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Achat immobilier au Brésil

20 min de lecture
Buying property in Brazil© diegograndi / Envato Elements

Au Brésil, la nationalité de l'acheteur ne bloque jamais un achat immobilier urbain : un appartement à Rio de Janeiro ou une maison à Fortaleza se vend à un étranger sans condition de résidence, contrairement aux terres rurales, réservées aux résidents ou soumises à l'autorisation de l'INCRA. Ce qui complique réellement l'opération pour un acheteur venu de l'étranger, c'est la mécanique administrative et financière : obtenir un CPF avant toute signature, faire transiter les fonds par un établissement autorisé sur le marché des changes, et vérifier soi-même la matrícula du bien plutôt que de se fier à un courtier qui, la plupart du temps, travaille pour le vendeur. Autre point à intégrer dès le départ : l'achat d'un bien ne donne aucun droit de séjour automatique, même si un investissement de 700 000 à 1 000 000 BRL peut ouvrir une voie de résidence distincte.

Les étrangers peuvent-ils acheter un bien immobilier au Brésil ?

La question à se poser n'est pas la nationalité de l'acheteur, mais le type de bien visé. Un appartement ou une maison en zone urbaine peut être acquis par un étranger sans condition de résidence : aucune autorisation spéciale n'est requise pour ce type de transaction. Les terres rurales suivent en revanche un régime distinct : la Constitution brésilienne réserve leur acquisition aux ressortissants brésiliens ou aux étrangers déjà résidents au Brésil, une condition qui ne s'applique pas aux logements urbains ordinaires.

Avant toute démarche, un acheteur étranger doit obtenir un CPF (Cadastro de Pessoas Físicas), le numéro fiscal individuel qui permet de détenir un droit enregistrable au Brésil, immobilier compris. Ce numéro est un préalable technique, pas une autorisation de séjour : l'achat d'un bien ne donne aucun droit automatique de vivre dans le pays. Une voie distincte, la résidence pour investissement immobilier prévue par la Résolution normative 36/2018, existe pour ceux qui souhaitent lier leur installation à un achat, mais elle suppose une demande séparée et un contrat de promesse d'achat enregistré.

Le contrôle renforcé sur les terres rurales vise trois catégories d'acheteurs : la personne physique étrangère résidente au Brésil, la personne morale étrangère autorisée à y opérer, et la personne morale brésilienne considérée comme étrangère (par exemple à capital majoritairement étranger). Les acheteurs de biens urbains ne relèvent d'aucune de ces catégories.

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Les types de biens immobiliers disponibles au Brésil

Le critère déterminant la simplicité d'un achat au Brésil est l'urbain ou le rural, bien plus que le choix entre un appartement et une maison. Un appartement ou une unité en copropriété échappe entièrement au régime d'autorisation de l'INCRA. La propriété se matérialise par la matrícula, la fiche d'enregistrement unique du bien tenue au Cartório de Registro de Imóveis, l'équivalent brésilien du titre de propriété ; il convient de la vérifier, ainsi que d'éventuelles dettes de copropriété, avant de finaliser l'achat.

Une maison urbaine se traite comme un achat immobilier ordinaire, payable par un non-résident via un compte en reais ou un circuit de change autorisé. Une maison de campagne ou une ferme bascule, en revanche, dans le régime des terres rurales dès lors qu'elle est juridiquement classée comme un imóvel rural, quelle que soit sa distance réelle par rapport à une ville. Pour ce type de bien, la terre doit être enregistrée au nom du vendeur et régulièrement inscrite au Sistema Nacional de Cadastro Rural (SNCR).

Les terres rurales, comme tout bien situé dans la bande frontalière (faixa de fronteira) ou dans une zone considérée d'intérêt pour la sécurité nationale, relèvent d'un contrôle fédéral séparé, avec l'autorisation de l'INCRA ou l'assentiment préalable du Conselho de Defesa Nacional dans la plupart des cas.

