Le Pérou affiche officiellement 55 peuples autochtones reconnus et 48 langues originaires, mais qu'est-ce que cela signifie concrètement pour un expatrié appartenant à une minorité de genre, religieuse ou ethnique ? La richesse culturelle du pays contraste avec des protections légales inégales : le cadre juridique pour l'égalité professionnelle obtient de bonnes notes internationales, mais un écart salarial d'environ 25 % persiste à Lima, les droits LGBTQ+ figurent parmi les plus restreints d'Amérique du Sud, et les organisations de défense des droits civils font face à des pressions institutionnelles croissantes. Une plateforme officielle de lutte contre la discrimination au Pérou existe, gérée par la Defensoría del Pueblo (le Défenseur du peuple), mais la distance entre la loi et la réalité quotidienne reste le fait marquant de la vie au Pérou pour les personnes issues de groupes minoritaires.
La Constitution péruvienne reconnaît l'espagnol comme langue officielle et accorde un statut officiel au quechua, à l'aymara et aux autres langues autochtones dans les zones où elles sont dominantes. Le pays compte officiellement 55 peuples autochtones ou originaires (51 amazoniens et 4 andins) et 48 langues autochtones ; environ 4 à 4,4 millions de Péruviens parlent une langue autochtone, soit approximativement 13 % de la population nationale (Ministère de la Culture). Plus de 6 millions de Péruviens se définissent eux-mêmes comme appartenant à un peuple autochtone ou originaire, soit environ un quart de la population.
L'identité afro-péruvienne bénéficie d'une reconnaissance constitutionnelle depuis la loi 32189 de décembre 2024. En juillet 2026, le gouvernement a déclaré d'intérêt national le Second Décennie internationale des personnes d'ascendance africaine 2025-2034 et a créé le ServiAfro (mécanisme intersectoriel de coordination ciblant la population afro-péruvienne), qui concerne près d'un million de personnes.
Une avancée pratique majeure a été inaugurée en mai 2026 : la Línea 1812, un service national d'interprétation téléphonique gratuit, disponible vingt-quatre heures sur vingt-quatre, couvrant l'aymara, l'asháninka, l'awajún, le shipibo-konibo, le ticuna et trois variétés de quechua. Ce service s'adresse aux entités publiques, notamment les hôpitaux et les commissariats, et constitue un filet de sécurité linguistique concret pour les communautés régionales qui ne maîtrise pas l'espagnol dans ces contextes.
Ce tableau institutionnellement riche coexiste cependant avec des tensions documentées. Human Rights Watch signale un recul démocratique en 2025, avec des mesures parlementaires fragilisant l'indépendance judiciaire et affaiblissant les institutions. Amnesty International note qu'une loi de 2026 sur l'enregistrement des organisations de la société civile (loi 32301) les expose à un contrôle étatique disproportionné. Ces évolutions affectent directement les associations de défense des droits des minorités, dont les expatriés pourraient avoir besoin des services.
Bon à savoir : La stratégie nationale Perú sin Racismo al 2030, adoptée en 2025, reconnaît la discrimination ethnico-raciale comme un obstacle à la reconnaissance équitable de la diversité culturelle du pays et s'applique aux communautés autochtones, afro-péruviennes et à la diversité culturelle au sens large.
Le cadre législatif péruvien en matière d'égalité professionnelle obtient des scores élevés dans les indicateurs internationaux : UN Women évalue à 100 % le cadre légal du Pérou pour les droits à l'emploi et aux avantages économiques selon l'indicateur ODD 5.1.1. Le Ministerio de la Mujer y Poblaciones Vulnerables (MIMP) est l'institution centrale de la politique d'égalité entre les sexes et publie chaque année l'étude Perú : Brechas de Género, qui suit les écarts entre femmes et hommes dans l'emploi, les revenus, les pensions, la violence et la participation politique.
