Zoom sur l'environnement des affaires à Maurice

  • Catherine Dubreuil-Mitaine
Interview
Publié il y a 2 mois

Catherine Dubreuil-Mitaine, serial entrepreneure franco-américaine née en Autriche, a passé de nombreuses années à l’étranger : Paris, Berlin et Mexique entre autres. Suite à son installation à La Réunion en 2011, elle met le cap sur l’île Maurice, où elle fonde, avec l'une de ses amies, rencontrée lors de son MBA, une société spécialisée dans l'accompagnement des entreprises souhaitant investir et s’implanter dans l’Océan Indien et en Afrique subsaharienne. Aujourd'hui, Présidente de la Chambre de Commerce et d’Industrie France-Maurice (CCIFM) et responsable de la commission « Relations Régionales » de la CCIFM, elle nous livre ses impressions sur l'environnement des affaires à Maurice et parle des avantages de s’y implanter, investir, ainsi que de ses différentes missions.

Qu'est-ce qui vous a attiré vers l’île Maurice ?

Je suis dans la zone Océan Indien depuis 2011. En effet, je me suis d'abord installée à l’île de la Réunion en 2011 après avoir travaillé plus de 5 ans à Paris La Défense. Ce qui m'a immédiatement attirée vers l’île Maurice est son ouverture vers l'international et côté bilingue de l’île. Un véritable positionnement stratégique à la croisée de zones en croissance.

Comment s'est passée votre transition sur l’île Maurice en termes professionnels après votre passage à La Réunion ?

A La Réunion, j'occupais un poste de responsable clientèle-entreprise au sein de la BRED (groupe BPCE). J'ai ensuite décidé de me mettre à mon compte et créer ma propre structure en ingénierie financière pour optimiser la recherche de financement pour les entrepreneurs. J'ai à ce titre accompagné plusieurs projets à La Réunion et à Madagascar. En parallèle, j'ai effectué un Executive MBA à l'île Maurice, ce qui m'a permis de m’y rendre une fois par mois. J'ai été séduite par l'environnement des affaires mauricien, le dynamisme, et l’ ouverture à l'international. J’ai ainsi tout naturellement souhaité m'installer à Maurice et eu l’opportunité de m'associer avec Vanndana, rencontrée lors de mon MBA. Nous avons créé notre société, M&S Capital Partners, en 2013 et démarré avec une mission d’accompagnement à l’introduction en bourse d’un de nos clients.

Avez-vous eu des difficultés à vous adapter sur le plan personnel ?

L'avantage que j'ai eu, c’était justement le fait d’avoir pu me rendre à l’île Maurice à plusieurs reprises, une fois par mois, et ainsi commencer à développer mon tissu relationnel et me familiariser avec l’île, de manière progressive. Il est vrai que l'on reste toujours étranger, mais en dépit du fait que la famille soit loin, j'ai pu rapidement trouver une famille de substitution. J'ai ici une « tantine », ainsi qu’une « cousine », ce qui m'a permis de m’intégrer plus facilement. Il y a aussi la formidable ouverture d'esprit et sens de l’accueil et générosité des Mauriciens. En tant qu’expatrié, il est important de rester humble. Nous ne sommes pas là pour juger ou critiquer mais pour, autant que possible, apporter une valeur ajoutée au pays qui nous accueille. J'apprécie énormément la consultation pré-budgétaire annuelle, lors de laquelle chacun peut apporter sa pierre à l’édifice à travers de nouvelles idées, propositions et retours d’expérience. Le but est d'avancer ensemble pour que l'environnement des affaires mauricien soit encore plus attractif puisqu'il faut toujours garder en tête que Maurice est une petite île au milieu de l’océan Indien et qu'il faut sans cesse se remettre en question afin de rester dans la course internationale. Il est important d’échanger et de travailler tous ensemble sur des sujets de fond avec une vision.

Qu'est-ce qui vous a le plus surpris à votre arrivée à l’île Maurice ?

