un site web pour encourager l’échange de logements sociaux à Berlin

Confrontée à une grave crise du logement, la capitale allemande s’apprête à encourager l’échange de logements sociaux à l'aide d'une plateforme internet. Mais les réticences et les obstacles sont nombreux.

de notre correspondante à Berlin,

La nouvelle majorité communale de Berlin, SPD-die Linke, a fait du problème du logement l’une de ses priorités. Le Sénat s’apprête notamment à lancer le site inberlinwohnen.de [« vivre à Berlin », ndr] d’ici l’été. La plateforme doit permettre aux locataires des six sociétés de logements sociaux communales - 300 000 logements au total - d’échanger leurs appartements, sans pertes financières.

L’idée est d’encourager les personnes qui vivent dans un logement trop grand pour elles à le quitter pour un plus petit. Par exemple des retraités, ou un couple en instance de divorce. De leur côté, les jeunes couples qui s’installent pourraient échanger leurs studios d’étudiants contre un trois pièces. Offres et demandes seront présentées sur la plateforme. Un bureau d'échange s'occupera ensuite des détails.

Un système qui date de la RDA

En théorie, les Berlinois ont à leur disposition 38 mètres carrés de logement par habitant en moyenne, c'est presque le double des Londoniens ou des Parisiens (22 mètres carrés). « Sur le papier, on pourrait loger tout le monde à Berlin sans construire, rien qu’en redistribuant les logements en fonction des besoins », estime Martin Burth, élu d’arrondissement du parti social-démocrate.

L’échange de logements n’est pas un phénomène nouveau en Allemagne. Du temps de la RDA, longtemps victime d’une grave crise du logement, les autorités avaient déjà mis en place un « service d’échange d’appartements », essentiellement utilisé par les familles. Les parents avaient coutume de troquer leur grand appartement contre un plus petit, lorsque leurs enfants voulaient « s’installer ».

En RDA, qui pratiquait des niveaux de loyers très faibles comme dans l’ensemble du bloc de l’Est, l’argent n’était pas un frein au troc. Aujourd’hui, néanmoins, le niveau des loyers augmente beaucoup plus vite pour les logements vides que pour les appartements occupés. Ainsi, il est rarement intéressant de déménager : le loyer d’un 100 mètres carrés, non rénové et occupé de longue date, est en moyenne de 600 euros par mois, chauffage compris. C’est le prix que vaut sur le marché un appartement neuf de 50 mètres carrés avec ascenseur. En 2016, seuls 195 foyers ont ainsi troqué leur logement à Berlin.

Un coup de pouce de 2 500 euros

Le projet que vient de présenter la municipalité est néanmoins plus ambitieux que les précédents. Il concerne un très grand parc, de 300 000 logements. Ensuite, il ne doit pas y avoir de pertes financières pour les locataires puisque les six sociétés s’engagent à limiter les écarts de loyers en cas d’échange au sein d’un même quartier. Et puis les candidats au troc percevront de la municipalité un coup de pouce financier de 2 500 euros pour couvrir les frais du déménagement.

La ville ne s’attend pour autant pas à une explosion du nombre des échanges, et estime le potentiel à 500 échanges par an. Le problème est que les personnes âgées répugnent souvent à quitter l’appartement dans lequel elles ont passé une partie de leur vie, alors que le plus grand réservoir de logements de taille inadaptée aux besoins se trouve - du fait de l'allongement de la durée de vie - chez les seniors, peu mobiles.

Ce système ne concerne pas uniquement la ville de Berlin. Plusieurs plateformes privées d’échanges d’appartements existent à l’échelon national en Allemagne. Les deux plus importantes, https://www.tauschwohnung.com/ et https://www.homeswopping.de/  , proposent même des échanges de ville à ville, essentiellement concentrés sur Hambourg, Munich, Berlin et Cologne. Mais de tels échanges dépendent du bon vouloir des propriétaires, ce qui limite les chances de succès.
http://www.rfi.fr/europe/20180126-allem … x-internet  jean  luc ;)

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