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De Marseille à Montréal pour réaliser son rêve

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    Laulinea
  • Hiver a Montreal
    Laulinea
Interview
Publié le mois dernier

Originaire de Marseille, Laurène a toujours été fascinée par les nouvelles cultures. Passionnée de découvertes et de photographie, elle décide de s'envoler pour Montréal avec un PVT en poche. Cela fait maintenant 4 ans qu'elle y mène la vie de ses rêves, en dépit de quelques difficultés survenues en cours de route. Elle revient sur cette merveilleuse aventure et en parle à Expat.com.

Laulinea

Laulinea

Bonjour Laurène, peux-tu te présenter brièvement et nous parler de ton parcours ?

Allô ! Je suis une designer graphique marseillaise et j'ai 31 ans. Avant de venir au Canada, je vivais à Aix-en-Provence et je travaillais en agence de communication et en freelance. J'ai décidé de partir au Canada par curiosité. Je voulais découvrir une autre culture, voir comment ça se passe ailleurs dans le monde.

Qu'est-ce qui t'as attirée vers Montréal? Depuis combien de temps vis-tu au Canada ?

J'ai toujours été fascinée par les autres cultures, mais j'ai toujours eu peur d'aller vivre à l'étranger. Quitter mon cocon, ce n'était pas pour moi, jusqu'au jour où j'ai fait la rencontre d'une personne qui était expatriée à Montréal. Reconstruire sa vie là-bas avait l'air si facile qu'en un après-midi j'ai pris la décision de traverser l'océan. Ce qui m'a rassurée, c'est le fait qu'on y parle français ! Je voulais continuer à travailler dans mon domaine. Maîtriser la langue était donc essentielle et la seule que je maîtrise, c'est le français ! Mais c'est plutôt le côté grande ville, jeune, dynamique et nord-américaine qui m'a donné envie d'aller à Montréal. Ça m'a tellement convaincue que j'y suis toujours après avoir vécu 4 hivers !

Quelles étaient les formalités à remplir pour que tu puisses t'installer au Canada ?

J'ai fait une demande de PVT. C’était une pression intense ! On vérifiait nos mails tous les jours, toutes les heures, pendant des semaines pour pouvoir télécharger notre trousse de documents. À l'époque, la demande était faite par courrier. Je l'ai envoyée dès le lendemain car j'avais prévu le coup : le PVT a fermé au bout de 2 jours. Il n'y avait pas de droit à l'erreur. Les conditions étaient les mêmes qu'aujourd'hui : avoir entre 18 et 35 ans, un peu d'argent de côté et pas de casier judiciaire. Il fallait aussi écrire une lettre de motivation (ça, je crois qu'ils ne le demandent plus).

Parles-nous de ce que tu aimes le plus et le moins à Montréal.

Ce que j'aime le plus, c'est sûrement la sécurité que l'on ressent ici. Je peux rentrer chez moi à n'importe quelle heure : je ne me suis jamais fait embêter. Il est même rare de se faire accoster dans la rue. J'adore toutes les activités culturelles qu'on peut trouver ici. Il y a toujours quelque chose à faire, l'été comme l'hiver. J'aime aussi que la ville soit espacée : on ne se marche pas dessus, les rues et les trottoirs sont grands. Il y a beaucoup de parcs dans tout Montréal et j'aime l'architecture typique d'ici.

J'aime moins la nourriture. Je ne suis pas une grande gourmande, mais je trouve les produits d'une qualité moyenne. Ce que je n'aime pas du tout, c'est le peu de vacances. Pour la plupart, on se contente de 2 ou 3 semaines par an. C'est dur à gérer quand on est expatrié.

Vivre a Montreal
© Laulinea

Peux-tu nous décrire Montréal en une phrase ?

Dynamique comme une grande ville, paisible comme un petit village.

Qu'est-ce qui t'a le plus surpris à ton arrivée à Montréal ?