En pratique, un écart salarial d'environ 25 % persiste à Lima métropolitaine : le revenu mensuel moyen s'établit à 2 531 PEN (environ 650 EUR) pour les hommes contre 1 994 PEN (environ 512 EUR) pour les femmes (INEI). Le taux d'emploi vulnérable des femmes (53 %) dépasse légèrement celui des hommes, ce qui reflète une informalité du marché du travail qui limite les protections formelles pour de nombreuses travailleuses. Ces chiffres concernent le marché local ; les expatriées négociant un contrat d'emploi local à Lima peuvent s'y référer pour calibrer leurs attentes salariales.
Sur le plan des droits, les salariées ont droit à 98 jours de congé maternité entièrement payés, répartis en 49 jours avant l'accouchement et 49 jours après. Le congé paternité est un droit légal rémunéré pour les travailleurs des secteurs public et privé ; si la mère décède pendant l'accouchement ou pendant son congé maternité, le père salarié devient bénéficiaire des jours de congé restants.
La violence basée sur le genre constitue un risque documenté : le MIMP a enregistré 1 345 cas de féminicide entre 2015 et 2024. Les expatriées, notamment celles qui arrivent sans réseau local établi, devraient se familiariser avec le système des Centros Emergencia Mujer (CEM), qui constitue le principal canal officiel de signalement et de prise en charge des victimes de violences.
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Inclusion du handicap au Pérou
L'autorité nationale en matière de droits des personnes handicapées est le CONADIS (Consejo Nacional para la Integración de la Persona con Discapacidad), rattaché au MIMP. La loi fondatrice est la Ley N.° 29973 (loi générale sur les personnes handicapées), dont la réglementation a été mise à jour en avril 2026 par le décret suprême N.° 001-2026-MIMP. Cette mise à jour a introduit des obligations en matière de Braille pour les prestataires de restauration et de tourisme, renforcé le système national de coordination (SINAPEDIS) et élargi la participation des personnes handicapées aux décisions des entités de l'État.
L'accès aux droits légaux passe par l'enregistrement auprès du Registro Nacional de la Persona con Discapacidad. Une fois le certificat de handicap obtenu, la carte CONADIS est délivrée gratuitement via la plateforme numérique Mi Registro en Todo el Perú, sans aucun frais. Cette carte ouvre l'accès aux réductions de transport, à la priorité dans les soins de santé et aux droits à l'inclusion professionnelle. Le CONADIS a lancé en 2026 un plan national d'inspection couvrant plus de 640 entités pour vérifier le respect de la Ley N.° 29973, ce qui signale une politique d'application active plutôt que purement déclarative.
Pour les personnes expatriées confrontées à des difficultés pratiques, le service Red Alivia Perú, coordonné par le MIMP, met en relation les personnes handicapées avec les services publics : certification du handicap, défense juridique gratuite via le Ministère de la Justice, procédures d'identité et accès aux programmes sociaux. Par ailleurs, le Programa Nacional CONTIGO, géré par le MIDIS, verse une pension non contributive de 300 PEN (environ 77 EUR) par mois aux personnes en situation de handicap grave vivant en situation de pauvreté ; le programme couvrait 108 983 bénéficiaires à l'échelle nationale, avec un paiement via la Banco de la Nación, les distributeurs automatiques et les agents agréés.
Dans l'enseignement supérieur, le CONADIS a notifié les 103 universités agréées que les candidats handicapés ont le droit à des aménagements raisonnables (ajustes razonables) tout au long du processus d'admission et du parcours académique, sous peine de sanctions pour non-conformité à la Ley N.° 29973. En ce qui concerne l'accessibilité physique, le Programme annuel de supervision de l'accessibilité du Ministère du Logement (PASDA-2026) prévoit des inspections dans différentes catégories de bâtiments, confirmant un suivi actif au niveau national. L'accessibilité au quotidien varie néanmoins considérablement selon les villes et les types de bâtiments ; les expatriés ayant des besoins en matière de mobilité ou de perception sensorielle ont intérêt à examiner les quartiers et les logements spécifiques avant de s'installer.