La facilité avec laquelle les Mauriciens passent de l'anglais au français. C'est assez surprenant parce qu'on peut effectuer un entretien en français de manière très fluide et spontanée et, par la suite, échanger en anglais par courriel. Cela ne me dérange pas, puisque je suis à moitié américaine, mais cela peut s’avérer compliqué pour certains Français. Dans les journaux, on peut voir des articles à la fois en français, en anglais et en créole. C'est non seulement surprenant, mais aussi enrichissant. Il y aussi tous ces aspects culturels très riches, comme les différents jours fériés. Je trouve cela très intéressant que le calendrier des jours fériés change chaque année. Par exemple, le 15 août n'est pas férié chaque année. Pour ma part, j'imprime le calendrier des jours fériés mauriciens et j'essaye de comprendre à quoi correspond chacun d'entre eux.

Qu'est-ce que vous appréciez particulièrement à l'île Maurice ?

Ce que j’apprécie particulièrement, c'est justement tout ce dynamisme, cette énergie, sans oublier la qualité de vie, la volonté de toujours se surpasser et d'avancer puisqu'on n'a pas le choix de toute façon. Comme Maurice est une petite île de l’océan Indien, personne ne nous attend au niveau international. Il y a sans cesse de nouveaux projets en cours ou à explorer. En ce moment, on parle beaucoup du concept de « Smart Island », de « blockchain » et d'intelligence artificielle. Je trouve que l’île est dotée d’un formidable esprit entrepreneurial. N'oublions pas l'afflux d’expatriés venant de différents pays. Il y a effectivement une grande communauté française, mais également différentes nationalités qui y sont installées. Il y a une réelle ouverture internationale que, personnellement, j'ai moins ressentie à La Réunion qui est plus liée à la métropole, qui est vue comme une destination export pour le marché réunionnais.

Quel est, selon vous, le secret d'une expatriation réussie à Maurice ?

Une expatriation, c'est toujours un projet de vie. Bien souvent, on part avec un projet « idéal » en tête. En général, cela ne se passe pas comme prévu. Quand on rencontre des personnes souhaitant s’installer à Maurice, on leur suggère d’y venir plusieurs fois en vacances avant de valider leur projet. Il faut être bien informé en amont sur son futur statut et savoir comment s'installer à l’île Maurice, surtout d'un point de vue administratif. Il faut que les choses soient carrées au niveau des permis pour travailler et différentes autorisations. Certaines personnes font trop rapidement confiance. On peut vite se retrouver dans une situation complexe, à plus de 10 000 km de la France. Il est vrai qu'on parle français à Maurice, mais il faut se rendre à l'évidence qu’il y a des nuances au niveau du langage sans oublier qu'il s'agit d'un État indépendant avec ses propres lois. Il faut bien évidemment bien définir son projet et étudier sa faisabilité. C'est différent si l'on vient passer sa retraite à l’île Maurice ou en tant qu'entrepreneur ou rentier. Faire une étude de faisabilité du projet est indispensable, en tenant en compte les aspects réglementaires et la taille du marché. Se renseigner en amont vous évitera de vous retrouver dans des impasses et points de non retour. Au final, on se rend compte qu'on a perdu toutes ses économies et qu'il va falloir rentrer en France. On rencontre, hélas, régulièrement des personnes qui viennent s'installer en famille et qui se retrouvent dans des situations compliquées parce qu'elles ont mal préparé leur projet d'expatriation.

Comment voyez-vous les relations économiques entre la France et Maurice ?

Les relations entre la France et l’île Maurice sont très fortes. La France joue un rôle très important à Maurice à différents niveaux : celui du tourisme, avec les arrivées touristiques principalement de La Réunion, ainsi que du côté des investissements étrangers directs et échanges commerciaux. La plupart des IDE proviennent de l'investissement immobilier résidentiel, à savoir, les projets PDS (anciennement IRS et RES). De nombreux Français achètent des villas PDS à Maurice. Historiquement, les deux pays ont un partenariat de qualité qui perdure. C'est justement à ce niveau que la CCIFM joue un rôle important. D'ailleurs, nous avons récemment signé une convention de partenariat avec le BOI qui est aujourd'hui connu en tant qu'Economic Development Board de Maurice (EDB) afin de renforcer les relations entre nos institutions.

Pourquoi avez-vous choisi de rejoindre la CCIFM ?

