Développement durable à Madagascar

Bonjour à tous !
Je m’appelle Tinah. Je représente un partenariat franco-malgache basé en France. Nous envisageons des investissements à Madagascar , notamment dans le domaine de l’hôtellerie et l’agro-business. Nous tenons à inscrire ces projets dans un modèle économique responsable et durable afin de  participer, à notre modeste niveau, au développement de l'ile. Aussi nous sommes sensibles aux enjeux environnementaux et sociaux. Trois sujets nous tiennent particulièrement à cœur : la déforestation qui entraine la raréfaction des lémuriens qu’il faut protéger, l’éducation des enfants défavorisés qui ne bénéficient pas des meilleures conditions et également la condition de la femme.

Dans le cadre de ces projets, nous recherchons donc des terrains ou hôtels à racheter dans la région de Manambato, idéalement en bord de lac et des terrains agricoles dans la région d’ Analamanga. Nous étudierons toutes les propositions viables.
N’hésitez pas à nous faire part de vos conseils et expériences entrepreneuriales dans les domaines hôteliers et agricoles la-bas. Si vous êtes également engagés dans la préservation de l’environnement ou sur des actions humanitaires, nous serons ravis d’échanger avec vous ! 
En vous remerciant d’avance pour toutes les informations.

Bonjour et Bienvenue parmi nous Tinah,
Votre projet semble très louable... sauf qu'il y a un petit hic car si vous voulez un retour sur investissement il faut un peu plus que des projets si louables seraient-ils.
En effet, Madagascar n'étant pas vraiment un pays qui attire grand nombre de touristes, il est difficile de tirer son épingle du jeu dans le domaine de l'hôtellerie.
Pour ma part je connais au moins deux hôtels à Tamatave où on pouvait il n'y a pas si longtemps encore louer des chambres pour 20 000 Ar/jour ( environs 5 €).
Mais rien d'impossible à cœurs vaillant dit le proverbe. Sauf que les proverbes n'ont pas toujours fait des études de marché.
Donc si je peux vous donner un conseil judicieux, c'est de venir en vacances à Madagascar et de sentir d'où vient le vent car s'il est possible de faire des affaires à Madagascar, il est tout autant possible d'y laisser sa culotte si vous me permettez cette expression.
Mais ne me faites pas dire qu'il vaut mieux qu'il pleuve n'importe quel autre jour... plutôt qu'un jour où il fera beau.


http://www.bianoti.com/wp-content/uploads/2016/02/photo-humour-il-pleut3.jpg

madagaston :

En effet, Madagascar n'étant pas vraiment un pays qui attire grand nombre de touristes, il est difficile de tirer son épingle du jeu dans le domaine de l'hôtellerie.
Pour ma part je connais au moins deux hôtels à Tamatave où on pouvait il n'y a pas si longtemps encore louer des chambres pour 20 000 Ar/jour ( environs 5 €).

Bonjour Gaston
Ce n'est pas la première fois que vous intervenez sur des questions relatives à des projets dans le domaine de l’hôtellerie ou d'autres projets d'investissements avec des réponses quasi-identiques: Non n'investissez pas à Madagascar car c'est un pays pauvre, non n'investissez pas dans l’hôtellerie, car je connais une personne qui a des bungalows à Mahanoro et ses bungalows sont tout le temps vides, ou il y a des hôtels à Tamatave à 5 euros la nuitée....

Il y a certainement moins d'investisseurs à Mada que de retraités, mais certains investisseurs gagnent très bien leur vie même si Mada est un pays pauvre....

Et il n'y a pas non plus que des hôtels pour routards. Vous auriez aussi pu cité un hôtel de morondava dont vous faisiez la publicité il y a quelques mois (Hôtel que je ne nommerais pas, car en ce qui me concerne il n'est pas à recommander) et qui propose des bungalows à 480 000 ar la nuitée et ce n'est pas le plus cher à Morondava....
Et pour revenir à Tamatave tous les hôtels ne sont pas non plus à 5 euros. Comme je ne connais pas vraiment Tamatave j'ai juste fait une recherche rapide sur google (mais pas sur google image :P ) : Hôtels avec réservations en ligne: Calypso hôtel 131 euros, The Streamliner Hotel Apartment  96 euros, Sunny golf tamatave 65 euros, Victoria beach hotel 46 euros.

