En 2016, quand j'y suis allé, j'étais sur Koungou, à Majicavo Lamir. C'était le quartier le plus sécurisé du fait de la présence d'habitants occupants des postes importants et aussi de la concentration des forces de l'ordre dans les résidences. Avec le débriefing d'un parent policier basé sur Convalescence, j'ai fait très attention. J'avais la chance d'habiter juste en face de mon lieu de travail. La banque, l'ex Jumbo tous proches représentaient un atout. Je suis resté sur Mayotte presque une année et suis retourné dans mon pays d'origine.
Mais, j'y suis revenu mi 2021, car Mayotte reste une belle île qu'on apprend à aimer : ambiance folkorique, population accueillante, colorée, avec une manière de vivre très simple. En 2022, avec les premières destructions des bangas, la situation s'est dégradée dans Koungou, mais j'étais installé dans le Sud, à Bandrélé. Le Sud est un peu plus sécurisé (par contre si on travaille sur Mamoudzou ou dans le nord pas la peine de s'y installer). Personnellement, je n'ai pas été agressée, car je n'exhibais pas mes "richesses" sur moi, je ne sortais pas le soir. Après un Manzaraka, je rentrais toujours avant la nuit. Ce qui m'a fait partir, c'est de connaître des amis, métro, réunionnais et même mahorais qui se sont fait agressés, cambriolés. Un ami mahorais, chauffeur de bus s'est retrouvé un jour avoir une machette sous le cou. C'est une personne baraquée, native de Kaweni, où il a sa famille. Son surnom était BAD BOY. Un gars bien qui s'est retrouvé impuissant face à des agresseurs. Un grand costaud qui à la suite de ça était traumatisé au point d'envoyer femme et enfants en Métropole. Avec son travail, il ne pouvait pas partir tout de suite. Il subissait comme ses collègues des caillassages de son bus.
Une amie prof, a reçu la visite chez elle pendant qu'elle dormait d'un intrus, venu pour la cambrioler. Elle était à l'étage. Entendant du bruit, elle est descendue. Heureusement, que la personne ou les personnes ont fui. Autre incident survenu un autre jour, sa voiture cassée et vidée de tout ce qu'il y avait dedans.
Une Infirmière assise à l'arrière d'une voiture, lors d'une sortie sur Kaweni, reçoit un projectif en pleine figure. Conséquence : son visage défigurée à 21 ans et ce à vie.
Des incidents il y en a à la pelle. Donc pour ne pas me faire agressée, je suis repartie dans mon pays. Vivre constamment dans la crainte de se faire agresser ce n'est pas une vie surtout quand on a des enfants.
Les endroits les plus sécurisés ? En reste t-il vraiment à l'heure actuelle ? Nous le saurons quand le calme reviendra sur cette belle île.