Mis à part les feux rouges de l'autre côté de la route ou les écureuils qui sont partout dans la ville, je crois que c'est l'accent ! J'avais beaucoup de mal à le comprendre au début et cela m'arrive encore des fois. Par exemple, après ma première journée de travail, j'avais mal à la tête comme si j'avais été en milieu anglophone toute la journée. Vous aurez compris que ce n'était pas le cas.

Est-il difficile de trouver un logement à Montréal ? Quels sont les types de logements disponibles pour les expatriés ?

J'ai eu mon premier appartement 3 jours après l'avoir visité. C'est tellement facile de trouver un appartement à Montréal que j'en suis à mon 5ème. Il n'y a pas de caution à fournir, pas de loyer d'avance et les démarches se font très rapidement. Il y a de nombreuses colocations sympas et abordables. Il est préférable de trouver un tout inclus, avec hydro (électricité) et chauffage, en tant que nouvel arrivant, car on peut avoir de grosses surprises pendant l'hiver ! Les appartements sont souvent mal isolés alors les factures montent vite. On peut aussi opter pour un meublé si on sait qu'on reste un an ou moins. Et puisqu'on me le demande souvent, voici un article sur « où poser ses valises à Montréal ».

Quels sont les festivals les plus populaires et les principaux codes culturels à Montréal ?

L'Igloofest est un festival en plein air et en plein hiver. Donc, on y va avec le kit total de survie : bonnet, gant, collant, double collant, pantalon de neige... J'aime également Montréal en lumière lors duquel il y a plein d'activités à faire pendant plusieurs week-ends : art, cuisine, tyrolienne, etc. Mes préférés sont les festivals d'humour : Juste pour rire et le Zoofest. Saviez-vous que Montréal possède une école de l'humour ? Ce n'est pas une blague !

Hiver a Montreal
© Laulinea

Que penses-tu du mode de vie à Montréal ?

Il est cool et respectueux. C'est d'ailleurs pour cette raison que j'y suis toujours après 4 ans. Les gens sont plutôt relax, il n'y a pas d'agressivité, on ne pousse pas, on fait la file en attendant le bus, on aide les gens avec une carte à la main... On ne juge pas, chacun est libre de vivre comme il l'entend et la tolérance est très présente. Je crois que tous les modes de vie sont possibles à Montréal. C'est pour ça qu'il est si facile de s'y plaire.

Quels sont les moyens de transport disponibles à Montréal ? Comment te déplaces-tu ?

J'ai opté pour les transports en commun. Au quotidien, c'est le plus simple pour moi. Il y a 4 lignes de métro et beaucoup de bus. Je me suis toujours débrouillée pour habiter près d'un métro ou avec des lignes de bus qui passent très régulièrement (toutes les 5 minutes) car attendre les bus en retard peut être un véritable calvaire en hiver ! Avoir une voiture, c'est coûteux. Ensuite, il faut apprendre le système de stationnement, ce qui n'est pas évident, d'autant qu'il est facile d’écoper d'une amende. Il faut aussi déneiger sa voiture à chaque tempête, la changer de place... Bref, c'est un vrai casse-tête ! Lorsqu'on va se balader en dehors de l'île de Montréal, on loue une voiture. La location de voitures est très abordable.

As-tu eu des difficultés à t'adapter à ton nouvel environnement et à la société montréalaise ?

Pas spécialement. Il est quand même assez facile de s'adapter dans une ville aussi cosmopolite. Les Montréalais sont habitués aux étrangers (particulièrement aux Français qui sont toujours plus nombreux) et aux autres cultures. Cela a parfois été un peu compliqué au travail : il y a eu des réactions ou des situations que je ne comprenais pas. Heureusement qu'il y a toujours eu un Français pour m'expliquer les différences culturelles.

A quoi ressemble ton quotidien d'expatriée à Montréal ?

