En Allemagne, un tout petit village est devenu un énorme symbole pour les défenseurs du climat. Alors que la COP 27 se poursuit en Égypte, des militants occupent Lützerath, près de Cologne. Ils protestent contre la disparition programmée du village pour permettre l’extension d’une mine de charbon.
Les slogans sur les pancartes et les affiches sont souvent les mêmes : "Lützerath doit vivre", "Ici se décide l’avenir de la planète" ou encore "Pas de charbon pour RWE". RWE est l’exploitant de la mine. "Elle est assez impressionnante. Elle fait environ 300 mètres de profondeur, à ciel ouvert" détaille Alma, une jeune militante venue de France. La mine forme un cratère dans lequel le groupe puise chaque année plusieurs millions de tonnes de lignite. "On est ici, on occupe le village, pour empêcher que la mine continue plus loin que Lützerath".
Alma, la militante française (à gauche) et Julia, l'Allemande. Toutes les deux déterminées à sauver Lützerath.
Alma occupe le site à mi-temps, comme elle dit, quelques jours par semaine, aux côtés d’une centaine de militants. Ils sont installés dans les maisons abandonnées au milieu de la forêt ou dorment dans les tentes ou les cabanes de bois et de tôle construites dans les arbres, à six mètres du sol, pour empêcher la police de les déloger.
"Trahison" des Verts
Grâce aux panneaux solaires qu’ils ont installés, les militants sont autonomes en énergie. Tous, comme Julia, critiquent "la trahison" des Verts qui ont autorisé l’exploitation de la mine jusqu’en 2030, synonyme de disparition du village. "Ce que les Verts ont accordé à RWE, c’est d’exploiter 280 millions de tonnes. Et les Verts tentent de faire passer ça pour une victoire. Ils disent : on a avancé la sortie du charbon de 2038 à 2030 mais en réalité, ça veut dire qu’il va y avoir plus d’extractions de charbon chaque année le temps de la crise énergétique. On a beaucoup vu les Verts pendant la campagne électorale, ils sont venus ici et ont affiché leur solidarité avec notre mouvement. Maintenant qu’ils sont élus, ils veulent raser Lützerath. Évidemment que ça me rend furieuse !"Le compromis validé par les Verts prévoit de sauver cinq villages des environs. Mais pour alimenter les centrales, le charbon contenu dans le sol de Lützerath est nécessaire car d’autres mines de la région doivent prochainement fermer. Achim a déménagé il y a déjà plusieurs années. Avec son épouse, il a fait construire un pavillon à quelques kilomètres. Évidemment, Achim a quitté son ancienne maison à contrecœur mais il dit qu’il comprend la situation. "Nous vivons une crise énergétique. La situation est particulière et on a besoin d’un endroit d’où extraire le charbon pour devenir indépendant, énergétiquement. Il faudrait que chacun mette du sien pour ne pas aggraver encore la crise énergétique que l’on traverse. Si on boycotte toujours tout, les éoliennes etc… On ne sortira jamais de la dépendance. Et on devra toujours faire appel aux autres pays pour acheter de l’énergie".
"J'aimerais bien rester si c'était encore possible"
Le dernier habitant de Lützerath a quitté sa ferme début octobre. Pendant des semaines, Eckhard Heukamp, 58 ans, s’est opposé à l’extension de la mine. La justice a fini par l’expulser alors que les pelleteuses étaient à 50 mètres de sa ferme. "Je suis à Lützerath depuis plus de cinquante ans, j’y avais mon entreprise. Il y avait le calme, la nature et puis aussi les souvenirs de famille. Je représente la 4e génération. Je ne voulais pas partir et j’aimerais bien rester si c’était encore possible. RWE m’a donné d’autres terres mais le problème c’est qu’il n’y a pas d’eau, il n’y a pas de nappes phréatiques". Sur le site, les excavatrices continuent à faire entendre le grondement de leur moteur jour et nuit.Le compromis validé par les Verts prévoit de sauver cinq villages des environs. Mais pour alimenter les centrales, le charbon contenu dans le sol de Lützerath est nécessaire car d’autres mines de la région doivent prochainement fermer. Achim a déménagé il y a déjà plusieurs années. Avec son épouse, il a fait construire un pavillon à quelques kilomètres. Évidemment, Achim a quitté son ancienne maison à contrecœur mais il dit qu’il comprend la situation. "Nous vivons une crise énergétique. La situation est particulière et on a besoin d’un endroit d’où extraire le charbon pour devenir indépendant, énergétiquement. Il faudrait que chacun mette du sien pour ne pas aggraver encore la crise énergétique que l’on traverse. Si on boycotte toujours tout, les éoliennes etc… On ne sortira jamais de la dépendance. Et on devra toujours faire appel aux autres pays pour acheter de l’énergie".
