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Schuldi : « Koumac est une ville culturelle riche, avec une belle histoire »

Interview
Publié l'année dernière
Originaire d'Alsace, Schuldi vit à Koumac depuis un peu plus d'un an et demi avec son compagnon. Elle y a monté une entreprise spécialisée en accompagnement scolaire pour les enfants en difficulté.

D'où viens-tu, Schuldi, et que fais-tu actuellement ?

Je suis née en Alsace, où j'ai vécu une bonne partie de ma vie, avant de déménager il y a 5 ans en Franche-Comté pour vivre avec mon amoureux. En 2013, nous sommes partis en voyage 8 mois ensemble à travers l'Asie et l'Océanie. Avant de venir m'installer en Nouvelle Calédonie, j'ai été diplômé d'un master en école de commerce, puis j'ai travaillé 2 années en tant que manager dans un groupe industriel. J'ai tout quitté pour le voyage ! Actuellement, j'ai complètement changé d'orientation car j'ai créé ma petite entreprise. Je réalise de l'accompagnement scolaire pour des enfants en difficulté, je donne des cours d'anglais et je créé des ateliers éducatifs.

Pourquoi as-tu choisi de t'envoler vers la Nouvelle Calédonie ?

En rentrant de voyage en 2014, nous avions envie de repartir pour nous installer dans un pays étranger. Notre premier choix fût le Canada. J'y suis d'ailleurs partie un peu plus d'un mois pour entamer des démarches. Mais à l'époque, cela nous semblait compliqué et le frère de mon homme nous proposait de venir en Nouvelle-Calédonie. Après avoir visité l'île, nous en gardions un beau souvenir. Ainsi, 6 mois plus tard, nous avons bouclé nos valises !

Comment s'est passée ton installation ?

L'installation s'est très bien passée. Nous avions la chance d'avoir des contacts sur place et un pied-à-terre à notre arrivée, ce qui a grandement facilité les choses.

Qu'est-ce qui t'a attirée vers Koumac ?

Le cadre de vie de Koumac, le vrai changement. Passer d'une vie en ville en métropole à la brousse calédonienne, c'était un vrai challenge que nous avions envie de tenter. La plupart des métropolitains qui arrivent ici s'installent à Nouméa. Celle ville ne nous a pas vraiment plu. Nous n'avons pas l'impression d'avoir vraiment quitté la France quand nous y sommes. A Koumac, il y a un réel mélange des cultures. C'est formidable et tellement enrichissant.

Depuis combien de temps y vis-tu ?

J'y suis installée depuis notre arrivée en janvier 2015. Cela fait un peu plus d'un an et demi.

Quelles étaient les procédures à suivre pour qu'une citoyenne française s'installe en Nouvelle Calédonie ?

La Nouvelle-Calédonie, aussi loin de la métropole soit-elle, reste un territoire français, un POM (Pays d'Outre-Mer). Ainsi, il n'y a aucune procédure particulière pour s'y installer. C'est d'ailleurs cette facilité qui nous a attiré ici plutôt qu'au Canada.

As-tu eu des difficultés d'adaptation à ton nouvel environnement ?

Au départ, pas vraiment car tout était nouveau et excitant. J'avais les yeux et les oreilles grands ouverts pour observer mon nouvel environnement et essayer de m'y adapter au mieux. C'est très important pour moi, de respecter les us et coutumes locaux, de comprendre les codes et de découvrir la vie quotidienne. Toute cette nouveauté, toutes ces découvertes, c'était un bonheur et ça l'est toujours d'ailleurs. La difficulté n'est pas dans l'adaptation mais dans les relations sociales. Se construire un réseau d'amis est vraiment difficile car il y a beaucoup de cercles et les gens restent beaucoup entre eux.

Qu'est-ce qui t'as le plus surpris à ton arrivée à Koumac ?

