Investir au Paraguay

Bonjour à toutes et à tous,

Lors de votre expatriation au Paraguay, vous avez peut-être entendu parler de certains investissements, locaux ou internationaux, qui se veulent intéressants. Que ce soit pour faire fructifier son argent, se protéger ou préparer sa retraite, il convient de bien s’informer au préalable. Aussi, nous souhaitons recueillir vos conseils et avis sur le sujet.

L'économie paraguayenne est-elle ouverte aux investissements étrangers ? Les autorités locales incitent-elles à investir (formalités, taxe, fiscalité, etc.) ?

Quels sont les secteurs porteurs pour investir au Paraguay ?

Vers qui se tourner pour se renseigner avant de placer son argent (organisme, professionnel, avocat, consultant) ?

Selon les secteurs d’activités et les projets, quel budget prévoir pour un investissement au Paraguay ?

Quels sont les pièges à éviter et quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui souhaite investir ?

Merci d’avance pour vos retours,

Diksha

Je déconseille d'investir au Paraguay
Pour les personnes intéressées, je peux faire part de mon expérience en privé sur mon adresse courriel

C'est un peu ce qu'on se disait de l'Afrique tropicale : "il y a tout à faire, mais il n'y a rien à faire".
Il faut bien comprendre que les paraguayens ne sont jamais passé un niveau capitaliste de la production, ça reste cantonné dans l'hyper individualisme.
Un exemple significatif :
Fabriquer des briques est le type de job qu'on a rapidement industrialisé. C'est à la fois meilleur question qualité et nettement plus rentable.
Mais pas au Paraguay ! À Tobati on continue à faire des briques à la main, si ! et on les cuit dans des fours primitifs.
Il y a deux sortes de briques : les jaunes sableuses qui se cassent à la main (et je vous assure que j'ai des mains d'informaticien, pas celles de Bruce Lee) et les rouges, un peu plus sérieuses en dureté. Et bien il se vend surtout des briques jaunes car aucun critère de qualité compte pour un paraguayen, c'est uniquement le prix.
Le sport national consiste à se les passer de main en main, les palettes ils ne connaissent pas et ne veulent pas connaître. Pourtant elles sont consignées les palettes !
En France ou autres pays, briques et tuiles sont en palettes depuis l'usine jusqu'à l'utilisateur final. Il n'y que chez Castorama qu'il y  a une palette ouverte si un client veut juste 10 briques.
Bien sûr ces petites fabriques sont contiguës mais n'ont pas idée de s'associer. C'est pour ça que je parle d'un niveau économique infra capitaliste.
Si on quitte le Paraguay pour aller en Argentine, la ruta 81 qui longe le rio Pilcomayo nous fait découvrir une grande usine de fabrication de tuiles et briques Ceramica. Analogue à celles qu'on trouve en Europe.
Ceci pour dire qu'il est impossible de travailler avec des paraguayens, ce ne sont pas des prolétaires ! Un travail pour un gringo se résume à : qu'il y a-t-il à lui voler ? Et il ne viendra jamais à l'heure d'ouverture, ou s'absentera sans raison. Vous passerez votre temps à les virer mais les nouveaux seront pareils.
Et même dans des boîtes dites "pros" il n'y a aucune conscience professionnelle. J'ai acheté un compresseur chez Petersen, un réseau d'équipements pros et aussi le tuyau de connexion qui va avec. Au déballage le tuyau de correspondait nullement et ne pouvait se brancher.
Chez le service de pièces détachées d'Automotor, je demande une jante supplémentaire pour ma camioneta Isuzu pour avoir une deuxième roue de secours quand je vais dans des coins paumés de la Cordillère. Une fois chez le monteur de pneumatique celui-ci s'aperçoit que c'est une jante 15" (donc pour moteurs 2,5 l) alors que ma camioneta veut du 16" car c'est un moteur 3.0 l. Les zozos des pièces détachées n'ont pas eu idée de me demander quel moteur j'avais.
On passe alors un temps incroyable à faire des aller-retour en pure perte dans ce pays.
Tout comme les multiples ferreterias où il faut prendre un ticket, attendre une demi heure pour s'entendre dire "No tengo !"
Il serait impossible de faire une entreprise sérieuse au Paraguay.
La seule chose qui vaille encore le coup c'est de placer ses sous dans des CDA, comptes à terme sur 2 ans, et qui rapportent 9 % net par an. La monnaie est semi stable, ce qui veut dire que les prix intérieurs ne bougent pas (le gasoil est à 5180 PYG depuis plus d'un an), mais s'il faut acheter quelques chose en dollars, la parité ce n'est plus ça. D'ailleurs on ne voit plus que des petites voitures neuves (les pauvrettes, sur les routes du Paraguay...) alors qu'au début où je suis arrivé, il y 9 ans, les pickups comme ma camioneta représentaient plus de la moitié de ce qui roulait.