Mis à part le fait que je fasse à présent mes paiements en dollars et que je porte des bottes d'hiver la moitié de l'année, je ne crois pas que mon quotidien soit super exotique ! En revanche, les deux premières années, je ne manquais jamais la moindre occasion pour passer une journée à me balader en dehors de Montréal, séjourner dans un chalet, découvrir des différents quartiers de la ville, ou encore, participer à des événements. Aujourd'hui, c'est plutôt différent comme je vis ici.

parc a Montreal
© Laulinea

Que fais-tu de ton temps libre ?

Ma vie sociale est l'une de mes priorités depuis que je vis à Montréal. Je vois beaucoup mes amis : on va prendre un verre dans un bar ou on part en week-end. On trouve toujours quelque chose à faire. Comme la plupart de mes amis n'ont pas d'enfant, on arrive à se voir régulièrement. En ce moment, je lis beaucoup. J'apprécie énormément la bibliothèque de l'UQAM. Je me suis également remise à la photographie tout récemment et mon blog, « Laulinea, une Marseillaise à Montréal », m'occupe pas mal.

Y a-t-il à Montréal des activités nocturnes pour les fêtards ?

Oh oui ! En revanche, on commence à faire la fête plus tôt et on s’arrête également plus tôt. Les bars et les boîtes de nuit ferment généralement leurs portes à 3h du matin. Quant aux métros, ils s'arrêtent à 1h. Il n’empêche qu'on peut trouver des endroits sympas dans tous les quartiers. Il y en a pour tous les goûts et tous les âges.

Quelles nouvelles habitudes as-tu adoptées à Montréal ? Quelles vieilles habitudes as-tu abandonnées ?

Pour ce qui est des nouvelles habitudes, j'ai commencé à regarder la météo. À Marseille, je n'avais qu'à regarder le ciel. A Montréal, il peut y avoir un ciel bleu mais avec une température de -30°C. Donc je ne sors jamais sans avoir regardé Météo Média !

Du côté des vieilles habitudes, je ne suis plus la mode ! Au Canada, la mode n'a pas du tout la même importance qu'en France. On porte pratiquement le même manteau pendant quatre mois et les mêmes chaussures tous les jours ! J'ai tendance à privilégier le pratique à l'esthétique, surtout l'hiver où la seule chose qui m'importe c'est de me tenir au chaud. Les vraies Montréalaises arrivent tout de même à sortir en talons et mini-jupe pendant une tempête de neige !

Depuis que je suis à Montréal, je n'ai plus de télé et je m'en passe très bien ! Aussi, j'ai perdu l'habitude de râler pour tout et n'importe quoi. J'ai même perdu mon ironie typiquement française ! Cela fait du bien d’être un peu plus optimiste.

Quel est ton avis sur le coût de la vie à Montréal ? Combien coûtent un trajet en bus, une bière, ou encore, un bon pain ?

Je pense que, d'une manière générale, Montréal est moins chère que Paris, mais le coût de la vie est à peu près similaire à celui du reste de la France. J'ai commencé à travailler en France, pratiquement au SMIC, mais j'arrivais à m'en sortir avec des aides, bien sûr. A Montréal, j'ai commencé avec un salaire bas qui était pourtant supérieur au minimum, mais cela a été vraiment difficile. Les loyers sont abordables, même si tout dépend de l'emplacement, de l'état du logement, etc., mais les autres dépenses courantes sont relativement élevées. Un abonnement au mois à la STM (transport en commun) coûte environ 80$ par mois. Pour un cocktail, il faut compter entre 8 et 10$ et un minimum de 2$ pour une baguette à l'épicerie. Je ne vous parle même pas des abonnements téléphoniques (entre 40 et 80$) ou internet (allant de 50 à plus de 100$).

Paysage montrealais en hiver
© Laulinea

Y a-t-il quelque chose que tu voudrais faire à Montréal mais dont tu n'as pas encore eu l'occasion ?

Oui ! Je ne suis toujours pas allée au parc Oméga ! C'est un parc animalier où les différentes espèces vivent en liberté et où on a la possibilité de se balader en voiture. On peut même les nourrir ! J'aimerais aussi prendre des photos de la serre de Westmount à Montréal.

