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Cindy : « Il y a vraiment de quoi faire à Montréal ! »

Interview
Publié l'année dernière
Née à Reims, Cindy a passé une grande partie de sa vie en Basse-Normandie. C'est en juillet 2015 qu'elle s'est installée à Montréal avec son conjoint suite à une opportunité d'emploi. Cindy apprécie surtout la nature et les grands espaces.
Cindy&Arnould

Cindy&Arnould

Hello, Elle c'est Cindy & lui c'est Arnould, nous venons de France (Basse-Normandie) et avons immigré à Montréal en juillet 2015 avec nos deux Matous.

D'où viens-tu, Cindy, et que fais-tu actuellement ?

Je suis née à Reims (il y a 27 ans), mais j'ai grandi, étudié et travaillé en Basse-Normandie. J'occupais un poste d'assistante de direction / ressources humaines. J'ai principalement travaillé dans le domaine médical et en milieu associatif.
J'ai suivi mon conjoint qui a eu une opportunité d'emploi à Montréal et nous avons immigré avec nos deux chats.
Actuellement, je suis adjointe administrative dans un gros groupe financier à Montréal.

Pourquoi as-tu choisi de t'expatrier au Canada ?

Pourquoi pas ! J'ai eu l'occasion de voyager en Europe, en Asie et en Amérique du Nord, excepté le Canada. La découverte de nouvelles cultures, paysages, gastronomies, climats...est vraiment enrichissante. Ces voyages m'ont donné envie de vivre une expérience à l'étranger. Et puis, de nombreux témoignages d'amis, de collègues et d'inconnus m'ont totalement emballée.

Comment s'est passée ton installation ?

Mon installation s'est très bien passée. Je suis quelqu'un de très organisée, tout était planifié avant le départ : ouverture de compte, virement d'argent, location d'un appartement meublé temporaire, déménagement des effets personnels à l'international, préparation des formalités pour emmener mes animaux... Donc pas de surprise en arrivant sur le sol Canadien !

Qu'est-ce qui t'a attirée vers Montréal ?

Montréal, pour son côté multiculturel : c'est une grande ville dynamique offrant un éventail d'activités sportives toute l'année, une scène musicale riche, des restaurants de tous pays, de nombreux évènements en toutes saisons...
Pour son côté bilingue : c'est rassurant pour quelqu'un qui ne brille pas en anglais, mais à la fois je pourrai développer mon aisance dans cette deuxième langue.

Depuis combien de temps t'y es-tu installée ?

Je suis arrivée en juillet 2015.

Quelles étaient les procédures à suivre pour qu'une citoyenne française s'expatrie au Canada ?

Mon conjoint a eu une opportunité d'emploi à la suite de sa participation aux « Journées Québec » à Paris, là où les entreprises du Québec rencontrent les travailleurs spécialisés et qualifiés dans des domaines en pénurie de main-d'œuvre. Le recruteur s'est occupé de l'obtention du CAQ (Certificat d'Acceptation du Québec).
Une fois réceptionné, au bout de 2 mois, nous avons fait la demande de permis de travail, « fermé » pour mon conjoint et « ouvert » pour moi. Nous l'avons obtenu en moins d'un mois. C'était vraiment rapide ! Nous avons eu la chance d'être accompagnés tout au long du processus par l'entreprise qui a recruté mon conjoint.

As-tu éprouvé des difficultés à franchir ces étapes ?

J'ai rencontré une difficulté pour l'obtention de mon permis de travail temporaire ouvert. N'étant pas mariés, nous avons le statut de « Conjoint de Fait ». Nous devions prouver qu'on habitait bien ensemble depuis au moins un an. Le PACS n'est pas reconnu au Québec, il ne constitue donc pas une preuve suffisante. Le service de l'immigration m'a envoyé une lettre me demandant d'apporter d'autres justificatifs.
Le souci était le fait que nous n'avions pas de bail à nos deux noms, mon conjoint ayant acheté seul, pas de factures aux deux noms, ni de compte bancaire commun... J'ai donc donné, les dernières déclarations de revenus, impôts locaux, relevés de compte, bulletins de salaires et factures téléphones démontrant que l'adresse était identique à celle de mon conjoint. Nous avons eu une petite frayeur, mais j'ai finalement obtenu mon permis de travail !

Quelles sont les particularités du marché de l'emploi canadien ? Est-il difficile pour un expatrié d'y être embauché ?

