Chers Français voulant s'installer au Québec

C'est le titre de ce billet paru recemment sur le Huffington Post.

http://www.huffingtonpost.fr/mylene-hov … 22730.html

Je suis assez d'accord avec le point de vue de l'auteure, même si les deux premières parties me semble un peu réductrices (je parle des raisons invoquées), pour la simple raison que si on vient au Québec juste pour "le fun" on risque de s'y ennuyer un max au bout de quelques années.

C'est un peu bourré de clichés : le plateau Mont-Royal... Bien entendu, il est plus difficile de s'installer quand on a des enfants. Pour les jeunes couples, la difficulté n'est pas écartée surtout s'ils se mettent à avoir un enfant à peine installés, sans réseau... Je suis assez d'accord avec le paragraphe sur les familles.

C'est effectivement bourré de clichés, à se demander si elle est vraiment journaliste :

Les célibataires qui partent l'âme en paix, avec les festivals, etc.
Même célibataires, et je dirais même surtout célibataires, avant les festivals, il faut d'abord trouver du travail avant de penser au "fun" des festivals.

Les couples et le Plateau - Mont-Royal :

Oui beaucoup de Français y habitent.
Quand j'habitais Verdun, je me suis même fait demander par un colocataire potentiel : " Verdun, c'est où sur le Plateau ?" (sans commentaire, sauf peut-être qu'apparemment beaucoup de plus jeunes que moi ne savent apparemment pas se servir de Google map )
J'ai déjà été en couple et n'ai jamais habité le Plateau, trop cher et les petits commerces bobos, c'est bien, un centre commercial c'est mieux.

Les médecins de familles, c'est difficile à trouver :

Vrai et faux : Il n'y en a pas assez et les médecins généralistes /omnipraticiens immigrants devraient avoir une reconnaissance des acquis et compétences accélérée.

L'Ordre des médecins généralistes est tenu de vous en trouver un.
Le CLSC de l'arrondissement peut mettre en liste d'attente.
Pas drôle mais pas impossible, ce qui ne veut pas dire que si le bambin attrape 1 virus tous les 2 mois, il n'aura pas à attendre 3 semaines ou 8h pour du sans rendez-vous pour le voir.

L'Ordre des médecins généralistes est tenu de vous en trouver un.

Ca c'est la belle théorie de l'Ordre qui nous sert toute les excuses possibles de l'univers pour faire en sorte que le système de santé au Québec reste dans le marasme le plus total.

Dernière nouvelle en date: « Le Québec ferme la porte à près de 200 médecins français »
http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/so … urie.shtml

M'enfin, c'est pas non plus une nouvelle, ca fait des année que ce cirque perdure et il fallait être naif pour penser que les accords de reconnaissance de diplomes allaient donner quoique ce soit de tangible. Le gouvernement du Québec peut bien passer tout les accords qu'il veut, quand ta province est tenue du sol au plafond par des corporations d'un autre âge, ce sont en fait elles qui tranchent.

Je me base sur la déclaration du ministre Gaétan Barette

http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/so … ette.shtml

Aux dernières nouvelles, 30 % des Québécois, soit environ 2 500 000 Québécois, n'ont pas de médecin de famille. Et beaucoup d'immigrants médecins généralistes, pas forcément Français mais formés en France, finissent dans des boulots alimentaires, éventuellement tout en reprenant des études.

Donc oui Glycérine, je suis d'accord avec toi concernant la différence entre la théorie et la pratique.

Pour revenir à l'article, ce qui m'étonne et m'agace est le caractère éditorial , le côté "je le dis donc c'est vrai", contraire à la déontologie journalistique, la succession de clichés sans la moindre trace d'argumentation, de source d'information.

Tous les jours, sur expat.com, des internautes, animateurs ou membres venant de tous les horizons, que ce soit géographiques, professionnels, ou sociaux aident, ou expriment des opinions sur divers sujets hyperliens à l'appui,avec des textes et des graphiques. Bref des sources.

Nous ne sommes pas tous journalistes, et pourtant inconsciemment nous avons cette démarche : pas de déclaration sans source ou expérience personnellement vécue.