Quel est ton meilleur souvenir de Montréal ?

C'est vraiment difficile de choisir ! Mais je dirais que le meilleur est certainement mon premier jour à Montréal. J’étais si heureuse et excitée à mon arrivée, d'autant que c’était la première fois que je voyais l’Amérique du Nord ! Mon rêve s’était enfin réalisé et c'était vraiment incroyable ! On est parti rejoindre mes amis qui devaient nous héberger et on a visité le quartier du Plateau avant d'aller manger dans un petit restaurant très sympa.

Si tu pouvais repartir à zéro à Montréal, que ferais-tu différemment ?

Je pense que je me serais installée sur le Plateau dès le départ. C'est le quartier de prédilection de la communauté française à Montréal, même si tout le monde se plaint à présent de la cherté des loyers, presque autant que les loyers parisiens. Je dois dire que ce quartier est vraiment charmant et très animé. La raison pour laquelle je ne l'avais pas faite c'est que je cherchais à éviter les clichés.

Que penses-tu de la cuisine locale ? Quelles sont tes spécialités préférées ?

On ne peut malheureusement pas parler de gastronomie québecoise. La poutine, le pâté chinois et le pain de viande sont les incontournables de la cuisine québecoise. Dans l'ensemble, elle est plutôt grasse, ce que je ne trouve pas très agréable. En revanche, j'adore les brunchs ! Il n'y a rien de mieux que d'entamer un week-end avec des œufs, du bacon, des saucisses et des toasts.

Chalet a Montreal
© Laulinea

Qu'est-ce qui te manque le plus par rapport à ton pays d'origine ?

La nourriture, justement ! La qualité de vie dans le Sud de la France, l'art de vivre provençal et ma famille me manquent aussi. Et puis, lors de mes prochaines vacances à Marseille, la première chose que je ferai c'est aller à la plage.

Es-tu déjà arrivée à un point de vouloir quitter Montréal ? Comment as-tu surmonté cette épreuve ? Qu'est-ce qui te retient à Montréal ?

Oui et non. Au bout d'un an et demi, je n'étais plus très heureuse sur le plan professionnel. J'avais le choix entre trouver un autre emploi à Montréal ou rentrer en France. Même si j'aimais bien ma vie en dehors de ces 40h par semaine, ce n'était plus suffisant pour rester. Cependant, il y a eu des changements positifs au travail au moment où je préparais mon portfolio, ce qui fait que je n'ai même pas eu à chercher ailleurs. Depuis, je me sens plus épanouie, tant sur le plan professionnel que personnel.

Quels conseils donnerais-tu aux futurs expatriés à Montréal ?

Je dirais que pour réussir son intégration, et ce dans n'importe quel pays, il faut être curieux, à l'écoute et ne pas avoir de préjugés. En ce qui concerne Montréal, n'ayez pas peur du froid ! Il est vrai que l'hiver est long, mais cela n’empêche pas de s'amuser. Il y a tellement d'activités à faire en hiver qu'il serait difficile d'hiberner.

Quelles seraient, selon toi, les 5 choses à emmener dans sa valise à Montréal ?

Du fromage, du vin, du bon chocolat, des produits cosmétiques français et votre passeport. Tout le reste est disponible ici.

Vivre a Montreal
© Laulinea

Tes projets d'avenir ?

Mon permis de travail est valable jusqu'en 2018. J'ai récemment fait ma demande de résidence permanente pour pouvoir avoir le choix de rester ou de partir. Je ne me vois pas spécialement à Montréal dans 10 ans, mais je ne me vois pas rentrer à Marseille l'année prochaine.

Y a-t-il une chose que tu souhaiterais ramener avec toi en quittant Montréal?

Mon chat québecois ! D'ailleurs, je pense qu'il va bouder si je ne le fais pas. J'ai adopté Yéti à la SPCA 3 mois après mon arrivée ici.

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