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Christophe à Siem Reap : « La vie est plus douce ici »

Interview
Publié l'année dernière
Originaire de Nice, Christophe s'est installé à Siem Reap avec sa compagne depuis près d'un an. Propriétaire d'une maison d'hôtes, il apprécie particulièrement la douceur de vivre que lui procure la région et explorer les alentours.
chrisdenice

chrisdenice

le bonjour à vous :) nous ouvrons ma chérie et moi une maison d'hôte à Siem Reap passionnés de nouvelles aventures, après avoir fait la Thaïlande et le Vietnam, notre choix c'est posé sur le Cambodge ...

D'où viens-tu, Christophe, et que fais-tu actuellement ?

J'ai 52 ans et je suis originaire de Nice. Je suis gestionnaire de formation, cuisinier par passion. J'ai plus longtemps été commerçant dans ma vie que salarié. Après avoir vendu mon cinquième restaurant dans le sud de la France, nous avons, ma compagne et moi, pris la décision de nous expatrier au Cambodge pour ouvrir une maison d'hôtes.

Pourquoi as-tu choisi de t'expatrier au Cambodge ?

L'Asie du sud-est était notre destination privilégiée après plusieurs voyages. Le choix entre la Thaïlande, le Vietnam et le Cambodge s'est fait naturellement et sans trop d'hésitation en raison des conditions d'immigration, des opportunités, des facilités d'installation et surtout de l'accueil chaleureux que nous y avons reçu.

Comment s'est passée ton installation ?

Après plusieurs voyages, une fois la décision prise de nous expatrier, nous avons pris trois mois pour revisiter tout le pays, en essayant cette fois-ci de multiplier les contacts avec des expatriés sur place. Nous sommes retournés en France à nouveau pour trois mois pour organiser notre départ et notre installation ici.

Qu'est-ce qui t'a attiré vers Siem Reap ?

Nous avons été attirés par Siem Reap pour plusieurs raisons que je place à importance égale. Commercialement d'abord : la saison touristique y est plus longue et moins impactée par le phénomène de saisonnalité en raison de son centre d'intérêt principal, les temples d'Angkor. La ville, avec trois cent mille habitants je crois, possède un vrai centre, avec des magasins, supermarchés, médecins et un centre piétonnier très animé le soir. C'était nécessaire pour nous de garder un pied dans le monde occidental afin de nous faciliter l'intégration. Enfin, et pas des moindres, nous avons été super bien reçus par les expatriés que nous avons sollicité lors de notre prospection. Une grosse partie d'entre eux sont devenus des amis, et nous avons trouvé un espace qui correspondait parfaitement à nos attentes et à notre budget.

Depuis combien de temps t'y es-tu installé ?

Cela va faire un an que, ma compagne et moi, nous sommes définitivement installés à Siem Reap, après plusieurs voyages et tergiversations étalés sur dix ans. Nos grands enfants ont leurs vies en France et y sont restés.

Quelles étaient les procédures à suivre pour qu'un citoyen français s'expatrie au Cambodge ?

Les procédures d'installation aux Cambodge sont très simples : demande de visa d'un an renouvelable, permis de travail, permis de conduire. En France, nous avons conservé une partie de nos droits et devoirs fiscaux et administratifs.

As-tu éprouvé des difficultés à franchir ces étapes ?

Tous ces documents s'obtiennent assez simplement une fois ici sur place. Nous avons eu plus de difficultés à faire suivre notre courrier en France et à mettre en place un système de virements internationaux qu'à nous installer ici. La seule véritable difficulté que nous avons rencontré a été de récupérer notre container lié au déménagement. Siem Reap étant dans les terres, le port d'arrivée est à une journée de route, et les transitaires n'aidant en rien les démarches, ce fut coûteux et long.

Quelles étaient les procédures à suivre pour pourvoir te lancer à ton propre compte ?

Administrativement, il faut obtenir une licence, l'équivalent de notre « registre du commerce », et une patente qui est une déclaration fiscale. Ces documents sont relativement simples à obtenir. Le plus dur est de connaitre les différentes démarches administratives pour les obtenir. Et bien sur, commercialement, il faut établir un business plan qui ne soit ni sur ni sous-évalué, et bien cadrer son projet commercial en faisant une étude de marché.