Ce n'est pas le cas de l'auteur de cet article, qui se prétend journaliste.

Salut Louisqc,

je suis bien d'accord avec toi au sujet des sources, rien à redire. Quand tu parles justement de liens, sources, etc, je suppose que tu fais référence au texte dans le Huffington Post ?

Dans ce cas il ne s'agit pas d'une journaliste mais d'une blogueuse, dans la section « blog » du Huffington Post. Elle n'est donc pas « obligée » déontologiquement de donner des liens. Je crois comprendre qu'il s'agit d'une québécoise vivant (au moins partiellement) en France et faisant part de son expérience.

C'est la raison pour laquelle j'ai donné le lien en le qualifiant de « billet » plutôt que « d'article ». Cela dit, même s'il est vrai que la première partie de son texte nage dans le cliché, quelque chose me dit que c'est peut être volontaire.

glycerine :

Salut Louisqc,

je suis bien d'accord avec toi au sujet des sources, rien à redire. Quand tu parles justement de liens, sources, etc, je suppose que tu fais référence au texte dans le Huffington Post ?

Dans ce cas il ne s'agit pas d'une journaliste mais d'une blogueuse, dans la section « blog » du Huffington Post. Elle n'est donc pas « obligée » déontologiquement de donner des liens.

Plus ou moins d'accord Glycerine. Qu'un blogueur (ou blogueuse) passe par une plateforme personnelle pour donner son avis, ou qu'il (elle) parle par la plateforme d'un journal, donc avec un caractère officiel, fait une grosse différence, du moins à mes yeux.

Expérience surréaliste mais vécue : Au moment de l'affaire DSK - ancien Président du Fonds monétaire international - au Novotel de New-York, tous les journalistes sont partis à Paris, à la recherche d'autres maitresses, tels des enfants cherchant des oeufs de Pâques.

En regardant TV5, je vois un journaliste dans une rue en me disant "Cet endroit me dit qq chose", même chose sur Radio-Canada, TVA, etc. Là surprise, je réalise que derrière eux... C'est l'immeuble de ma mère !  :o
J'arrive en vacances à Paris, plein de caméras sur le trottoir d'en face.

Mais surtout, au départ amusé d'être hébergé dans un immeuble aussi VIP, je tombe sur l'article d'une blogueuse, utilisant la plateforme blog d'un hebdomadaire connu, qui écrit être à l'intérieur de l'immeuble, et donc décrivant ses habitants, ou "comment faire de l'info sans info ?".
 
Elle décrit étage par étage, les habitants, en "beurrant épais" pour donner de la consistance à l'inconsistant. Donc elle ment.
Je tombe alors sur une ligne disant "Au 4ème étage droite vit une mère monoparentale ayant son fils chômeur à sa charge." Le "fils chômeur" c'était moi.

Ce qu'elle ne savait pas, c'est que le fils chômeur a une expérience pro en journalisme, en marketing, et en juridique, donc la recherche et la déduction je suis assez fort. 1 appart n'est pas décrit, donc forcément le sien.

J'ai fait détruire l'article devant moi.

Billet ou article, elle a utilisé la caution d'un média connu et aurait pu me faire avoir plein d'ennuis.

glycerine :

Cela dit, même s'il est vrai que la première partie de son texte nage dans le cliché, quelque chose me dit que c'est peut être volontaire.

Possible, présenter les clichés aux Français ayant une vision "carte postale" de Montréal (et pour beaucoup, donc du Québec) pour mieux les confronter à la réalité.

Mais les Français concernés liront-ils l'article ? :/

Pour mon domaine d'activité, je fais un peu de veille sur le net et c'est clair qu'il faut voir le nombre d'idioties racontées par des blogueurs (au masculin pour simplifer le texte), des faits « avérés » qui ne sont que du copier coller d'autres billets sans aucun liens ni sources tangibles pour soutenir le propos.

Cela dit, ce que dit cette blogueuse sur le Post (qui est d'ailleurs qu'une copie de son propre blog), est vérifiable en quelques minutes. Pas besoin d'avoir fait les grandes écoles de la Silicon Valley pour trouver des sources sur l'état de la santé et de l'éducation au Québec.

