Laura à Stockholm : La vie d'une étudiante française expatriée en Suède

Interview
Publié l'année dernière

Voyageuse dans l’âme, Laura a choisi Stockholm, la capitale suédoise pour continuer ses études. Après une installation relativement facile, cette jeune Française a intégré le KTH Royal Institute of Technology.

Bonjour Laura, pourrais-tu de décrire en quelques mots ?

Je suis étudiante à l’école d’ingénieurs Télécom Bretagne et je viens de réaliser un double diplôme à KTH à Stockholm après un semestre en ERASMUS à Göteborg. Née à Lyon, j’ai déménagé sur la Côte d’Azur avec ma famille lorsque j’étais petite. Je suis ensuite partie à Brest pour mes études. J’ai eu l’opportunité de voyager beaucoup et grâce à cela, je suis assez curieuse et ouverte d’esprit. De plus, je suis énergique.

À 22 printemps tu as fait le grand saut de l’expatriation, comment t’es-tu sentie juste avant de départ ?

Étant donné que j’avais déjà réalisé un semestre en ERASMUS en Suède, ce n’était pas aussi dur que cela pour moi de partir pour Stockholm. J’étais bien évidemment stressée : d’avoir oublié quelque chose, d’arriver dans un pays en ne connaissant personne, etc. L’arrivée n’était pas simple comme je ne connaissais personne, mais habitant dans une résidence étudiante, j’ai rapidement rencontré d’autres étudiants et je me suis bien adaptée.

As-tu eu l’occasion de connaitre la Suède avant d’aller y vivre dans le cadre de tes études supérieures ?

Je suis donc en train de finaliser mon année à Stockholm et j’ai auparavant passé un semestre à Göteborg. J’étais déjà allée en Suède lorsque j’étais petite avec mes parents. En effet, nous étions venus en camping-car alors que j’avais six ans et nous avions fait un tour dans les pays scandinaves. Bien évidemment, je ne me rappelle pas bien de cela et je considère que quand je suis arrivée à Göteborg, je ne connaissais quasiment pas la Suède.

Tu indiques habiter à Stockholm, comment se sont passées ton arrivée, puis ton intégration ?

Comme je l’ai indiqué précédemment, mon intégration s’est très bien passée. Je suis arrivée pendant les « jours d’accueil » de KTH, ce qui a facilité réellement les choses : des bus sont loués pour nous emmener à KTH depuis l’aéroport, puis à KTH on nous donne les clés de notre logement (si on a eu la chance d’en avoir un) ainsi que toutes les informations sur le programme d’introduction. De plus, de nombreux évènements sont organisés pour connaître la ville et les autres étudiants. Mon seul regret est que la majorité des évènements battaient leur plein lorsque je suis arrivée.

Laura à Stockholm

Selon de nombreux témoignages, le logement est un problème dans les grandes villes suédoises, comment t’y es-tu prise ? Que devront faire les futurs expatriés ?

J’ai eu beaucoup de chance pour le logement, car, faisant partie d’un programme de Master européen (EIT Digital), j’avais un logement assuré par KTH. Quelques mois avant mon arrivée on m’a proposé un logement et je l’ai bien évidemment accepté, sachant que ce serait très compliqué de trouver par moi-même. Pour les futurs expatriés, je leur conseille de voir sur les groupes Facebook « Lappis » et « Kungshamra » qui sont des résidences étudiantes et où certains élèves sous-louent leur chambre. Je ne peux malheureusement pas donner plus de conseils que cela.

Es-tu loin de KTH Royal Institute of Technology ? Comment t’y rends-tu au quotidien ?

Je suis assez proche de KTH : je suis dans la résidence étudiante de Kungshamra et cela me prend 15minutes pour me rendre sur le campus. Je peux marcher à l’arrêt de métro (5-10 minutes) puis je prends le métro pendant 5 minutes. C’est très pratique, surtout que c’est aussi rapide pour aller dans le centre-ville (20-25 minutes).

Les transports sont-ils facilement accessibles et efficaces dans la capitale ?

Les transports en commun à Stockholm sont superbes ! Les bus, métro, train fonctionnent assez tard (les bus pendant toute la nuit), sont très fréquents et desservent de nombreux endroits. Je conseille le site sl.se qui est très pratique pour organiser un trajet. Même le dimanche, on n’attend pas plus de 10 minutes pour un métro, vraiment c’est pratique.

Aux citoyens de l’UE qui souhaitent aller poursuivre leurs études en Suède : quelles sont les formalités (dans les grandes lignes) aussi bien au niveau des autorités que de l’université ?

Je dirais bien qu’il n’y a aucune formalité… Je me suis laissé guider par KTH et c’était très simple pour moi en tous cas. En tant qu’Européen, pas besoin de visa ni rien. La seule chose est peut-être si l’on veut rester longtemps et ouvrir un compte bancaire. Il faut alors faire la démarche pour obtenir le Swedish National Number et ensuite ouvrir son compte.

Laura à Stockholm

Concernant le financement des études, quel coût en Suède ?

C’est connu, la Suède est très chère. Pour le logement, je paie 4 100 SEK par mois (l’équivalent de 450€) sachant que j’ai ma chambre et ma salle de bain, mais je partage la cuisine. Si vous comptez venir pour plus longtemps, il vaut mieux s’inscrire sur les listes d’attente de SSSB pour avoir un logement étudiant (moins chers de 100€).

La carte de transport coûte 60€ par mois en tant qu’étudiant et 90€ pour les adultes.

Pour ce qui est nourriture, tout est possible, il y a bien de tous les prix pour les restaurants et pour les magasins.

Babysitting, cours particuliers, tu proposes tes services, les étudiants étrangers doivent-ils travailler pour s’en sortir en Suède ?

Tout dépend des moyens des étudiants étrangers et plus particulièrement de ce qu’ils reçoivent de leurs parents. Si on fait attention, il est bien évidemment possible de vivre au même prix qu’en France. Pour ma part, j’aurais pu passer l’année sans donner de cours, d’autant plus que je reçois une bourse par mon programme, mais je le fais plus par passion que pour l’argent.

On dit que toutes les bonnes choses ont une fin, mais une fois tes études terminées, à toi la Suède, ou direction la maison ?

La question est très compliquée. En effet, je vais prochainement faire un stage à Londres puis je vais réaliser ma dernière année d’études aux Pays-Bas l’année prochaine. Je ne sais vraiment pas ce qui va se passer ensuite, cela dépendra des opportunités que j’aurai. Je ne dirai pas non au fait de revenir en Suède, mais pas pour y passer l’intégralité ma vie : l’hiver et surtout l’obscurité à 15h, seraient trop durs à vivre.