Qu'est-ce qui t'as le plus surpris à ton arrivée à Siem Reap ?

La circulation automobile, avant toute chose. Ici, les feux tricolores de circulation ne sont qu'indicatifs et un sens unique est une rue qui est empruntée à 50% dans le bon sens ! Sinon, le fait que l'on parte du centre-ville dans n'importe quel direction et qu'à moins de trois kilomètre on soit à la campagne avec ces images idylliques de rizières et de buffles. Enfin, la pauvreté. Les ONG représentent ici 40% du PIB ! Impressionnant et effrayant.
Le Cambodge est sous perfusion. On trouve derrière toutes les belles façades, dans la rue juste derrière, des familles dont les membres meurent de faim, littéralement. Il y a vraiment une société à deux vitesses ici. Les gens aisés qui roulent tous en gros 4x4 et sont habillés à l'occidentale, prennent l'avion et habitent de grandes demeures dont les enfants sont scolarisés dans des structures coûteuses. Puis, il y a des familles de quatre voire cinq générations qui vivent sous le même toit avec parfois un seul salaire et qui circulent à cinq sur le scooter.

As-tu eu des difficultés à rechercher un logement ? Quels sont les types de logements qui y sont disponibles ?

L'on trouve absolument tout et sans aucune difficulté. De l'habitation Khmère de centre-ville, une pièce de 20m² avec un coin cuisine et une « salle de bain » à 50$, la maison Khmère tout en bois sur pilotis et son terrain en bordure de ville à 300$, le studio ou deux pièces de type occidental en centre-ville aux alentours de 200$, toutes sortes de maisons et « villas » de 3 à 10 pièces de 5/600 à 1 500$ et enfin les villas de type occidental voire californienne avec piscine à 2 500$.

Que penses-tu du mode de vie des Cambodgiens ?

Ils ont une histoire plusieurs fois millénaires, avec des périodes fastes et d'autres bien moins (génocide en 1975). Ils sont heureux de vivre, mais sont très démunis. Il leur faudra plusieurs générations pour se remettre de cet épisode douloureux. Ils vivent, mangent, prient, aiment. Je seras bien incapable d'en dire plus.

Une idée reçue qui s'est avérée fausse ?

Tous ceux qui vont me lire vont me prendre pour fou, mais les Cambodgiens ne sont pas pudiques. Alors en ville, oui bien sur. On ne se tient pas par la main et on ne s'embrasse pas. Les filles sont habillées de long et le court est réservé, comment dire, à une frange de la population... Mais dès qu'ils sont en famille, je ne vais pas dire qu'ils se baladent tous à poils, mais à la campagne, une jarre d'eau sert de douche. Quelques sarong sont accrochés à coté. Si tu ne tournes pas la tête, tu verras la dame se déshabiller. Les mamans allaitent leurs bébés et ne passent pas leur temps à se couvrir. Au bord du lac,, on se baigne en sous vêtements...

As-tu eu des difficultés d'adaptation à ton nouvel environnement ?

Très sincèrement, je n'ai pas encore eu le blues de la France. Je dis pas encore car j'attends ce moment et je sais qu'il viendra bien un jour ou l'autre. Mais pour le moment, quand je sens la colère me monter au nez, je lève la tête, regarde autour de moi, et je me dis intérieurement : « A cet instant-là, tu préfères être ici ou chez ton ancien employeur en France ? » Comme par magie, ça règle plein de mes problèmes. Les gens ici sont vraiment très, très cools. Pas trop vite le matin, doucement l'après-midi. C'est vrai que professionnellement, ça crée un peu de difficultés. Mais quotidiennement, c'est un vrai bonheur. Ils adorent déconner et se chambrer entre eux les uns les autres. Un simple sourire règle, ici, beaucoup de problèmes.

A quoi ressemble ton quotidien à Siem Reap ?

Comme en France, mais en mieux. Il faut se lever aux aurores et bosser dur si l'on veut tirer son épingle du jeu. Mais quand je prends mon scooter pour aller au marché à 7h du matin, je passe à côté des temples, j'entends les prières des bonzes, je double des familles entières juchées sur un scooter. En l'occurrence, je gère ma maison d'hôte. La société est ici hyper concurrentielle. Ce paradis tropical a déjà attiré bien avant moi nombre de spécialistes qualifiés, de commerçants, d'investisseurs. Ceci étant, la vie est plus douce ici. Il règne une joyeuse anarchie qu'il faut apprivoiser et caresser dans le sens du poil si on ne veut pas perdre son latin.