C'est la vitesse à laquelle les choses et notre vie se sont mises en place. Nous avons tous les deux trouvé un emploi très rapidement, environ 3 semaines après notre arrivée. C'est aussi le sourire des gens, la bonne humeur et les « tata », en brousse. Tout le monde se dit bonjour en voiture d'un signe de la main (« tata »). C'est génial !

Quelles sont les particularités du marché de l'emploi ? Est-il facile pour un expatrié d'y être embauché ?

Quand nous sommes arrivés, il était vraiment facile de trouver un emploi ou même de créer son entreprise. Il y a des postes très prisés, comme infirmier ou prof ou encore des métiers qui touchent à l'exploitation du nickel. Actuellement, ce dernier secteur est en crise, du coup le marché du travail est un peu plus compliqué. Les entreprises semblent être plus frileuses à embaucher. De plus, 2018 sera un grand tournant pour les Calédoniens qui pourront voter lors d'un referendum pour obtenir leur indépendance. C'est aussi l'une des raisons de la « tension » sur le marché du travail, tout comme l'emploi local, qui prend de plus en plus de place. Je pense tout de même qu'il y a des possibilités. Il suffit d'être motivé, d'avoir des compétences et être disponible.

As-tu eu des difficultés à recherche un logement ? Quels sont les types de logements qui y sont disponibles et accessibles ?

Nous avions déjà un pied-à-terre en arrivant, grâce au frère de mon ami, dans une maison en colocation. Depuis, en raison de ma grossesse, nous avons déménagé. La recherche d'une nouvelle maison a été plutôt facile, dans la mesure où nous avons eu beaucoup de chance. A Koumac, il y a beaucoup de logements mais souvent en colocation et plutôt cher. On retrouve généralement les mêmes tarifs qu'à Nouméa ! Se loger en Calédonie est un vrai budget, que ce soit en brousse ou à Nouméa. Toutefois, en dehors du loyer, les frais sont moindres. Il n'y a pas de chauffage, pas de taxe d'habitation...

Que penses-tu du mode de vie des Calédoniens ?

Le mode de vie des Calédoniens ressemble beaucoup à celui des îles en général. Le rythme est plutôt cool et agréable, les gens sont détendus, il y a moins de stress au quotidien. Tout le monde, ou presque, prend le temps de vivre. C'est vraiment un bonheur !

A quoi ressemble ton quotidien à Koumac ?

J'ai la chance d'être à mon compte. Ainsi, je me suis organisée de telle manière à avoir mes matinées de libre. Ce qui me permet de prendre du temps pour écrire sur mon blog, de faire du sport, de profiter des joies de la nature et de la mer. Ce que j'adore au quotidien ici, ce sont les petits marchés dans les tribus. Les locaux mettent en vente des produits de leur jardin sur des étals au bord de la route. C'est un moyen d'acheter local, de saison et vraiment pas cher ! Mon quotidien est plutôt agréable et tranquille, parfois un peu trop d'ailleurs ! Dans ce cas, nous partons à Nouméa faire un peu de shopping, aller au cinéma ou manger au restaurant.

Que fais-tu pendant ton temps libre ? Quels sont tes loisirs ?

Les loisirs à Koumac sont plutôt restreints et beaucoup en rapport avec la nature. Ainsi, nous profitons de notre temps libre pour découvrir de nouveaux coins, explorer la Calédonie de fond en comble ! Je n'ai jamais autant bougé à côté de chez moi que depuis que je vis ici.

Qu'est-ce qui te plait le plus à Koumac ?

Koumac est une toute petite ville où il fait bon vivre. Il y a une mixité culturelle locale, tout le monde vit bien ensemble d'une manière générale. J'aime avoir la possibilité de rencontrer facilement des personnes de tous horizons. Ce qui me plait également ici, c'est de vivre en pleine brousse, loin du centre ville, à côté de la tribu et en pleine nature. C'est un cadre de vie extraordinaire. Koumac est une ville culturelle riche, avec une belle histoire et de magnifiques paysages à découvrir.

