Intéressant ce fil ou analyses plus ou moins micro-économiques et états d´âmes sur le Brésil s´entre-choquent.
Très curieuse façon entre-autres pour Chico Brasil de calculer le rendement d´un placement sans tenir compte de l´inflation...et donc sans la déduire !
L´inflation officielle, a savoir en langage populaire l´augmentation globale des prix, publiée par les autorités monétaires est en passe d´atteindre 9 % au Brésil. Si on obtient 9 % net de rendement sur un placement cela veut dire que ce rendement compense l´augmentation des prix. Donc si on retire ces 9% de rendement pour vivre plus rien ne compense l´érosion de notre capital. Autrement dit si on bouffe l´intérêt versé notre capital de départ perd en un an 9 % de son pouvoir d´achat, en clair on le croque ni plus ni moins. Raisonnement basique appliqué a tous les rendements mondiaux, car c´est le "net d´inflation" qui compte bien évidemment. Sans compter que l´inflation officielle est toujours inférieure à la réelle !
Et si on retire ses intérêts pour les dépenser ailleurs il n´en demeure pas moins qu´on bouffe son capital au Brésil !
Par ailleurs ce pays est en plein dans la nasse économique car très dépendant du reste du monde. Peu industrialisé son destin est lié à la vente de ses matières premières a l´étranger. Et dans le cas d´une grave dépression économique mondiale comme celle que l´on connait au jour d´hui les prix des matières premières s´effondrent, et donc ses fondamentaux s´écroulent.
Enfin il est vrai qu´il est très dépendant de la politique monétaire de la banque centrale américaine. Quand le Dollar coule a foison il se déverse sur sa banque centrale en quête de gros intérêts renforçant ainsi le Réal, et quand le robinet Dollar se réduit le pays connait la fuite des capitaux comme actuellement, et sa monnaie s´enfonce.
Donc voir à court ou moyen terme le Réal regrimper sur les grandes monnaies mondiales est une utopie. Ce n´est pas demain que l´économie planétaire rebondira (voir l´état de la Chine qui est son principal client), ni que le cours des matières regrimpera, ni que le Dollar spéculatif reviendra à foison.. De toute évidence le Réal va encore se dégrader par la sortie des capitaux. D´ailleurs il serait encore plus bas au jour d´hui si la banque centrale n´avait pas recommencé à le défendre récemment. Mais ces luttes ne durent jamais très longtemps.
Sans une reprise économique mondiale rapide, qui n´est que du rêve pour les sentimentaux, le pays présente un risque certain. Risque financier s´étendant à ses banques bien entendu et à ceux qui y ont placé leur argent. Ceci malgré une garantie bancaire qui n´est qu´illusion car constituée d´actifs papiers, bons et titres, qui dégringoleraient à coup sûr comme un château d´allumettes. L`histoire du Réal est donc fort mal engagée, et pour longtemps !
Je passe rapidement sur l´utopie des pousadas. Ce rêve sort tout droit du moyen âge. Il est analogue à celui des chambres d´hôtes en France il-y-a quinze/vingt ans. Activité dans laquelle s´est perdu beaucoup d´argent par des particuliers qui voulaient avoir une vie agréable et rémunératrice. Hélas ce ne fut quasiment jamais le cas ! L´hôtellerie n´étant rentable qu´à partir d´un certain niveau d´investissement et de concepts très finement étudiés et très professionnels, apanage de grands groupes mondiaux. Ne parlons pas de la restauration qui est mortelle si on est n´importe quel quidam dans le domaine, et qu´on n´a aucune plus-valu réelle a apporter par rapport à la concurrence..
Quant aux autres activités, elles ne sont eux aussi rentables qu´à partir d´investissements dépassant généralement les possibilités d´un particulier, a savoir souvent 300 000 euros maximum. Bref, le Brésil comme d´autres pays récemment encore considérés comme des "Eldorados" ne sont essentiellement que des pièges, dans lesquels tombent des gens souvent sans compétences approfondies, beaucoup trop étrangers a l´économie mondiale, a la macro-économie des pays, à l´analyse de leur fonctionnement financier, et donc à leurs risques. Ces gens là ne voient rien venir.
Il faudra beaucoup plus que 4 ou 5 ans pour voir l´économie mondiale prendre sa nouvelle orientation. A voir où les investissement majeurs sont faits cette économie se passera à l´évidence d´un très grand nombre d´hommes au travail. Et le Brésil ne sera pas plus indépendant qu´au jour d´hui du reste du monde. Au contraire, il en sera encore plus dépendant. Car il ne fera que suivre l´évolution globale et les aléas de la demande mondiale en ses produits de base.
A part d´y aller en vacance ou y passer des mois de villégiature, le seul horizon sérieux c´est de d´y installer en tant qu´expatrié employé d´un grand groupe étranger, envoyé sur place grâce à ses compétences, et a la maîtrise du Portugais mais aussi très souvent de l´Anglais. Et encore dans ce cas, faut-il faire une nette différence avec les compétences brésiliennes sur place et donc moins chères que celles d´un expatrié.
Phrase tant de fois reprise de Clemenceau il-y-a un siècle : " le Brésil est un pays d´avenir et il le restera longtemps !"... Disons que cent ans après c´est toujours un pays pour visiter ce qu´il a de beau à voir et y passer du bon temps...à condition d´y aller dans de bonnes conditions matérielles, et être prudent. Ce n´est devenu en gros rien de plus ! Et ceci pour des années...et des années...et des années encore.
Le Brésil ira mieux quand le monde ira mieux. Et il aura encore beaucoup de chemin à faire pour être comparé à d´autres pays. Désolé d´avoir contrarié sans doute ceux qui rêvent encore d´y trouver autre chose, hélas ils sauront faire leur addition un jour. Qu´íls en profitent cependant pour ce qu´il a de bon, sans se pourrir la vie et y perdre leurs quelques deniers, tant qu´íls le peuvent et si ils le peuvent..
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