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Les restrictions pour les acheteurs étrangers au Brésil

Les restrictions applicables aux acheteurs étrangers se concentrent presque entièrement sur les terres rurales, la bande frontalière et les zones de sécurité nationale. Un bien situé dans la faixa de fronteira ou dans une zone jugée sensible pour la défense nationale exige l'assentiment préalable du Conselho de Defesa Nacional, quelle que soit sa superficie.

En dehors de la bande frontalière, la première acquisition ou le premier bail rural d'un particulier étranger, jusqu'à trois Módulos de Exploração Indefinida (MEI), ne nécessite pas d'autorisation de l'INCRA (Instituto Nacional de Colonização e Reforma Agrária). Toute acquisition rurale ultérieure, ou toute première acquisition dépassant ce seuil, exige en revanche une autorisation préalable pour que la transaction aboutisse.

Bon à savoir :

Le MEI est une unité de mesure agraire dont la superficie varie selon la région et le type d'exploitation ; elle sert uniquement à calculer les seuils d'autorisation de l'INCRA, et non à évaluer la valeur du bien.

Au-delà de 20 MEI, un particulier étranger doit joindre un projet d'exploitation à sa demande d'autorisation. Les personnes morales étrangères et les personnes morales brésiliennes considérées comme telles doivent produire ce projet, quelle que soit la surface concernée.

La demande d'autorisation est déposée auprès de l'unité de l'INCRA de l'État où se trouve le bien rural ; les actes d'autorisation sont publiés au Diário Oficial da União après le paiement de la redevance fédérale correspondante. Il revient également à l'acheteur de vérifier lui-même si le terrain se situe dans la bande frontalière ou dans une zone de sécurité nationale, ce qui déclenche une étape distincte auprès du Conselho de Defesa Nacional. Toute acquisition rurale réalisée en violation de ces règles est frappée de nullité par la loi fédérale.

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Les conditions et formalités pour acheter un bien immobilier au Brésil

Deux démarches parallèles doivent être finalisées avant de signer quoi que ce soit : l'obtention d'une identité fiscale et la mise en place d'un circuit de paiement conforme aux règles de change de la Banque centrale. La Receita Federal (l'administration fiscale brésilienne) précise que tout étranger qui possède ou souhaite posséder des biens ou droits soumis à l'enregistrement public au Brésil, l'immobilier y compris, doit s'inscrire au CPF.

Avoir un compte bancaire brésilien n'est pas obligatoire pour un acheteur non-résident. Celui qui détient déjà un compte en reais peut payer directement le vendeur avec ces fonds. À défaut, il peut transférer les fonds à un procurador (mandataire agissant en vertu d'une procuration), qui conclut lui-même l'opération de change auprès d'un établissement autorisé à opérer sur le marché des changes brésilien, puis règle le vendeur en reais.

Chaque transaction immobilière traitée par un notaire ou un office d'enregistrement doit être déclarée à la Receita Federal via la DOI (Declaração sobre Operações Imobiliárias), qui exige le CPF de l'acheteur et du vendeur, quelle que soit la valeur de la transaction.

La séquence pratique suit généralement cet ordre :

  • Obtenir un CPF si l'acheteur doit détenir un droit enregistrable ;
  • Organiser le paiement via un compte en reais ou une opération de change autorisée ;
  • Signer l'acte notarié (escritura) ;
  • Faire enregistrer l'acquisition par l'office d'enregistrement immobilier compétent ;
  • Vérifier que le notaire ou l'office a bien transmis la déclaration DOI.

Pour un bien rural, les restrictions et l'autorisation de l'INCRA doivent être vérifiées avant la signature. Avant toute finalisation, il est également recommandé de contrôler la cohérence du registre du bien : cette vérification permet de repérer les chevauchements de parcelles, les enregistrements manquants, les zones à risque ou les conflits environnementaux affectant la propriété. L'acte de vente et les formalités d'enregistrement continuent de relever du système notarial et du registre foncier brésiliens plutôt que d'un simple accord privé entre les parties : la propriété n'est constituée qu'une fois l'acquisition inscrite par le Cartório de Registro de Imóveis compétent.

