Le Pérou attire des travailleurs étrangers dans des secteurs aussi divers que les industries extractives, l'agriculture, les services et les nouvelles technologies. Pour exercer une activité rémunérée dans le pays, tout ressortissant étranger doit obtenir la calidad migratoria trabajador residente (statut migratoire de travailleur résident) avant de prendre son poste : la loi péruvienne l'impose explicitement, et l'employeur engage sa responsabilité contractuelle s'il laisse démarrer le travail sans ce statut en place. Le système péruvien repose non pas sur un visa de travail unique, mais sur des catégories migratoires à finalité spécifique, administrées par la Superintendencia Nacional de Migraciones.
Tout ressortissant étranger souhaitant exercer une activité rémunérée au Pérou, qu'il soit salarié ou prestataire indépendant, doit obtenir la calidad migratoria trabajador residente (statut migratoire de résident travailleur) avant de commencer à travailler. La loi péruvienne impose que chaque contrat de travail conclu avec un travailleur étranger inclue une clause par laquelle l'employeur s'engage à ne pas autoriser la prise de poste tant que le salarié ne dispose pas d'un statut migratoire habilitant.
Le système péruvien ne repose pas sur un visa de travail unique : il est structuré autour de calidades migratorias (statuts migratoires) propres à chaque situation professionnelle. L'autorisation d'entrée délivrée par un consulat péruvien à l'étranger et le statut accordé sur le territoire par la Superintendencia Nacional de Migraciones constituent deux procédures distinctes. Les candidats qui se trouvent encore à l'étranger déposent leur dossier auprès d'un consulat péruvien ; ceux qui résident déjà au Pérou sous un statut habilitant effectuent leur démarche en ligne via l'Agencia Digital de Migraciones.
Une entrée en tant que touriste n'ouvre aucun droit au travail rémunéré. Les ressortissants de la plupart des pays d'Amérique et d'Europe occidentale peuvent entrer au Pérou sans visa pour un séjour touristique, dans la limite de 183 jours non prolongeables. Toute personne qui envisage de travailler doit solliciter le statut migratoire approprié, soit avant l'arrivée auprès d'un consulat, soit depuis le territoire péruvien si elle dispose déjà d'un statut habilitant.
Les ressortissants d'Argentine, de Bolivie, du Brésil, du Chili, de Colombie, de l'Équateur, du Paraguay, de l'Uruguay et du Venezuela peuvent entrer au Pérou avec leur seule pièce d'identité nationale pour un séjour touristique. Les ressortissants des pays d'Amérique latine bénéficient par ailleurs de l'Acuerdo sobre Residencia en el Mercosur (accord de résidence du Mercosur), un cadre régional prévoyant une résidence temporaire pouvant aller jusqu'à deux ans dans les États participants, ce qui peut faciliter la transition vers un statut de résident travailleur.
Pour les démarches effectuées depuis le Pérou, le demandeur doit être physiquement présent sur le territoire au moment du dépôt et ne peut pas se faire représenter par un mandataire.
Bon à savoir :
Le temps passé sous un statut migratoire temporaire (calidad migratoria trabajador temporal) ne compte pas dans le calcul de la durée de résidence requise pour accéder à la résidence permanente. Seuls les statuts de résident (travailleur résident, investisseur résident, chercheur résident, résident religieux) ouvrent ce droit.
Les catégories de statut migratoire professionnel au Pérou
La calidad migratoria residente trabajador (statut de résident travailleur) est le statut principal autorisant l'exercice d'une activité professionnelle au Pérou. Il couvre aussi bien les salariés que les travailleurs indépendants dans les secteurs public et privé, et s'appuie sur un contrat de travail, une relation administrative ou un contrat de prestation de services. Ce statut est accordé pour 365 jours et est renouvelable.