Le secteur de l’hôtellerie est effectivement en crise depuis quelques années et cela pour plusieurs raisons: crise de 2009 (ou coup d’état pour certains), épidémie de peste de 2017 suivit de quelques dizaines de cas isolés de peste en 2018 que quelques membres (que je ne citerais pas) présentaient comme une nouvelle épidémie organisée par le gouvernement en vue de collecter des fonds pour les élections).... La vue du mot peste (même si le risque est limité) a plutôt tendance à faire fuir les touristes...
La période électorale et une possible crise durant cette période a aussi fait fuir les tours opérateurs en 2018 (les rapatriements et les remboursements coutent cher)....

Concernant l'année 2019, il est peu probable qu'une nouvelle crise politique survienne au moins dans un proche avenir . Il y aura probablement (et même certainement) encore des cas de peste cette année et dans les années à venir, mais qui resteront probablement, comme l'année dernière des cas isolés...
L'insécurité et surtout les commentaires véhiculés sur les sites de voyage et les forums, restent par contre un réel frein à la reprise de l'activité...

madagaston :

Donc si je peux vous donner un conseil judicieux, c'est de venir en vacances à Madagascar et de sentir d'où vient le vent car s'il est possible de faire des affaires à Madagascar, il est tout autant possible d'y laisser sa culotte si vous me permettez cette expression.

Très bon conseil, mais il est probable qu'une malgache expatriée en France et des franco-malgaches aient quelques connaissances sur la situation à Madagascar, et doivent aussi avoir, au moins, quelques contacts sur place pour les renseigner sur la situation dans le pays.... :P  :D

madagaston :

Mais rien d'impossible à cœurs vaillant dit le proverbe. Sauf que les proverbes n'ont pas toujours fait des études de marché.

Effectivement un business plan et une étude de marché, sont souvent des étapes indispensables.

A Madagascar comme ailleurs il est souvent préférable d'investir dans un secteur lorsque celui ci est en crise (surtout pour la reprise d'un établissement: prix de vente plus bas) que lorsque le secteur est en plein essor...

Concernant la fréquentation touristique, de nombreux tours opérateurs qui avaient enlevé la destination Madagascar de leur catalogue en 2017 et 2018 devraient de nouveau la proposer cette année ou l'année prochaine....

De plus, de nombreux magazines consacrés au voyage recommandent la destination Madagascar depuis quelques années... Destination conseillée par le New-york times et le magazine vogue en 2017, destination conseillée par le National Geographic traveller en 2018 et destination conseillée pour 2019 par le magazine Forbes et le magazine français Grazia.
Certes ce n'est pas parce que ces magazines recommandent la destination Madagascar que les touristes vont débarqués par millions dès cette année (ni même probablement dans un proche avenir), mais cela est un signe encourageant pour la reprise des activités dans le secteur du tourisme....

Concernant Manambato, il est peu probable que cela devienne un jour une destination touristique majeure (les 2 principales destinations sont Nosy-be et la région Menabe (recommandé par Forbes). Les hôtels existants semblent plutôt cibler une clientèle locale.....

Bonjour,

A titre personnel, je souhaiterai voir sur les marchés Européens des produits transformés ou packager "Made in Madagascar" tel que le ravinstara.

En effet, un jour sur une application en ligne, un ami belge me parle d'un produit miracle fabriqué en Belgique : le ravinstara (toutes les lettres prononcées). Je vous laisse deviner ma réponse...

Concernant votre projet, si vous arrivez à planter cet arbuste, que vous récupériez son écorce pour en faire des boules (1000 Ar la boule au nord de la RN7), que vous attendiez que l'écorce se reconstitue et que vous recommenciez ; je vous garantis un retour sur investissement en moins de 10 ans.

Prenez cette boule, créez un mode d'emploi sympa, affichez sa provenance bio et durable, faites un emballage haut de gamme, achetez la certification de ce produit aux normes CE, payez les taxes malgaches d'exportation, et vendez le 10 € unité en Europe.

Je pense que cela fera des émulations et un retour progressif d'arbres dans certaines régions.

J'invente rien, il suffit de voir comment la société Star fonctionne...

