Bonjour à tous,
Effectivement comme le demande Carlos, je me dois quand même de raconter un peu notre expérience pour en faire profiter ceux qui envisageraient de se lancer dans l'"aventure".
Alors tout d'abord, d'un point de vue pratique, bébé est né à la maternité Saude da Criança, une des meilleures maternités de Belém. Maternité un peu "usine" car beaucoup de naissances mais où tout est très pro. Cela nous a coûté environ 5000 R$ (entre 1700 et 2000 selon le cours du reais, très fluctuant en ce moment) correspondant à 2500 R$ de frais d'hospitalisation, 2000 R$ de gynéco et 500 R$ d'anesthésiste.
D'un point de vue factuel maintenant :
AVANT :
Nous avions visité la maternité quelques semaines avant, bien repéré l'adresse et évalué le temps de trajet. Malgré notre désir d'accouchement naturel (et donc d'imprévu), pas besoin de réserver selon notre gynéco, car comme nous payions comptant (convenio particular), il y a toujours des lits de dispos pour les personnes comme nous.
Comme il n'existe pas de sage femme, nous avions pris une kiné qui faisait des cours d'accouchement, plus quelques massages de relaxation à ma femme et qui nous a également donné quelques conseils pour les premiers jours avec bébé. Je pense qu'elle est venue 5 ou 6 fois pour un coût total d'environ 1000 R$ (350 à 400 ). Elle nous a également a également accompagné à la clinique lors des contractions de ma femme et est revenue le lendemain de l'accouchement pour lever ma femme de son lit, le tout étant compris avec les cours d'accouchement.
Ma femme était suivi par une gynéco au top, que l'on voyait régulièrement et qui était dispo pour toutes questions ou doutes.
LE JOUR J :
Ma femme a perdu les eaux vers 2h30 du mat', appel à la gynéco qui nous dit de ne pas paniquer et d'attendre vers 8h du matin et de venir à son cabinet. Bon là en fait on a un peu paniqué car on avait souvent entendu et lu en France qu'il fallait aller à la maternité dès la perte des eaux notamment pour éviter les risques d'infection. On a donc un peu attendu mais le stress montant on est quand même parti vers 5h à la clinique histoire de nous soulager et de vérifier que tout allait bien. On nous a très bien accueilli malgré l'heure, installé dans une première pièce où une infirmière est venue rapidement osculté le col de ma femme et écouter les battements du coeur du bébé. Ensuite, après avoir payé, on nous a installé dans une chambre où on nous a dit d'attendre la gynéco.
Je fais une petite parenthèse sur le paiement. On est tellement habitué à ne rien payer en France concernant les soins médicaux qu'on aurait tendance à arriver en "slip" à la clinique ou à s'étonner de devoir payer avant de reçevoir les soins. Mais attention, au Brésil, comme dans tous les pays avec un système de soin privé, pas de soin sans avoir payé donc prévoir toujours du cash (pour ceux qui n'ont pas comme nous d'assurnace et/ou de compte en banque brésilien) !
On attend donc la gynéco qui débarque vers 7h30 et confirme le diagnostic de l'infirmière : col pas ouvert mais bébé toujours en forme. Du coup, on a branché ma femme sous Ocytocine pour déclenché les contractions. Arrivé Midi (et après 3h de contractions douloureuses pour ma femme), la gynéco revient, osculte ma femme et là le couperet tombe : col à peine ouvert ! Donc 2 possibilités : ou la césarienne immédiate ou attendre encore 6-7 h de contractions sans certitude que tout soit opérationnel à ce moment et qu'il ne faille pas recourir à la césarienne. A cette annonce, j'ai vu le visage de ma femme se liquéfier, mélange de douleurs et de désespoir, donc on a opté pour la césarienne immédiate un peu à contre-coeur.
On l'a chargé sur le brancard à 12h30 et à 13h10 notre petit garçon naissait.
Moment fabuleux que cette naissance car il faut noter que, à priori contrairement en France, j'ai pu assisté à l'intégralité de l'opération, d'abord au côté de ma femme derrière un champ (qui l'empêchait elle de voir mais je peux vous dire que moi j'ai tout vu !) puis au côté de la gynéco lorsque que celle-ci retirait mon fils du ventre de sa mère. Moment fabuleux bien entendu si on ne craint pas la vue du sang et sa femme se faire charcuter. 
