Portrait interculturel : Aissatou Djob, expatriée française à Barcelone

Interviews d'expatriés
  • Aissatou Djob
Publié le 2021-06-18 à 10:00 par Cécile Lazartigues-Chartier
A l'instar du portrait de Proust, Cécile Lazartigues-Chartier consultante en interculturel invite chaque mois un(e) expatrié(e) à partager son expérience de vie à l'étranger du côté de l'interculturel : surprises, chocs, coups de cœur ou défis. L'invitée du mois est Aissatou Djob, une Française d'origine sénégambienne qui vit actuellement à Barcelone.

Pouvez-vous vous présenter succinctement ?

Je suis une Française d'origine sénégambienne. Je vis et travaille à Barcelone depuis 2017. 

Quelles sont vos origines géographiques et pourquoi Barcelone ?

Je suis née et j'ai grandi à Paris. 

Mon histoire avec l'Espagne date de toujours. Adolescente, je venais passer mes vacances d'été à Barcelone où j'avais de la famille. J'adorais déjà l'espagnol à l'époque. 

À la fac, j'ai choisi de faire une Licence LLCE Espagnol sans aucun projet professionnel derrière. J'avais juste envie d'approfondir mes connaissances de la culture espagnole. 

Plus tard, j'ai rencontré un Catalan. Nous avons vécu une histoire à distance pendant des années où je faisais pas mal d'allers/retours entre Paris et Barcelone. Fin 2017, j'ai décidé de sauter le pas et d'emménager à Barcelone. 

Votre occupation professionnelle actuelle ?

Je travaille dans le département marketing et commercial d'une entreprise espagnole du secteur de la logistique pharmaceutique. Je suis en immersion totale dans le monde du travail catalan. Au travail, je m'exprime dans 90% des cas en espagnol, ce qui me permet de m'imprégner totalement de la culture. 

Racontez le début de votre aventure de vie à l'étranger ?

En 2013, j'ai décidé sur un coup de tête d'aller vivre à Madrid. Je suis partie sans pistes de travail ou de cadres d'études. Je voulais seulement découvrir la capitale espagnole. Je me suis débrouillée sur place pour trouver un logement rapidement. J'ai tenu un peu moins d'une année parce que la crise économique était terrible à cette période-là en Espagne. Je ne trouvais pas de travail, même « les jobs alimentaires » étaient prisés par les personnes surqualifiées qui s'étaient retrouvées sans emploi. J'ai dû rentrer à Paris à mon grand regret mais j'en garde un bon souvenir. Cette première expérience à l'étranger m'a appris à être débrouillarde et m'a permis de faire de belles rencontres. 

La qualité que vous préférez de votre pays d'origine et de Barcelone ?

En français, j'aime le mot « bienveillance » que je n'arrive pas à traduire complètement en espagnol ni en anglais d'ailleurs. Je ne sais pas si tou(te)s les Français(es) sont bienveillant(e)s mais c'est une qualité que j'admire. 

J'aime l'optimisme des Barcelonais(es). Moi, qui me prends souvent la tête, je suis toujours surprise de la manière dont ils/elles relativisent les choses. 

Le principal défaut de votre pays d'origine et de celui de Barcelone ?

En France, je dirais la râlerie. Je suis la première à râler, même en n'habitant plus à Paris.  

À Barcelone, je dirais le peu de salles de cinéma qui passent des films en VO.  

Quel a été votre plus grand choc culturel à Barcelone ?

Je n'ai pas eu de choc culturel à mon arrivée à Barcelone. Je connaissais déjà la ville. 

Je dirais juste que j'ai dû changer mes habitudes alimentaires : dîner tard et léger puis utiliser plus d'huile d'olive que de beurre dans mes recettes. 

Quelle a été la stratégie que vous avez utilisée pour aller au-delà de ce choc ?

Arrêter de comparer ma vie de Parisienne à ma nouvelle vie à Barcelone.

Quel défi vous a-t-il le plus surpris dans votre expérience catalane ? Et pourquoi ?

Je vis et travaille en périphérie de Barcelone. Suite à une promotion, j'ai dû changer de bureau. J'ai réalisé qu'aucun transport en commun reliait mon domicile à mon nouveau lieu de travail. J'ai dû passer mon permis de conduire rapidement en Catalogne

Je ne m'étais jamais confronté au code de la route à Paris. Je n'en avais jamais ressenti l'envie ni le besoin bénéficiant d'un excellent réseau de transports en commun. 

L'obtention du permis n'a pas été facile pour moi, mais au bout de tous mes efforts, j'ai décroché le fameux sésame.

Si vous étiez une ville ?

Tokyo. J'ai visité cette ville il y a deux ans et j'ai beaucoup aimé l'effervescence de la capitale japonaise. 

Si vous étiez un livre ?

« Tours et détours de la mauvaise fille » de l'auteur hispano-péruvien Mario Vargas Llos. Une superbe histoire d'amour obsessionnel entre Paris, Cuba, Londres et Lima. 

A quelles différences interculturelles avez-vous dû faire face en travaillant en Catalogne ?

Les échanges avec les clients qui se font par le tutoiement. J'ai eu beaucoup de mal au début à ne pas utiliser le vouvoiement, surtout au cours d'un premier contact avec un prospect. 

Que vous a appris la vie à l'étranger ?

Je suis devenue plus chauvine en vivant à l'étranger. Je revendique plus mon identité française depuis que je vis à Barcelone. 

Quelle habitude ou mode de vie avez-vous adopté de votre expérience ?

Je suis plus au contact de la nature que lorsque j'étais à Paris. La région catalane est le cadre idéal pour se ressourcer. Je profite de toutes les opportunités pour faire des randonnées à la montagne ou des balades en bord de mer.

Quel serait le conseil que vous auriez aimé recevoir avant d'arriver à Barcelone qui vous aurait aidée ? 

Passe ton permis avant de t'installer en Catalogne.

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