"J'aimerais bien rester si c'était encore possible"
Le dernier habitant de Lützerath a quitté sa ferme début octobre. Pendant des semaines, Eckhard Heukamp, 58 ans, s’est opposé à l’extension de la mine. La justice a fini par l’expulser alors que les pelleteuses étaient à 50 mètres de sa ferme. "Je suis à Lützerath depuis plus de cinquante ans, j’y avais mon entreprise. Il y avait le calme, la nature et puis aussi les souvenirs de famille. Je représente la 4e génération. Je ne voulais pas partir et j’aimerais bien rester si c’était encore possible. RWE m’a donné d’autres terres mais le problème c’est qu’il n’y a pas d’eau, il n’y a pas de nappes phréatiques". Sur le site, les excavatrices continuent à faire entendre le grondement de leur moteur jour et nuit.Le compromis validé par les Verts prévoit de sauver cinq villages des environs. Mais pour alimenter les centrales, le charbon contenu dans le sol de Lützerath est nécessaire car d’autres mines de la région doivent prochainement fermer. Achim a déménagé il y a déjà plusieurs années. Avec son épouse, il a fait construire un pavillon à quelques kilomètres. Évidemment, Achim a quitté son ancienne maison à contrecœur mais il dit qu’il comprend la situation. "Nous vivons une crise énergétique. La situation est particulière et on a besoin d’un endroit d’où extraire le charbon pour devenir indépendant, énergétiquement. Il faudrait que chacun mette du sien pour ne pas aggraver encore la crise énergétique que l’on traverse. Si on boycotte toujours tout, les éoliennes etc… On ne sortira jamais de la dépendance. Et on devra toujours faire appel aux autres pays pour acheter de l’énergie".
"J'aimerais bien rester si c'était encore possible"
Le dernier habitant de Lützerath a quitté sa ferme début octobre. Pendant des semaines, Eckhard Heukamp, 58 ans, s’est opposé à l’extension de la mine. La justice a fini par l’expulser alors que les pelleteuses étaient à 50 mètres de sa ferme. "Je suis à Lützerath depuis plus de cinquante ans, j’y avais mon entreprise. Il y avait le calme, la nature et puis aussi les souvenirs de famille. Je représente la 4e génération. Je ne voulais pas partir et j’aimerais bien rester si c’était encore possible. RWE m’a donné d’autres terres mais le problème c’est qu’il n’y a pas d’eau, il n’y a pas de nappes phréatiques". Sur le site, les excavatrices continuent à faire entendre le grondement de leur moteur jour et nuit.Le compromis validé par les Verts prévoit de sauver cinq villages des environs. Mais pour alimenter les centrales, le charbon contenu dans le sol de Lützerath est nécessaire car d’autres mines de la région doivent prochainement fermer. Achim a déménagé il y a déjà plusieurs années. Avec son épouse, il a fait construire un pavillon à quelques kilomètres. Évidemment, Achim a quitté son ancienne maison à contrecœur mais il dit qu’il comprend la situation. "Nous vivons une crise énergétique. La situation est particulière et on a besoin d’un endroit d’où extraire le charbon pour devenir indépendant, énergétiquement. Il faudrait que chacun mette du sien pour ne pas aggraver encore la crise énergétique que l’on traverse. Si on boycotte toujours tout, les éoliennes etc… On ne sortira jamais de la dépendance. Et on devra toujours faire appel aux autres pays pour acheter de l’énergie".
"J'aimerais bien rester si c'était encore possible"
Le dernier habitant de Lützerath a quitté sa ferme début octobre. Pendant des semaines, Eckhard Heukamp, 58 ans, s’est opposé à l’extension de la mine. La justice a fini par l’expulser alors que les pelleteuses étaient à 50 mètres de sa ferme. "Je suis à Lützerath depuis plus de cinquante ans, j’y avais mon entreprise. Il y avait le calme, la nature et puis aussi les souvenirs de famille. Je représente la 4e génération. Je ne voulais pas partir et j’aimerais bien rester si c’était encore possible. RWE m’a donné d’autres terres mais le problème c’est qu’il n’y a pas d’eau, il n’y a pas de nappes phréatiques". Sur le site, les excavatrices continuent à faire entendre le grondement de leur moteur jour et nuit. Amaka, qui a rejoint il y a deux semaines le groupe de militants dans les bois de Lützerath, estime que l’Allemagne ne respecte pas les accords de Paris sur le climat. "Pour respecter la limite d’un degré et demi, on n’a plus le droit de brûler de charbon et donc on n’a plus besoin de Lützerath. Mais si RWE continue à creuser, alors une grande quantité de charbon sera encore consommée et on ne pourra plus contenir la crise climatique. Et ça, nous ne l’acceptons pas et nous allons continuer à nous battre aussi longtemps qu’il le faudra".
Les militants s’attendent à être évacués dans les prochaines semaines. Ils s’y sont préparés et ont simulé l’intervention de la police. Le jour venu, 10 000 personnes ont promis de venir leur prêter main forte. https://www.radiofrance.fr/francecultur … on-7219600 .jean luc