À mon sens, il ne faut pas se contenter de répondre simplement aux offres d'emploi publiées car il y a un marché caché de l'emploi. D'où l'intérêt de développer son réseau de contacts. Je me suis faite embauchée aussi grâce à une recommandation. Vérifiez que le métier que vous exercez n'est pas régi par un ordre professionnel (professions médicales, ingénieurs, comptables, ressources humaines...), auquel cas, vous aurez certaines démarches supplémentaires à entreprendre pour pouvoir exercer au Québec.
Certaines entreprises demandent une équivalence de diplômes. D'autres ne regardent absolument pas les formations mais plutôt l'expérience. Il faut aussi s'attendre à passer des tests pour valider les compétences et au contrôle de références.
Au début, je suis arrivée confiante, car de nombreuses personnes autour de moi me disaient que beaucoup d'entreprises recherchaient de bonnes adjointes de direction / adjointes administratives à Montréal. Je me suis alors présentée dans des agences de placement (intérim). On m'a répondu : « Revenez nous voir lorsque vous serez bilingue ! ».
En consultant les annonces d'offres d'emploi, j'ai vite constaté que 95 % des entreprises exigeaient un bilinguisme. J'avais un peu le moral dans les chaussettes ! Aujourd'hui, j'occupe un poste d'adjointe administrative permanent dans un gros groupe financier.

As-tu eu des difficultés d'adaptation à ton nouvel environnement ?

Pas vraiment, je me suis vite adaptée à cette nouvelle vie. Si on est ouvert, curieux et patient, on s'adapte bien. J'espère juste m'habituer au climat. Je suis arrivée fin juillet et il y avait de grosses chaleurs humides.
J'ai aussi découvert l'hiver canadien récemment. J'ai eu ma première grosse tempête de neige et des températures négatives. J'ai du mal à imaginer comment on peu survivre par -30°C... Le secret : bien s'habiller !
On parle le Français : oui mais, c'est un tout autre accent, des expressions et un vocabulaire propres au Québec. Au travail, j'ai parfois fait face à des incompréhensions et donc des situations hilarantes avec mes collègues.

Qu'est-ce qui t'as le plus surpris à ton arrivée à Montréal ?

Plusieurs choses !
Le nombre de publicités à la télévision. C'est incroyable ! C'est une mission de regarder un film car il y a de la publicité toutes les 15 minutes environ. Un film qui dure 1h30 ou 2h paraît beaucoup plus long pour le coup.
Les routes en mauvais état et les nombreux travaux sur ces dernières.
Dans de nombreuses situations, on peut constater que c'est la confiance avant tout. Il n'est pas toujours nécessaire d'apporter des justificatifs systématiquement. L'efficacité dans les institutions telles que la SAAQ (permis de conduire), RAMQ (assurance maladie), Centre Service Canada (Numéro d'Assurance Sociale), mais aussi pour prendre un abonnement, c'est rapide, efficace et il n'y a pas besoin d'un tas de papiers.
Lorsqu'on fait ses courses, il y a toujours une personne pour nous mettre les articles dans les sacs.

As-tu eu des difficultés à rechercher un logement ? Quels sont les types de logements qui y sont disponibles et accessibles aux expatriés ?

J'ai fait mes recherches avant d'arriver à Montréal et la difficulté a été de trouver un appartement meublé à court-terme et qui acceptait d'accueillir deux chats. Dès qu'on a des animaux, le choix est beaucoup plus restreint. Nous sommes passés par une agence. La location à court-terme nous a permis de chercher tranquillement un appartement pour nous installer durablement.
Il y a beaucoup de logements sur le marché. Les prix m'ont semblé plus abordables par rapport à de grandes villes d'Europe. Certains quartiers sont excessivement chers, comme le Plateau Mont-Royal où beaucoup de Français s'installent.

Que penses-tu du mode de vie des Canadiens ?

Au travail, les gens arrivent tôt 07h00 - 07h30 et souvent il n'y a plus personne à 15h30 - 16h00 ! Les entreprises au Canada accordent une grande importance à l'équilibre de la vie personnelle et professionnelle.
Les Canadiens sont patients : ils ne bougonnent pas lorsqu'ils attendent le bus ou quand ils font la queue aux caisses. Ils sont même prêts à attendre longtemps dehors, dans le froid pour avoir une table dans un bon restaurant.
Ce qui est appréciable ici, c'est le fait de pouvoir faire son shopping du lundi au dimanche. Les magasins ferment plus tard en semaine (20h environ) et vers 17h le samedi et le dimanche.

Une idée reçue qui s'est avérée fausse ?

Je suis arrivée à Montréal sans préjugés et j'aime voir par moi-même. Je n'avais pas d'idée reçue.

A quoi ressemble ton quotidien à Montréal ?

Je travaille du lundi au vendredi. Comme je rentre tôt, il m'arrive de sortir pour découvrir tout ce que nous offre Montréal. C'est la découverte au quotidien ! J'ai encore la sensation d'être en voyage !
Avec l'hiver et ses premières neiges, je me suis rendue compte que s'équiper avec tout l'attirail le matin est une vraie mission qui prend un peu de temps. Et puis à Montréal, on prend vite l'habitude de regarder la météo régulièrement !