On peut par exemple trouver ce genre de truc. Pour une fois que Mongrain me fait rire :

https://www.youtube.com/watch?v=H83GIJQ … e=youtu.be

Je viens de voir la vidéo, et effectivement Mongrain peut agacer, mais là il se base sur les directives des commissions scolaires et leurs aberrations.

Et voici également une vidéo, peu connue, mais que je pense garder pour les prochains forums "carte postale". Bien sur il faut avoir le courage de passer la pub.

https://youtu.be/BjGfKVraJVw

L'idée n'est pas de dénigrer le Québec, ce qui serait un peu "cracher dans la soupe" et la veille il y avait eu une version pro Québec et une vision négative de la France,  mais voilà :

La réalité quotidienne, c'est aussi cela, hyperliens fiables (Radio Canada) à l'appui, sans édito, ni billet.

Une autre vidéo existe (Radio-Canada aussi), dans laquelle 2 Françaises déclarent (authentique) " On connait le Québec, on y est allé pendant 5 semaines ( parenthèse : Où ? En quelle saison ? Mystère) et en plus (Attention, l'argument indestructible approche...) on adore les Bagels (  :/ )" Que répondre à un tel argument ?  :unsure . Aimerez-vous toujours les Bagels par -30, connaissez-vous la différence entre température et température ressentie ? Savez-vous ce qu'est le facteur éolien ?

Une autre remarque qui me laisse perplexe : + de 30 000 Français viennent au Québec chaque année (cf reportage). Les entreprises Québécoises viennent à Paris les recruter. Et les Français déjà sur place ? Ceux qui ont étudié, fait des petits boulots... On ne les recrute pas ?

Mais une autre remarque : Le Québec n'est pas la seule province (et non pays comme indiqué dans le reportage...) à agir de la sorte, le Nouveau-Brunswick aussi.

Interessant ce reportage qui soulève les questions auxquelles toute famille fait face un jour où l'autre : éloignement, parents vieillissants de l'autre côté, accès aux soins et la question qui tue (c'est le cas de le dire); êtes-vous prêt à mourir ici (remplacer « ici » par n'importe quel pays). Ce sont à mon avis des questions fondamentales.

Pour le reste

Une autre remarque qui me laisse perplexe : + de 30 000 Français viennent au Québec chaque année (cf reportage). Les entreprises Québécoises viennent à Paris les recruter. Et les Français déjà sur place ? Ceux qui ont étudié, fait des petits boulots... On ne les recrute pas ?

Sans doute plusieurs réponses à cela : dans les 30 000 Français (ou autres), un nombre conséquent profite simplement du PVT sans pour autant désirer rester au Québec. Une autre partie, celle des immigrants plus ou moins fraichement arrivés ne reste pas au Québec; soit retourne dans son pays d'origine, soit part dans une autre province. N'oublions pas que le solde migratoire du Québec est négatif; obligeant donc à « recruter » sans cesse de nouvelles têtes.

http://www.stat.gouv.qc.ca/statistiques … es/601.htm

P.S : Pour la pub, il existe de très bon bloqueurs.

Effectivement, le reportage en dit long, en particulier sur la vision à court terme de certains immigrants, souvent due aux campagnes promotionnelles, et aux reportages sur le rêve canadien.

Concernant les recrutements à l'étranger, petite anecdote qui en dit long aussi :
Actuellement, le Nouveau-Brunswick mène une campagne pour faire venir plus de francophones.
http://www2.gnb.ca/content/dam/gnb/Depa … 014-17.pdf

Chouette me dis-je et j'appelle la personne responsable de l'immigration acadienne.

Bonjour, je suis Français, et je cherche du travail et aimerait aussi avoir une expérience dans une autre province.
Super ! Quelle est la durée de votre visa ? Vous pensez venir quand ?
(Prise en charge partielle du déménagement, de l'aide pour le logement, bref la totale)
Bonne nouvelle ! Je peux venir quand vous voulez ! Je suis déjà là, je suis francophone et j'ai la citoyenneté canadienne !
Ah, bah dans ce cas, appliquez comme tous les canadiens !