Les documents nécessaires pour acheter un bien au Brésil

La documentation se répartit en deux niveaux : un niveau d'identité et de fiscalité que tout acheteur étranger doit réunir, et un niveau d'exécution qui concerne surtout les achats à distance ou les terres rurales.

  • Pour l'inscription au CPF : un passeport, une carte CRNM/RNE (le document d'enregistrement des résidents étrangers), ou un autre document d'identité accepté par la Receita Federal ; cette obligation s'applique aux résidents comme aux non-résidents dès qu'ils détiennent un bien soumis à l'enregistrement public au Brésil ;
  • Une procuration établie à l'étranger pour un achat immobilier au Brésil doit être apostillée si le pays d'émission est partie à la Convention de La Haye, ou faire reconnaître sa validité par un poste consulaire brésilien, sauf disposition contraire d'une loi, d'un accord ou d'un traité ;
  • Une procuration destinée à un achat immobilier autorise généralement le mandataire à agir devant les cartórios, les tabeliães, le Registro de Imóveis et les organismes publics, à signer l'acte définitif de vente, à donner quittance, à autoriser les inscriptions et annotations, et à signer les formulaires nécessaires à la transaction ;
  • Pour une terre rurale, le bien doit déjà être enregistré au registre foncier au nom du cédant avant que la demande d'autorisation d'acquisition ou de bail puisse être examinée ;
  • Un dossier d'achat rural comprend généralement le certificat d'enregistrement du bien rural, un historique de la chaîne de propriété, le cas échéant, des certificats négatifs de charges ou de gages, ainsi que des attestations de régularité cadastrale et fiscale auprès des trésors fédéraux, étatiques et municipaux.

Un particulier ou une entité résidant ou domicilié à l'étranger qui détient des biens au Brésil, y compris l'immobilier, doit être inscrit au CPF ou au CNPJ, quelle que soit la date d'acquisition du bien.

Travailler avec les professionnels de l'immobilier au Brésil

Le Brésil ne structure pas systématiquement l'achat autour d'un agent du côté acheteur et d'un agent du côté vendeur, comme cela peut être le cas sur d'autres marchés. Il n'existe aucune obligation légale de recourir à un avocat, un courtier ou un autre professionnel pour acheter un bien immobilier, mais la transaction doit néanmoins passer par le circuit notarial et le registre foncier : la propriété n'est constituée qu'une fois l'acte de vente inscrit au Cartório de Registro de Imóveis compétent.

Le rôle du corretor (courtier immobilier) est d'intermédier la vente, de mettre en relation l'acheteur et le vendeur, et d'accompagner la négociation. La commission du courtier est habituellement traitée comme un coût à la charge du vendeur, lorsque c'est ce dernier qui l'a mandaté ; il est donc utile de confirmer par écrit qui a engagé le courtier et qui règle sa commission avant de signer une proposition d'achat.

Le courtier peut ainsi représenter le vendeur ou la transaction en général, et le cartório n'est pas le conseiller de l'acheteur : c'est une autorité neutre chargée de l'enregistrement. Recourir à un avocat indépendant est une pratique courante, sans être obligatoire ; c'est ce professionnel qui examine le titre, les documents, les procurations, les éventuelles dettes, les questions fiscales et les termes du contrat, exclusivement du côté de l'acheteur.

Le Tabelião de Notas formalise l'accord des parties dans un acte public, tandis que le Cartório de Registro de Imóveis inscrit le titre sur le bien. Le CIB (Cadastro Imobiliário Brasileiro), plus récent, renforce la fiabilité des données de localisation mais ne remplace ni l'un ni l'autre de ces deux organismes.

Pour un terrain, une maison ou un bien neuf ou en construction, les vérifications techniques côté acheteur comprennent la visite du bien, la consultation des plans approuvés auprès de la préfecture municipale, la confirmation que les mesures indiquées dans le contrat correspondent au projet autorisé, la vérification que le programme immobilier est bien enregistré au registre foncier, et le contrôle d'un éventuel classement du terrain en zone de protection des sources d'eau ou en aire de protection environnementale.