Diversité générationnelle au Pérou
Les personnes âgées représentent environ 14,64 % de la population totale du Pérou (Ministère de la Santé). L'UNFPA Perú souligne que les expériences du vieillissement sont profondément inégales : certaines personnes atteignent l'âge avancé avec une bonne santé et une autonomie préservée, tandis que d'autres font face à la vulnérabilité, à la dépendance et à un accès limité aux services.
Le cadre politique national est la Política Nacional Multisectorial para las Personas Adultas Mayores al 2030, pilotée par le MIMP, qui coordonne des actions plurisectorielles couvrant la santé, le logement et la protection sociale. Pour les expatriés retraités envisageant de s'installer au Pérou, ce cadre indique l'existence d'une politique publique dédiée, sans pour autant garantir une mise en œuvre uniforme sur l'ensemble du territoire.
Le Ministère du Travail organise des initiatives d'emploi ciblant les travailleurs âgés, notamment la Convocatoria Masiva Plateada, qui positionne explicitement l'expérience des travailleurs seniors comme un atout. Ces initiatives s'adressent à des personnes qui souhaitent rester actives professionnellement ; une édition précédente proposait plus de 614 postes spécifiquement destinés aux travailleurs âgés.
La Defensoría del Pueblo a traité 10 996 dossiers liés aux adultes âgés en 2025, dont des plaintes formelles et des consultations. Les données de couverture maladie de ce rapport révèlent une fracture structurelle : 35 % des personnes âgées n'ont accès qu'à EsSalud (régime contributif) et 55,9 % uniquement au SIS (régime non contributif pour les personnes à faibles revenus), ce qui reflète les inégalités profondes liées à l'historique d'emploi formel ou informel. Les expatriés retraités installés au Pérou sans couverture sociale locale devront donc planifier leur couverture maladie de manière autonome, indépendamment de ces régimes nationaux.
L'UNFPA Perú signale également que l'isolement et la solitude représentent des risques spécifiques pour les personnes âgées vivant seules, notamment dans les zones rurales où les départs des jeunes ont fragilisé les réseaux de soutien traditionnels. Pour les expatriés retraités envisageant de s'établir hors de Lima, construire un réseau social avant l'installation plutôt qu'après constitue une précaution pratique concrète.
Diversité raciale et ethnique au Pérou
Le Pérou est l'un des pays d'Amérique latine où la diversité ethnique est la plus marquée. Plus de 6 millions de Péruviens se définissent comme appartenant à l'un des 55 peuples autochtones ou originaires reconnus, et quelque 4 à 4,4 millions parlent l'une des 48 langues autochtones en usage. La communauté afro-péruvienne, proche d'un million de personnes, bénéficie d'une reconnaissance constitutionnelle depuis décembre 2024 et dispose désormais d'un mécanisme de coordination intersectoriel dédié : le ServiAfro. Le mois de la culture afro-péruvienne a rassemblé, en juin 2026, plus de 60 événements en présentiel et en ligne dans vingt régions du pays.
Le recensement national de 2025 (XIII Censo de Población, VIII de Vivienda y IV de Comunidades Indígenas) a intégré un volet d'auto-identification ethnique, coordonné entre l'INEI et le Ministère de la Culture. L'IWGIA (Groupe international de travail pour les peuples autochtones) a relevé des lacunes dans ce processus, suscitant des inquiétudes parmi les peuples autochtones quant à leur visibilité dans les politiques publiques.
La discrimination ethnico-raciale est un enjeu de politique publique actif. La Estrategia Multisectorial Perú sin Racismo al 2030, adoptée en 2025, reconnaît explicitement que cette discrimination constitue un frein à la reconnaissance équitable de la diversité culturelle du pays. La Defensoría del Pueblo a continué de documenter en 2026 le racisme et la discrimination dans la vie publique, et a souligné que les barrières linguistiques limitent l'accès aux services publics pour les locuteurs de langues autochtones, comme l'a confirmé une supervision réalisée à Ayacucho.
