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Partir à San Francisco avec femme et enfants...et son permis L

  • tramway san francisco
Témoignage
Publié il y a 9 mois

Pierre-Yves s'est expatrié à San Francisco avec toute sa famille. Informaticien et bloggeur passionné, il partage avec Expat.com son expérience à l'autre bout de la terre.

pierre-yves 38

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Pierre-Yves, comment t'es-tu retrouvé aux États-Unis ? Qu'est-ce qui t'as attiré vers San Francisco ?

Je suis grenoblois, père de famille et informaticien. J'ai bénéficié d'une mutation à San Francisco. C'est depuis cette ville que je sers désormais mes clients, pour la plupart des américains. Mon entreprise m'avait offert le choix entre New York et San Francisco. A vrai dire, j'aurais pu travailler à n’importe quel endroit prêt d’un aéroport. En effet, je suis en contact avec mes clients par l'intermédiaire d'internet et dois me déplacer chez eux de temps en temps. J'ai choisi San Francisco pour plusieurs raisons : je connaissais un peu la ville, pour y avoir habité en 1995. Le choix de New York ne me plaisait pas, car la culture me semblait trop européenne. Tant qu’à réaliser une expatriation, autant faire dans l’exotisme n’est-ce pas ? De plus, San Francisco abrite une communauté française importante. Cela me semblait primordial pour l'intégration de ma famille dans le pays. Enfin, je ne me voyais pas travailler de la maison tous les jours et San Francisco était le plus important bureau de ma compagnie aux US. Mon choix était clairement raisonné.

Comment s'est passée ton installation ? Depuis combien de temps y vis-tu ?

Pour des raisons budgétaires, et pour l’aventure, nous avons atterri sur la côte Est, à Washington, où vit mon cousin. Nous y avons acheté une voiture puis avons traversé tout le pays ! Nous en gardons de très beaux souvenirs. Sur la route, nous avons pris contact avec une agence, qui nous a envoyé une liste d'appartements à louer. Une fois arrivés à San Francisco, la première visite a été la bonne ! Nous avions trouvé la maison idéale, dans notre budget, et dans la zone où nous voulions être. Nous avons par la suite loué des chambres d'hôtel 12 jours durant, avant d'emménager définitivement dans notre nouveau chez nous.

Nous n’avons emmené avec nous que des valises de vêtement, car nous ne savions pas ou nous allions arriver. Nous avons dû acheter des meubles dès le premier jour. Comme la plupart des gens, nous sommes allés dans un magasin suédois assez réputé mondialement... 

En somme, notre installation a été simple : pas de tracas de container, de « comment on va faire entrer tout ça », etc… Juste un budget pour acheter 3 lits, une table, quelques meubles, dont certains ont été achetés sur GraigList, le bon coin local.

Quelles étaient les procédures à suivre que tu puisses t'y expatrier ?

J’ai fait une procédure de transfert entre la société française et la société américaine (un visa L). La direction des ressources humaines en France n'a pas pris la mesure de la complexité des procédures américaines, notamment en matière de délais. Bien que la décision ait été prise un an auparavant, les démarches ont réellement débutées avril, pour un départ prévu le 12 juillet. Je me souviens que notre avocat américain est tombé des nues, indiquant qu’il fallait compter 6 mois pour accomplir ces démarches ! Finalement, nous avons réussi à effectuer toute la procédure en 3 mois et 6 jours. Nous avons obtenu le visa 6 jours avant de partir : finalement, on avait de la marge non ?

As-tu éprouvé des difficultés à franchir ces étapes ?

A part le stress de l’attente des étapes du visa, l’appel à l’ambassade Américaine pour passer en priorité (qu’ils ont acceptés, merci à eux), j'ai trouvé que les procédures étaient relativement simples. Le sentiment d’urgence a néanmoins bien rythmé le départ, en plus du déménagement de notre maison. Toutes ces démarches, qui occupaient mon esprit depuis plusieurs mois, se sont évanouies dans l'avion. L’arrivée aux Etats Unis ne nous a pas posée de problème particulier : nous arrivions en terre connue, pour avoir visité le pays plusieurs fois auparavant. Enfin, l’excitation de partir vivre à l'étranger sans date de retour était un vrai bonheur, une sorte d’extase post-stress.

As-tu eu des difficultés d'adaptation à ton nouvel environnement ?

San Francisco ne m'était pas inconnue. Je m'inquiétais avant tout pour ma famille. Pour ma femme, je craignais l'effet Desesperate Housewife : et si elle ne s’adaptais pas ici ? Pour les enfants, le premier jour d’école a été un grand déchirement. C'était le saut total dans l’inconnu. Mon ainée a été remarquablement courageuse. Elle entrait en 7eme grade, soit la 5eme en France. Nous sommes allés ensemble à la prérentrée, puis le jour J, elle nous a dit qu’elle pouvait y aller seule, et que nous pouvions nous consacrer aux deux petites… Elle est donc partie toute seule. Puis nous avons amené les deux petites à l’écoles. Nous avons trouvé leur maitresse, et quand nous avons dit à la maitresse de Cheyenne qu’elle ne parlait pas Anglais, elle l’a prise par la main et ne l’a plus lâchée ! Quand elle s’est retournée pour nous regarder avec un air « ne m’abandonne pas », ça a été dur pour nous les parents…

Finalement, le soir, quand on les a récupérées, elles étaient enchantées dès le premier jour. Quelle chance nous avions ! De plus, dans la classe de Cheyenne, il y avait aussi 5 autres nouveaux arrivants. Le fait de voir dans leurs classes d’autres étrangers les a rassurés.

