demandeur avec la date, l'heure et le lieu de la cérémonie ; la présence est requise en personne.
Lors de la cérémonie, le demandeur prête un serment de loyauté envers la Constitution politique du Pérou, les lois du pays et les symboles nationaux devant les responsables de Migraciones. Les cérémonies sont présidées par le Surintendant national de Migraciones ou de hauts responsables, au siège central de Jesús María à Lima et dans les bureaux régionaux, y compris à Cusco. Elles sont organisées périodiquement au cours de l'année en regroupant plusieurs candidats.
À l'issue du serment, Migraciones remet le titre de nationalité péruvienne (Título de la Nacionalidad Peruana). Ce document est la pièce maîtresse qui permet d'initier, dans les jours suivants, la demande de DNI électronique auprès d'un centre RENIEC ou d'un centre MAC, puis d'obtenir le passeport électronique auprès de Migraciones.
Entre la notification d'approbation et la date de la cérémonie, il faut prévoir une période d'attente de plusieurs semaines, les cérémonies étant organisées par vagues périodiques tout au long de l'année.
Une fois le titre de nationalité reçu à la cérémonie, plusieurs démarches pratiques doivent être accomplies dans un ordre logique.
Obtenir le DNI électronique 3.0 : se présenter dans un centre de service du RENIEC ou dans un centre MAC avec le titre de nationalité péruvienne pour demander pour la première fois un DNI électronique. Le coût s'élève à 30 PEN (environ 8 EUR) durant la campagne DNI électronique en cours. La présence en personne est requise ; le registraire indique la date approximative de remise.
Demander le passeport péruvien : muni d'un DNI valide, se présenter dans n'importe quel bureau Migraciones, Migracentro ou centre MAC, sans rendez-vous préalable. Le coût du passeport électronique péruvien est de 120,90 PEN (environ 31 EUR), payables avec le code 01810 à la Banco de la Nación, via pagalo.pe, par Yape ou par terminal de paiement sur place. Aucun formulaire papier, photographie physique ni photocopie n'est nécessaire : les données biométriques sont capturées sur place et le passeport est délivré le jour même, généralement en environ deux heures.
Règles d'utilisation des passeports en cas de double nationalité : Migraciones recommande d'utiliser systématiquement le passeport péruvien pour entrer et sortir du Pérou. Entrer avec un passeport étranger confère un statut touristique et expose à des amendes pour dépassement de durée. Pour entrer dans le pays d'origine, le citoyen naturalisé doit utiliser le passeport de ce pays conformément à la réglementation de celui-ci.
Inscription militaire pour les hommes : tous les ressortissants péruviens de sexe masculin doivent s'inscrire au registre militaire obligatoire entre l'âge de 17 ans et avant leur 18e anniversaire. L'inscription est gratuite lorsqu'elle est effectuée dans les délais auprès d'un bureau d'inscription militaire de l'armée de l'air, de la marine ou de l'armée de terre. Les retardataires (omisos) doivent s'acquitter d'une amende de 275 PEN (environ 71 EUR) pour régulariser leur situation. Les Péruviens résidant à l'étranger s'inscrivent auprès du consulat péruvien de leur pays de résidence. Le service militaire lui-même est volontaire.
Vote obligatoire : les ressortissants péruviens âgés de 18 à 70 ans doivent voter à toutes les élections nationales et générales, qu'ils résident au Pérou ou à l'étranger. Les citoyens résidant à l'étranger votent auprès du consulat péruvien correspondant à l'adresse étrangère inscrite sur leur DNI. Il faut noter que les listes électorales pour une élection donnée sont clôturées à une date fixe ; les personnes très récemment naturalisées peuvent devoir attendre le cycle électoral suivant.
Résidence fiscale : l'acquisition de la nationalité péruvienne ne modifie pas automatiquement la résidence fiscale. La SUNAT détermine le domicile fiscal en fonction de la présence physique au Pérou : une personne ordinairement résidente au Pérou est imposée sur ses revenus mondiaux ; un Péruvien qui acquiert une résidence à l'étranger et quitte le Pérou est traité comme non-domicilié et imposé uniquement sur ses revenus de source péruvienne. Le statut de domicile est déterminé en début d'exercice fiscal et change au retour au Pérou. Pour connaître les règles de résidence fiscale applicables à votre situation, consultez la SUNAT.
Notifier le pays d'origine si nécessaire : le Pérou n'impose aucune obligation de notification au pays d'origine. Certains pays exigent cependant que leurs ressortissants déclarent l'acquisition d'une nationalité étrangère. Cette vérification doit être effectuée individuellement auprès du consulat ou de l'autorité compétente du pays d'origine.