Pour les expatriés, la géographie ethnique du Pérou a une portée pratique : Lima concentre les institutions nationales, les communautés de migrants et les ambassades ; Ayacucho est un point focal du suivi des droits linguistiques autochtones ; les territoires amazoniens abritent 51 des 55 peuples autochtones identifiés et sont au cœur des débats sur les droits territoriaux. Comprendre ce paysage régional aide à interpréter ce que recouvre concrètement la diversité dans la ville ou la région où l'on envisage de s'installer.
Les expatriés d'ascendance africaine ou de couleur de peau non blanche peuvent être confrontés à des présupposés raciaux qui varient selon le quartier, la ville et le contexte socio-économique. La plateforme No Discrimines de la Defensoría del Pueblo constitue le canal officiel de signalement en cas de discrimination fondée sur la couleur de peau, l'ethnicité ou la langue.
Diversité religieuse au Pérou
Le modèle péruvien est laïc : l'État se définit comme séparé des confessions religieuses et neutre à leur égard, tout en permettant la collaboration afin que chacun puisse exercer sa foi ou ses convictions sans discrimination. L'institution compétente est la Dirección General de Justicia y Libertad Religiosa au sein du Ministerio de Justicia y Derechos Humanos (MINJUSDH). Freedom House donne au Pérou la note maximale pour la liberté des individus à pratiquer et à exprimer leur foi ou leur incroyance dans l'espace public et privé.
Les communautés de foi non catholiques peuvent obtenir une personnalité juridique civile et établir des relations formelles avec l'État en s'inscrivant au Registro de Entidades Religiosas (RER), géré par le MINJUSDH. Depuis décembre 2016, 226 entités religieuses s'y sont enregistrées, représentant collectivement plus de deux millions de fidèles. L'inscription requiert au moins sept ans de présence au Pérou ainsi que la soumission d'informations doctrinales et d'une liste de ministres du culte et de lieux de rassemblement.
Le catholicisme reste culturellement dominant : 67 % des adultes péruviens se définissent comme catholiques. Pour les expatriés d'autres traditions religieuses, cela signifie que les fêtes catholiques, les jours fériés et les références culturelles catholiques structurent le calendrier public. Les communautés évangéliques et protestantes sont particulièrement visibles hors de Lima, notamment dans certaines zones de l'Amazonie (Ucayali) et des Andes. D'autres communautés, parmi lesquelles les communautés juives, musulmanes, bahá'íes et d'autres encore, existent, mais sont moins nombreuses et peuvent être plus difficiles à localiser en dehors de Lima.
L'État favorise activement la visibilité interconfessionnelle, notamment par le biais de l'émission radiophonique Puentes de Fe diffusée sur la chaîne publique nationale, et par un accord de coopération renouvelé en 2025 avec le Consejo Interreligioso del Perú - Religiones por la Paz. Pour les expatriés souhaitant identifier une communauté religieuse enregistrée, le RER répertorie les entités actuellement reconnues.
Droits LGBTQ+ au Pérou
Le Pérou n'autorise pas le mariage entre personnes de même sexe, ne prévoit pas de reconnaissance juridique de l'identité de genre pour les personnes transgenres et ne dispose pas de législation antidiscriminatoire globale protégeant les personnes LGBTQ+. En juin 2026, la Commission interaméricaine des droits de l'homme a soumis un dossier contre le Pérou à la Cour interaméricaine des droits de l'homme, spécifiquement en raison de l'absence de reconnaissance légale de l'identité de genre, ce qui confirme que ce sujet constitue un contentieux actif au niveau international. La loi N.° 32331, adoptée en 2026, a introduit un accès différencié aux toilettes publiques fondé sur le « sexe biologique » ; Amnesty International a qualifié cette mesure d'injustifiée et portant atteinte aux droits des personnes transgenres.
En l'absence de loi antidiscriminatoire globale, des actions d'application existent néanmoins par le biais des mécanismes juridiques existants. En juin 2026, la Fiscalía Penal Especializada en Derechos Humanos a obtenu une condamnation pour discrimination à l'encontre d'une personne ayant discriminé une femme transgenre à Lambayeque, aboutissant à une peine de prison avec sursis de deux ans. L'Indecopi a par ailleurs sanctionné une agence publicitaire et un annonceur à Huancayo pour publicité discriminatoire envers la communauté LGBTQ+.