Qu'est-ce qui t'as le plus surpris à ton arrivée aux États-Unis ?

Quelle différence il y a entre un voyage touristique à San Francisco et une installation sur le long terme ! Ce qui m’a le plus surpris est sans doute la facilité de venir habiter ici. Les californiens savent et acceptent les migrants, qu'ils parlent correctement l'anglais ou pas. Nous avons dû repasser le permis de conduire, trouver des assurances pour la voiture, la maison, faire les cartes de sécurité sociale et achever toutes les procédures administratives. Le processus est relativement bien balisé et nous avons connu peu de problèmes. Néanmoins, je pensais que les formalités administratives seraient plus simples. Les Etats-Unis sont une terre d'immigration, alors, forcément, ce doit être facile de s'installer ici, pensais-je. Pourtant, je ne devrais pas me plaindre : si j’en crois un couple d'amis franco américain, il est plus facile d’être un français aux Etats Unis qu’américain en France, administrativement parlant...

Famille d'expatriés

Les écoles américaines m’ont aussi agréablement surpris, avec toutes les panoplies d’aide disponible. En tant que parent, on se sent écouté. Le système éducatif de San Francisco est très inclusif. En cas de difficultés, l’école organise une « task force » avec les personnes concernées : il y avait 10 personnes autour de moi, de la principale de l’école à l’orthophoniste…

Qu'as-tu appris sur toi-même depuis ton arrivée à San Francisco ?

Les Etats unis sont tellement déroutant ! Tout le monde semble connaitre ce pays. Nous avons tous un a priori. Mais de l'hexagone, nous n'apercevons ni la diversité de la population, ni l’étendue du territoire. On ne se rend pas compte qu’il y a autant de distance entre Paris et Moscou qu’entre New York et Dallas…dans le centre du pays. En réalité, nous généralisons trop.

Vivre à San Francisco m'a également permis de prendre la mesure du chemin que les étrangers parcourent quand ils viennent vivre en France. Ils seraient l'origine de tous nos problèmes...Pourtant, toutes les dérives et toutes les fraudes dont on les accable ne devraient pas leur être attribuées...Rappelons, à titre d'exemple, que les premiers fraudeurs en volume de la sécurité sociale en France restent les entreprises, et que les étrangers rapportent 12 milliards d’euro par an à la sécurité sociale. Je souhaite à tout le monde de vivre un jour une expatriation. Ainsi, la tentative du repli sur soi serait moins forte.

Vivre à l'étranger est une source d'incertitude, qui prend son paroxysme quand des échéances arrivent. Va-t-on obtenir le renouvellement de notre visa ? Va-t-on pouvoir y rester ? J’en suis venu à envier une grande idée, toute simple, qui s'est concrétisée une vingtaine d’année d'année auparavant : l’Europe, et la sacro-sainte liberté de circulation des personnes...

As-tu eu des difficultés à rechercher un logement ? Quels sont les types de logements qui y sont disponibles et accessibles aux expatriés ?

Il faut savoir que les logements sont plus spacieux, plus confortables aux Etats Unis qu’en France. Je me rappelle d’amis qui louaient une maison avec piscine à Phoenix pour le loyer de mon appartement 1 pièce ½ à Grenoble. C’est vrai SAUF à New York et à San Francisco. Là, c’est exactement l’inverse. Nous louons par exemple une maison 3 fois plus petite et 2 fois moins confortable qu’à Grenoble et nous la louons 3 fois plus chère ! Et encore, nous sommes dans la banlieue de San Francisco.

Retenez de notre expérience que rien n’est « accessible » aux expatriés, dans le sens où il n’y a aucun traitement de faveur particulier à attendre. Il faut donc de la chance et…de l’argent, car tout coute super cher. D’où l’importance de bien négocier son salaire au début. Ensuite, tout est possible, de la location d’une chambre dans un appartement loué en communauté (les colocations peuvent revenir à $800 par mois, avec un peu de chance), jusqu’à la maison avec vue sur la baie à $12 000...par mois bien sûr.

Si vous avez des enfants, il faut cibler les bonnes écoles dans les bons districts, et accepter de payer un loyer plus élevé...

Quelle est la culture du travail à San Francisco ? Est-il facile pour un expatrié d'y être embauché ?

J'ai bénéficié d’un transfert d’une société française. Une fois en place, ma première société américaine a proposé de m’embaucher : si vous vous montrez compétent, un contrat vous sera proposé. Tous les français expatriés que je croise sont venus grâce à un transfert d’entreprise. L'entreprise française vous envoie aux Etats-Unis. Puis, vous êtes embauché par la branche locale.