Pour vérifier un professionnel avant de lui faire confiance, l'inscription active d'un avocat peut être contrôlée auprès du Cadastro Nacional dos Advogados de l'OAB (Ordem dos Advogados do Brasil, l'ordre des avocats), et celle d'un courtier auprès du CRECI régional compétent. Pour le bien lui-même, il est préférable d'obtenir une matrícula et des certificats à jour directement auprès de l'office d'enregistrement, plutôt que de se fier à la copie fournie par le vendeur.

Les conseils fiscaux et de change sont surtout utiles avant que l'argent n'entre au Brésil : un acheteur non-résident peut payer directement depuis un compte en reais ou transférer les fonds à un mandataire qui conclut l'opération de change auprès d'un établissement autorisé. Conserver une preuve documentaire de l'origine des fonds et un circuit de transfert propre reste important pour des raisons fiscales et de conformité ultérieures.

Quelques signaux d'alerte méritent d'être pris au sérieux :

  • un courtier qui refuse d'indiquer qui il représente ou qui paie sa commission ;
  • une pression pour transférer de l'argent avant vérification de la matrícula et des éventuelles dettes fiscales sur le bien ;
  • un vendeur qui décourage le recours à un avocat indépendant ;
  • un refus de déclarer la valeur réelle de la transaction ;
  • une procuration non établie selon une voie notariale ou consulaire reconnue ;
  • toute affirmation selon laquelle un contrat signé suffit à faire de l'acheteur le propriétaire avant l'enregistrement au registre foncier.

Prix et frais d'achat immobilier au Brésil

Les frais liés à la transaction elle-même sont relativement prévisibles au Brésil, ce qui permet de les budgétiser sans mauvaise surprise. La principale taxe de transfert est l'ITBI (Imposto sobre Transmissão de Bens Imóveis), une taxe municipale sur le transfert onéreux d'un bien immobilier, dont le taux varie généralement entre 2 % et 4 % de la valeur du bien selon la municipalité.

Les frais d'acte notarié, facturés par les cartórios selon les grilles tarifaires de chaque État, représentent généralement entre 0,5 % et 1,5 % du prix d'achat. L'enregistrement auprès du Cartório de Registro de Imóveis compétent, qui est l'étape qui parfait réellement la propriété, coûte lui aussi typiquement entre 0,5 % et 1,5 % du prix, selon la grille tarifaire de l'État concerné.

Au total, les frais de transaction pour l'acheteur, principalement l'ITBI, les frais notariés et les frais d'enregistrement combinés, s'élèvent couramment entre 4 % et 6 % de la valeur du bien. La commission du courtier immobilier, normalement à la charge du vendeur, se situe entre 5 % et 6 % du prix de vente, sauf accord contraire des parties.

Les honoraires d'un avocat spécialisé en immobilier ne sont pas fixés par un barème national : ils se négocient directement avec le professionnel, comme un coût de vérification préalable plutôt qu'un pourcentage obligatoire. Au-delà de l'ITBI, des frais notariés et d'enregistrement, un acheteur étranger doit également prévoir la marge de change bancaire appliquée aux transferts internationaux, puisque le paiement doit obligatoirement transiter par un établissement autorisé à opérer sur le marché des changes brésilien, que l'acheteur paie directement ou via un mandataire.

Financement et prêts immobiliers pour les étrangers au Brésil

L'accès au crédit immobilier au Brésil dépend de l'analyse du dossier par la banque, et non de la nationalité de l'acheteur. Les indications officielles de la Banco Central confirment les circuits de paiement disponibles pour un non-résident, sans établir de droit automatique à un crédit résidentiel.

Le processus de financement de la Caixa Econômica Federal, la principale banque publique de financement du logement, comprend l'analyse des documents de l'acheteur, du vendeur et du bien lui-même, avant l'approbation et le déblocage du crédit. Le montant financé correspond au plus bas des deux montants suivants : le prix négocié dans le contrat d'achat ou la valeur d'expertise établie par la Caixa elle-même.