Si sur le coup, pris dans l'inquiétude et la joie du moment nous nous en sommes pas préoccupés, il est somem toute assez bizarre pour les grands hypocondriaques que nous sommes nous européens de voir que, même si je n'ai bien évidemment pas participé à la chirurgie, je suis rentré sans me laver les mains et que personne ne m'a obligé à mettre mon masque que j'avais oublié dans l'excitation du moment. De plus, la porte du "bloc" est resté ouverte tout du long permettant aux gens de tout voir mais surtout à certains personnes d'aller et venir.
A LA MATERNITE :
Après l'accouchement, on a redescendu tout ce petit monde dans la chambre et on a passé 48h à la clinique. A noter que pendant ces 48h, tout le personnel a été au petit soin avec nous, malgré le fait que notre portuguais été encore un peu limité, et a répondu à toutes nos peurs et nos questions quelque soit l'heure du jour ou de la nuit. C'est le matin de la sortie qu'on a enfin revu la pédiatre (pas vu depuis la naissance). Elle n'a même pas osculté notre bébé et s'est contenté de nous demander si il allait bien pour signer l'autorisation de sortie
. 48h cela paraît effectivement très court pour nous français et je rebondis sur les propos de benj77 : je confirme que ça ne l'ai pas du tout pour les brésiliens !
LE RETOUR A LA MAISON :
Nous nous sommes retrouvés bien seuls à la maison avec un bébé de seulement 2 jours. N'ayant pas de famille qui puisse venir, nous avons dû gérer ce petit bout et la fatigue. Un premier mois très difficile. Nous avons bien pris quelqu'un de temps en temps pour la nuit, afin de se délester un peu mais difficile de dormir quand on laisse son petit bout à une personne "étrangère".
LA SUITE :
D'un point de vue du suivi de la santé du bébé, quelques points :
- Les vaccins : ne pas hésitez à faire ça à la clinique. Au moins c'est fait et cela évite de courir après les rendez-vous par la suite alors que tout le monde est fatigué.
- Les tests du bébé : une belle arnaque à mon sens ! Je dirai qu'un bon pédiatre est tout à fait capable de les faire (je me rapellerai toujours du dr qui secoue une cloche près des oreilles de mon fils pour voir s'il réagit, le tout pour 200 R$...).
- Les pédiatres justement : Bon on a tout de suite zappé la pédiatre de la maternité et on a finalement dû passer chez 2 pédiatres de plus pour enfin en trouver une qui l'a osculté en long et en large. Elle l'a retourné dans tous les sens (différents réflexes, mesures des membres, palpations des organes du ventre et des testicules, etc...) alors que les autres se contentaient de le peser et le mesurer.
Concernant le suivi de ma femme, on a été très déçu par le comportement post-opératoire (et donc post-paiement) de la gynéco. Sa cicatrice n'était pas très belle et elle nous a pourtant conseillé d'attendre après avoir enlevé les points (alors que deux n'avaient pas fonctionnés notamment). On a donc dû prendre les choses en main nous même et je me suis improvisé infirmière à domicile (pose de strip, désinfection régulière, etc...).
Désolé pour ce récit exhaustif et un peu long mais tout ça pour montrer que la naissance de notre bébé s'est fait de haut et de bas. On s'est retrouvé face à des personnes très compétentes parfois, parfois moins, voire des personnes qui passaient entre les deux extrêmes ! Compte tenu des expériences vécues par des amis en France, je dirais donc que rien n'a vraiment été différents de la France.
Nous referions donc le même choix sous une condition cependant : que l'on s'assure de la présence d'au moins une de nos mères car rien ne remplace la présence de la famille dans ces moments là !
Si certains ont des questions plus spécifiques n'hésitez pas et je me ferai un plaisir de les aider si je le peux car il est vraiment agréable parfois d'avoir l'aide de gens qui sont déjà passés par là (même si il ne doit pas y avoir de française qui accouchent tous les jours à Belém !
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