L'acceptation sociale des personnes LGBTQ+ a reculé sur des indicateurs clés : 45 % des Péruviens connectés soutiennent que les personnes LGBT+ s'expriment ouvertement sur leur orientation sexuelle ou leur identité de genre, contre 58 % en 2021 (Ipsos Perú). Dans le même temps, 73 % des Péruviens connectés reconnaissent que les personnes transgenres subissent « beaucoup » ou « assez » de discrimination aujourd'hui. Des données de l'UNFPA Perú indiquent que 62,7 % de la population LGBTI du pays a subi une forme de violence ou de discrimination, avec plus de 60 % des cas survenant dans des espaces publics, des établissements d'enseignement ou des institutions étatiques.
Une vie communautaire et une visibilité publique existent, en particulier à Lima. La marche des Fiertés LGBTI+ de juin 2026 a bénéficié d'une reconnaissance officielle de l'autorité des transports de la ville, qui a adapté les itinéraires des transports en commun pour l'événement. La Maison commune des Nations Unies au Pérou a également organisé une cérémonie de levée du drapeau LGBTIQ+ en juin 2026. Ces éléments coexistent cependant avec un environnement civique plus large qui mérite attention : le recul démocratique documenté et la pression exercée sur les organisations de la société civile peuvent affecter les groupes de défense des droits LGBTQ+ dont les expatriés pourraient solliciter le soutien.
Expérience des expatriés selon leur profil au Pérou
Les femmes expatriées font face à une vulnérabilité documentée liée à leur statut : 2 357 femmes étrangères ont signalé des violences via les registres des Centros Emergencia Mujer (CEM) en 2025 (Naciones Unidas en Perú). Ce chiffre concerne les cas déclarés auprès d'un réseau officiel de prise en charge, et témoigne de l'importance de connaître les canaux de signalement avant qu'une situation de crise ne se présente. Les CEM constituent le principal dispositif public d'accueil et d'orientation pour les victimes de violences basées sur le genre.
Les personnes LGBTI+ disposent également d'un canal de signalement formel : 249 personnes LGBTI ont déclaré des violences via les registres des CEM en 2025. En juillet 2026, le Ministère du Travail (Ministerio de Trabajo y Promoción del Empleo) a tenu sa première réunion officielle avec des organisations LGBTIQ+ et annoncé des mesures de renforcement de l'inclusion professionnelle, incluant l'accès à des formations et à des services d'orientation et d'intermédiation à l'emploi. Ces mesures sont en phase d'annonce ; les personnes intéressées doivent vérifier directement leur état d'avancement auprès du ministère.
Sur le plan géographique, Lima est le pôle le mieux documenté pour la vie communautaire LGBTIQ+, les organisations internationales et les ressources d'appui aux expatriés. Des villes secondaires comme Arequipa, Cusco et Trujillo disposent de bureaux gouvernementaux décentralisés, mais l'infrastructure de soutien pour les expatriés issus de groupes minoritaires y est moins développée. Les personnes prévoyant de s'installer hors de Lima sont invitées à renseigner les conditions locales spécifiques à leurs besoins avant de finaliser leur choix de résidence.
Pour les expatriés issus de communautés raciales ou ethniques minoritaires, la Defensoría del Pueblo a continué d'attirer l'attention en 2026 sur le racisme et la discrimination ethnico-raciale dans la vie publique à l'échelle nationale. La couleur de peau, l'appartenance ethnique et le statut socio-économique perçu peuvent se combiner dans la manière dont les personnes sont traitées, en particulier hors des grandes villes. Connaître l'existence de la plateforme No Discrimines et de la Estrategia Perú sin Racismo al 2030 permet d'avoir un recours formel en cas de discrimination.