Le financement immobilier brésilien repose sur les systèmes SFH (Sistema Financeiro da Habitação) et SFI (Sistema de Financiamento Imobiliário). Les fonds du SFH sont réservés à l'achat, à la construction ou à la rénovation d'un logement résidentiel, selon les conditions propres à ce système. Aucune règle de la Banco Central ou du Conselho Monetário Nacional ne fixe de durée maximale pour un financement immobilier : la durée dépend du produit proposé par la banque.

Pour un acheteur non-résident qui règle sans recourir au crédit, trois moyens sont possibles : payer directement depuis un compte en reais s'il en détient un ; transférer les fonds à un mandataire qui conclut l'opération de change auprès d'un établissement autorisé et règle le vendeur en reais ; ou envoyer un ordre de paiement international, en reais ou en devise étrangère, directement au vendeur via un établissement autorisé. Comme la transaction se règle en reais alors que les fonds de l'acheteur peuvent provenir d'une autre devise, l'évolution du taux de change entre la signature, le transfert et l'enregistrement représente un risque de coûts réels qu'il vaut mieux anticiper.

Risques et pièges lors de l'achat immobilier au Brésil

La véritable protection lors d'un achat immobilier au Brésil réside dans la chaîne documentaire, pas dans les promesses faites lors d'une visite. Pour un bien rural, le terrain doit être enregistré au registre foncier compétent et inscrit au Sistema Nacional de Cadastro Rural (SNCR) au nom du vendeur avant que l'acquisition ou le bail d'un acheteur étranger puisse être traité : vérifier la cohérence entre le registre foncier et le cadastre rural avant de signer ou de payer constitue l'étape de vérification préalable centrale.

La préparation de l'acte, l'enregistrement du bien et la délivrance des certificats restent des fonctions des cartórios, ce qui fait des certificats délivrés par ces offices le canal pratique pour vérifier l'existence de dettes ou de charges sur le bien avant de finaliser l'achat. Le CIB, plus récent, renforce la sécurité des données de localisation mais ne remplace pas ces vérifications par certificat. Pour une terre rurale en particulier, la cohérence entre le registre foncier, les identifiants du SNCR et du CIB, et la réalité physique du terrain doit être vérifiée directement, puisque les données du CIB pour le rural sont construites à partir des informations cadastrales fournies par le SNCR de l'INCRA.

Une acquisition rurale nécessitant une autorisation est traitée par l'unité de l'INCRA de l'État où se situe le bien, les actes d'autorisation n'étant publiés au Diário Oficial da União qu'après le paiement de la redevance requise ; un dossier rural incomplet ou un traitement manquant au niveau de l'État peut bloquer entièrement l'acquisition. Puisque l'effet juridique au Brésil réside dans l'enregistrement au cartório, les certificats et, pour les terres rurales, l'autorisation officielle de l'INCRA, toute demande de transfert d'argent avant que ces vérifications ne soient achevées doit être considérée comme à haut risque, quelle que soit la manière dont elle est présentée.

Avant de signer, il est utile de : confirmer la matrícula et le registre du bien, obtenir des certificats à jour, vérifier si un bien rural est bien inscrit au SNCR/CIB, et pour une terre rurale, contrôler si une autorisation de l'INCRA ou un assentiment du Conselho de Defesa Nacional est requis, ce dernier étant systématique pour tout terrain situé dans la bande frontalière ou une zone de sécurité nationale, quelle que soit sa superficie.

Programmes immobiliers pour les acheteurs étrangers au Brésil

Le Brésil rattache la résidence, et non la nationalité, à l'investissement immobilier. Le ministère de la Justice et de la Sécurité publique peut accorder une autorisation de résidence à un individu qui, avec des ressources personnelles d'origine étrangère, réalise un investissement immobilier qualifiant au sens de la Résolution normative 36/2018.

L'investissement doit atteindre au minimum 700 000 BRL (environ 113 000 EUR) pour un bien situé dans le Nord ou le Nord-Est du Brésil, ou 1 000 000 BRL (environ 161 000 EUR) dans le reste du pays. Ce seuil peut être atteint par un ou plusieurs biens urbains, achevés ou en construction.