Bon courage à vous et tenez bon

Nook369 :

Bonjour,

A titre personnel, je souhaiterai voir sur les marchés Européens des produits transformés ou packager "Made in Madagascar" tel que le ravinstara

Bonjour Nook369,
Madagascar exporte des quantités importantes d'huiles essentielles, et la principale huile exportée est justement l'huile essentielle de ravintsara.... En vente dans toutes les para-pharmacies, magasins de produits bio, etc depuis plus d'une dizaine d'années...
Il y a quelques années, les exportations vers l'Europe avaient été suspendues en raison d'un manque de qualité..Il était fréquent semble-t-il que le volume soit augmenté par ajout d'autre produit... ( Eau, alcool, je.ne sais pas exactement...)
Mais depuis au moins 2012, la plupart des plantations (très nombreuses) sont certifiées bio et la production est donc contrôlée...
A Madagascar on peut en trouver dans toute les pharmacie ou boutiques.homeopharma...

Ravi de votre retour parmi nous Loicpty,
En fait si j'interviens concernant les désirs d'investir dans l'hôtellerie ce n'est pas pour décourager ceux qui veulent se lancer mais pour que leur espoirs soient un peu tempérés car si enthousiasme il y a, il ne faut pas foncer bille en tête avec l'espoir de devenir riche car ça c'était avant. La conjoncture actuelle aurait plutôt une tendance à la prudence et surtout ne pas bâcler l'étude de marché.
Je connais deux hôtels à Tamatave qui fonctionnent très bien et j'y louais des chambres à 5 euros la nuit. Ils se trouvent tous les deux à environs cent mètres du marché au poisson (bazar kely) et il y a un château d'eau au bout de la rue donc facile à trouver. Pour l'un des deux hôtels, il possède déjà une annexe et ils ont construit en plus sur plusieurs étage un autre hôtel à quelques dizaines de mètres.
Il est évidents qu'il y a des hôtels de luxe également mais comme je ne nage pas dans une piscine de pièce d'or comme l'oncle Picsou, je me contentais du moins cher car je n'aime pas payer la déco aux murs.
Je me souviens avoir amené un vazaha ainsi que sa fille qui habitaient non loin de chez moi à l'hôpital en pleine nuit à Tamatave et la fille a pris une chambre dans un hôtel à 17,50 euro la nuit et pour ma part je me suis contenté d'une chambre à 5 euro dans un autre hôtel et le matin j'étais autant reposé que la fille du vazaha.
En ce qui concerne le développement durable, il n'y a pas que le ravintsara. Je connais un vazaha qui a acheté non loin de Mahanoro une dizaine d'hectares plantés de girofles, baies rouges et autres. Il fait des huiles essentielles et un jour il m'a envoyé un message me demandant si je pouvais lui procurer deux tonne de feuilles de niaouli (Melaleuca quinquenervia).
En face de chez moi il y a des centaines de ces eucalyptus qui poussent de façon sauvage sur des terrains inondables. Il proposait la somme de  25 euros la tonne. Donc même si je trouvais des personnes intéressée pour cueillir ces feuilles, ce qui est très facile car les arbres ne sont pas hauts, j'aurai été dans l'obligation de mettre de ma poche pour payer la main d’œuvre car on ne cueille pas deux tonnes de feuilles comme on ramasse deux tonnes de sable au bord de la mer.
En ce qui concerne un marché porteur c'est le cacao et naturellement la vanille qui sont deux produits dont la demande dépasse largement l'offre sur le marché mondial.
Quand on sait que le cacao vendu et qui sert à faire votre boisson chocolatée et qui est la meilleure du monde ne contient que 45% de cacao alors que je viens d'acheter quelques cabosses au marché local et j'ai fais moi-même mon cacao 100% naturel que je bois tous les matins. Naturellement il n'y a pas tous ces ingrédients de synthèse qui font que le cacao en boîte est tellement apprécié mais je me suis maintenant habitué au vrai goût du cacao et je cherche désespérément à trouver d'autres cabosses car ce n'est pas plus difficile de fabriquer soi-même son cacao que de torréfier soi-même son café ou ses cacahuètes grillées. D'autant que le cacao qu'on fait soi-même peut très bien se conserver tout comme le café. Il y a certainement d'autres produits intéressants à produire à Madagascar mais encore faut-il avoir du courage, de la patience et surtout les moyens financiers.