Lorsque le contrat de travail prévoit une période d'essai ou porte sur une durée inférieure à un an, la catégorie applicable est la calidad migratoria trabajador temporal (statut de travailleur temporaire). Le demandeur doit se trouver hors du Pérou au moment de la demande, présenter un contrat approuvé par l'autorité administrative du travail datant de moins de 30 jours civils, et fournir une Ficha de Canje Internacional (fiche d'échange international Interpol) émise au cours des six mois précédents.
La calidad migratoria residente inversionista (statut d'investisseur résident) s'adresse aux étrangers dont le principal motif de résidence au Pérou est un investissement. Accordée pour 365 jours et renouvelable, elle ouvre droit à la résidence permanente après trois années consécutives, sous réserve d'atteindre le seuil de revenus requis à ce stade.
La qualité migratoria de résident-chercheur (statut de chercheur résident) concerne les chercheurs affiliés à un établissement public ou privé accrédité par le CONCYTEC (Conseil national des sciences et de la technologie). Ce statut est également accordé pour 365 jours, renouvelable, et entre dans le calcul de la durée de trois ans ouvrant l'accès à la résidence permanente.
Deux catégories spécialisées existent pour des situations professionnelles particulières : la calidad migratoria residente designado / trabajador designado (statut de travailleur désigné), applicable aux salariés détachés par une organisation (multinationale ou organisme international), et la calidad migratoria residente especial (statut résident spécial), catégorie résiduelle couvrant les cas non prévus par les autres statuts. Les deux sont accordés pour 365 jours et renouvelables. La calidad migratoria residente religioso (statut de résident religieux) s'applique aux membres de communautés religieuses reconnues par l'État péruvien ; elle ouvre également droit à la résidence permanente après trois ans consécutifs.
Les membres de la famille d'un étranger résident peuvent obtenir la calidad migratoria familiar residente (statut de résident familial). Ce statut autorise l'exercice d'une activité salariée ou indépendante au Pérou, sans qu'il soit nécessaire d'obtenir un statut de travailleur distinct. Il est valable jusqu'à un an pour les proches de résidents étrangers et jusqu'à deux ans pour les proches de ressortissants péruviens, avec possibilité de renouvellement.
Tout étranger qui se voit accorder un statut migratoire résident reçoit un Carné de Extranjería (carte d'identité pour étrangers), délivré par Migraciones. Cette carte identifie le titulaire et sa catégorie migratoire auprès des autorités péruviennes sur l'ensemble du territoire. Elle est valable quatre ans pour les résidents ordinaires, cinq ans pour les résidents permanents, et trois ans pour les mineurs. Son renouvellement doit être demandé 30 jours civils avant son expiration via l'Agencia Digital Migraciones, indépendamment de toute procédure de prolongation du statut.
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Conditions d'éligibilité au visa de travail au Pérou
Le critère central pour obtenir le statut de résident travailleur est l'existence d'une relation professionnelle qualifiante au Pérou : un contrat de travail, une relation administrative ou un contrat de prestation de services. Migraciones n'impose pas de vérification préalable des diplômes, d'une licence professionnelle ou d'une expérience minimale pour la catégorie générale de résident travailleur. Le contrat doit être valide, prévoir une durée d'au moins un an et avoir été approuvé par l'autoridad administrativa de trabajo (autorité administrative du travail) dans les 30 jours civils précédant le dépôt de la demande.
Tous les travailleurs au Pérou, nationaux comme étrangers, doivent figurer sur le registre de paie de l'employeur (planilla) et percevoir au minimum la Remuneración Mínima Vital (RMV) de 1 130 PEN par mois (environ 291 EUR). Les contrats conclus avec des travailleurs étrangers doivent obligatoirement contenir trois clauses : l'engagement de l'employeur à ne pas autoriser la prise de poste avant l'obtention d'un statut migratoire habilitant ; l'engagement de prendre en charge les frais de rapatriement du salarié et de sa famille à la fin du contrat ; l'obligation de former du personnel péruvien au même poste.
