Menu
Expat.com
Rechercher
Magazine
Rechercher

Créer une entreprise au Chili

young businessman
Shutterstock.com
Mis à jour parVeedushi Bissessurle 10 Avril 2026

Le Chili autorise la propriété étrangère à 100 % et n'impose aucun capital minimum pour constituer une société : deux atouts concrets qui expliquent pourquoi de nombreux entrepreneurs étrangers choisissent ce pays comme point d'entrée en Amérique latine. Cet article détaille les structures juridiques disponibles, les étapes d'enregistrement, les obligations fiscales et les dispositifs d'accompagnement, pour que vous puissiez aborder ce projet avec une vision claire de ce qui vous attend.

Environnement des affaires au Chili

Le Chili dispose d'une économie de marché ouverte, portée principalement par l'exploitation minière du cuivre, l'agriculture et un secteur de services en développement. Ce cadre stable attire régulièrement des investisseurs étrangers qui souhaitent s'implanter en Amérique latine dans un environnement prévisible sur le plan juridique et économique.

La législation chilienne permet une propriété étrangère à 100 % des sociétés, avec très peu de restrictions sectorielles. Les investissements directs étrangers dépassant 5 000 000 USD (environ 4 690 000 EUR) relèvent d'un cadre spécifique prévu par la loi sur l'investissement étranger. Pour les projets d'envergure plus modeste, les démarches sont accessibles et peuvent en grande partie se faire à distance.

Les investisseurs étrangers peuvent également s'appuyer sur InvestChile, l'agence gouvernementale de promotion de l'investissement étranger, qui propose des informations sectorielles et un accompagnement dans les premières démarches d'implantation.

Les étrangers peuvent-ils créer une entreprise au Chili ?

Les ressortissants étrangers disposent des mêmes droits que les Chiliens pour constituer et détenir une société au Chili. Il n'est pas nécessaire de résider sur place ni d'avoir la nationalité chilienne pour être actionnaire ou fondateur. En revanche, la société doit obligatoirement désigner un représentant légal résident au Chili : il s'agit d'une condition non négociable, quel que soit le type de structure choisie.

Pour les entrepreneurs qui ne disposent pas d'un contact local, il est courant de faire appel à un prestataire de services juridiques ou à une société spécialisée pour assumer ce rôle de représentant légal. Il est également possible de constituer la société depuis l'étranger, en délivrant une procuration notariée auprès du consulat chilien de votre pays de résidence : un représentant sur place peut ensuite effectuer toutes les formalités en votre nom.

Par ailleurs, le programme public Start-Up Chile accorde aux fondateurs sélectionnés un visa de travail spécifique d'une durée de deux ans, leur permettant de résider au Chili pendant toute la durée du programme d'accélération.

Formes juridiques d'entreprise au Chili

Le droit chilien propose plusieurs structures adaptées à des profils et des ambitions variés. Voici les quatre formes les plus courantes :

  • Sociedad por Acciones (SpA) : c'est la structure la plus utilisée par les startups et les investisseurs étrangers. Elle peut être constituée d'un seul actionnaire, ne nécessite aucun capital minimum et offre une grande souplesse statutaire, notamment pour l'entrée de nouveaux investisseurs. Elle s'apparente à la SAS française.
  • Sociedad de Responsabilidad Limitada (SRL) : équivalent de la SARL, adaptée aux structures de taille modeste ou familiales. Elle exige entre deux et cinquante associés et ne peut être gérée par une seule personne.
  • Sociedad Anónima (SA) : forme juridique réservée aux opérations de grande envergure ou aux sociétés souhaitant accéder aux marchés boursiers. Elle implique des obligations complexes en matière de conseil d'administration et d'assemblées générales.
  • Empresa Individual de Responsabilidad Limitada (EIRL) : structure juridique à responsabilité limitée pour un entrepreneur individuel. Elle est réservée à certains types d'activités et ne convient pas à tous les secteurs.

Pour la grande majorité des entrepreneurs étrangers, la SpA constitue le choix le plus adapté : elle simplifie la gouvernance, facilite les levées de fonds ultérieures et n'impose pas les contraintes réglementaires d'une SA.

Exigences en matière de capital au Chili

Le Chili ne fixe aucun capital minimum légal pour constituer une SpA, une SRL ou une SA. En pratique, il est toutefois conseillé de doter la société d'un capital suffisant pour couvrir les dépenses opérationnelles initiales et satisfaire aux exigences des banques lors de l'ouverture d'un compte professionnel.