Il est bien entendu possible de débarquer ici, de chercher une entreprise et de commencer la procédure du visa avec son appui. Certains blogs d'expatriés Français ici crient à l’Eldorado : oui, ça existe bien sûr. D’un autre côté, vous n’entendez que ceux qui sont rester : tous ceux qui ont échoués, sont repartis, ceux-là bien sur vous ne les voyez pas. Car si vous venez ici sans visa, c'est à la société d'effectuer les démarches pour vous. Une telle procédure signifie une embauche au bout d'une procédure longue de 4 ou 5 mois ! Et comme ici on vous embauche (ou vous débauche) en 2 semaines, Je vois mal une entreprise américaine se casser la tête...

La culture du travail est vraiment différente. En France, on vous contrôle sur votre engagement, qui se mesure par votre temps de présence. Ici, le résultat compte. Dans ma boite, certains viennent à 11H du matin, s’absentent entre 15H et 16H pour un truc perso, reviennent et repartent à 17H. Mais le résultat est là et ça se passe bien. Vous pouvez travailler de chez vous, du café, du bar, du bureau : cela ne pose aucun problème. Par contre, le résultat doit être là, sinon vous serez congédiés en moins de 2 semaines. Travailler ici, c'est se libérer de certaines contraintes. Un de mes collègues américains s’étonne quand il va en France : les gens travaillent tard mais par contre le weekend, ils ne répondent pas aux emails !

A San Francisco, il faut dire ce que vous faites, faire ce que vous dites, tenir les délais accepter de travailler les week-ends si cela s'avère nécessaire et être disponible, même à la maison, à toute heure de la journée ou de la soirée. Autre particularité : en Europe, j'aurais tendance à estimer ma charge de travail à l'heure prêt, puis à justifier un retard en évoquant des problèmes non identifiés au départ. A San Francisco, il faut indiquer la marge d'erreur en amont et respecter les délais annoncés.

Que penses-tu du mode de vie des Américains ?

Le mode de vie américain est à mon sens plus réglé qu’en Europe, et plus policé. En Europe et en France, quand on a des amis, on peut venir les voir à n’importe quel moment. On va souvent manger les uns chez les autres, et on peut s’éterniser après un repas.

Le mode de vie américain a plusieurs règles strictes, comme par exemple ne pas empiéter sur la vie des autres. Ainsi, quand vous êtes invité (ou que vous invitez) des américains, ils seront ponctuels. Puis le moment sera assez policé, et à l’heure dite, implicitement, il sera l’heure. L’heure de partir.

En fait, les américains sont culturellement individualistes, dans le sens où ils ne veulent pas gêner les autres.

Quel est ton avis sur le coût de la vie à San Francisco et aux États-Unis en général ?

Au regard des salaires, le loyer représente 1/3 de ce que l’on gagne. Les restaurants sont très bon marché. Les voitures non plus... L’avantage est qu'un salaire californien garanti un pouvoir d'achat élevé lorsque l'on se déplace dans d'autres états américains.

En général, donc, la vie n’est pas très chère ici, mais attention, rien n’est couvert : pas de sécurité sociale, pas de retraite, et uniquement 3 semaines de vacances.

En comparaison, je dirais que l'on vit mieux en France. Si, sur la feuille de paye, un américain gagne 2 fois ½ plus qu'un français, à la sortie, celui qui s’en sort le mieux est le français. D’ailleurs, je vois beaucoup de touristes français ici, plus que de touristes américains en France (qui sont pourtant six fois plus nombreux que nous).

Qu'est-ce qui t'as motivé à écrire ton blog « Étape USA » ?

Je souhaitais au départ laisser une trace à la famille. On avait tout préparé, mais le fait d’avoir obtenu les visas en mains 6 jours avant le départ nous a mis dans une situation d’urgence. Avais-je bien dit à toute notre famille ce qu’on allait vivre ? Avions-nous bien communiqué ? Le premier défi, celui de traverser en voiture tout le pays, était assez incroyable. J'avais besoin de raconter mon expérience...Puis, finalement, la famille n’en avait rien à faire, alors que, de mon côté, j'avais pris goût à l'écriture.

Je crois que j’ai toujours eu envie d’écrire, de raconter. De partager mon expérience. Et je me disais souvent « mince, si on m’avait ça avant de partir, j’aurais fait différemment ». Maintenant, quand je pars faire du tourisme, je cherche de l'information dans des blogs. C’est ainsi qu’on a rencontré Laetitia à Portland, Sara à Sacramento, puis …. A Kansas city !

Bon, le look and Feel laisse à désirer (j’utilise Blogger), et il faudrait que je passe à Wordpress, mais je suis informaticien, alors je suis mal chaussé bien sûr.

Des conseils aux personnes qui souhaiteraient s'expatrier aux États-Unis ?

Si j'avais un conseil à donner, ce serait de tenter l'aventure de l'expatriation. Même si cela ne fonctionne pas, c’est une expérience. En 1995, mon installation à San Francisco n'a pas fonctionnée. Aujourd'hui, plus de vingt ans après, je m'y sens bien...

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