Ressources et soutien au Pérou
Le premier canal de signalement et d'orientation en matière de discrimination est la plateforme No Discrimines de la Defensoría del Pueblo. Elle couvre la discrimination fondée sur le sexe, l'âge, l'origine, la couleur de peau, l'ethnicité, la langue, le handicap, l'état de santé, la situation économique, la religion, l'opinion politique, l'orientation sexuelle et l'identité de genre. C'est le point de départ pour tout expatrié confronté à une discrimination dans les services publics, l'emploi, le logement ou la vie quotidienne.
Pour les questions liées au handicap, le service Red Alivia Perú (MIMP/CONADIS) oriente les personnes vers la certification du handicap, la défense juridique gratuite, les procédures d'identité et les programmes sociaux. La carte CONADIS s'obtient gratuitement en ligne via Mi Registro en Todo el Perú une fois le certificat de handicap en main. L'ensemble des services et institutions de l'État péruvien est accessible depuis le portail officiel gob.pe, qui constitue le point d'entrée pour toute démarche administrative, qu'il s'agisse du CONADIS, du MIMP, du MINJUSDH ou de la direction des migrations (Migraciones).
Pour le contexte juridique LGBTQ+, la base de données de l'ILGA World et ses cartes juridiques constituent la référence à jour sur la situation légale au Pérou concernant les actes consensuels entre personnes du même sexe, la liberté d'association, la régulation des thérapies de conversion, la reconnaissance de l'identité de genre, les protections des personnes intersexes et la reconnaissance des unions ou mariages. La base de données est disponible en anglais, espagnol et français, et doit être consultée en priorité par rapport aux blogs de voyage ou aux conseils informels.
Pour les questions de liberté religieuse et d'enregistrement des communautés de foi, le Registro de Entidades Religiosas (RER) du MINJUSDH répertorie les entités actuellement enregistrées et permet aux expatriés d'appartenance minoritaire de localiser des congrégations reconnues formellement.
En matière de violences basées sur le genre, le réseau des Centros Emergencia Mujer, coordonné par le MIMP, constitue le canal de prise en charge officiel sur l'ensemble du territoire national. Pour toute urgence personnelle de sécurité, contacter l'ambassade ou le consulat de son pays de nationalité reste la démarche consulaire fondamentale, valable pour tout expatrié quelle que soit sa situation.
Connaître les canaux de recours officiels avant d'en avoir besoin est la mesure préventive la plus efficace. La plateforme No Discrimines est le point de départ pour toute situation de discrimination ; conservez les justificatifs écrits : dates, noms d'institutions, captures d'écran et coordonnées de témoins éventuels augmentent les chances qu'une plainte soit traitée.
Pour les expatriés handicapés, préparez une documentation officielle en espagnol avant l'arrivée : dossiers médicaux, certificats de handicap, ordonnances et justificatifs d'équipements d'assistance. L'inscription au CONADIS via la plateforme gratuite en ligne est le seuil d'accès aux protections et services légaux ; engagez cette démarche dès que possible après votre arrivée. L'accessibilité physique varie considérablement selon les villes et les types de bâtiments ; examinez les caractéristiques concrètes du quartier et du logement envisagé avant de vous engager.
Pour les expatriés LGBTQ+, consultez les cartes juridiques actualisées de l'ILGA World avant de prendre des décisions concernant les documents à emporter, les droits à invoquer et les comportements à attendre des institutions. Ces cartes sont régulièrement mises à jour et nettement plus fiables que les blogs de voyage pour comprendre le cadre légal en vigueur.
Lima concentre la plus large palette de ressources communautaires internationales, de services consulaires, d'ONG, de soins de santé privés et d'appui aux expatriés. Arequipa, Cusco et Trujillo sont des métropoles secondaires dotées de bureaux gouvernementaux décentralisés, mais les structures d'accompagnement pour les expatriés issus de groupes minoritaires y sont moins développées. Évaluez la disponibilité de services linguistiques, de recours juridiques et de soins de santé adaptés à vos besoins avant de vous engager sur une localisation hors de Lima.