Le demandeur doit justifier d'un casier judiciaire vierge couvrant les cinq années précédant son arrivée au Pérou. Ce justificatif doit être délivré par l'autorité compétente du pays d'origine, ainsi que par toute autre autorité compétente du pays où le demandeur a résidé durant cette période. Pour les demandes effectuées depuis le Pérou, Migraciones exige également une déclaration sur l'honneur attestant l'absence de casier judiciaire ou de casier policier au Pérou ou à l'étranger. Une Ficha de Canje Internacional (fiche d'échange international d'Interpol), émise par l'OCN INTERPOL Lima de la Police nationale péruvienne dans les six mois précédant la demande, est également requise.
Les documents étrangers présentés à Migraciones ou aux consulats péruviens doivent être apostillés si le pays émetteur est membre de la Convention de La Haye sur l'apostille, ou légalisés par la chaîne de certifications reconnue par le Ministerio de Relaciones Exteriores (ministère des Affaires étrangères péruvien) dans le cas contraire. L'apostille certifie la signature et la qualité du signataire du document public, sans valider son contenu. Pour les documents numériques comportant un QR code ou un lien de vérification, la procédure d'apostille est disponible en ligne ; dans les autres cas, elle s'effectue en personne.
Aucun certificat d'assurance maladie privée n'est exigé comme condition préalable à la demande de statut de résident travailleur. Une fois en poste, les travailleurs étrangers bénéficient automatiquement d'une couverture légale : affiliation à l'EsSalud (assurance maladie sociale) dès le premier jour, au Seguro Vida Ley (assurance vie légale) et, pour les activités classées à risque, au Seguro Complementario de Trabajo de Riesgo (assurance complémentaire de travail à risque).
Obligations et rôle de l'employeur
Le Pérou ne requiert pas que l'employeur obtienne une autorisation préalable de parrainage avant d'embaucher un travailleur étranger. L'obligation centrale consiste en l'approbation du contrat de travail par l'autorité administrative du travail péruvienne avant son intégration au dossier d'immigration. L'entreprise doit également disposer d'un numéro RUC (registre des contribuables) actif et en règle auprès de la SUNAT, ainsi que d'un enregistrement vérifiable au registre public SUNARP. Lorsque le salarié souhaite déposer sa demande depuis l'étranger, c'est en général l'entreprise qui engage la démarche consulaire en son nom.
La loi péruvienne plafonne l'emploi de travailleurs étrangers dans le secteur privé à 20 % de l'effectif total de l'entreprise, et la somme de leurs rémunérations à 30 % de la masse salariale globale. Ces seuils s'appliquent à chaque employeur individuellement et sont contrôlés par la SUNAFIL (inspection du travail). Tout dépassement expose l'entreprise à des sanctions.
Une fois le travailleur étranger embauché, l'employeur est tenu de l'inscrire sur la planilla (registre de paie), de lui verser au minimum la RMV de 1 130 PEN par mois (environ 291 EUR), de l'affilier à l'EsSalud, de veiller à son inscription au régime de retraite public ou privé, et de lui fournir le Seguro Vida Ley dès le premier jour de travail, ainsi que le Seguro Complementario de Trabajo de Riesgo si l'activité le requiert. Les travailleurs étrangers ont droit aux mêmes avantages légaux que les travailleurs péruviens.
À la fin de la relation de travail, l'employeur est contractuellement tenu, en vertu d'une clause obligatoire figurant dans chaque contrat de travailleur étranger, de prendre en charge les frais de rapatriement du salarié et de sa famille vers leur pays d'origine.
La procédure de demande de visa de travail au Pérou
Les candidats déjà présents au Pérou effectuent la démarche de cambio de calidad migratoria (changement de statut migratoire) en ligne via l'Agencia Digital de Migraciones. Ceux qui se trouvent à l'étranger s'adressent au consulat péruvien compétent dans leur région de résidence, où l'entreprise qui les recrute lance généralement la demande de visa de résident travailleur en leur nom.
La procédure en ligne se déroule en six étapes :
Régler les frais administratifs de 161,40 PEN (environ 41 EUR) dans n'importe quelle agence de Banco de la Nación, en utilisant le code de paiement et le numéro du document de voyage du demandeur.