Une demande déposée depuis l'étranger passe par le visa VITEM IX, Investissement, après autorisation de résidence préalable ; si le demandeur se trouve déjà au Brésil, la demande se dépose via le portail MigranteWeb. Il s'agit d'une résidence liée à la propriété, pas d'une naturalisation : cette voie autorise à résider ; elle ne confère aucune nationalité brésilienne. 

Taxes foncières et charges continues au Brésil

La charge fiscale annuelle du propriétaire est municipale et s'applique de la même manière quelle que soit sa nationalité ou son statut de résidence, tandis que les revenus locatifs, les plus-values et les successions relèvent de règles nationales ou étatiques distinctes qui dépendent, elles, du statut de résident ou de non-résident du propriétaire.

L'IPTU (Imposto Predial e Territorial Urbano) est la taxe foncière municipale annuelle, calculée à partir d'une valeur évaluée localement. À São Paulo, la base imposable est le Valor Venal, calculé en fonction de la localisation, de la surface et des caractéristiques de construction du bien, avec un plafond d'augmentation annuelle de 10 % pour les biens résidentiels. À Recife, le barème résidentiel va de 0,6 % du Valor Venal jusqu'à environ 67 000 BRL (environ 10 800 EUR), puis augmente par tranches jusqu'à 1,4 % au-delà de 1 262 000 BRL (environ 203 500 EUR).

Pour les revenus locatifs d'un bien détenu par une personne résidant ou domiciliée à l'étranger, le mandataire prélève et verse un impôt de 15 % sur le montant net du loyer, après déduction des taxes foncières, des charges de copropriété et des frais de gestion. Si le bénéficiaire réside dans une juridiction à fiscalité privilégiée, le taux monte à 25 %.

La plus-value réalisée par un particulier lors de la cession d'un bien au Brésil est imposée selon un barème progressif :

Gain en capitalTaux d'imposition
Jusqu'à 5 000 000 BRL (environ 806 000 EUR)15 %
De 5 000 000 à 10 000 000 BRL (environ 806 000 à 1 613 000 EUR)17,5 %
De 10 000 000 à 30 000 000 BRL (environ 1 613 000 à 4 839 000 EUR)20 %
Au-delà de 30 000 000 BRL (environ 4 839 000 EUR)22,5 %

Les non-résidents réalisant une plus-value sur un bien situé au Brésil suivent le même barème, sous réserve d'une éventuelle convention fiscale applicable. Les successions et donations portant sur un bien brésilien relèvent d'une taxe étatique, pas nationale : l'ITCMD (parfois appelé ICD selon l'État), plafonné par le Sénat fédéral à 8 %, dont les taux et tranches sont fixés individuellement par chaque État.

La différence fiscale principale pour un propriétaire étranger tient au statut de résidence fiscale, pas à la nationalité : les non-résidents sont imposés sur leurs revenus de source brésilienne et leurs plus-values sur des biens situés au Brésil selon les règles applicables aux non-résidents, le mandataire prélevant l'impôt sur le loyer versé à un non-résident, tandis que les résidents déclarent généralement leurs revenus locatifs via le système résident, dit Carnê-Leão. L'allègement de la double imposition sur les revenus tirés d'un bien brésilien dépend du pays de résidence fiscale du propriétaire : le Brésil dispose de conventions fiscales en vigueur avec plusieurs pays, dont la France, la Belgique, la Suisse et le Canada, mais pas avec l'ensemble des pays du monde.

Les charges de copropriété varient fortement selon la ville, l'immeuble et les prestations offertes : à Brasília, les charges mensuelles de copropriété observées vont d'environ 469 BRL (environ 76 EUR) pour un petit appartement d'une chambre à 1 247 BRL (environ 201 EUR) pour une unité plus grande de trois chambres, en plus des lignes distinctes d'IPTU ; ces montants doivent être confirmés annonce par annonce avant l'achat. L'assurance habitation, librement fixée par les assureurs, peut commencer autour de 10 BRL (environ 1,6 EUR) par mois, avec une moyenne annuelle généralement comprise entre 400 et 500 BRL (environ 65 à 81 EUR), selon l'assureur, le niveau de couverture et les caractéristiques du bien.

