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Allemagne. Des profs venus de Syrie

http://www.letelegramme.fr/images/2018/02/18/enseignante-assistante-a-l-ecole-sigmund-jahn-de_3824703_408x330p.jpg?v=1  À l'école en Allemagne, on ne fait pas que des maths et de l'allemand mais du chant, du cinéma et des projets éducatifs. On remplit aussi beaucoup de formulaires administratifs. C'est ce qui étonne le plus Hend Al Khabbaz.

Dans son allemand tout neuf, l'enseignante s'amuse : ici, « c'est mieux pour les enfants mais c'est beaucoup de travail pour les profs ! » « Ici », c'est l'école Sigmund-Jähn de Fürstenwalde, petite ville morne et grisâtre de l'ex-RDA communiste, à 60 km à l'est de Berlin. Et à 3.500 km d'Homs, en Syrie, où Hend Al Khabbaz enseignait l'anglais en primaire, avant d'embarquer pour l'Europe sur un rafiot surchargé et de demander l'asile à l'Allemagne, en septembre 2015. Parmi les plus d'un million de réfugiés arrivés sur le sol allemand à l'époque et depuis, Hend Al Khabbaz est l'une des toutes premières à être recrutée par une école en tant qu'enseignante assistante. Avant cela, cette femme de 35 ans a suivi, pendant un an et demi, les cours du « Refugee Teachers Program », un programme de l'Université de Potsdam (est) qui prépare des réfugiés, professeurs dans leur pays d'origine, à rejoindre le système éducatif allemand.

Sur les 700 candidatures reçues en 2016, 85 % émanaient de Syriens. « Ce sont des gens qui ont fait de bonnes études universitaires », explique Miriam Vock, initiatrice de cette formation. « Nous voulons leur donner la chance de pouvoir exercer à nouveau leur métier ici. »
Un soutien précieux

À Fürstenwalde, la sonnerie annonçant la reprise des cours s'invite dans le brouhaha de la récréation. Yasmine, Zaïd et les deux Mohamed prennent place dans une classe aux murs vert anis auxquels s'agrippent des papillons de papier. Trousse bariolée devant eux, ils écoutent religieusement le cours. Les quatre enfants, âgés de neuf à onze ans, sont aussi des réfugiés syriens et suivent déjà une scolarité normale. Mais, dans certaines matières, Hend est là pour les soutenir dans leur apprentissage.

« Il y a des mots qu'ils ne comprennent pas encore et il arrive aussi que le prof parle trop vite », explique l'enseignante qui se tient derrière eux, prête à répondre à leurs sollicitations. Yasmine, longue tresse brune qui dévale jusqu'en bas du dos, vient de se tourner vers elle et lui chuchote une question en arabe. « Quand on ne peut pas faire autrement, les enfants s'adressent à elle dans leur langue maternelle », explique la directrice de l'école, Ines Tesch. Un soutien précieux pour des bambins débarqués dans un pays inconnu en trimbalant déjà un lourd baluchon de guerre, de drame et d'exode.

L'école Sigmund-Jähn accueille 92 enfants réfugiés, dont 45 syriens, pour 350 élèves au total. Depuis son arrivée, « Mme Al Khabbaz nous permet d'établir des ponts » avec des parents syriens qui font ce qu'ils peuvent avec l'administration allemande, ses tampons et ses registres, souligne Ines Tesch.
Obstacle coriace

Hend Al Khabbaz, qui se débat encore avec certaines subtilités linguistiques, reconnaît avoir dû surmonter un obstacle coriace avant de pouvoir reprendre son métier : l'apprentissage de l'allemand. L'essentiel de sa formation, à Potsdam, a d'ailleurs été consacré à cela. « C'est très exigeant car les participants doivent acquérir le niveau d'allemand indispensable pour enseigner », admet Miriam Vock.

D'ailleurs, si la première « promo » de profs réfugiés est sortie en 2017, seuls douze des 26 diplômés ont rejoint une école. Les autres devront repasser leur examen d'allemand. « Il est clair qu'à terme, ils trouveront tous un emploi dans une école », assure d'ailleurs Miriam Vock. Ils ne pourront toutefois pas décrocher le statut de fonctionnaire. « La plupart d'entre eux ont une licence et n'enseignent qu'une matière », explique celle-ci, car « en Allemagne, il faut un niveau master et deux matières ».

En attendant, à Fürstenwalde, Hend Al Khabbaz construit sa nouvelle vie, à l'abri, assure-t-elle, du rejet et du racisme. « Personne n'a jamais osé me dire quoi que ce soit sur Mme Al Khabbaz », tonne l'énergique directrice de l'école. « Mais je sais que j'aurais sans doute des problèmes avec des parents d'élèves si elle portait le voile. »

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    jean  luc  ;)

PS: trés bonne  initiative, , mieux  vaut payer des profs de ses pays lá pour soutenir les enfants de réfugiers , que d'avoir des futurs chômeurs qui viverons des aides sociales ,faute d#avoir eu du soutient scolaire .jean luc

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