Se connecter à l'Agencia Digital de Migraciones.
Sélectionner l'option « Cambio de calidad migratoria ».
Téléverser l'ensemble des documents requis en un seul fichier PDF.
Télécharger et compléter le formulaire de demande.
Suivre l'avancement du dossier, les observations et la décision finale via le buzón electrónico de Migraciones (boîte de réception électronique), en utilisant le numéro de dossier, le nom d'utilisateur et le mot de passe. Migraciones transmet le résultat par e-mail dans un délai de 30 jours ouvrables.
La procédure est strictement personnelle : aucun mandataire ni représentant légal ne peut déposer le dossier au nom du demandeur. Celui-ci doit déjà détenir un statut migratoire habilitant ou une autorisation officielle de signer des documents au moment du dépôt.
Les documents à fournir pour un changement de statut vers la catégorie travailleur résident sont les suivants :
Formulaire de changement de statut migratoire dûment complété.
Copie simple d'un passeport en cours de validité ou d'un document de voyage équivalent.
Fiche de Canje Internacional (fiche d'échange internationale Interpol) délivrée par l'OCN INTERPOL de Lima, datant de moins de six mois (les mineurs sont dispensés).
Justificatif d'absence de casier judiciaire, policier et judiciaire pour les cinq années précédant l'arrivée au Pérou, délivré par l'autorité compétente du pays d'origine ou des pays de résidence antérieure.
Déclaration sur l'honneur du représentant légal de l'entreprise, mentionnant son nom et prénom complets et, si le signataire n'est pas le directeur général, le numéro d'enregistrement au registre attestant de son pouvoir d'embaucher.
Preuve que l'entreprise dispose d'un numéro RUC actif et en règle auprès de la SUNAT.
Selon la nature du lien professionnel, l'un des documents contractuels suivants doit également être joint au dossier :
Pour les salariés : copie simple du contrat de travail émis dans les 30 jours civils précédant le dépôt, approuvé par l'autorité du travail, et portant sur une durée d'au moins un an.
Pour une relation administrative : contrat en cours ou résolution administrative attestant du lien de travail et de sa durée d'au moins un an.
Pour les prestataires indépendants : copie simple du contrat de prestation de services en cours, mentionnant une durée de service d'au moins un an.
Frais et coûts du visa de travail au Pérou
Les frais administratifs pour un cambio de calidad migratoria vers le statut de résident travailleur s'élèvent à 161,40 PEN (environ 41 EUR). Le paiement s'effectue dans n'importe quelle agence de Banco de la Nación avant de commencer la démarche en ligne. Migraciones accepte également le paiement via Págalo.pe pour les procédures éligibles.
Le renouvellement du Carné de Extranjería donne lieu à des frais distincts de 22,10 PEN (environ 6 EUR) avant de soumettre le renouvellement sur l'Agencia Digital Migraciones. Ces frais sont indépendants de ceux liés à la prolongation du statut ou au changement de catégorie, et sont exigibles tous les quatre ans (tous les trois ans pour les mineurs).
Les frais consulaires péruviens sont exprimés en soles consulaires, où 1 sol consulaire équivaut à 1 USD. Les candidats qui traitent leur dossier depuis l'étranger auprès d'un consulat péruvien doivent se renseigner sur le barème tarifaire en vigueur au consulat dont ils dépendent, car les montants varient selon le type de visa.
Au-delà des frais Migraciones, il convient de prévoir les dépenses suivantes, que le demandeur règle directement :
Obtention de la Ficha de Canje Internacional auprès de l'OCN INTERPOL Lima de la Police nationale péruvienne (requise pour la demande initiale et pour l'émission du Carné de Extranjería).
Apostille ou légalisation des documents publics étrangers (montant variable selon le pays émetteur).
Traductions certifiées des documents non rédigés en espagnol.