Conservez en permanence, et en accès hors ligne, les coordonnées de votre ambassade ou consulat, une copie de votre passeport, vos documents de statut migratoire, vos informations d'assurance et tout document médical ou d'accessibilité. Pour un appui consulaire spécifique à votre nationalité, vérifiez toujours les informations directement sur le site officiel de votre gouvernement plutôt que de vous fier aux conseils circulant sur les réseaux sociaux ou les forums communautaires.
Lorsque vous faites appel à des associations ou groupes de défense des droits pour un soutien, privilégiez ceux qui disposent d'une présence web officielle vérifiable ou d'un enregistrement reconnu. Les groupes communautaires en ligne existent mais changent fréquemment ; vérifiez l'activité actuelle du groupe avant de partager des informations personnelles.
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Foire aux questions
Le Pérou est culturellement et ethniquement très diversifié, avec des communautés autochtones, afro-péruviennes, métisses, d'ascendance asiatique et des populations migrantes. En pratique, l'inclusion reste inégale : les peuples autochtones subissent des discriminations et une représentation politique insuffisante. La Defensoría del Pueblo identifie l'origine ethnique, la couleur de peau, la langue, le handicap, l'orientation sexuelle et l'identité de genre parmi les motifs de discrimination couverts par son dispositif No Discrimines, ce qui indique que ces formes de discrimination sont bien réelles. Lima offre l'écosystème international et associatif le plus développé ; les expériences varient davantage dans les villes secondaires et les zones rurales.
Le cadre juridique péruvien en matière d'égalité des genres est solide : les lois sur l'emploi et les avantages économiques obtiennent une note maximale dans les indicateurs d'ONU Femmes. En pratique, un écart de salaire d'environ 25 % persiste à Lima métropolitaine, et le taux d'emploi vulnérable des femmes (53 %) dépasse légèrement celui des hommes. Le congé maternité est fixé à 98 jours payés, répartis en 49 jours avant et 49 jours après l'accouchement, et le congé paternité est un droit légal pour les salariés des secteurs public et privé. L'écart entre la reconnaissance juridique et les résultats concrets reste la caractéristique principale de l'égalité des genres au Pérou.
Le Pérou dispose d'institutions actives et d'une législation régulièrement mise à jour : le CONADIS supervise l'application de la Ley N.° 29973, avec un plan d'inspection couvrant plus de 640 entités. L'accessibilité physique au quotidien varie considérablement selon les villes et les types de bâtiments ; il est conseillé de vérifier les conditions spécifiques du quartier envisagé avant de s'installer. L'inscription au Registre national des personnes handicapées est la porte d'entrée aux protections légales, aux réductions de transport et aux services sociaux. Le réseau Red Alivia Perú offre un accès à la certification du handicap, à la défense juridique gratuite et à des programmes d'aide sociale.
Le Pérou est racialement et ethniquement complexe, avec plus de 6 millions de personnes s'identifiant comme appartenant à un peuple autochtone ou originel, et près d'un million se déclarant afro-péruviennes. Le racisme demeure un problème de politique publique documenté : la Defensoría del Pueblo désigne la couleur de peau, l'origine ethnique et la langue parmi les motifs traités par son dispositif de lutte contre la discrimination. La stratégie nationale Perú sin Racismo al 2030 reconnaît explicitement la discrimination ethno-raciale comme un obstacle à l'égale reconnaissance de la diversité culturelle. Les expatriés de couleur peuvent être confrontés à des préjugés racialisés qui varient selon le quartier, la ville et le milieu social.
La liberté religieuse est réellement protégée : le modèle de l'État est laïque, avec une neutralité envers toutes les confessions, et Freedom House attribue au Pérou son score maximal sur ce critère. Le catholicisme reste culturellement dominant, 67 % des adultes péruviens s'identifiant comme catholiques, ce qui se traduit par des fêtes, des jours fériés et des références culturelles catholiques dans la vie quotidienne. Les communautés d'autres confessions (évangéliques, protestantes, juives, musulmanes, bahá'íes) existent mais sont moins représentées numériquement, surtout en dehors de Lima. Les entités religieuses peuvent s'enregistrer auprès de l'État via le Registro de Entidades Religiosas du Ministerio de Justicia y Derechos Humanos.