Cela m'a paru naturel, étant Française. À l’étranger ou en France, j'ai toujours été impliquée dans le milieu associatif. Évidemment, lorsque l'on est entrepreneur et que l'on créée sa société à l’étranger, il est encore plus important de rejoindre un regroupement d'entrepreneurs ou une association professionnelle. J'ai donc rejoint la CCIFM en tant que membre au bout d'un an d’installation à Maurice. J'ai rapidement rejoint les différentes commissions ou groupes de travail au sein de la CCIFM pour apporter ma pierre à l’édifice et m'impliquer davantage. Cela m'a aussi paru une excellente façon de rencontrer d'autres entrepreneurs pour pouvoir échanger et faire du réseautage, être au fait de l’actualité économique et faire de la veille, et être impliquée au sein de ce tissu d'entrepreneurs.

Vous êtes aujourd'hui la Présidente de la Chambre de Commerce et d'Industrie France-Maurice. Quelles sont les principales missions de la CCIFM ?

Avant mon élection à la présidence de la CCIFM, on m'avait confié l'animation de la Commission Réunion-Maurice, puisque la CCIFM a un partenariat avec le Club Export Réunion, et organise annuellement des rencontres Réunion-Maurice sur le développement durable. J'ai souhaité élargir le périmètre d'intervention de cette commission à la zone océan Indien, de part le positionnement de Maurice comme plate-forme pour investir et se développer en Afrique. Aujourd'hui, il s'agit de la commission Relations régionales et internationales. Ensuite, à la fin du mandat de l'ancien Président, Denis Lacour, les administrateurs de la CCIFM m’ont élue en tant que présidente. Concrètement, mes missions sont axées sur différents niveaux. En termes de gouvernance, nous avons un conseil d'administration, avec 12 administrateurs, que je préside en y apportant ma vision et de nouvelles orientations stratégiques pour faire en sorte que la CCIFM qui a plus de 10 ans, avec 220 entreprises membres, continue de se développer et soit véritablement reconnue comme une porte d’entrée pour les prospects et investisseurs français, qu'elle soit de plus en plus présente dans le paysage économique mauricien, reconnue comme une institution à part entière et comme une entité viable économiquement. En effet, nous ne percevons aucun financement public. Nous faisons partie du réseau des CCIFI (Chambres de Commerce et d'Industrie françaises à l'international) qui sont aujourd'hui présentes dans 92 pays avec plus de 120 Chambres de Commerce à l'international. Nous faisons partie de cette grande famille et il est donc important qu'on soit en contact et qu'il y ait une synergie entre ces différentes entités. Au niveau local, je pense qu'il est également important de travailler de façon beaucoup plus conjointe avec à la fois la Chambre de Commerce et de l'Industrie Mauricienne (MCCI), l'EDB et Business Mauritius. Nous allons prochainement organiser un événement de networking avec la South African Chamber of Commerce et nous ouvrir vers d'autres chambres de commerce étrangères. L’idée est de permettre à nos membres de rencontrer et d’échanger avec d'autres communautés d'affaires. Nous avons d’ailleurs déjà organisé un événement de B2B avec Expat.com.

En quoi la CCIFM peut-elle venir en aide aux entrepreneurs souhaitant s'installer à l’île Maurice ?

Les entrepreneurs viennent nous voir avec de nombreuses questions quant à leur projet d’implantation : « Est-ce que je m'installe à Maurice, en Thaïlande ou ailleurs ? » Au sein de la CCIFM, on peut leur apporter le premier niveau d'information en répondant à des questions de base sur l'immigration et la création de sociétés, mais aussi sur les besoins du marché pour les aider à prendre la bonne décision. On leur remet aussi un guide synthétique : le guide de l'investisseur qui, justement, répond à ces questions fondamentales. Après, s'ils souhaitent approfondir un sujet, évaluer le potentiel ou la faisabilité de leur projet, on peut les mettre en relation avec différents experts pour les aider à pousser leur projet plus loin. Ils sont ainsi entre de bonnes mains pour bien démarrer leur aventure à Maurice en connaissance de cause.

Quels sont les projets que vous avez réalisé depuis votre élection et dont vous êtes particulièrement fière ?