Durée et renouvellement du statut migratoire professionnel au Pérou
Le statut de résident travailleur est accordé pour 365 jours et peut être prolongé de la même durée à chaque renouvellement. La prórroga de residencia (prolongation de résidence) doit être déposée via l'Agencia Digital Migraciones au plus tard 30 jours avant l'expiration du statut en cours. Migraciones communique le résultat par e-mail.
Au moment du renouvellement, les salariés doivent fournir : une copie simple du contrat de travail en cours ou de la résolution administrative prouvant le lien actif et sa durée résiduelle, approuvée par l'autorité du travail ; les trois dernières fiches de paie ; ainsi que les états SUNAT de retenues et de cotisations pour les trois mois précédant le dépôt. Les travailleurs indépendants doivent, quant à eux, fournir : une copie simple du contrat de prestation de services en cours mentionnant sa durée résiduelle ; ainsi que les trois derniers recibos por honorarios (reçus d'honoraires) émis au cours des trois mois précédents, attestant de la continuité de leur activité au Pérou.
Un travailleur étranger qui doit se rendre à l'étranger pendant qu'une procédure de changement de statut ou de prolongation est en cours doit obtenir au préalable une autorización de estadía fuera del país (autorisation de séjour hors du pays) auprès de Migraciones. Cette autorisation doit être sollicitée au moins 48 heures avant le départ ; elle ne couvre qu'un seul voyage et est valable 30 jours civils à compter de la date de départ indiquée. Tout dépassement de ce délai de 30 jours entraîne l'annulation automatique de la procédure en cours : le dossier est classé et doit être relancé à son retour.
Droits et restrictions pour les travailleurs étrangers au Pérou
Le statut de résident travailleur autorise l'exercice d'une activité rémunérée dans les secteurs public et privé sur l'ensemble du territoire péruvien, sans restriction géographique. Le Carné de Extranjería identifie le titulaire auprès des autorités péruviennes lors de tout contrôle, quelle que soit la région du pays.
Travailler simultanément pour plusieurs clients ou employeurs est structurellement possible en tant que prestataire indépendant : chaque engagement est encadré par un contrat de prestation de services distinct. Pour les salariés, l'exercice d'emplois multiples simultanés nécessite un contrat qualifiant pour chaque relation de travail. Dans tous les cas, les plafonds légaux s'appliquent à chaque employeur indépendamment : les travailleurs étrangers ne peuvent pas dépasser 20 % de l'effectif ni 30 % de la masse salariale de chaque entreprise concernée. Un salarié qui change d'employeur doit s'assurer que le nouvel employeur peut l'accueillir dans le respect de ces plafonds, et qu'un nouveau contrat qualifiant est disponible pour tout renouvellement ou toute mise à jour du statut.
Les membres de la famille accompagnant un résident étranger, conjoint, enfants et autres proches qualifiés, peuvent demander la calidad migratoria familiar residente, qui les autorise à exercer une activité salariée ou indépendante au Pérou sans avoir à obtenir un statut de travailleur distinct. Ce statut est valable jusqu'à un an pour les proches de résidents étrangers, et jusqu'à deux ans pour les proches de ressortissants péruviens, avec possibilité de renouvellement.
Le statut de résident travailleur peut cesser d'être valide si le titulaire ne le renouvelle pas au moins 30 jours avant son expiration, ou s'il ne peut plus justifier d'une relation de travail active au moment du renouvellement. Un travailleur dont le contrat prend fin sans qu'un nouveau contrat qualifiant soit disponible ne peut pas déposer une prolongation de routine et doit réévaluer sa situation migratoire auprès de Migraciones. Tout départ hors du Pérou, sans autorisation préalable, pendant qu'une procédure est en cours, entraîne également l'annulation de celle-ci.
Vers la résidence permanente au Pérou
Un ressortissant étranger ayant résidé au Pérou pendant trois années consécutives sous le statut de résident travailleur, investisseur, chercheur ou membre d'une communauté religieuse reconnue peut demander la calidad migratoria permanente residente (statut de résident permanent) via l'Agencia Digital de Migraciones. Le résident permanent n'est plus soumis aux prolongations annuelles de résidence, et son Carné de Extranjería est valable cinq ans au lieu de quatre.