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Après l'achat d'un bien immobilier au Brésil

La signature de l'acte n'épuise pas les démarches administratives. La première étape pratique consiste à transférer ou ouvrir les comptes auprès des fournisseurs locaux d'électricité, d'eau, de gaz et d'internet desservant la municipalité, en utilisant les informations du bien telles qu'enregistrées à l'escritura et au Registro de Imóveis, plutôt que de se fier uniquement aux factures laissées par le vendeur.

Pour un appartement ou une copropriété fermée, il convient de signaler le changement de propriétaire au síndico (le gestionnaire de la copropriété) après le transfert, afin que les charges et les avis soient bien adressés au nouveau propriétaire, et de vérifier, lors de la remise des clés, que les charges de copropriété du vendeur ont été réglées jusqu'à la date du transfert.

L'étape qui protège réellement la propriété reste l'enregistrement du transfert auprès du Cartório de Registro de Imóveis compétent, attesté par l'Escritura Pública ou le Contrato de Compra e Venda ; le nouvel identifiant CIB s'ajoute au dossier du bien, il ne remplace pas cet enregistrement. Un propriétaire non-résident a intérêt à conserver le contrat de change original et les preuves de paiement de l'achat, puisque le règlement est passé par un établissement autorisé à opérer sur le marché des changes brésilien ; cette trace compte pour la gestion patrimoniale ultérieure et pour prouver l'origine des fonds.

Un particulier ou une entité résidant à l'étranger qui détient un bien immobilier au Brésil doit être inscrit au CPF ou au CNPJ ; cette identification est requise pour les opérations immobilières impliquant des participants étrangers, y compris pour la déclaration au système DIMOB de la Receita Federal. La mise en location d'un bien via une agence relève de la Lei do Inquilinato (la loi brésilienne sur les baux) et constitue une relation de consommation entre le propriétaire, l'agence et le locataire.

Pour une construction, une extension ou une rénovation importante, il faut vérifier les règles propres à la municipalité auprès de la préfecture locale, notamment si le programme est régularisé, si une escritura existe, et si le terrain se situe dans une zone de protection des sources d'eau ou une aire de protection environnementale soumise à des restrictions de construction.

En cas de revente, les crédits fiscaux et les charges liés au bien se transmettent à l'acheteur, sauf preuve que le titre en cours a déjà été réglé : un vendeur doit donc disposer d'une preuve à jour de règlement des taxes et charges liées au bien avant l'acte et l'enregistrement. Les offices d'enregistrement doivent par ailleurs transmettre trimestriellement à la corregedoria de la justice de l'État et au ministère de l'Agriculture la liste des acquisitions de terres rurales par des personnes ou entités étrangères, ce qui signifie qu'une revente rurale par un propriétaire étranger peut faire l'objet d'une vérification documentaire supplémentaire.

À partir de janvier 2027, le CIB (Cadastro Imobiliário Brasileiro) devra être référencé pour vendre, acheter ou donner un bien, obtenir un financement immobilier, régulariser des travaux ou demander un habite-se municipal (le certificat d'occupation délivré pour une construction achevée ou rénovée).

