Attaquer des Français sur la bouffe, c'est une opération toujours très risquée !
Tout-à-fait d'accord avec Rhykard591 et si j'aime énormément la Bolivie, pour une fois je serai critique, sans tomber pour cela dans le détestable "chez moi c'est pas comme ça". En effet, si nous sommes en Bolivie, ce n'est pas parce que nous recherchions spécialement de la nourriture haut de gamme. Boliviens, rassurez-vous, j'ai vécu dix ans en Amérique du nord et au niveau bouffe, c'est pire qu'ici. D'ailleurs, celui qui a réussi à survivre à la bouffe anglo-saxonne peut survivre facilement à toutes les autres.
Je suis originaire du Périgord haut-lieu de la gastronomie française et apprécie la bonne chère à un point tel que je mourrai sans avoir mangé un seul hamburger, symbole pour moi de la malbouffe et dégénérescence nord-américaine. Je boycotte systématiquement le poison Coca-Cola et autres saletés toxiques, consommées ici à grande échelle. Au risque de choquer je dirai que je n'ai pas trouvé en Bolivie de réels talents culinaires. A la limite, c'est plus une cuisine de survie qu'autre chose. On mange parce qu'il faut manger pour vivre, mais sans aucune recherche de saveurs. Riz, poulet, cochon, zébu et poisson constituent l'essentiel des ingrédients de base.
Il n'y a pas de culture gastronomique en Bolivie ou très peu. Les différentes grillades, chicharones et asados sont corrects, mais n'atteignent pas des sommets culinaires. Il n'y a pas là de quoi remplir un livre de recettes.
Les viandes sont généralement mal découpées et rarement passées en chambre froide. D'ailleurs, quand on parle de chambre froide à un restaurateur il nous dévisage comme si on était des extra-terrestres. Pour cette raison les viandes sont le plus souvent dures. Lorsqu'elles sont tendres c'est parce qu'elles ont été passées au jaccard attendrisseur...
Ceci étant posé, les marchés sont très bien achalandés et offrent tout les ingrédients nécessaires pour faire à la maison de la bonne cuisine.
Culturellement parlant on est plus focalisé ici sur les parfums, le rouge à lèvres, les différentes peintures cache-misère corporelles et les téléphones portables que sur les plaisirs de la table. On est enfermé ici dans un certain atavisme et il ne se manifeste aucune curiosité relativement à la gastronomie.
Autre défaut de la cuisine bolivienne : elle est souvent très salée, ce qui la rend inconsommable à mon gout personnel.
Le vin rouge est souvent servi très frais et non chambré, ni placé en décanteur ce qui traduit un vide œnologique. J'ai vu pire au Québec où on a mis des glaçons dans un vin rouge (canadien de surcroit...) déjà glacé... Suite à cet attentat, un des guignols indigènes a cru bon de jouer les grands connaisseurs en glumant cette perfide mixture. A la suite de quoi, le nez au plafond et visiblement en extase, le clown en question s'est exclamé avec cet incontournable accent un "parfait" frappé au sceau de l'extase... Pauvre tache, j'affirme ici que la piquette dont tu as dit d'être régalé est susceptible de faire des trous dans les chaussures quand on va uriner !
Nous prévoyons un premier voyage à Tarija qui serait un haut-lieu de la production de vin et du jambon boliviens. On y copie les techniques espagnoles de la Sierra Nevada productrice des fameux jamones serranos. Dans notre démarche nous ne recherchons pas du tout l'identique, mais quelque chose de bon et le bon peut évidemment être différent. Et c'est très bien ainsi.
Je fabriquerai prochainement un fumoir. Cette technique est peu connue ici et je produirai moi-même ma ventrèche fumée pour confectionner de délicieuses quiches. Autre objectif, les filets de surubims fumés qui seront agrémentés d'un rougail de tomates. J'en salive déjà.
Pour conclure je dirai que oui, il est possible de bien manger en Bolivie si on sait cuisiner soi-même à partir des très nombreux ingrédients disponibles localement.
Voila, je n'ai pas été du tout convaincu par la cuisine bolivienne. J'arrête ici mes critiques, la Bolivie offrant bien d'autres attraits. Nobody's perfect.