Durant la période de trois ans, le demandeur ne doit pas avoir quitté le Pérou pour plus de 183 jours civils consécutifs au cours d'un intervalle de 365 jours civils, sauf si Migraciones a accordé une autorización de estadía fuera del país spécifique pour cette absence. Le temps passé en statut temporaire ne compte pas dans ce délai.
Tous les demandeurs de résidence permanente doivent soumettre :
Le formulaire de changement de statut migratoire dûment complété.
Une copie simple d'un passeport en cours de validité ou document équivalent.
Un justificatif d'absence de casier judiciaire, policier et judiciaire couvrant les cinq années précédant l'arrivée au Pérou, délivré par l'autorité compétente du pays d'origine ou des pays de résidence antérieure (les mineurs et les personnes dont l'incapacité est dûment établie en sont dispensés).
Les candidats de la catégorie résident travailleur doivent en outre justifier d'un revenu brut annuel d'au moins 55 000 PEN (environ 13 280 EUR) pour l'exercice fiscal précédant le dépôt. Cette condition est documentée par un contrat de travail en cours, approuvé par l'autorité du travail et émis dans les 30 jours civils précédant la demande, avec une durée résiduelle d'au moins un an ; les trois dernières fiches de paie ; et un certificat de retenues à la source de cinquième catégorie ou un état de revenus SUNAT équivalent pour l'exercice fiscal précédent. La déclaration sur l'honneur du représentant légal de l'entreprise est également requise.
Les candidats issus de la catégorie résident investisseur doivent atteindre le même seuil de 55 000 PEN de revenu brut annuel (environ 13 280 EUR), documenté par une déclaration de revenus annuelle déposée auprès de la SUNAT, une preuve de paiement à jour des impôts et des cotisations EsSalud, des états de paie des trois mois précédents faisant apparaître au moins dix salariés péruviens, et un certificat de retenues à la source de troisième catégorie pour l'exercice fiscal précédent. Les investisseurs qui exercent les fonctions de directeur ou de gérant peuvent utiliser un certificat de revenus de cinquième catégorie à la place.
Les candidats de la catégorie résident chercheur doivent atteindre le même seuil de revenus (55 000 PEN bruts annuels, soit environ 13 280 EUR), documenté selon leur statut (contrat, recibos por honorarios ou états de revenus et de retenues). Ils doivent également fournir un document du CONCYTEC confirmant leur agrément en tant que chercheurs au Pérou, et une lettre de l'établissement d'accueil, signée par le représentant légal et mentionnant le numéro RUC actif de l'institution, attestant d'au moins un an d'activité de recherche en cours.
Les frais de demande de résidence permanente s'élèvent à 162,50 PEN (environ 39 EUR), payables au Banco de la Nación. Après paiement, le demandeur entame la procédure en ligne sur l'Agencia Digital, sélectionne « Cambio de calidad migratoria » et téléverse l'ensemble des documents en un seul PDF. Migraciones communique le résultat via le buzón electrónico dans un délai de 30 jours ouvrables.
Les travailleurs étrangers exerçant une activité pour un employeur péruvien sont affiliés au système de retraite péruvien, sauf si un traité ou un accord international prévoit une disposition contraire. À l'embauche, chaque travailleur doit choisir entre le régime public, le Sistema Nacional de Pensiones (SNP), géré par l'ONP, et le régime privé, le Sistema Privado de Pensiones (SPP), géré par des fonds de pension appelés AFP et supervisés par la SBS.
Les travailleurs affiliés au SNP/ONP cotisent à hauteur de 13 % de leur salaire mensuel, montant retenu sur chaque fiche de paie par l'employeur et collecté mensuellement par la SUNAT au nom de l'ONP. Cette cotisation est entièrement à la charge du travailleur ; l'employeur ne verse pas de contribution patronale distincte au régime ONP.