Enregistrer les enfants nés à l'étranger : les citoyens péruviens qui ont des enfants à l'étranger après leur naturalisation doivent enregistrer ces enfants dans le registre des naissances du consulat péruvien le plus proche pour leur transmettre la nationalité péruvienne. Cet enregistrement est gratuit et doit être effectué le plus tôt possible.
Foire aux questions
La Superintendencia Nacional de Migraciones exige actuellement un minimum de deux années consécutives de résidence légale au Pérou avant le dépôt d'une demande de naturalisation. La loi n° 32421, publiée le 15 août 2025, relève ce délai à cinq années continues et immédiates de résidence migratoire, une fois que son décret d'application entrera en vigueur. Cette date n'avait pas encore été confirmée officiellement à la mi-2026. Il est conseillé de vérifier l'exigence en vigueur directement auprès de Migraciones avant d'établir son calendrier.
Le Pérou n'exige pas des candidats qu'ils détiennent le statut de résident permanent (calidad migratoria permanente, soit le statut de résidence permanente) avant de déposer une demande de naturalisation. Ce qui est requis, c'est une résidence légale continue sur la période qualifiante, attestée par un carnet de extranjería (carte d'identité pour étrangers) valide. De nombreux candidats se naturalisent tout en conservant un statut de résident salarié, investisseur ou familier, sans passer préalablement par la résidence permanente.
Oui. Le Pérou autorise la double ou la multiple nationalité et n'exige pas des candidats qu'ils renoncent à leur nationalité actuelle pour se naturaliser. La nationalité péruvienne ne se perd pas automatiquement par l'acquisition d'une autre nationalité, et toute renonciation à la nationalité péruvienne est toujours volontaire et expresse. Il est néanmoins indispensable de vérifier auprès des autorités de son pays d'origine si celui-ci autorise lui aussi la double nationalité, avant de déposer une demande.
Oui. La loi n° 32421 impose aux candidats à la naturalisation de réussir un examen d'évaluation interne organisé par Migraciones, qui comprend une évaluation de la maîtrise de l'espagnol. Aucun certificat de langue externe, comme le DELE ou le SIELE, ne remplace cet examen interne. Le format précis, le niveau requis et les critères de réussite sont fixés par Migraciones et ne font pas l'objet d'une publication officielle détaillée.
Oui. L'examen d'évaluation interne administré par Migraciones porte non seulement sur la langue espagnole, mais aussi sur l'histoire, la géographie, la Constitution, la culture et l'actualité du Pérou. Il s'agit d'une évaluation combinée, intégrée à la procédure de naturalisation, et non d'un test distinct organisé séparément. Le format de cet examen n'est pas publié en détail par Migraciones.
Non. Les candidats ne doivent avoir aucun antécédent pénal, judiciaire ou de police, ni au Pérou ni à l'étranger. Cette exigence est attestée par une déclaration sur l'honneur et une fiche d'échange international délivrée par l'OCN INTERPOL Lima, datant de moins de six mois. La loi n° 32421 confère par ailleurs à l'État le pouvoir de refuser la nationalité à toute personne représentant une menace pour l'intégrité nationale ou l'ordre intérieur, ou en cas de fraude documentaire.
Les frais officiels de Migraciones s'élèvent à 301,50 PEN (environ 78 EUR) pour la naturalisation par résidence, et à 204,40 PEN (environ 53 EUR) pour la nationalité par mariage. Après approbation, l'obtention du premier DNI électronique coûte 30 PEN (environ 8 EUR) auprès de RENIEC, et le passeport électronique péruvien revient à 120,90 PEN (environ 29 EUR) auprès de Migraciones. Des frais supplémentaires sont à prévoir : apostille dans le pays d'origine, traduction officielle en espagnol et délivrance de la fiche INTERPOL Lima, dont les montants varient et doivent être budgétés séparément.
Migraciones dispose d'un délai maximum de 30 jours ouvrables à compter du dépôt du dossier pour notifier sa décision, sous réserve de suspensions autorisées. Après l'approbation, le candidat attend que Migraciones programme la cérémonie de nationalisation, ce qui représente plusieurs semaines supplémentaires. Le délai total réaliste, de la demande à la réception du titre de nationalité, est de l'ordre de deux à quatre mois dans le cadre actuel, à condition que le dossier soit complet. La loi n° 32421, une fois en vigueur, portera ce délai maximum à dix-huit mois, prorogeable de six mois.