https://www.ruedeschamps.net/wp-content/uploads/2012/10/78766714_p.jpg

Nook369 :

Bonjour,

Concernant votre projet, si vous arrivez à planter cet arbuste, que vous récupériez son écorce pour en faire des boules (1000 Ar la boule au nord de la RN7), que vous attendiez que l'écorce se reconstitue et que vous recommenciez ; je vous garantis un retour sur investissement en moins de 10 ans.
Bon courage à vous et tenez bon

Votre idée est judicieuse et je suis aussi souvent énervé d'entendre que l'on ne peut rien faire a Madagascar.
J'ai pour ma part plusieurs activités qui fonctionnent, encore faut-il travailler et avoir la tete sur les épaules.
Par contre la ou vous m'inquiétez c'est lorsque vous parlez d'un retour sur investissement en moins de 10 ans. c'est beaucoup trop long et trop risqué, vous auriez dit 2 ans j'aurais dis OK mais 10 ans deja en Europe c est trop long mais a Mada c'est carrément de la folie. Que peut il se passer en 10 and a Mada ??

loicpty :

Bonjour Nook369,
Madagascar exporte des quantités importantes d'huiles essentielles, et la principale huile exportée est justement l'huile essentielle de ravintsara.... En vente dans toutes les para-pharmacies, magasins de produits bio, etc depuis plus d'une dizaine d'années...
Il y a quelques années, les exportations vers l'Europe avaient été suspendues en raison d'un manque de qualité..Il était fréquent semble-t-il que le volume soit augmenté par ajout d'autre produit... ( Eau, alcool, je.ne sais pas exactement...)
Mais depuis au moins 2012, la plupart des plantations (très nombreuses) sont certifiées bio et la production est donc contrôlée...
A Madagascar on peut en trouver dans toute les pharmacie ou boutiques.homeopharma...

Toutes ces informations me sont connues, et en parlant de ce sujet, je ne réinvente pas l'eau chaude.

Le problème que j'ai identifié, c'est la certification qualité, certification d'utilisation et le commerce équitable.

Quand on parle d'huiles essentielles, on parle de déforestation, car il faut plus de bois pour chauffer la matière afin de la transformer, et ce n'est pas le but.

Quand on parle de produits malgaches, on ne voit plus grand chose dans les derniers distributeurs que vous citez avec le nom du pays de provenance.

Je kiffe homeopharma et ce qu'ils font, mais si vous grattez un peu plus vous remarquerez qu'il n'y a pas de produit à ma connaissance qu'ils exportent sous leur nom. Quand au cacao et à la vanille, je ne me risquerai pas à jouer avec la mafia qui détient le marché et fait que de la spéculation...

Avec l'idée de l'écorce de ravinstara (un exemple parmi tant d'autres), c'est que l'ont exploite le sol avec un arbre que l'on ne coupe plus, que l'on ne transforme pas et qui est donc totalement bio et durable (vu que l'écorce se reconstitue).

Avec cet exemple, je rentre dans le vif du sujet, car ce groupe de travail étant en Europe n'a plus qu'à acheter les certificats et payer les taxes d'exportation. A partir de là, nous sommes dans un cercle vertueux et tout le monde y gagne...

L'exemple du groupe star que j'évoquais est probant. Ils ont commencé à travailler le houblon dans une région et cela à fait des émules. Aujourd'hui, plusieurs villages ne travaillent que pour eux et sont devenus leurs fournisseurs. Non seulement, les brulis se sont arrêtés mais chacun a trouvé une place dans la société, et les villages ont prospéré et leur environnement a été sauvé. Normalement, l’engrais chimique n'est pas utilisé comme leur charte l'impose.

Au nord d'Antsirabe, il y a une forêt de pinède qui est géré par une société chinoise. Ils récupèrent la sève des pins pour la fabrication des éléments électroniques que composent tous nos gadgets inutiles mais devenu indispensable... Il est bon à savoir que la production peut être multiplié à volonté tellement la demande est importante.

Sur la route en direction de Tamatave, il existe une ferme agricole qui exploite le vétiver. Avec les mains expertes des couturiers locaux, il est possible de fabriquer des tapis et autres éléments de décoration qui se vendent une petite fortune. La demande est plus importante que la production qui reste seulement locale...

