Sans aller jusqu'à généraliser et dresser un tableau noir, je comprends l'avis de Thierry31.
L'Andorre est un petit pays de 80 000 habitants. Seuls 30 000 possèdent la nationalité andorrane : à peine plus d'1/3 ! Les autres sont Espagnols, Portugais, Français, Philippins, d'Amérique du Sud ... Sa géographie fait qu'il est difficile d'accès. Plus particulièrement du côté français. Ce qui renforce ce sentiment de repli sur soi.
Pendant longtemps, y trouver du travail et un employeur était facile : à peine besoin de savoir parler le catalan (langue officielle), tout juste besoin de la comprendre, pas besoin de diplôme. Le principal critère de sélection : se faire pistonner. Du coup, l'Andorre a attiré beaucoup de monde, sans emploi, qui y ont vu l'occasion d'acquérir de l'expérience, gagner de l'argent, suffisamment pour un jour rentrer chez eux y construire une maison. Pour caricaturer, ceux d'Amérique du Sud viennent travailler aux pistes de ski ou dans les crèches, les Portugais sont sur les chantiers, leurs femmes sont vendeuses dans les boutiques ou caissières, les Andalouses sont femmes de ménage, les Philippins sont dans la restauration et les Andorrans (ou les Catalans) sont leurs supérieurs, dans les administrations, les banques ...
Le problème, c'est qu'il n'y a pas de politique d'intégration. Des cours d'apprentissage du catalan sont offerts à ceux qui s'installent, mais ne sont pas obligatoires. Un patron préférera que son employé étranger fasse la fermeture à 21h, plutôt que de lui dégager des horaires en fin de journée pour qu'il puisse assister à ces cours. Donc, ceux qui venaient dans le but de trouver un emploi et gagner de l'argent, ne se sentent pas plus investis par la vie dans le pays et ne cherchent pas plus à s'intégrer. Et les Andorrans, confrontés à ces étrangers dans la vie de tous les jours (du chauffeur de bus à la vendeuse de Zara, en passant par le serveur du restaurant), leur reprochent de ne faire aucun effort pour apprendre leur langue. C'est un cercle vicieux.
Aujourd'hui, la politique d'immigration est un peu plus stricte. Les non-européens ne peuvent obtenir qu'un permis de travail et de résidence saisonnier. Il est par ailleurs impossible d'obtenir ce permis sans avoir préalablement obtenu une promesse d'embauche de la part d'un employeur. Mais la politique d'intégration est toujours aussi nulle, et toutes les communautés cohabitent sans vraiment se mélanger.
Pour ce qui est de la "proximité", j'imagine que Thierry31 veut parler de l'ambiance de petite ville qu'il existe ici. 80000 habitants, c'est l'équivalent d'un Beauvais, Poitiers, La Rochelle, Pau, en France ! Or, ces 80000 habitants sont répartis sur 7 paroisses (grosso modo, 7 villes principales : Andorre, Sant Julia, Escaldes-Engordany, La Massana, Encamp et Canillo). Impossible de se promener sans croiser une connaissance. Ca peut être sympa : on ne se sent jamais seul ! Mais ça peut être flippant : en rentrant pour la première fois dans une pharmacie, le pharmacien savait déjà que j'étais la belle-fille d'untel ! On se sent un peu fliqué !