Les changements au Qatar après la crise de COVID-19

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Actualisé 2020-08-13 09:02

Le Qatar a été frappé de plein fouet par la crise de COVID-19, ce qui l'a poussé à mettre en oeuvre une série de mesures préventives touchant à la fois les locaux et les expatriés. Si vous comptez vous y expatrier dans un proche avenir, découvrez les changements auxquels vous devriez vous attendre en termes de conditions d'entrée, de visas, d'emploi, d'immobilier ou encore, de mode de vie.

Quelles sont les conditions actuelles et les formalités pour entrer au Qatar ?

A compter du 1er août 2020, les ressortissants de nombreux pays sont autorisés à entrer au Qatar sous certaines conditions. Il s'agit, notamment, de ceux inscrits sur la liste des pays à faibles risques, y compris la France, l'Allemagne, l'Espagne, le Canada, la Belgique, ainsi que la Suisse et la Turquie, entre autres. Sachez que cette liste est révisée chaque quinzaine, alors il vaut mieux la consulter régulièrement en vous rendant sur le site du ministère de la Santé du Qatar. Les voyageurs en provenance de ces pays sont toutefois tenus de se soumettre à un test de dépistage de COVID-19 à leur arrivée. Ils doivent également fournir une attestation de quarantaine dûment signée. En effet, ils devront s'auto-isoler à leur domicile pour une durée de 7 jours, suivant lesquels ils sont tenus de se soumettre à un deuxième test dans l'un des établissements de santé dédiés. Si les résultats s'avèrent positifs, les voyageurs seront alors transférés dans un centre d'isolement. Tout nouvel arrivant doit télécharger l'application Ehteraz sur son smartphone afin d'être retracé. Le statut du voyageur s'affiche en jaune à son arrivée et passe au vert une fois qu'il est testé négatif à la COVID-19 au bout d'une semaine. Les voyageurs en provenance des pays à hauts risques sont, pour leur part, tenus de fournir un certificat de négativité à la COVID-19 obtenues dans les 48 heures précédant leur voyage au Qatar. S'ils ne sont pas en mesure d'obtenir ce certificat en raison de l'absence de centres de dépistage accrédités dans leur pays d'origine, ils seront placés en quarantaine dans un hôtel désigné à leurs propres frais, à condition que la réservation ait été faite à travers le site Discover Qatar avant leur arrivée. Dans tous les cas, une prise de température est effectuée à l'aéroport. Retrouvez plus d'informations sur le portail officiel du Qatar et sur le site de communication du gouvernement (GCO).

Y a-t-il eu des changements relatifs aux visas récemment ?

A compter du 1er août 2020 et ce jusqu'à 15 septembre, les détenteurs de permis de résidence, soit le QID, sont autorisés à rentrer au Qatar sous certaines conditions. En effet, leur admissibilité dépend d'une série de priorités comme les indicateurs de santé publique, la nature des besoins du gouvernement et des secteurs para-étatiques, ainsi que pour des raisons humanitaires. La demande d'autorisation doit être faite sur le portail officiel du Qatar. Une fois l'autorisation reçue, les voyageurs devront réserver un hôtel à des fins de quarantaine à leurs propres frais. Sachez que l'entrée sera refusée aux personnes qui ne disposent d'aucune confirmation de réservation pour la quarantaine. Ces conditions sont également valables pour les conjoints étrangers de ressortissants Qataris, ainsi qu'aux détenteurs d'autres visas éligibles. Les détenteurs de permis de résidence ayant expiré peuvent également rentrer au Qatar pour faire leur demande de renouvellement.

Sera-t-il difficile de trouver un emploi au Qatar après la crise ?

Comme de nombreux pays du Moyen-Orient, le Qatar fait également face à l'exode des expatriés, ce qui a un impact considérable sur son marché du travail. Le pays abrite d'ailleurs quelque 2,3 millions d'habitants, dont la majorité sont des expatriés. En effet, le marché du travail qatari comprend pas moins de 95% de travailleurs étrangers, ce qui est plutôt surprenant, d'autant que les autorités s'attendent à une baisse démographique de l'ordre de 10% au cours des prochains mois. L'industrie pétrolière et l'aviation sont actuellement les secteurs les plus affectés par la crise. Des licenciements sont d'ailleurs en cours depuis le début de la crise. Dans d'autres secteurs, on note une baisse significative des salaires. Il n'empêche que le gouvernement qatari a mis en place un plan de soutien aux entreprises afin de les aider à préserver l'emploi. Même s'il semble, à présent, difficile de trouver un emploi au Qatar en tant qu'expatrié en raison de l'incertitude qui règne, rien ne vous empêche de garder l'œil ouvert sur le marché du travail et de prospecter les secteurs qui vous intéressent.

Comment le système de santé local a-t-il réagi face à la crise ?

Le Qatar possède l'un des meilleurs systèmes de santé au monde, avec des hôpitaux dotés d'équipements qui sont à la pointe de la technologie, sans oublier ses médecins et son personnel médical hautement qualifiés. Même si le nombre de cas de COVID-19 est monté en flèche ces derniers mois, les autorités qataris ont pris toutes les dispositions nécessaires pour la contenir. Parmi ces dispositions, l'obligation de télécharger l'application Ehteraz qui permet de retracer toutes les personnes infectées avec qui son utilisateur a pu être en contact. Sachez que le refus d'installer cette application peut entraîner une amende allant jusqu'à 55 000 $. En ce qui concerne les soins de santé, il est intéressant de noter que la télémédecine a gagné en popularité pendant la crise de COVID-19. Aujourd'hui, les consultations médicales se font, pour la plupart, en ligne ou par téléphone, de même que les ordonnances. Les médicaments sont livrés à domicile grâce à la collaboration du ministère de la Santé avec les services postaux du Qatar. D'autre part, des mesures ont été prises pour assurer la sécurité du personnel médical en poste dans les différents hôpitaux, centres de santé et cliniques du pays. Des équipements de protection, y compris des masques et des gels hydroalcooliques leur ont été fournis afin de les protéger des risques de contamination.