Les enfants nés au Pérou sont péruviens de naissance de plein droit. En revanche, les enfants nés à l'étranger d'un parent péruvien de naissance ne le sont pas automatiquement : ils doivent être enregistrés dans le registre des naissances du consulat péruvien le plus proche, une démarche gratuite qui peut être effectuée quel que soit l'âge de l'enfant. Les adultes qui n'ont jamais été enregistrés peuvent recourir à la voie de l'option (opción) après l'âge de 18 ans, à condition d'établir une résidence au Pérou. Ce droit s'étend jusqu'à la troisième génération, mais pas au-delà.
Oui, si au moins un de vos parents est péruvien de naissance. Les enfants et petits-enfants de péruviens de naissance nés à l'étranger peuvent s'enregistrer comme ressortissants péruviens auprès du consulat péruvien de leur pays de résidence. Ce droit ne s'étend pas au-delà de la troisième génération et ne peut pas être revendiqué par l'intermédiaire d'un parent ayant acquis la nationalité péruvienne par naturalisation, mariage ou option. L'enregistrement consulaire est gratuit.
Non. Le mariage avec un citoyen péruvien ne confère ni automatiquement la nationalité, ni même la résidence. Il faut d'abord obtenir un statut migratoire de familier résident auprès de Migraciones, puis justifier d'au moins deux années continues de résidence au Pérou dans le cadre de ce mariage, avant de déposer une demande de nationalité par mariage. La demande est soumise à un contrôle INTERPOL, à des justificatifs de vie commune et à des documents financiers.
La nationalité péruvienne ne se révoque pas automatiquement pour quelque motif que ce soit, une fois accordée. Elle ne peut être perdue que par une renonciation volontaire et expresse devant l'autorité péruvienne compétente ; les parents ou tuteurs ne peuvent pas renoncer au nom d'enfants mineurs. La loi n° 32421 confère à l'État le pouvoir de refuser une demande de nationalité en cas de menace pour l'intégrité nationale ou de fraude documentaire, mais cela s'applique au stade de la demande, non à la nationalité déjà accordée.
Le passeport péruvien donne accès à la libre circulation au sein de la Communauté andine (Comunidad Andina), qui regroupe le Pérou, la Bolivie, la Colombie et l'Équateur, avec le droit de vivre et de travailler dans ces pays membres. Le passeport électronique est valable dix ans pour les adultes et est délivré le jour même auprès de n'importe quelle agence de Migraciones, pour un montant de 120,90 PEN (environ 29 EUR).
Oui, sous réserve d'être inscrit sur les listes électorales. Le vote est obligatoire au Pérou pour les citoyens âgés de 18 à 70 ans. Dès que le DNI est délivré après la naturalisation, le citoyen est éligible au vote lors des élections suivantes. Les citoyens résidant à l'étranger votent auprès du consulat péruvien correspondant à l'adresse inscrite sur leur DNI.
Oui. La cérémonie de nationalisation (ceremonia de nacionalización) est une étape légalement obligatoire : une fois la demande approuvée, Migraciones programme la cérémonie et en informe le candidat. Lors de la cérémonie, le candidat prête serment de fidélité à la Constitution, aux lois et aux symboles nationaux du Pérou devant les représentants de Migraciones, et reçoit le titre de la nationalité péruvienne (Título de la Nacionalidad Peruana). Ce titre doit ensuite être présenté à RENIEC pour obtenir le DNI ; la cérémonie est une étape que l'on ne peut pas contourner.
La loi n° 32421 autorise Migraciones à refuser la nationalité lorsque le candidat représente une menace pour l'intégrité nationale ou l'ordre intérieur, ou en cas de fraude documentaire. Si le dossier fait l'objet d'observations plutôt que d'un rejet définitif, le candidat est notifié par voie électronique et dispose d'un délai pour corriger les manquements. En cas de rejet formel, le droit administratif péruvien ouvre la possibilité de contester la décision par voie de recours administratif, puis devant les tribunaux ; consulter un avocat spécialisé en droit de l'immigration est vivement conseillé dans cette situation.
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Journaliste de formation, titulaire des DALF C1 et C2 et diplômée de l'Université de Maurice, je cumule près d'une vingtaine d'années d'expérience en rédaction. Après six ans dans la presse mauricienne, j'ai rejoint Expat.com, où j'évolue depuis une douzaine d'années, dont cinq en tant qu'assistante éditoriale, et à présent responsable éditoriale.