Voilà. Moralité : On aide les gens qui arrivent, parfois sans rien connaitre du Canada, et les autres, bah, débrouillez-vous !

C'est logique que leur aide ne s'adresse pas au Canadiens. Vous voulez vivre au NB, il suffit de débarquer demain matin.

emma1068 :

C'est logique que leur aide ne s'adresse pas au Canadiens. Vous voulez vivre au NB, il suffit de débarquer demain matin.

Ce que je veux dire Emma, c'est qu'avant de démarcher à l'étranger , se demander si, par hasard, il n'y a pas déjà des Français franco-canadiens ou d'une façon générale des francophones ayant la citoyenneté canadienne potentiellement intéressés, plus mobiles, sans problème de visa... Me semblerait plus logique (mais je suis peut-être trop cartésien).
Au moins les rencontrer, dans le cadre par exemple d'un salon du NB à Montréal, Québec, ou peu importe.

Cette démarche me semblerait - mais peut-être que je me trompe - plus cohérente et plus pertinente, et surtout moins couteuse pour, en l'occurrence, le Nouveau-Brunswick.

Par ailleurs " Vous voulez venir au Nouveau-Brunswick, il suffit de débarquer demain matin " : administrativement parlant, c'est légèrement plus complexe.

C'est un constat d'il me semble gros bon sens, mais là on s'éloigne du sujet initial, soit l'article du Huffington Post.

Je vais un peu aller dans le sens de Louisqc.

La raison principale (ou officielle) pour invoquer le recours à l'immigration est le manque de travailleurs qualifiés. Hors, les provinces maritimes ont des taux de chomage qui sont assez comparables à la France ou d'autres pays Européens*.

Ce n'est donc pas les travailleurs locaux sous qualifiés qui manquent pour les transformer en travailleurs qualifiés.

De là à dire qu'on préfère faire venir des gens de l'extérieur dont la formation aura couté zéro Kopeck au Canada ou aux provinces, il y a un pas que je suis prêt à franchir...

* http://ici.radio-canada.ca/regions/atla … ique.shtml

Il y a rien de compliqué administrativement à aller du Québec au NB... tu prends ton auto, fait un changement d'adresse via le service québécois de changement d'adresse pour recevoir d'eventuels courriers du gouvernements, échange de permis, assurance maladie et les organismes federaux... pas bien compliqué non plus...

c'est relativement facile de passer d'une province à l'autre : pour le permis de conduire, vous avez un certain temps pour le changer (deux mois je crois), l'assurance-maladie, vous devez être résident dans la province pendant 3 mois... Pour ce qui est du logement, ce sera le même problème si vous changez de ville. Quand j'ai décidé de m'installer en Ontario, ça s'est fait, plutôt rapidement. En plus, une partie de la famille vivait toujours au Québec. Alors une partie de la famille était rattachée à une province et l'autre partie encore au Québec. Le mari d'une copine est militaire, eux, c'est tous les deux ans qu'ils changent de province ou presque... et en plus, ils sont mis au courant presque à la dernière minute.

emma1068 :

Le mari d'une copine est militaire, eux, c'est tous les deux ans qu'ils changent de province ou presque... et en plus, ils sont mis au courant presque à la dernière minute.

Tout à fait... Mon beau frère est dans ce cas, ils changent régulièrement en moins de 8 ans ils ont fait CB, SK, CB, NE et cet été retournent à comox en CB.

Toujours tenir compte de l'interlocuteur et de son but.
Ici, l'immigration acadienne a pour mission de faire immigrer des travailleurs francophones qualifiés depuis leur pays d'origine. Il n'est pas de leur ressors de discuter la pertinence de ce but ni de proposer des alternatives.
Quand bien même le Français sur place aurait un profil parfait, ils n'auraient de toute façon pas le droit de payer son déménagement (sauf s'il repasse par la France!!).
Il faut trouver un autre interlocuteur qui peut et gagne à aider la mobilité interprovinciale.

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