Que fais-tu pendant ton temps libre ? Quels sont les loisirs accessibles aux expatriés ?

Nous organisons nos loisirs autour de la découverte. Nous refaisons des excursions que nous avons déjà faites et nous essayons d'en monter hors des sentiers battus en allant visiter la campagne des alentours pour notre maison d'hôte. Nous projetons aussi de visiter les pays des alentours : la Thaïlande, le Vietnam, le Laos, la Birmanie... Sinon, ici sur place, il y a un cinéma, des librairies, des temples et des pagodes à visiter. L'on peut faire beaucoup de ballades à vélo, visiter le lac Tonlé Sap, s'inscrire dans les salles de sports, participer aux réunions d'expats...

Tes spécialités culinaires locales préférées ?

La cuisine est du marché et très parfumée : épices et herbes omniprésentes. Les spécialités sont Amok, Lok-lak, curry agrémentés de lait de coco, coriandre, citronnelle...

Un évènement particulier que tu voudrais partager ?

La soirée d'inauguration de notre maison le samedi 19 septembre. C'était le départ d'une nouvelle aventure !

Quel est ton avis sur le coût de la vie à Siem Reap et au Cambodge en général ?

Il y a vraiment une économie à deux vitesses dont les caractéristiques se recoupent : les dollars et les riels. Sur les marchés locaux, on paye en riels, légumes, viandes et objets de première nécessité. Quand on va en ville, on paye en dollars. Comme j'en parlais précédemment sur les inégalités, il y a des gens suffisamment riches pour habiter de grosses maisons en dur et rouler en voitures, puis il y en a de moins aisés qui se contentent de ce qu'ils ont. Une partie de la population est scolarisée et l'autre analphabète. La main d'œuvre est très bon marché, mais les matériaux ou pièces détachées chers. Siem Reap est réputée pour être une ville chère, mais on y vit mieux et moins cher qu'en France. On peut vivre à la cambodgienne dans le dénuement avec 200$ par mois et à l'occidentale à partir de 1 000 ou 1 500$ par mois et sans limite.

Qu'est-ce qui te manque le plus par rapport à la France ?

Je n'ai pas encore le mal du pays. Cette expatriation est arrivée après 10 ans de réflexion et plusieurs voyages. Pour le moment, je goute le plaisir quotidiennement renouvelé de vivre quelque chose de nouveau.

Des conseils aux personnes qui souhaiteraient s'expatrier au Cambodge ?

Prenez votre temps, venez sur place, multipliez les contacts. Ne faites pas ici ce que vous ne feriez pas chez vous. Soyez prudents, et si vous avez un projet murement réfléchi, foncez !

Tes projets d'avenir ?

La haute saison qui approche, débuter mon activité de maison d'hôte, et commencer par découvrir tout le Cambodge, puis les pays limitrophes, puis voyager.

7 Commentaires
auzal
auzal
le mois dernier

Bonjour Christophe Est ce difficile de trouver du travail à Siem Reap ? Notamment dans le domaine de l'enseignement? Connaîtrais tu des personnes qui pourraient me donner des conseils. Catherine

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Alban pam
Alban pam
il y a 6 mois

belle présentation

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ykeo
ykeo
l'année dernière

Plein d'esprit, plein d'équilibre. Un jour on boira un verre de l'amitié ensemble à SR Chrisdenice.

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durr
durr
l'année dernière

moi je dit bravo les cambodgien son des personne super . et t honnête

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amiroro
amiroro
l'année dernière

Voici une bien belle description pour un bien beau projet ...! Ça va marcher ... Forcément ... Car ce qui attire avant tout, c'est la lumière ... Et vous semblez bien lumineux, tous les deux ... Amitiés roro

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Kroussar
Kroussar
l'année dernière

Bravo Christophe Toi aussi tu trouves les bons mots pour décrire ce merveilleux pays. De tout cœur avec toi, et peut-être que nos route se croiseront. Cordialement Kroussar

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LAC ROSE
LAC ROSE
l'année dernière

Belle initiative ! Félicitations. Cordialement, Aminata

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