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La santé en UKRAINE (ARTICLE PARU DANS LE JOURNAL « LA CROIX » …hier)

Bonjour à tous,
Je suis « tombé » sur un article (aujourd’hui).

Article paru dans le journal « LA CROIX «  , ce 26 avril 2018, par le journaliste Fabrice Deprez :

L’ambitieuse réforme du système de santé en Ukraine est vue comme une étape indispensable au redressement du pays, mais suscite l’inquiétude des médecins.

ZOOM
Selon un sondage realisé en janvier, la population soutient la réforme à près de 65 %. / Gleb Garanich/Reuters

De notre correspondant Fabrice Deprez

Docteur à l’hôpital nº 5 de Kiev, Andrii Dyjnak ne remarque plus les équipements vétustes, l’absence de chauffage dans certains couloirs ou le carrelage qui craquelle sous les pas.
Son exaspération transpire lorsqu’il pointe du doigt l’obligation de remplir tous les dossiers médicaux à la main ou lorsqu’il doit remplacer une intraveineuse lui-même car l’infirmière de garde n’y parvient pas.
« Je suis obligé de faire énormément de choses qui ne sont pas de ma responsabilité, soupire-t-il. Du coup, je n’ai pas le temps de soigner correctement. Ce qu’on fait ici ce n’est pas de la médecine, c’est de la survie. »
Malgré un accès aux soins gratuit garanti par la Constitution, la déliquescence du système de santé ukrainien, rongé par la corruption et le manque de moyens, n’est pas neuve.
Mais en dépit de l’urgence, toutes les tentatives pour le modifier sont jusqu’ici restées lettre morte.
Signe de la sensibilité du sujet, 22 ministres de la santé se sont succédé au poste en 27 années d’indépendance !
La révolution de 2014 a rebattu les cartes et placé à la tête du pays un gouvernement réformiste soutenu par les Occidentaux.
L’actuelle ministre de la Santé, Ouliana Suprun, a ainsi pu lancer la plus ambitieuse réforme du système de santé qu’a connue le pays, votée en octobre 2017 après des mois de tractations.

« Nous changeons de système »
Ce terme de réforme, la ministre le rejette : « Je parle plutôt de transformation, parce qu’on ne se contente pas de modifier un système existant, nous changeons de système », déclare-t-elle.
Il s’agit en effet de passer d’un système ultra-centralisé, inefficace, hérité de l’Union Soviétique, à un fonctionnement inspiré des systèmes de santé européens, notamment britanniques, français et espagnols.
Le premier volet de la réforme vient de démarrer, en avril, avec la création du concept de médecin traitant, jusque-là quasi inexistant en Ukraine.


Salaire du médecin généraliste   : 250€/mois

La nouvelle législation transforme aussi radicalement le financement du système de santé ukrainien : au lieu d’un salaire fixe très bas (environ 250 € par mois), les généralistes ukrainiens seront désormais payés en fonction du nombre de patients traités, afin d’améliorer le suivi des patients, d’augmenter les revenus déclarés des docteurs, et de favoriser la transparence tout en décourageant les pots-de-vin.
La réforme s’étendra l’an prochain aux médecins spécialisés et aux hôpitaux sur le même principe, « l’argent suit le patient », érigé en slogan par le ministère de la Santé.

Une réforme soutenue par près de 65% par la population
Comme d’autres initiatives visant à la modernisation du pays et son rapprochement avec l’UE, cette réforme fait face à d’importantes résistances, que les défenseurs de la loi attribuent aux milieux d’affaires, notamment les groupes pharmaceutiques qui ont profité de la corruption endémique jusque-là pour s’enrichir.
La population, elle, soutient la réforme à près de 65 %, selon un sondage réalisé en janvier.
L’inquiétude est néanmoins bien réelle, notamment chez les médecins.
À Odessa, Svetlana Boulatova ne masque pas son malaise.
Cette généraliste travaille dans une clinique publique du centre-ville regroupant plusieurs dizaines de médecins traitants. « C’est une très bonne réforme, notamment pour nos patients, dit-elle mais il faut tout détruire pour construire quelque chose de nouveau, ce qui rendra les choses très difficiles pour tout le monde. »

Ukraine: l'est rebelle face à un risque d'épidémie de VIH
Cette incertitude face à l’avenir, partagée par nombre de ses confrères, se mêle à des problèmes plus immédiats : en vertu de la nouvelle législation, Svetlana Boulatova devra bientôt faire passer l’ensemble de ses consultations par la nouvelle base de données électronique « e-Health », un passage à l’ère numérique qui vise à améliorer l’efficacité du système de santé et à réduire la corruption.
Or dans son étroit cabinet, elle n’a ni ordinateur, ni connexion à Internet. « Le gouvernement nous a promis de l’aide, mais il n’y a pour l’heure aucun soutien », déplore-t-elle.

L’Ukraine frappée par les maladies infectieuses
L’Ukraine possède l’espérance de vie la plus faible d’Europe (71 ans, dix ans de moins que la moyenne européenne).
D’après l’Organisation Mondiale de la Santé, le pays possédait aussi en 2016 l’un des taux de vaccination les plus bas du continent.
Cet hiver, une épidémie de rougeole a tué huit personnes dans le pays.
Environ 50 000 Ukrainiens sont atteints de la tuberculose, une maladie qui a pratiquement disparu en Europe centrale et occidentale.
Parmi les anciennes républiques soviétiques, l’Ukraine est avec la Russie le pays le plus touché par le virus du VIH-sida, avec environ 220 000 personnes contaminées.

Fabrice Deprez , le 26/04/2018 à 6h31

Merci pour cet article, qui reflète bien la réalité locale et qui montre que l'Ukraine n'est pas totalement le oublié en France.