Madagascar est un El Dorado, tout est à faire, il n'y a rien à détruire. Même ceux qui n'ont pas la main verte (comme moi) arrive à leur but. Pourquoi je ne me lance pas dans ce genre de business, car je n'ai pas besoin de plus d'argent que j'en ai aujourd'hui, qu'il me reste maximum 2 ans encore à être expatrié et que je ravie d'aider mon prochain même si tout le monde n'a pas ce sentiment envers moi.

Les choses qui comptent le plus pour moi c'est de rendre la vie facile à ma famille tout en respectant notre entourage n'importe où que l'on soit. Je n'utilise pas de filtre, ni de référence, je transmets des idées vis-à-vis de ce que j'observe.

Et pour avoir pas mal bourlingué, il y a beaucoup d'espoir pour Madagascar, faut juste y croire...

le lemurien :

Votre idée est judicieuse et je suis aussi souvent énervé d'entendre que l'on ne peut rien faire a Madagascar.
J'ai pour ma part plusieurs activités qui fonctionnent, encore faut-il travailler et avoir la tete sur les épaules.
Par contre la ou vous m'inquiétez c'est lorsque vous parlez d'un retour sur investissement en moins de 10 ans. c'est beaucoup trop long et trop risqué, vous auriez dit 2 ans j'aurais dis OK mais 10 ans deja en Europe c est trop long mais a Mada c'est carrément de la folie. Que peut il se passer en 10 and a Mada ??

Quand on sait qu'il faut 100 ans pour exploiter le bois de rose, finalement 10 ans ce n'est rien du tout...

J'ai lancé 10 ans de façon empirique car pour faire pousser une forêt d'arbuste même ici, cela prend du temps. Ça peut être plus long ou moins selon le climat, le sol et l'entretien de l'environnement...

Si j'ai bien compris l'idée de la demande initiale c'est du développement durable pour un commerce équitable. Donc oui faut être costaud, mais on a rien sans rien !!!

Si j'avais planté en France 10 hectares de patate, aujourd'hui on m’appellerai M. VICO  :cool:

Évidemment on peut être septique sur ce qu'il peut se passer en 10 ans, l'histoire vous donne raison, mais je veux croire en un avenir meilleur et que le pire est derrière nous.

Nook pense peut-être avec raison qu'il: " veux croire en un avenir meilleur et que le pire est derrière nous."
Je le souhaite également de tout mon cœur, même si je suis foncièrement persuadé que le mur qui se dresse devant l'humanité ne pourra pas être évité tant que l'argent gouvernera le monde.
En réalité tout est relatif selon qu'on se trouve devant ou derrière la porte des WC...

(non ce n'est pas de moi mais d'un certain Einstein)
http://docplayer.fr/docs-images/41/11835883/images/page_1.jpg

Tinah.r :

Bonjour à tous !
Je m’appelle Tinah. Je représente un partenariat franco-malgache basé en France. Nous envisageons des investissements à Madagascar ...  Trois sujets nous tiennent particulièrement à cœur : la déforestation qui entraine la raréfaction des lémuriens qu’il faut protéger, l’éducation des enfants défavorisés qui ne bénéficient pas des meilleures conditions et également la condition de la femme.

Dans le cadre de ces projets, nous recherchons donc des terrains ou hôtels à racheter dans la région de Manambato, idéalement en bord de lac et des terrains agricoles dans la région d’ Analamanga. Nous étudierons toutes les propositions viables.
N’hésitez pas à nous faire part de vos conseils et expériences entrepreneuriales dans les domaines hôteliers et agricoles la-bas. Si vous êtes également engagés dans la préservation de l’environnement ou sur des actions humanitaires, nous serons ravis d’échanger avec vous ! 
En vous remerciant d’avance pour toutes les informations.