Je suis très fière du partenariat signe avec l'EDB. Je pense qu'il est important que la CCIFM soit reconnue comme une institution à part entière à Maurice et que nos membres soient également intégrés dans des missions conjointes. Je tiens à rappeler que nous sommes également des entreprises mauriciennes. Il y a aussi cette ouverture avec la Chambre de Commerce et d'Industrie de l'Afrique du Sud, sans oublier le fait que nous ayons réussi à relancer la Commission RH-RSE. Il s'agit d'un sujet important sur lequel on doit se saisir en local afin de pouvoir y apporter de la valeur ajoutée. On travaille aussi sur des sujets tels que l'analyse de la loi de finances avec l'intervention de différents experts. C'est l'occasion pour nos membres de mieux appréhender un sujet, échanger entre eux et faire du réseautage. Les B2B avec d'autres associations sont importants pour sortir du schéma franco-français et ainsi s'ouvrir vers le paysage économique mauricien.

Sur le plan économique, l'île Maurice ambitionne de devenir un pont entre l'Afrique et l'Asie pour l'investissement. Comment voyez-vous l'entrepreneuriat à Maurice ? Quelles sont les principales différences avec la France, La Réunion ou d'autres pays occidentaux ?

Il est vrai que créer une société à Maurice est relativement simple, qu'il s'agisse de la réglementation ou du contexte fiscal et social. On peut avoir quelques interrogations sur les licences. Les choses devraient se clarifier très prochainement puisque l'Union européenne a accordé un budget à l'EDB pour développer une plate-forme de « E-licensing ». Cette plate-forme en ligne devrait faciliter l’accès aux licences et permis. Globalement, l'environnement des affaires à Maurice est très attractif. D'ailleurs, les choses s’améliorent d’année en année. Je dirai que l'entrepreneur peut allégrement se consacrer à son activité. Par contre, le recrutement peut être plus délicat en raison du manque de ressources et compétences en local. On trouve beaucoup de comptables et d'avocats généralistes, par exemple, mais on éprouve une plus grande difficulté à recruter des profils plus pointus. Il s'agit toutefois de choses dont le gouvernement mauricien a pris conscience, comme en témoigne la sortie de différents « schemes » dont on devrait voir les résultats prochainement, ainsi que les formations ciblées pour les jeunes. Il y a aussi cette ouverture à l'international qui permet de fluidifier le développement international de l'entreprise. On peut facilement créer une société à l'île Maurice pour faire des affaires à l'international grâce aux conventions fiscales qui sont en place, sans oublier le centre d’arbitrage de la MCCI. La Réunion, en revanche, ressemble plus à la métropole, avec l'UE, avec les barrières à l’entrée pour protéger l'industrie locale. Ce sont deux contextes vraiment différents, deux « business models » à part. Maurice a vraiment une carte à jouer sur son positionnement stratégique de centre financier, de hub vers l'international.

Quels sont les secteurs les plus prometteurs pour les entrepreneurs étrangers à l'île Maurice ?

De nombreux entrepreneurs venant à l’île Maurice font le choix de reprendre une affaire : un hôtel, un restaurant, une boutique etc. Dans la pratique, cela peut être plus compliqué, surtout par rapport au pouvoir d'achat local, aux investissements réalisés et aux licences. Les activités nautiques, par exemple, ne sont pas totalement accessibles aux ressortissants étrangers. Comme Maurice cherche à sortir du secteur BPO (Business Process Outsourcing) en raison de la concurrence avec d'autres pays tels que Madagascar où la main-d’œuvre est encore moins chère, elle souhaite à présent se positionner comme une « Smart Island » axée sur l'innovation. Dans le dernier budget, il était déjà question de « blockchain » et d'intelligence artificielle. Les entrepreneurs ayant des compétences dans ces secteurs d’activités sont très appréciés et très recherchés à Maurice. Il s'agit effectivement de compétences qui existent très peu ou pas du tout à Maurice. Cela fait donc partie de la stratégie du gouvernement de déployer plus de ressources vers ces secteurs à forte valeur ajoutée. On parle donc de start-ups, d'innovation, mais surtout de vrais projets à valeur innovante. Il ne s'agit pas tout simplement de nouvelles entreprises créées. Ce sont des sujets sur lesquels il y a pas mal de choses encore à faire. Il y a aussi des projets de coopération avec des îles, des projets de l'UE, des plateaux de recherche et de développement qui commencent à se mettre en place, ainsi que l'« innovator's permit ».