Qu'est-ce qui te manque le plus par rapport à la France ?

La France ne me manque pas vraiment car j'ai trouvé mes marques ici. Par ailleurs, on trouve tout ce qu'il nous faut en Nouvelle-Calédonie, il y a beaucoup de produits français. Toutefois, la famille et les amis me manquent énormément, mais c'est le lot quotidien des expatriés non ?

Tes spécialités culinaires locales préférées ?

En bonne épicurienne que je suis, j'adore découvrir de nouvelles saveurs. La Nouvelle-Calédonie ne m'a pas déçue. La culture culinaire locale est riche et s'articule en fonction des produits de saison. Mon plat préféré est le bougna, un classique, préparé à bases de légumes, ignames, tarots, oignons, auxquels on peut ajouter de la viande ou du poisson. Le tout est cuit à l'étouffée dans des feuilles de bananiers sur des pierres chaudes.

Un événement particulier que tu as vécu et que tu aimerais partager ?

Le dernier événement est mon accouchement récent, que j'ai vécu à Koumac. Lorsque j'ai décidé d'accoucher en brousse, beaucoup de personnes me l'ont déconseillé. Ils me disaient que je devrais descendre à Nouméa. Mais cela me paraissait trop compliqué car il faut s'y rendre 1 mois avant le terme et y trouver un logement en attendant le jour où votre enfant pointera le bout de son nez. Je voulais rester chez moi, dans mon environnement avec le papa. Aujourd'hui, je ne peux que conseiller de venir accoucher à Koumac ! Quelle expérience merveilleuse. J'ai vraiment vécu un accouchement idéal grâce au personnel de la maternité qui fût aux petits soins pour nous. Ils ont su être à l'écoute, attentifs et disponibles. Ce jour là, je fus la seule femme à accoucher et nous n'étions que deux dans toute la maternité. Autant dire que nous fûmes chouchoutées !

Quel est ton avis sur le coût de la vie en NC ?

Si je réponds que le coût de la vie en Nouvelle-Calédonie est élevé ce ne sera pas une surprise ! La vie sur les îles est forcément plus chère. Toutefois, en vivant à Koumac, on recentre ses besoins sur l'essentiel et ils sont moins importants. Ainsi, il est plutôt facile de mettre de l'argent de côté et de bien vivre.

Des conseils aux personnes qui souhaiteraient s'expatrier en Nouvelle Calédonie ?

La Nouvelle-Calédonie a de nombreux atouts pour une belle expérience d'expatrié. Toutefois, je ne peux que conseiller de bien préparer son projet. Le coût de la vie étant important, il vaut mieux prévoir un peu d'argent pour pouvoir vivre 1 à 3 mois, en comptant le loyer, éventuellement l'achat d'une voiture (indispensable si l'on vit en brousse) et de quoi vivre au quotidien. Je pense également qu'avant de venir, il faut bien se renseigner sur la vie ici, les us et coutumes et éventuellement trouver un job au préalable. La Nouvelle-Calédonie a énormément à offrir. N'oubliez pas de donner en venant vivre ici. L'expatriation est un partage. Bien trop de personnes l'oublient.

Tes projets d'avenir ?

Des projets, j'en ai plein ! Le premier est un retour en métropole pour une année au mois de décembre. Notre famille s'étant agrandie, nous souhaitons passer un peu de temps avec nos proches. De plus, mon homme et moi avons des projets de formation, pour pouvoir trouver un emploi à l'étranger plus facilement. Ainsi, ce retour en Europe va nous servir de tremplin pour mieux repartir. En fidèle globetrotteurs que nous sommes, les idées et projets voyage sont nombreux. D'ailleurs, sur le chemin du retour, nous ferons 2 stops : Australie et Japon avec notre fille ! Je continue également à tenir un blog de voyage, où je partage mes expériences d'expatriée et de maman-voyageuse-écoresponsable. J'espère pouvoir continuer à écrire encore longtemps.

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