Qu'est-ce qui a changé par rapport aux écoles et aux universités ?

Toutes les écoles et les universités au Qatar sont fermées depuis le 10 mars 2020 et ce jusqu'à nouvel ordre. Cela ne veut pas dire, pour autant, que le système éducatif qatari a été gelé. Loin de là ! Le ministère de l'Éducation du Qatar n'a pas tardé à mettre en place un système alternatif : l'enseignement à distance. La plateforme Mzeed a été lancée dès le début de la crise afin de permettre aux étudiants à tous les niveaux de poursuivre leur scolarité en ligne. Cette plateforme comprend, entre autres, des manuels scolaires interactifs, des vidéos, ainsi que d'autres matériels utiles. Ceux qui n'avaient pas les moyens de poursuivre leur scolarité à distance ont, quant à eux, bénéficié d'ordinateurs, de tablettes, ainsi que d'une connexion internet. Une deuxième plateforme, Qlearning, a été lancée pour soutenir Mzeed. Les contrôles réguliers au niveau de l'éducation primaire se sont déroulées en ligne et les examens de fin de cycle au niveau secondaire ont eu lieu dans des conditions optimales, dans le respect de la distanciation sociale. La nouvelle année académique au Qatar débute à partir du 23 août et ce jusqu'au 1er septembre.

Comment se porte actuellement le marché immobilier ?

La crise de COVID-19, qui a résulté en un exode des expatriés, a eu un impact considérable sur le marché immobilier du Qatar. On s'attend d'ailleurs à une chute des prix des loyers d'ici la fin de l'année en raison d'une offre supérieure à la demande. Les spécialistes de l'immobilier font d'ailleurs état d'une baisse de l'ordre de 50% des demandes de location et d'achat immobilier. Une baisse de 3% des prix des loyers pour des villas a été constatée dans des endroits comme Duhail, Al Gharrafa et Abu Hamour. En ce qu'il s'agit des appartements, une baisse de l'ordre de 1,5% à 3% a été notée, notamment à Al Muntazan, Al Dafna et Al Saad, entre autres. Ce n'est qu'en 2022, à l'approche de la Coupe du monde de football de la FIFA que les prix devraient grimper à nouveau. Il est intéressant de noter que certains quartiers huppés, comme The Pearl-Qatar, sont en train de devenir abordables depuis le début du 2e semestre de 2020. Ces derniers mois, de nombreux biens immobiliers se sont vidés, ce qui explique la légère baisse des prix. Qui plus est, de nombreux projets immobiliers, comme celui d'Abraj Bay, viennent d'être complétés et attendent preneurs. Au premier semestre de 2020, quelque 299 100 unités résidentielles étaient disponibles à travers le pays, y compris 900 nouveaux appartements et 500 nouvelles villas, la plupart étant situés à Lusail. L'on s'attend à ce que 8 600 unités additionnelles soient complétées d'ici la fin de l'année.

La crise a-t-elle eu un impact sur le coût de la vie au Qatar ?

Le gouvernement qatari insiste sur le fait que le pays ne fait face à aucune pénurie en matière de produits à la consommation, d'autant que les importations se poursuivent normalement. Ce qui signifie que le coût de la vie au Qatar est resté plus ou moins stables pendant la crise de COVID-19. D'ailleurs, le gouvernement a pris toutes les dispositions nécessaires pour garantir la stabilité des prix, compte tenu de la baisse salariale à laquelle des milliers d'employés font face aujourd'hui. Parmi ces mesures, on retrouve l'exemption des droits de douane sur les aliments ainsi que les produits et équipements médicaux pendant 6 mois. Cette liste comprend, notamment, des produits alimentaires de base comme la viande, le poisson, les produits laitiers, les produits de boulangerie, les jus, ainsi que l'huile de cuisson, de même que les produits d'hygiène comme les savonnettes, les gels hydroalcooliques, les masques, entre autres.

Qu'en est-il du mode de vie ? Qu'est-ce qui a changé depuis le début de la crise ?

La crise de COVID-19 a eu un impact considérable sur le mode de vie au Qatar et les autorités mettent les bouchées doubles pour prévenir une deuxième vague. A titre d'exemple, comme indiqué plus haut, la scolarité se poursuit à distance même si les entreprises ont rouvert leurs portes à 50% de leur capacité. Cependant, ce n'est qu'à compter du 1er septembre 2020 que les transports publics seront à nouveau opérationnels. Ceux qui se déplacent en voiture ne sont pas autorisés à transporter plus de 3 personnes qui ne font pas partie de la même famille. Qui plus est, le port du masque est obligatoire, sauf si l'on conduit seul ou que l'on est en train de faire du sport. Des patrouilles policières veillent de près à ce que ces règlements soient respectées par tous. Les regroupements sociaux sont interdits et sont passibles d'une amende de 200 000 rials qataris et d'une peine d'emprisonnement ne dépassant pas deux ans. En ce qui concerne, les restaurants, les hôtels, les centres commerciaux, les musées, les bibliothèques et les infrastructures sportives telles que les salles de sport et les piscines, une limite a été imposée sur le nombre de personnes pouvant y accéder, sans parler des changements au niveau des horaires d'ouverture. A la plage et dans les parcs, les rassemblements de 10 personnes maximum sont autorisés.

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