Si je peux me permettre, s'expatrier c'est avant tout investir dans l'aventure.
On vient d'europe, nous avons une autre culture, et en Am du sud ils ont la leur.
On ne fera jamais des chats avec des chiens.

Pour résumer, apprivoiser l'amérindien/américain du sud, c'est comme demander a l'océan de rester immobile.

Il nous faut mesurer notre hédonisme épicurien.
le paraguayen, a sa vision a lui, c'est le plaisir d'en...ler un "Gringo"
(Les plaisirs immédiats, et milliards de désirs...)
nous, nous visons le bonheur, en limitant nos désirs parfois de vouloir les "changer", ou les "éclairer", éteignez vos phares et foncez dans l'aventure humaine. L'am du sud, en est une sacré ! LOL

Aventureiro :

Si je peux me permettre, .............................L'am du sud, en est une sacré ! LOL

+10 (sur 10)  :D

Bonjour à tous,

Tout d'abord, merci à Williamhoustra de nous faire part de ses expériences et de ses conseils, ainsi qu'à Rancho Vila qui m'a envoyé en MP son aventure en tant qu'investisseur au Paraguay.
N'ayant visité le Paraguay (plusieurs fois) qu'en tant que touriste aguerri, je n'ai jamais été résident et n'ai donc pas votre expérience sur le long terme. Cependant je vous rejoins sur beaucoup de points, notamment concernant le rapport à l'argent, et le fait que les relations avec les locaux sont forcément biaisées car ils ont toujours une idée derrière la tête lorsqu'ils parlent avec un "gringo".
Par ailleurs, le fait qu'il n'y ait pas de spécialistes dans un métier et que les prestations fournies sont très souvent de qualité médiocre ne m'étonne que peu vu le peu d'éducation qu'il y a, et la difficulté d'accessibilité à cette éducation (tant sur le plan professionnel, que pour les études).
Cependant, lors de mes séjours au Paraguay, j'ai pu rencontrer des jeunes diplômés, qui avaient fait des études à l'étranger, qui parlaient plusieurs langues, et avec de l'ambition.
Ces jeunes étaient froids de réalisme, et conscients des difficultés culturelles et professionnelles qu'il y a dans leur pays.
Cependant, le fait d'avoir fait un MBA aux Etats Unis, ou d'avoir étudié en Europe, leur avait donné envie de revenir dans leur pays pour essayer d'entreprendre quelque chose.
Ma question est donc la suivante :
J'ai bien compris que, lorsqu'un investisseur cherche de la main d'oeuvre locale, le paraguayen type est indomptable, qu'il ne faut pas s'attendre à des miracles, et que dans son esprit, si son patron est un gringo, cela signifie qu'il le verra comme une personne riche et qu'il n'aura aucun scrupule a le voler (merci JC, William et Rancho Vila).
Partant de ce constat, pensez-vous que pour certaines activités, recruter des jeunes ayant voyagé ou étudié à l'étranger, avec plus de bagages et une vision plus critique de leur propre culture pourrait peut-être, (je dis bien peut-être) éviter ces vols/mésaventures/travail médiocre etc... ?
Un petit dicton qui m'a été soufflé par l'un de ces jeunes : "el paraguayo se convierte en un ciudadano honrado cuando se encuentra en otro pais"... pour les non hispanophones qui liraient ce post, traduisez par : le paraguayen devient un citoyen honnête lorsqu'il sort de son pays.
Anecdote intéressante que je souhaitais partager avec vous, lors de mon récent passage au Paraguay (1 mois entre le 25 décembre et 25 janvier) un de mes beaux frères m'a demandé de lui "avancer" 300 000 guaranis (soit 45 € environ).
Je vous avoue que lorsqu'il me l'a demandé, j'étais persuadé et convaincu à 100% qu'il ne me rembourserai jamais, et que si je lui prêtais, c'était en mon âme et conscience, à fonds perdus et qu'il ne fallait surtout pas que je m'attende à récupérer cette somme, aussi faible soit-elle.
Figurez-vous que 1 mois plus tard, et veille de mon retour en France, ce beau frère m'informe qu'il ne pouvait pas me rembourser tout de suite... :) mais qu'il le ferait le 3 février !
Je me suis dit "oui oui, c'est cela", et que ma théorie initiale du prêt sans retour s'était vérifiée.
A ma grande surprise, le 3 février, je reçois un whatsapp pour me demander mes coordonnées pour le western Union, car ce beau frère avez perçu son salaire ce même jour, et il m'a finalement bel et bien remboursé :)