Pour une SpA, le capital initial doit être intégralement souscrit et versé dans un délai maximal de cinq ans à compter de la constitution. Pour une SA, ce délai est ramené à trois ans.

Les apports en devises étrangères sont autorisés. Tout transfert de capitaux supérieur à 10 000 USD (environ 9 380 EUR) doit être déclaré à la Banque centrale du Chili via le marché officiel des changes, c'est-à-dire par l'intermédiaire d'une banque commerciale agréée.

Enregistrement d'une société au Chili

La procédure d'enregistrement peut être réalisée en ligne via la plateforme officielle Tu Empresa en Un Día, qui a considérablement simplifié et accéléré le processus. Voici les principales étapes :

  1. Réserver le nom de la société.
  2. Rédiger et faire certifier les statuts : la plateforme Tu Empresa en Un Día génère un numéro d'autorisation, puis un notaire chilien appose sa signature numérique pour valider les statuts.
  3. Obtenir le RUT (numéro d'identification fiscale) auprès du Servicio de Impuestos Internos (SII), l'administration fiscale chilienne.
  4. Autoriser l'émission de factures électroniques auprès du SII.
  5. S'inscrire à l'assurance contre les accidents du travail.

Les documents à préparer comprennent les pièces d'identité de tous les actionnaires, la justification d'une adresse physique ou d'un contrat de bureau virtuel, et une procuration notariée si la constitution se fait depuis l'étranger.

Le traitement via la voie en ligne peut se conclure en quelques jours une fois la signature du notaire obtenue. La voie traditionnelle prend généralement entre deux et quatre semaines. Il est fortement conseillé de se faire accompagner par un cabinet juridique local pour la rédaction des statuts et l'obtention du RUT, notamment si vous ne maîtrisez pas l'espagnol.

Bon à savoir : Si vous constituez votre société depuis l'étranger, votre procuration doit être établie auprès du consulat chilien de votre pays de résidence pour être reconnue au Chili.

Licences et autorisations au Chili

Une fois la société constituée et enregistrée auprès du SII, elle doit obtenir une Patente Municipal : il s'agit de la licence commerciale délivrée par la commune où est domiciliée l'entreprise. Cette licence est obligatoire pour toute activité commerciale et doit être renouvelée périodiquement auprès de la municipalité concernée.

Pour les secteurs réglementés tels que les mines, l'énergie ou les télécommunications, des autorisations sectorielles spécifiques s'ajoutent à cette licence de base. Ces démarches, regroupées sous le terme permisología, sont connues pour leur complexité administrative. Des organisations professionnelles ont signalé des retards importants dans l'obtention de ces autorisations sectorielles, ce qui peut affecter les calendriers de projets dans des secteurs stratégiques. Si votre activité relève d'un secteur réglementé, il est prudent d'anticiper ces délais dans votre planification.

Adresse et domicile de l'entreprise au Chili

Une adresse vérifiable est obligatoire pour déclarer le démarrage d'activité (Inicio de Actividades) auprès du SII. L'utilisation d'un bureau virtuel est légalement autorisée, à condition que le contrat de domiciliation précise expressément que l'adresse peut servir de domicilio tributario, c'est-à-dire d'adresse fiscale officielle.

Si le contrat de bureau virtuel ne mentionne pas explicitement cet usage fiscal, le SII peut bloquer votre capacité à émettre des factures. Par ailleurs, l'administration fiscale se réserve le droit d'effectuer une visite physique de vérification pour s'assurer que le domicile déclaré est bien actif. Votre prestataire de bureau virtuel doit donc être en mesure de recevoir des notifications officielles en votre nom.

Fiscalité des entreprises au Chili

Le taux d'imposition sur les sociétés de droit commun s'élève à 27 %, dans le cadre du système d'intégration partielle (Partially Integrated System) applicable aux grandes entreprises. Les petites et moyennes entreprises enregistrées sous le régime Pro Pyme bénéficient d'un taux réduit temporaire de 12,5 %, prévu jusqu'en 2026 et destiné à passer à 15 % en 2028. Ce régime est accessible aux sociétés dont le chiffre d'affaires annuel ne dépasse pas environ 2 800 000 USD (environ 2 626 000 EUR).

La TVA (IVA) est fixée à 19 % sur la plupart des biens et services. Les dividendes versés à des non-résidents sont en principe soumis à une retenue à la source de 35 %, sous réserve d'une imputation partielle ou totale de l'impôt sur les sociétés déjà acquitté.