Les défis varient selon le profil. Les expatriés LGBTQ+ font face à un environnement juridique restrictif : pas de mariage entre personnes de même sexe, pas de reconnaissance légale du genre pour les personnes transgenres, pas de loi globale contre la discrimination, et une loi de 2026 restreignant l'accès aux toilettes publiques selon le « sexe biologique ». Les personnes de couleur peuvent rencontrer des présupposés raciaux, notamment en dehors de Lima. Les femmes expatriées font face à des écarts de salaire documentés et à des risques en matière de sécurité. Les expatriés en situation de handicap se heurtent à une accessibilité physique variable selon les lieux. Dans tous les cas, connaître les canaux officiels de plainte avant de rencontrer un problème est plus efficace que de les chercher sous pression.
Le principal canal officiel est la plateforme No Discrimines de la Defensoría del Pueblo, qui traite les plaintes et orientations pour un large éventail de motifs : origine ethnique, langue, handicap, orientation sexuelle, identité de genre et autres. Pour le handicap spécifiquement, le CONADIS et le réseau Red Alivia Perú offrent un accès à l'assistance juridique gratuite. L'Indecopi applique les règles antidiscriminatoires dans les contextes commerciaux et peut sanctionner les entreprises en infraction. Le Ministerio Público peut poursuivre la discrimination au pénal. Il n'existe pas de loi antidiscriminatoire unique et exhaustive couvrant l'ensemble des motifs et des contextes.
Le point de départ est le portail officiel gob.pe pour accéder aux contacts de toutes les institutions nationales. Pour les plaintes pour discrimination, la plateforme No Discrimines de la Defensoría del Pueblo constitue le premier recours. Pour le soutien aux personnes en situation de handicap, Red Alivia Perú et la plateforme en ligne du CONADIS permettent d'accéder aux services et à l'inscription. Pour le contexte juridique LGBTQ+, la base de données d'ILGA World et les ressources de l'UNFPA Pérou offrent des références fiables et régulièrement mises à jour. Pour les communautés religieuses minoritaires, le Registre des entités religieuses du Ministerio de Justicia y Derechos Humanos répertorie les groupes officiellement enregistrés.
Une vie communautaire existe, notamment à Lima, où la marche des fiertés LGBTI+ bénéficie d'une reconnaissance officielle des autorités municipales et où des organisations internationales, dont l'ONU, maintiennent une présence LGBTIQ+ active. Le cadre juridique reste toutefois restrictif : le Pérou ne reconnaît ni le mariage entre personnes de même sexe ni le changement légal d'identité de genre pour les personnes transgenres, et ne dispose pas de loi globale de protection contre la discrimination. Une loi de 2026 restreint par ailleurs l'accès aux toilettes publiques en fonction du « sexe biologique ». Selon des données de l'UNFPA Pérou, 62,7 % de la population LGBTI au Pérou déclare avoir subi une forme de violence ou de discrimination.
Des événements communautaires et des réseaux existent, Lima étant le pôle le mieux documenté : la marche des fiertés de juin rassemble chaque année de grandes foules dans le centre de la capitale jusqu'au Campo de Marte, dans le quartier de Jesús María. Des organisations internationales dont l'ONU maintiennent également une présence LGBTIQ+ active au Pérou. Pour les lieux et groupes sociaux spécifiques, il est recommandé de les vérifier directement auprès d'organisations disposant d'une présence officielle en ligne, plutôt que de s'appuyer sur des listes diffusées sur les réseaux sociaux, qui changent fréquemment.
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Journaliste de formation, titulaire des DALF C1 et C2 et diplômée de l'Université de Maurice, je cumule près d'une vingtaine d'années d'expérience en rédaction. Après six ans dans la presse mauricienne, j'ai rejoint Expat.com, où j'évolue depuis une douzaine d'années, dont cinq en tant qu'assistante éditoriale, et à présent responsable éditoriale.