Foire aux questions

Oui. Les étrangers peuvent généralement acheter des biens immobiliers urbains au Brésil sans condition de résidence. Les terrains ruraux relèvent d'un régime différent et peuvent nécessiter une autorisation de l'INCRA selon la taille et la localisation du terrain. Un numéro de CPF est indispensable pour disposer de droits immobiliers enregistrables.
Oui, un achat à distance est possible grâce à une procuration donnée à un procurador, qui peut signer l'acte et effectuer l'enregistrement au nom de l'acheteur. Les documents établis à l'étranger à cette fin doivent généralement être apostillés ou légalisés par un consulat brésilien.
Non, pas automatiquement. Acheter une propriété ne donne pas, en soi, le droit de vivre au Brésil. Une filière distincte de résidence par investissement immobilier existe sous la Résolution normative 36/2018, mais elle nécessite une demande à part et un investissement minimum compris entre 700 000 BRL et 1 000 000 BRL selon la région.
Le délai varie selon l'enregistrement du CPF, les vérifications préalables, le rendez-vous chez le notaire pour l'acte public et le délai de traitement du registre immobilier. Pour un achat rural nécessitant une autorisation de l'INCRA, il faut ajouter le délai d'examen par l'unité INCRA de l'État concerné, ainsi que le délai de publication au Journal officiel fédéral.
Un compte local n'est pas confirmé comme obligatoire. Un non-résident peut payer directement depuis un compte en reais s'il en détient un, ou transférer des fonds à un procurador qui contracte l'opération de change auprès d'une institution autorisée et règle le vendeur en reais.
L'accès au crédit dépend de l'analyse bancaire plutôt que d'une règle automatique. Le processus de financement de la Caixa Econômica Federal évalue la documentation de l'acheteur, du vendeur et du bien avant d'accorder le crédit, avec la même méthode d'évaluation appliquée à tout demandeur.
Les coûts additionnels représentent généralement 4 % à 6 % du prix, couvrant l'ITBI (2 à 4 %), les frais de notaire (0,5 à 1,5 %) et les frais d'enregistrement (0,5 à 1,5 %), auxquels s'ajoutent d'éventuels honoraires d'avocat négociés séparément.
Il n'existe aucune obligation légale d'engager un avocat, mais c'est une pratique courante. Un avocat indépendant vérifie le titre, le statut du registre, l'autorité du vendeur, les dettes et les termes du contrat uniquement dans l'intérêt de l'acheteur, puisque l'agent immobilier représente généralement le vendeur.
Les biens urbains ordinaires ne comportent aucune restriction géographique générale à l'égard des acheteurs étrangers. Les restrictions se concentrent sur les terrains ruraux, la bande frontalière et les zones jugées sensibles pour la sécurité nationale, où une autorisation de l'INCRA ou l'accord du Conseil de défense nationale est requis.
Les propriétaires paient l'IPTU municipal annuel, calculé sur la valeur locale du bien. En cas de location, les revenus locatifs sont soumis à une retenue de 15 % (25 % pour les résidents de juridictions à fiscalité privilégiée) ; en cas de revente, les plus-values sont taxées progressivement de 15 % à 22,5 % ; et les successions ou donations relèvent de l'ITCMD, plafonné à 8 % par les États.
Oui. Un propriétaire non-résident qui loue son bien voit son procurador retenir l'impôt à la source à 15 % (ou 25 % pour les résidents de juridictions à fiscalité privilégiée) sur le revenu locatif net, et doit être enregistré au CPF ou CNPJ. Les locations effectuées via une agence relèvent de la Lei do Inquilinato.
Lors de la revente, les crédits d'impôt et les charges impayés liés au bien se transmettent à l'acheteur, sauf preuve de paiement par le vendeur, ce qui nécessite une régularisation fiscale et registrale à jour avant la finalisation. Le produit de la vente peut être rapatrié à l'étranger par une institution autorisée à opérer sur le marché des changes.
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Nous faisons de notre mieux pour que les informations fournies dans nos guides soient précises et à jour. Si vous avez toutefois relevé des inexactitudes dans cet article, n'hésitez pas à nous le signaler en laissant un commentaire ci-dessous et nous y apporterons les modifications nécessaires.
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Veedushi Bissessur
À propos de l'auteur

Journaliste de formation, titulaire des DALF C1 et C2 et diplômée de l'Université de Maurice, je cumule près d'une vingtaine d'années d'expérience en rédaction. Après six ans dans la presse mauricienne, j'ai rejoint Expat.com, où j'évolue depuis une douzaine d'années, dont cinq en tant qu'assistante éditoriale, et à présent responsable éditoriale.

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