Les groupes multinationaux dont le chiffre d'affaires consolidé mondial dépasse 750 000 000 EUR sont par ailleurs soumis aux obligations de reporting liées au Pilier 2 de l'OCDE, qui prévoit un taux minimum mondial de 15 %. Le taux standard chilien de 27 % dépasse déjà ce seuil, mais les exigences de conformité s'appliquent néanmoins aux entreprises concernées.

Il est recommandé de consulter un expert-comptable local pour déterminer si votre entreprise est éligible au régime Pro Pyme et pour respecter l'ensemble des obligations déclaratives auprès du SII.

Embaucher des salariés au Chili

Le salaire minimum légal au Chili est fixé à CLP 539 000 par mois (environ 582 USD ou 505 EUR). Ce montant constitue le plancher en dessous duquel aucun employeur ne peut rémunérer un salarié à temps plein.

À partir d'avril 2026, la durée légale hebdomadaire du travail passe de 44 à 42 heures, sans qu'aucune réduction de salaire ne soit permise en contrepartie. Cette réforme augmente automatiquement le coût horaire de la main-d'œuvre et doit être intégrée aux prévisions budgétaires de toute entreprise en cours de recrutement.

Le coût total de l'employeur va au-delà du salaire brut. Les employeurs doivent verser une gratification légale obligatoire, assimilable à une participation aux bénéfices : la méthode la plus courante consiste à verser chaque mois 25 % du salaire de base, dans la limite d'un plafond annuel. Pour un salarié au salaire minimum, cela représente environ CLP 134 750 supplémentaires par mois. En ajoutant les cotisations sociales patronales (environ 7,11 %), le coût mensuel total d'un salarié au salaire minimum s'élève à environ CLP 712 072 (soit environ 769 USD ou 667 EUR).

Un nouveau système de cotisation patronale obligatoire au régime de retraite est entré en vigueur progressivement depuis août 2025, à partir d'un taux de 1 %, pour atteindre 8,5 % d'ici 2035. Du côté du salarié, les retenues habituelles représentent environ 17 % du salaire brut (10 % pour le fonds de pension, 7 % pour la santé).

Banque et finances pour les entreprises au Chili

Pour ouvrir un compte bancaire professionnel au Chili, la société doit disposer d'un RUT valide et être représentée par un résident légal sur le territoire. En raison des règles strictes de lutte contre le blanchiment d'argent appliquées par la Commission du marché financier (CMF), les banques exigent la présence physique ou la représentation authentifiée du représentant légal résident lors de la procédure d'ouverture de compte.

Les entrepreneurs dont tous les associés résident à l'étranger doivent donc s'assurer que leur représentant légal local peut intervenir directement auprès de la banque. Il est peu réaliste d'espérer mener cette démarche entièrement à distance sans l'intervention d'un prestataire de services juridiques spécialisé.

Soutien aux entrepreneurs au Chili

Le programme Start-Up Chile, géré par CORFO (la Corporación de Fomento de la Producción), est le principal dispositif public d'accélération pour les fondateurs étrangers. Il propose des subventions non dilutives et un visa de travail d'une durée de deux ans. Les lauréats doivent être physiquement présents au Chili pendant toute la durée du programme.

Pour la cohorte annuelle en cours, trois parcours sont proposés :

  • BUILD : pour les projets en phase d'idée à prototype, avec un financement compris entre 12 000 et 18 000 USD (environ 11 250 à 16 880 EUR).
  • IGNITE : pour les projets disposant d'un MVP, avec un financement entre 30 000 et 60 000 USD (environ 28 140 à 56 280 EUR).
  • GROWTH : pour les startups en phase de croissance, avec un financement pouvant atteindre 100 000 USD (environ 93 800 EUR).

Les candidatures sont généralement ouvertes au premier trimestre de chaque année. Les dates précises sont publiées directement sur le site officiel de Start-Up Chile.

Les investisseurs étrangers peuvent également s'appuyer sur des chambres de commerce bilatérales, qui servent de relais auprès des autorités chiliennes et organisent des événements de networking. La Chambre de commerce et d'industrie franco-chilienne (CCIFC) accompagne notamment les entreprises françaises dans leur implantation et décerne chaque année des trophées distinguant les projets franco-chiliens.

Foire aux questions

Est-il possible d'enregistrer une société au Chili sans s'y déplacer ?