Oui article qui reflète totalement la réalité . Mais ça ne suffira pas . Le système pharmaceutique est à revoir aussi . Un énorme pourcentage de médicaments sont des faux !

Bonjour Patrice,
J'avais lu depuis l'Ukraine profonde ces informations.
Fréquentant plusieurs hôpitaux chaque jour, je connais assez bien les manques de leur système médical. C'est la brousse.
Et encore ils ne parlent pas de l'hépatite C, qui est une généralité en Ukraine.
Ah! les toilettes des hôpitaux ici, je n'ai connu pire que sur le port d'Alger sous la chaleur.
A mon âge, 66 ans, ce sont des vieillards qui ne marchent plus, sauf quelques privilégiés, à côté, je suis vaillant comme un jeune coq (les 2 pieds dans la merdre!).
Je crois que leur vodka de village, du voisin, Q sec n'est pas excellente pour l'espérance de longue vie.
Sinon, sur le site de Donetsk, ils sont de plus en plus inquiets pour cette mine où l'URSS réalisa une explosion nucléaire car depuis hier est est laissée au total abandon.
Le risque serait majeur, même pour la mer Noire. Merci Google, la traduction est assez compréhensible. Le site officiel 62.ua, sans faire de publicité, qui donne connaissance de toutes les atrocités qui se passent dans les territoires occupés.

Les médicaments en Ukraine.
Ils ne savent pas soigner la grippe.
Heureusement, un vieux Doliprane traînait par là et il tua la fièvre de cheval.
Ensuite on s'est soigné avec des infusions d'argousier sec, emplies de bonnes vitamines.

À chaque voyage en France, je fais mon stock de Doliprane et autres médicaments de première nécéssité.
J'ai acheté la semaine dernière en pharmacie une boîte de Movales (Boehringer). Le médicament étant totalement inopérant, j'ai vérifié auprès du laboratoire et il s'est avéré que c'est une copie.

Quid des autres médicaments nécessaires ?
C’est pareil ?

Ce n'est pas la première fois que J'ai la preuve formelle d'avoir des médicaments contrefaits. Ça m'est arrivé aussi avec des médicaments pour animaux aussi connus que du Frontline par exemple.
Je pense qu'il y a des fois où le pharmacien ne sait pas qu'il vend des contrefaçons ou des mauvaises copies.
C'est un réel problème.

Est-ce que ceci sous-entend que chaque fois que l'on achète un médicament ici, on ne sait pas si c'est une contrefaçon ou non ?

Est-ce pareil pour toutes les pharmacies ?

Et qu'en est-il des médicaments pour animaux de compagnie ? J’achète du Profender de chez Bayer pour mon chat (un équivalent de Frontline), comment savoir si c'est un produit authentique ou une contrefaçon ?

Les contrefaçons sont-elles également valables pour des médicaments de grands groupes pharmaceutiques allemands, français et suisses ou généralement ces produits sont des originaux ?

Oui malheureusement c'est valable ( en tout cas sur Odessa ) pour toutes les pharmacies et pour toute les laboratoires pharma ! Faux Bayer , Faux Pfizer , faux Merck ...

Je confirme. Beaucoup de contrefaçons et de copies.
Il y a également des médicaments vrais mais de très mauvaise qualité comme du furosémide, du paracétamol, de la doxycycline... ce sont souvent des médicaments fabriqués en Ukraine ou en Inde.

Pour le profender, je n’ai pas trouvé de copie mais c’est toujours possible,
Si votre chat n’a pas de vers intestinaux ( le profender est un vermifuge), on peut penser qu’il est vrai. Sinon il faut contacter Bayer et voir avec le numéro de lot et la date d’expiration. On peut aussi vérifier que le QR code correspond bien au numéro des lot.

Merci pour l'information, je ferai plus attention à l'avenir lorsque j’achèterai quoi que ce soit en pharmacie.

Pour le Profender, je l'utilise à titre préventif tous les trois mois. Mon chat ne semble pas montrer de signes de pathologie quelconque mais la prochaine fois que j'en achète, je vérifierai l'authenticité du produit.

vet33 :

Ce n'est pas la première fois que J'ai la preuve formelle d'avoir des médicaments contrefaits. Ça m'est arrivé aussi avec des médicaments pour animaux aussi connus que du Frontline par exemple.

quand-même ça semble hallucinant ! en France ça ferait un scandale !
mais il n'existe pas des moyens de porter plainte ou qqch du genre ? je veux bien qu'il y ait des magouilles, du black, de la mafia, mais ça ne fait réagir personne que même en cas de maladie, où on va dépenser ses maigres revenus à la pharmacie, on cherche encore à nous voler en nous vendant de faux médocs ?
ici tout le monde trouve ça normal ?

C'est une situation connue d'une majorité de personnes.
Mais ce problème ne touche pas que le secteur pharmaceutique.
N'avez-vous jamais vu des copies de Windows pour 40 hrivna?
À ma connaissance, la loi sur le copyright n'a toujours pas été votée.

c'est connu mais tout le monde s'en fout ?
ce n'est tout de même pas la même chose que de pirater Windows et de vendre de la poudre de perlimpinpin à quelqu'un qui est venu soigner ses enfants.

vous en tant que professionnel de santé, même s'il s'agit d'animaux, n'avez aucun recours contre les officines qui vous vendent des faux ?

En Ukraine, la corruption est telle qu’il vaut mieux ne pas essayer. On est loin de l’état de droit, et encore plus à Odessa.
C’est un gros business.

C’est la même chose pour la nourriture, comme les saucisses sans viande (au mieux de la cellulose...), du fromage sans lait.... on peut en écrire des pages entières.

C’est ça aussi l’Ukraine !!

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