La déforestation, les lémuriens, les enfants, la femme... que de superbes projets... et tout se tient et s’entremêle !!!
Comment empêcher la déforestation quand 90% de la population a besoin de bois dur pour son charbon afin de faire cuire son manger quotidien... ?
Comment replanter intelligemment et intelligiblement  avec une population en grande majorité "prédateurs"... cueilleurs-chasseurs, cueilleurs-pêcheurs ?
Comment leur dire qu'à force de brûler ils empêchent les petits arbres de pousser, qu'à force de pêcher des alevins avec des moustiquaires, ils n'auront plus de poisons bientôt ?
Alors que l'urgence première de 90% de la population est de manger le jour même.. comment leur donner les moyens d'envisager un moyen terme, un long terme ?
Les lémuriens ont besoin d'une forêt primaire, diversifiée... les hommes ont besoin de bois pour manger et se chauffer (sur les hauts plateaux)... les enfants ont besoin d'éducation pour comprendre tout cela et devenir des acteurs de leur avenir... et les femmes ont besoin d'avoir à leur coté des compagnons... et en plus, il faut que vos beaux projets soient viables et rapportent à terme !!!

Je vous souhaite beaucoup de courage pour votre entreprise...
Rien ne se fera durablement à Madagascar sans l'éducation des populations, une prise de conscience des citoyens de ce pays et un investissement fort de la part des politiques pour entrer dans une phase de développement où les erreurs des autres seraient prises en compte pour un développement durable, harmonieux et une vision à long terme... un protectionnisme total des ressources ou tout du moins, une indépendance totale pour les exploiter et les vendre... et pour le bien de leur pays et de leur peuple... pas pour surajouter un énième hôtel de luxe quasiment déserté à l'année !!!

Moi franchement, comme je le dis toujours... je ne saurais pas par où commencer...
Alors je plante des arbres, j'éduque ceux qui me sont proches à respecter leur environnement, au tri des déchets... et au final, je suis bien heureuse d'avoir 55 ans car avec un peu de chance, je ne verrai pas mourir ce monde par l'orgueil d'une seule de ses races... j'espère partir avant !!!

C'était  un petit message d'espoir de Lys... :sick ce samedi soir... sur la Terre !!!

Ah comme ça fait bien de lire ça !

C'est vrai qu'on plante des arbres qu'on aura pas forcément le loisir de voir trop grands, mais on a plaisir à le faire ; ce matin je regardais une petite fille de 14 mois - Amboira - que nous avons un peu aidé à venir au monde ; elle nous quitte rarement dans la journée et sa maman est tout près. C'est une situation un peu inhabituelle pour moi et je suis un peu " pris " dans ce tourbillon de vie qui s'éveille.
J'ai dit " j'espère que pour les prochains 20 ans on aura pu continuer à l'aider à grandir " ou quelque chose comme ça ...
C'est prenant Madagascar !
Le développement durable ! Oui mais on aimerait pas que cet endroit s'abime plus avec le développement du rab de profit indu pour seulement quelques uns.

J'ai travaillé dans le développement touristique, mais ici tous mes livres de recette se sont envolés. Le tourisme à Mada ce n'est plus du tout une priorité pour moi.

Trop de gens ( qui se pensent eux même comme réalistes " ) ne se rendent pas compte à quel point ils sont formatés à croire que n'a de valeur significative que ce qui peut se monnayer !
Lys évoque une population de personnes qui peinent à manger au quotidien.
Madagascar a beaucoup plus des besoins d'autres choses d'ordre immatériel sur le long terme quand bien même l'amélioration des conditions de base de la vie reste une priorité d'urgence absolue.

Pour espérer améliorer et changer cet ordre choses, c'est donc une action tout azimts sur du très très très long terme et comme elle le dit si bien, faute de savoir par où commencer, en regardant autour de soi on invente des réponses ... provisoires mais qu'on espère durables.

" Déforester c'est pas bien planter c'est bien, et faut sauver les lémurs  " constitue certainement un repère à minima pour les gens qui ont besoin de références simplistes ... à l'occidentale !
Parler le langage du marketting - retour sur investissement - " du commerce avec des idées nouvelles "  fait irrestiblement penser à ce formatage que j'évoquais plus haut !

La chose importante c'est de venir, d'avoir du temps et un peu d'argent quand même, de la patience, un bon sens de l'observation et du recul sur soi même pour amortir les surprises.
Quand on se sent capable de regarder de coté ses idées préconcues et qu'on comprend ce que veut dire " apprendre à apprendre " alors là on tient le bon bout.

Des choses à faire à Mada ? Certes y en plein, dont l'idée ne peut que vous sauter aux yeux avec cette impression de " facilité " par rapport à l'europe et ses mutiples contraintes . C'est un peu vrai, mais seulement " un peu " car sur place d'autres contraintes que celles que nous connaissons surviennent et le plus souvent notre " naïveté " nous empêche d'apprendre avec la vitesse et une accuité nouvelle toute à inventer.