Quels sont les avantages de démarrer ses activités à l’île Maurice par rapport au reste de l'Afrique et de l'océan Indien ?

L'un des avantages non négligeables est la stabilité politique dont profite l’île Maurice. On parle toujours de l'Afrique comme un continent prometteur, à fort potentiel, mais on sait très bien qu'il y a un agenda politique qui fait que les choses peuvent rapidement changer du jour au lendemain, ce qui est moins le cas à Maurice. Évidemment, il y a des histoires partout et il ne faut pas se voiler la face. Mais pour avoir une expérience africaine, il est intéressant de commencer par Maurice. On peut, par exemple, commencer par structurer sa société à Maurice pour investir en Afrique au lieu d'y aller directement. L’île possède l’écosystème de prédilection pour rassurer les investisseurs et entrepreneurs.

Que ne doit-on pas oublier lorsque l'on fait des affaires à Maurice et qui diffère des autres pays/de la France (questions plus sur la culture des affaires/bonnes pratiques) ?

Quand on rentre vraiment dans le vif du sujet, il y a la négociation de contrat d'affaires, par exemple. Ici, tout se passe en anglais. Cela peut sembler être un petit détail mais il faut garder en tête que l'anglais est la langue des affaires à Maurice. Il y a aussi un côté hybride au niveau de la législation, sans oublier les négociations pré-budgétaires chaque année. D'une manière générale, les choses sont plutôt claires et transparentes. Je dirai qu'il n'y a pas de mauvaise surprise puisqu'on sait où on va. Avec la rationalisation au niveau de l'EDB, c'est-à-dire, la fusion de différentes entités, les entrepreneurs disposent à présent d'un « one-stop shop ».

Quels conseils donneriez-vous à celles et ceux qui souhaitent investir, créer ou développer une entreprise à Maurice ?

Si l'on souhaite se lancer dans l'entrepreneuriat, il faut garder en tête que personne ne nous attend puisqu'on est sur une île avec un petit marché, de 1,3 million d'habitants. Maurice est en effet une économie insulaire. Sans vouloir décourager les entrepreneurs, je pense qu'il est fondamental d’étudier le degré de réalisme et de faisabilité de leur projet, le « business model », ainsi que les secteurs porteurs. C'est un pays indépendant avec des réglementations spécifiques à respecter. Il faut aussi déterminer s'il est préférable d'adopter une stratégie régionale ou globale en utilisant Maurice comme une plate-forme sans s'y limiter au cas où le projet ne serait pas rentable. Il faut également se rendre sur place à plusieurs reprises pour voir si l'environnement des affaires, ou encore, la qualité de vie nous convient. Ensuite, il faudra faire le choix du statut de la société que l'on souhaite créer, si l'on préfère s'associer avec un Mauricien. Avoir un partenaire local peut vraiment être intéressant : cela peut faire gagner du temps et faciliter l’intégration. Pour ma part, je me suis associée avec Vanndana, franco-mauricienne, ce qui m'a permis de m’intégrer plus rapidement et d'avoir accès aux bonnes personnes. Maurice est comme un grand village, ce qui permet de connaître plus facilement les gens fiables et avec lesquelles travailler. Il faut aussi avoir un sentiment d’humilité, reconnaissant que l'on est dans un pays étranger, et se donner la chance d'apporter sa pierre à l’édifice, plutôt que comparer avec son pays d'origine et critiquer.

Quels sont vos projets d'avenir ?

Je trouve la zone océan Indien vraiment passionnante. D'ailleurs, je travaille sur des projets régionaux ainsi qu'avec l'Afrique du Sud et les Émirats Arabes Unis. Mes projets sont donc de continuer dans cette dynamique de positionner l’île Maurice sur la carte du monde comme une destination d'affaires, un centre financier, une destination « innovation start-up » et d'utiliser l’île comme une plate-forme. J'aime beaucoup cette énergie et ce dynamisme bien qu'initialement je n'avais pas de projet de venir vivre sur une île.