Blog du mois : Le monde vu par Merichan et les Choiseaux

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    © Le monde vu par Merichan et les Choiseaux
Blog du mois
Publié il y a 2 mois
Modifié il y a 2 mois

Originaire de Suisse, Gaëlle a toujours eu la bougeotte. Le jour où son conjoint a décroché un poste à l’étranger fut une véritable opportunité pour elle de vivre sa passion du voyage. Après 3 années passées à Hong Kong, elle finit par s'installer à Singapour avec sa petite famille. Sur son blog, Le monde vu par Merichan et les Choiseaux, elle parle non seulement de ses aventures mais aussi de son quotidien d’expatriée, de la richesse culturelle du pays et donne de précieux conseils à tous ceux et celles souhaitant vivre à Singapour.

Bonjour Gaëlle, peux-tu te présenter et nous parler de ton parcours ?

J’ai 37 ans, je suis Suissesse d’origine. Il fut un passé lointain où j’étais employée de banque, mais je n’ai plus travaillé dans ma branche depuis 2002. On a toujours eu la bougeotte avec mon mari. Durant nos premières années, on est passé de la Suisse Romande à Zurich avant notre retour à Genève. Cette première aventure de quasi-expatriation culturelle et linguistique au sein de notre propre pays, nous a donné des envies d’ailleurs. Donc il y a 12 ans, quand l’employeur de mon mari lui a proposé un poste à Hong Kong, on a sauté sur l’occasion et on a pris l’avion en famille. J’ai eu la chance de pouvoir choisir de me consacrer pleinement à l’éducation de notre fille une fois sur place, tout en faisant bénévolement de la modération de forums sur le net et en passant pas mal de temps à écrire.

Après 3 ans à Hong Kong, on a pris le cap direction Singapour, toujours sur l’impulsion de l’employeur de mon mari à l’époque. Singapour et nous, c’est une idylle qui dure depuis 9 ans maintenant. Notre vie s’est profondément modifiée quand nous avons fait basculer notre fille dans le système scolaire local. Notre fille sort des normes, et a plus trouvé sa place dans le système scolaire Singapourien qu’au Lycée Français.

De la maman à presque plein temps d’un jeune enfant, je suis maintenant la maman d’une ado. On s’est laissé aller à planter un peu plus profondément nos racines dans le pays en accueillant au cours des ans une authentique ménagerie : un chien, 2 perruches à collier, une espèce de petit perroquet, 3 chats à nous, et selon les périodes des chats qu’on accueille le temps de retaper et - on l’espère - de replacer. Outre ma casquette inattendue de gardien de zoo, je continue à écrire régulièrement et je co-administre bénévolement « Singapour Nanas », l'un des gros groupes Facebook qui s’adressent spécifiquement aux femmes francophones à Singapour.

Qu'est-ce qui t'a attiré à Singapour ?

Avec le recul, ce que Singapour a apporté de différent par rapport à Hong Kong, c’est que j’étais déjà profondément amoureuse de la ville. J’étais sous le charme de son rythme de vie, de sa verdure luxuriante, de son patchwork de nationalités et de cultures, suite à mes vacances il y a 20 ans. L'on entend souvent dire que Singapour c’est un peu « la Suisse de l’Asie ». Et oui, avec les années je peux tirer beaucoup de parallèles.

Le « melting pot » de cultures très différentes, mais au milieu malgré tout, une identité Singapourienne, des valeurs communes... Un Singapourien chinois se trouve souvent plus de points communs avec un Singapourien ethniquement indien, qu’avec un Chinois du continent, par exemple. La langue me passionne, donc je me délecte aussi la richesse du Singlish, sa fonction sociale, et la relation d’amour/haine que tant le gouvernement que les habitants de Singapour peuvent entretenir avec. J'aime aussi la sécurité ou encore le fait que l'on a un peu l’impression d’être au départ d’un hub qui permet d’aller un peu partout autour de nous et y découvrir à chaque fois de nouveaux horizons.

Après, il faut faire avec le coût de la vie, qui peut représenter un vrai gros choc pour certains expatriés. Avec les années, selon la vie qu’on mène ici, on se rend compte qu’il y a vraiment plusieurs Singapour, avec des variations gigantesques du niveau de vie, comme en Suisse, et qu’y être moins aisé, voire carrément pauvre, est une honte qui se cache.

Qu'est ce qui t'a motivé à lancer ton blog ?

Je me suis mise à bloguer un peu par hasard, en gardant le pseudo que j’avais créé, jeune maman, pour aller sur les forums. J’ai toujours aimé écrire et, à notre départ de Suisse, j’ai commencé à tenir des chroniques d’expatriation que je partageais avec mes amies de l’époque rencontrées via ces mêmes forums et restées en Suisse.

Au fil des années, le support à évolué, les sujets dont je traite aussi (pour être honnête, quand je relis mes chroniques des débuts, j’ai un peu des frissons d’horreur d’y voir pointer un mélange de privilège blanc, de naïveté et de ton professoral en filigrane des billets, ce qui me semblait parfaitement normal à l’époque).

Avec les années, le cercle des lecteurs réguliers s’est passablement modifié, mais j’essaie de garder l’esprit original qui était d’écrire sur tout ce qu’il me faisait plaisir de partager. Que le billet soit informatif ou ludique, j’essaie toujours de transporter un moment mon lecteur en immersion dans mon monde.

De quoi parle ton blog et en quoi peut-il être utile aux futurs expatriés à Singapour ?

Comment décrire mon blog ? Il est beaucoup à mon image : il se lit un peu comme un roman, part dans toutes les directions et s’intéresse à tout. Il est parfois un peu fouillis et inclassable mais c'est dur de trouver quelque chose dont je n’ai pas parlé au cours des années passées ici.

J’y raconte à la fois des anecdotes marrantes du quotidien et les dernières mésaventures, tant en parlant des animaux que de nous, des choses qui me tiennent à cœur, qui m’ont tapé dans l’œil ou m’ont énervées.

D’autre part, j’essaie de partager des articles pratiques sur l’expatriation et sur Singapour. Il y a quelques années, par exemple, je partageais beaucoup de bons plans d’activités à faire ici avec de jeunes enfants. De nos jours, j’ai moins l’occasion de m’y frotter, mais je reste l'une des rares personnes, à ma connaissance, à avoir écrit sur le système scolaire local ou sur les difficultés que l’on peut rencontrer en expatriation en ayant un enfant qui sort des normes.

Quels sont tes projets d'avenir ?

C'est dur de me projeter à long terme, mais dans les prochaines années, au moins aussi longtemps que notre fille n’a pas fini sa formation, on ne se voit pas bouger de Singapour. Je veux profiter des prochaines années pour faire officiellement de ma passion pour l'écriture mon métier. J’ai l’avantage d’être résidente permanente à Singapour, ce qui me donne une plus grande liberté pour travailler à temps partiel ou en indépendante.