Moi j'ai planté avec ma famille du sakamalo ( gingembre ), c'est quelque chose que je n'avais pas envisagé de prime abord ( ravintsara déjà très présent autour de chez moi ).

Bonsoir

Yann

Lorsqu'on arrive  Madagascar, si tant est qu'on "regarde" un peu ce pays, qu'on y vient pas en prédateur ou juste pour avoir des moyens accrus pour sa petite vie personnelle... on est ""saisi" par l'urgence de tout...

S'imposent alors des tas de choses à faire... basiques, simplistes... comme le dit Yann... avec une impression de facilité de mise en oeuvre et des résultats rapidement visibles...
Tous ces projets importés, nés d'une conscience toute occidentale, de rêves importés... ne tiennent pas dans la durée... au final, ils n'ont fait plaisir qu'à nous...

A l'échelle d'ONG puissantes et dotées de gros moyens... c'est la mise en oeuvre qui compte juste... pas la pertinence des projets ni leur pérennité... il faut justifier auprès des donateurs généreux que les fonds ont été employés... nous occidentaux avons besoin d'un contentement immédiat... comme les consommateurs que nous sommes... avides de nouveautés... peu importe au final ce que devient le projet... du moment "qu'à un moment" nous ayons devant les yeux quelque chose de "réalisé"...

Au fil du temps, régulièrement interpellée par des porteurs de projets, j'ai pris conscience que ce que nous autres, occidentaux faisons, n'est qu'un feu de paille...
"Nous avons l'intention de faire ceci... de faire cela... nous avons des moyens et il faut que dans les deux ans qui viennent le projet soit autonome, qu'il vive de et par lui-même " !
Dans le texte tout était fait pour fonctionner... mais dans la réalité... !
J'interrogeais...
"Et les populations locales, elles en pensent quoi ?"
Personne ne les avait interrogé... "on était venu, on avait vu, on avait conçu"... le tout clés en main, offert... on coupe le ruban rouge, on assoit les huiles locales dans de beaux fauteuils à écouter de grands discours, on inaugure le bâtiment... on tue le zébu et on se régale... puis les porteurs de projet s'en vont... le bâtiment est déserté, déséquipé.. les tôles enlevées... reste une belle intention... mais au final tout le monde est content... l'ONG a dépensé ses fonds et pourra en avoir de nouveaux car elle ramène de quoi faire plaisir aux donateurs... le bâtiment (école, dispensaire) ne manquera à personne parce que les populations s'en passaient très bien avant, les huiles auront bientôt une autre inauguration pour se faire mousser... et les matériaux ont servi à consolider les masures alentours...

Au fil du temps donc, j'ai arrêté de donner mon avis à ces projets... je n'émettais que des réserves... je ne répondais pas bien à l'enthousiasme ambiant...  et j'ai cultivé mon jardin... écouté ceux qui vivent auprès de moi...

Un jour j'ai eu un très très grand moment de joie...
J'ai réalisé avec mon équipe les jardins de la nouvelle zone d'accueil du site de la Montagne des Français sur la route de Ramena à Diégo...
Un dimanche, j'y avais emmené un couple d'amis... et j'ai vu arriver 5 de mes ouvriers en famille... ils venaient montrer "leur" jardin, le fruit de leurs efforts, de leur travail à leurs enfants...
Ils étaient venus tout exprès...
Ils leur expliquaient les arbres, les plantes avec une grande fierté... le temps qu'il leur faudrait pour grandir... avec cette conscience qu'eux ne verraient jamais leurs baobabs géants, mais qu'un jour leur descendance dirait "c'est mon ancêtre qui a planté cet arbre" !

Franchement, çà fait du bien !!!

Et au final, je suis bien heureuse d'avoir 55 ans
Pourtant Lys tu n'as et tu n'auras jamais que vingt ans à mes yeux car ce sont les valeurs qui font l'âge d'une personne.
Et comme aurait pu dire un certain Jean Paul Sartre: "Lys se pencha sur ses chaussure et entreprit de les les faire marcher."

http://www.lafriquedesidees.org/wp-content/uploads/2016/08/developpement-durable-1920X553.jpg

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