Les travailleurs affiliés à une AFP (régime privé) voient trois composantes déduites mensuellement de leur rémunération : 10 % crédités sur leur compte de capitalisation individuel ; une prime d'assurance ; et la commission de l'AFP. L'employeur retient et verse l'intégralité de ces trois composantes à l'AFP. Les 10 % s'accumulent sur le compte personnel du travailleur et peuvent être utilisés à la retraite ou, sous certaines conditions, transférés.
Les employeurs sont tenus de verser une cotisation patronale de 9 % au titre de l'EsSalud (assurance maladie sociale) sur la rémunération mensuelle de chaque salarié, calculée sur une base minimale égale à la RMV de 1 130 PEN par mois (environ 291 EUR). Cette contribution est exclusivement à la charge de l'employeur et est déclarée et payée mensuellement via le PLAME (registre de paie mensuel électronique) auprès de la SUNAT. Le salarié ne verse pas de cotisation distincte à EsSalud pendant la période d'activité.
Les travailleurs étrangers qui cotisent au SNP/ONP et ont également cotisé à un régime de retraite dans un pays ayant conclu un accord bilatéral avec le Pérou peuvent totaliser leurs périodes de cotisation pour accéder à une pension. L'ONP recense des accords bilatéraux avec l'Argentine, le Chili, le Canada, l'Espagne, l'Équateur, l'Uruguay et la Corée du Sud. La totalisation est également possible dans le cadre du Convenio Multilateral Iberoamericano de Seguridad Social (convention multilatérale ibéro-américaine de sécurité sociale), qui couvre l'Argentine, la Bolivie, le Brésil, le Chili, l'Équateur, El Salvador, l'Espagne, le Paraguay, le Portugal, la République dominicaine et l'Uruguay.
Des cas complexes en matière de visas de travail, de changement de statut ou d'accès à la résidence permanente justifient souvent la consultation d'un avocat spécialisé en droit de l'immigration. Les règles peuvent évoluer ; les cas impliquant des situations professionnelles atypiques ou des antécédents migratoires particuliers méritent un accompagnement professionnel.
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Foire aux questions
Non. Tout étranger souhaitant exercer une activité rémunérée au Pérou, que ce soit comme salarié ou comme prestataire indépendant, doit détenir la calidad migratoria trabajador residente (statut migratoire de travailleur résident) avant de commencer à travailler. La loi péruvienne impose que chaque contrat de travail avec un étranger inclue une clause par laquelle l'employeur s'engage à ne pas autoriser la prise de poste sans ce statut habilitant. Travailler sans le bon statut expose le travailleur et l'employeur à des sanctions de la part du SUNAFIL (inspection du travail).
Oui. Le statut de travailleur résident exige obligatoirement un contrat de travail, une relation administrative ou un contrat de prestation de services au Pérou comme pièce maîtresse du dossier. Pour les salariés, le contrat doit être approuvé par l'autorité administrative du travail péruvienne, mentionner une durée d'au moins un an et avoir été établi moins de 30 jours calendaires avant le dépôt de la demande. Sans contrat qualifiant signé, la demande de changement de statut ne peut pas aboutir.
Lorsqu'une relation de travail prend fin, l'employeur est contractuellement tenu de prendre en charge le rapatriement du travailleur étranger et de sa famille vers son pays d'origine ; cette clause est obligatoire dans tout contrat de travail avec un étranger. Il n'existe pas de délai de grâce officiel permettant au travailleur de rester au Pérou pour chercher un nouvel emploi après la fin de son contrat. Le renouvellement du statut de résidence requiert la preuve d'une relation de travail en cours ; un travailleur dont le contrat de travail est arrivé à son terme doit rapidement évaluer ses options auprès d'un spécialiste en droit de l'immigration.
Oui. Après trois ans consécutifs de résidence au Pérou sous un statut qualifiant (travailleur résident, investisseur, chercheur ou religieux), il est possible de demander la calidad migratoria permanente residente (résidence permanente) via la plateforme de l’Agencia Digital de Migraciones. Les travailleurs résidents doivent en outre justifier de revenus bruts annuels d'au moins 55 000 PEN (environ 13 280 EUR) pour l'exercice fiscal précédant la demande. Les résidents permanents ne sont plus soumis aux extensions annuelles de résidence, mais doivent renouveler leur Carné d'Extranjería (titre d'identité de l'étranger résident) tous les cinq ans.