Oui. En établissant une procuration notariée auprès du consulat chilien de votre pays de résidence, un représentant sur place peut réaliser l'ensemble des formalités d'enregistrement via la plateforme Tu Empresa en Un Día. En revanche, l'ouverture du compte bancaire professionnel nécessitera l'intervention physique de ce représentant légal résident.

Faut-il un associé chilien pour créer une entreprise au Chili ?

Non. Le droit chilien autorise une propriété étrangère à 100 % ; il n'est pas obligatoire d'avoir un associé ou actionnaire de nationalité chilienne. La seule exigence est de désigner un représentant légal résident au Chili, fonction qui peut être assurée par un prestataire de services juridiques spécialisé.

Quelle est la structure juridique la plus adaptée à une startup ?

La société par actions (SpA) est généralement la mieux adaptée : elle peut être constituée d'un seul actionnaire, ne requiert aucun capital minimum et offre une grande flexibilité statutaire pour intégrer de futurs investisseurs. Elle est conçue pour les projets entrepreneuriaux nécessitant de la réactivité et de l'évolutivité.

Les bureaux virtuels sont-ils acceptés pour l'immatriculation fiscale ?

Oui, à condition que le contrat de domiciliation précise explicitement que l'adresse peut être utilisée comme domicilio tributario. Le SII peut effectuer une visite de vérification sur place. Si cette mention fiscale est absente du contrat, l'administration peut bloquer la capacité à émettre des factures.

Quels sont les taux d'imposition applicables aux PME ?

Les PME enregistrées sous le régime Pro Pyme bénéficient d'un taux réduit temporaire de 12,5 %, qui évoluera à 15 % dans les années suivantes. Ce régime est accessible aux sociétés dont le chiffre d'affaires annuel ne dépasse pas 2 626 000 EUR environ. Les grandes entreprises restent soumises au taux standard de 27 %.

Quand les candidatures pour Start-Up Chile sont-elles généralement ouvertes ?

Les cohortes annuelles de Start-Up Chile ouvrent généralement leurs candidatures au premier trimestre de chaque année. Les parcours BUILD, IGNITE et GROWTH suivent des cycles de sélection distincts. Il est conseillé de consulter le site officiel du programme pour connaître les dates précises de chaque appel à candidatures.

Quelle est la durée légale hebdomadaire du travail au Chili ?

À partir d'avril 2026, la durée légale du travail passe à 42 heures par semaine, contre 44 heures auparavant. Cette réduction s'applique sans diminution du salaire des employés, ce qui augmente automatiquement le coût réel de la main-d'œuvre pour les employeurs.

Les entreprises sont-elles obligées de verser un bonus annuel à leurs salariés ?

Oui. La législation chilienne impose une gratification légale à toutes les entreprises. La méthode la plus répandue consiste à verser chaque mois un supplément équivalent à 25 % du salaire de base, dans la limite d'un plafond annuel de 4,75 fois le salaire minimum en vigueur. Cette obligation est indépendante des résultats individuels du salarié et doit être intégrée au budget de paie dès le recrutement.

Faut-il déclarer les transferts de capitaux vers le Chili ?

Tout transfert de fonds supérieur à 10 000 USD (environ 9 380 EUR) destiné à l'apport en capital d'une société chilienne doit être déclaré à la Banque centrale du Chili par l'intermédiaire du marché officiel des changes, c'est-à-dire via une banque commerciale agréée. Cette obligation s'applique quel que soit le type de structure juridique choisie.

Vous envisagez de créer votre entreprise au Chili ou vous avez déjà franchi le pas ? Rejoignez la communauté Expat.com pour échanger avec des entrepreneurs qui ont vécu cette expérience et partager vos questions avec des expatriés installés sur place.

Nous faisons de notre mieux pour que les informations fournies dans nos guides soient précises et à jour. Si vous avez toutefois relevé des inexactitudes dans cet article, n'hésitez pas à nous le signaler en laissant un commentaire ci-dessous et nous y apporterons les modifications nécessaires.

A propos de

Détentrice d'un diplôme approfondi de langue française, j'ai été journaliste à Maurice pendant 6 ans. Je compte une douzaine d'années d'expérience en tant que rédactrice web bilingue à Expat.com, dont cinq au poste d'assistante éditoriale. Avant de rejoindre l'équipe d'Expat.com, j'ai occupé le poste de journaliste/reporter au sein de plusieurs rédactions mauriciennes. Mon expérience de plus de 6 ans dans la presse mauricienne m'a permis de côtoyer plusieurs personnalités et de couvrir de nombreux événements sur différentes thématiques.

Commentaires

Découvrir plus