J'en déduis que soit :
1) La somme étant faible, il n'était finalement pas impossible, ou inaccessible de me rembourser et que ce beau frère l'a fait quand il a pu.
2) Des paraguayens honnêtes, peut-être que cela peut exister... (et si c'était vrai ?)
3) J'ai eu beaucoup de chance, et il va me demander bientôt 3 000 000 pour retenter sa chance :)

Amis investisseurs, expérimentés, et résidents au pays du téréré, qu'en pensez-vous ?

Nicolas,

Certes il y a des exceptions qui confirment la règle mais c'est vraiment jouer au Bingo de miser sur des exceptions.

Comme on fait toujours tout en fonction de son expérience passée, je m'étais dit, dans ma grande candeur, et, en prenant exemple sur mon expérience en Afrique Noire Occidentale même si elle remonte à un peu loin que, des p'tit's jeunes, auxquels on apprendrait tout, pourraient sauver la mise. J'en avais connu des très bien. Que nenni !

Parce que
1. Ils n'ont pas envie d'apprendre
2. La qualification et la promotion professionnelle ne les intéressent pas.
3. Et même gagner de l'argent, honnêtement, j'entends, ne les intéresse pas (voler, par contre...)

Dans cet état d'esprit que voulez-vous faire ?

De plus en avoir viré un de chez moi qui, non seulement me volait, mais volait aussi le touriste français que j'hébergeais, m'a valu un mois et demi de "tourisme pénitentiaire" (dont un mois à Tacumbù) parce que c'est le voleur en question qui m'a dénoncé. Je précise que la "justice" ici est de type inquisitorial (c-f Nicholas Eymerich, Inquisiteur d'Aragon et son "manuel de l'inquisiteur"), donc c'est uniquement l'accusation qui compte, pas de droit de la défense, pas de présomption d'innocence, pas d'instruction à charge et à décharge, même pas une causette avec un juge ou un fiscal, au trou, direct  !

En France on peut râler sur le laxisme de la justice, mais ici ce sont les voleurs qui dénoncent leurs victimes si celles-ci ne se laissent pas faire.

Mais revenons à ces histoires d'investissement. Ce qui implique de l'importation, donc des rapports avec les douaniers. Et là on entre dans le monde de Frantz Kafka.

Moi je me suis juste fait envoyer une liseuse Kobo chez moi à Caacupé. Elle n'est jamais arrivée à destination. Non pas simplement volée comme ma carte VISA envoyée par ma banque française, mais interceptée par la douane à l'aéroport Silvio Petirossi.
D'après eux je devais aller récupérer ce paquet à l'aéroport. Ce que j'ai refusé, s'il y avait de la douane à payer ça se passerait au bureau de poste local. Bien sûr ce n'est pas moi qui téléphonait, mais une amie paraguayenne. Celle-ci n'a pu obtenir quoi que ce soit, ni même le montant qui était demandé, il fallait que j'y aille. Point ! Mon amie a alors demandé si le paquet serait retourné à l'expéditeur, la réponse a été non. Ils le volaient carrément.

Donc bon courage avec les douaniers, les investisseurs....

Vivre au Paraguay consiste à s'enfermer tout seul dans sa maison, à placer ses sous à la banque en CDA, à aller faire ses courses. Et c'est tout ! Pour sortir il faut passer la frontière, de toute façon au Paraguay il n'y a rien à voir puisqu'il n'y a aucun espace public.

Sûr que s'il y avait une maison à louer à un prix correct dans la province argentine de Missiones, je ne vivrais plus au Paraguay. Mais rien ! J'ai arpenté ce secteur en vain.

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