Oui. Tout travailleur au Pérou, national ou étranger, doit percevoir au minimum la Remuneración Mínima Vital (RMV, salaire minimum vital), fixée à 1 130 PEN par mois (environ 291 EUR). Cette obligation s'applique aux salariés ; les travailleurs indépendants doivent démontrer la continuité de leur activité au moyen de leurs contrats de prestation de services et de leurs reçus d'honoraires lors de chaque renouvellement de résidence. Les employeurs qui rémunèrent en deçà de la RMV s'exposent à des sanctions du SUNAFIL, quelle que soit la nationalité du travailleur.
Le statut de travailleur résident est lié à la relation de travail décrite dans le contrat approuvé ; l'activité exercée doit correspondre à ce contrat. En revanche, il n'existe pas de restriction géographique : le Carné d'Extranjería est reconnu par les autorités sur l'ensemble du territoire péruvien. Un changement d'employeur implique de vérifier que le nouvel employeur respecte les plafonds légaux de recrutement d'étrangers (20 % de l'effectif au maximum et 30 % de la masse salariale totale) et que le nouveau contrat est assorti de l'appui de toute demande de renouvellement ou de mise à jour du statut.
Oui. Les membres de la famille accompagnants (conjoint, enfants et autres proches qualifiés) peuvent demander la calidad migratoria familiar residente (statut familial de résident), qui les autorise à exercer une activité rémunérée, que ce soit comme salariés ou comme prestataires indépendants, sans avoir à obtenir un statut de travailleur distinct. Ce statut est valable jusqu'à un an pour les proches d'un étranger résident et jusqu'à deux ans pour les proches d'un ressortissant péruvien, et il est renouvelable pour la même durée. La demande se dépose via l'Agencia Digital de Migraciones.
La Superintendencia Nacional de Migraciones dispose de 30 jours ouvrables pour traiter une demande de changement de statut migratoire et notifier sa décision par courriel à l’adresse de la messagerie électronique de Migraciones. Ce délai court à compter du dépôt complet du dossier en ligne. Il est conseillé de déposer la demande bien avant l'expiration du statut en cours afin d'anticiper d'éventuelles observations ou demandes de compléments.
Le renouvellement du statut de travailleur résident (prórroga de residencia, prorogation de résidence) doit être déposé auprès de l'Agencia Digital de Migraciones au plus tard 30 jours avant l'expiration du statut en cours. Pour les salariés, le dossier comprend le contrat de travail en cours approuvé par l'autorité du travail, les trois dernières fiches de paie et les rapports SUNAT correspondants. Pour les travailleurs indépendants, les trois derniers recibos por honorarios (reçus d'honoraires) émis au cours des trois mois précédents doivent attester de la continuité de l'activité au Pérou.
Tout document public étranger présenté à Migraciones ou à un consulat péruvien doit être apostillé si le pays émetteur est membre de la Convention de La Haye sur l'apostille, ou légalisé par la chaîne de certifications reconnue par le Ministerio de Relaciones Exteriores du Pérou dans le cas contraire. L'apostille certifie la signature et la qualité du signataire du document, mais ne valide pas son contenu. Pour les documents numériques comportant un QR code ou un lien de vérification, la démarche d'apostille peut être effectuée en ligne ; dans les autres cas, elle s'effectue en personne.
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Journaliste de formation, titulaire des DALF C1 et C2 et diplômée de l'Université de Maurice, je cumule près d'une vingtaine d'années d'expérience en rédaction. Après six ans dans la presse mauricienne, j'ai rejoint Expat.com, où j'évolue depuis une douzaine d'années, dont cinq en tant qu'assistante éditoriale, et à présent responsable éditoriale.