Que fais-tu pendant ton temps libre ? Quels sont les loisirs accessibles aux expatriés ?

Il y a plein d'activités accessibles à tous et en toutes saisons. Je suis toujours en quête de bonnes adresses où bien manger, boire de bonnes bières et de bons thés, écouter de la bonne musique lors de concerts, en festival, aller au cinéma, participer à des jeux de rôle, aller à la patinoire, faire du vélo... Il y a vraiment de quoi faire à Montréal !
Depuis mon arrivée, j'ai eu l'occasion de participer à des rencontres entre expatriés de différents pays et c'est vraiment enrichissant d'échanger sur nos expériences, les bons plans, et tout simplement prendre le temps de faire connaissance.
Aussi, j'ai découvert la belle saison d'automne à travers des randonnées et je compte bien profiter des activités hivernales que propose Montréal.
Il y a de nombreux évènements au cours de l'année et il me tarde d'en profiter ! J'envisage aussi de visiter d'autres régions du Québec, et même du Canada.

Qu'est-ce qui te plait le plus à Montréal ?

À Montréal, il y a un choix étonnant de cuisines ethniques et j'aime voyager à travers de nouvelles saveurs culinaires (Éthiopie, Brésil...). J'aime aussi les grands espaces. La nature est vraiment présente.

Qu'est-ce qui te manque le plus par rapport à la France, ton pays d'origine ?

Les bons plats de ma maman cuisinés avec le bon gibier chassé par mon beau-papa ! Les bons produits locaux tels que le fromage, la charcuterie, les excellentes et fines pâtisseries, le bon vin de nos régions... Plus sérieusement, c'est la famille, les apéros avec les amis et mes anciens collègues. Ce n'est pas chose facile de se créer de nouveaux liens.

Tes spécialités culinaires locales préférées ?

En toute sincérité, la gastronomie du Canada n'est pas des plus recherchées et des plus diététiques. J'ai mangé la Poutine et le sirop d'érable que l'on trouve dans divers plats. Le cidre de glace et certaines bières québécoises sont sympa. Je n'ai pas encore testé les vins d'ici.

Un évènement particulier que tu as vécu au Canada et que tu voudrais partager ?

Ignorante que je suis, j'ai eu le malheur de me positionner au niveau du panneau pour attendre le bus. Je me suis fait rappeler à l'ordre par une personne dans la file d'attente car, oui, il faut faire la queue.

Quel est ton avis sur le coût de la vie à Montréal ?

Les logements sont abordables et l'électricité, l'essence sont vraiment à bon prix ici. Mais en dehors de ça, je trouve qu'au quotidien, si l'on ne fait pas attention, ça peut vite revenir à cher. Il faut prévoir un bon budget pour les abonnements téléphonie, internet et télévision. Les prix sont nettement plus élevés qu'en France. Il faut surveiller les bonnes affaires lorsqu'on fait ses courses car la note peut être salée, et c'est pareil en ce qui concerne l'alcool.
L'achat des vêtements pour l'hiver est aussi un vrai investissement ! Les coûts médicaux sont assez élevés. Il vaut mieux avoir une bonne assurance santé. Et puis il faut penser à payer chaque année pour son permis de conduire, la plaque d'immatriculation, le stationnement et pour ses animaux si l'on en possède.

Qu'est-ce qui t'as motivée à écrire ton blog « Cindy et Arnould au Québec » ? Comment cela t'aide-t-il ?

C'était tout d'abord pour maintenir un lien avec la famille, les amis et anciens collègues. Et puis, j'ai beaucoup apprécié de pouvoir lire des blogs d'expatriés, des forums, des sites divers lors de la préparation de mon projet d'immigration. J'ai alors eu envie de partager mes propres expériences, mon ressenti avec de futurs immigrants sur mon blog.

Des conseils à donner aux personnes qui souhaiteraient s'expatrier au Canada ?

Ne pensez pas que le Québec est un eldorado, venez préparé ! Mettez toutes les chances de votre côté pour mener à bien votre projet. Une fois sur place, soyez ouvert et patient. Il ne faut pas chercher à vivre comme quand vous étiez en France. Vous devrez vous adapter à un nouveau mode de vie. Et même si les Québécois parlent Français, leur comportement est vraiment différent.

Tes projets d'avenir ?

J'ai un permis de travail de deux ans. Si tout se passe bien sur le plan professionnel et personnel, j'envisage de demander la résidence permanente et pourquoi pas obtenir la citoyenneté canadienne, un jour ! Mais je n'en suis pas encore là. J'ai encore beaucoup de chemin à parcourir. Je compte bien profiter un maximum de cette belle expérience d'expatriation !

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