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La quête d'une meilleure qualité de vie au Timor oriental

  • vie d'expatriee
Interview
Publié le mois dernier

Cette semaine, Expat.com vous emmène à la découverte du Timor oriental avec Xian, une expatriée en série. Originaire des Philippines, Xian a grandi en Chine avant de s'installer en Australie. Aujourd'hui, elle vit au Timor oriental où elle exerce dans le domaine de l’égalité des genres et de la prévention de la violence à l’égard des femmes. Passionnée de photographie, elle profite d'une qualité de vie exceptionnelle sur l’île. Son équilibre vie privée-vie professionnelle lui permet de s'adonner à ses nouveaux passe-temps : le badminton, la nage, la plongée, ou encore, la découverte de la cuisine locale.

Bonjour Xian, peux-tu te présenter et nous parler de ton parcours ?

Je viens d'Australie. Née aux Philippines, j'ai grandi en Chine. Je vis aujourd'hui au Timor oriental où je travaille dans le domaine de l’égalité des genres et de la prévention de la violence à l’égard des femmes et des enfants pour le compte d'un organisme australien. Avant de venir ici, je travaillais avec les Nations Unies, dans le même domaine, à Bangkok. J'ai aussi passé quelques mois à apprendre l'espagnol et danser le salsa en Colombie.

Qu'est-ce qui t'a attiré vers le Timor oriental ? Depuis combien de temps y vis-tu ?

Je me suis installée au Timor oriental dans le cadre de mon emploi. Cela fait trois ans et demi que je vis ici.

Quelles sont les formalités à remplir pour s'expatrier au Timor oriental ?

C’était plutôt simple puisque mon employeur a pris en charge toutes les formalités relatives à mon déménagement. En revanche, l'on ne peut voyager au Timor oriental que depuis Singapour, Bali ou Darwin. L’accès à l’île est plutôt limité. L'acheminement de mes affaires depuis la Colombie et la Thaïlande a pris près de deux mois. J'ai dû prendre les choses en main pour les récupérer à l’aéroport de Dili.

Parles-nous de ce que tu aimes le plus au Timor oriental, et le moins.

J'adore l’atmosphère très terre-à-terre du Timor oriental, ainsi que l'absence de la consommation en masse et de gratte-ciels. Ici, on a la possibilité de cueillir des noix de coco et de profiter de la plongée en apnée au large par une belle journée. Ce que j’apprécie le moins, en revanche, c'est de me retrouver coincée derrière un taxi roulant lentement quand je suis en retard à mon rendez-vous.

biodiversite sous-marine
© Xian Warner

Comment décrirais-tu le Timor oriental en une phrase ?

Le Timor oriental, c'est une petite nation insulaire, décontractée et excentrique, profitant de l'une des plus grandes biodiversités sous-marines du monde.

Qu'est-ce qui t'a le plus surpris à ton arrivée au Timor oriental ?

La résilience imparable du peuple timorais.

Comment se porte le marché du travail timorais ?

Le secteur privé est toujours en voie de développement. La plupart des opportunités se trouvent dans le secteur du développement ou gouvernemental. Il existe également des perspectives de carrière pour les enseignants de langues étrangères, notamment l'anglais et le portugais. D'une manière générale, il est plus facile de trouver un emploi sur place, lorsque l'on a des contacts.

Est-il difficile pour un expatrié de trouver un logement au Timor oriental ? Quels sont les types de logements disponibles ?

Il n'est pas si difficile de trouver un logement au Timor oriental, mais vous devez vous en charger vous-même. Il n'y a pas d'agent immobilier ici. En revanche, vous trouverez des annonces immobilières sur de nombreux groupes actifs sur les réseaux sociaux tels que Facebook. La plupart des expatriés vivent au sein de communautés fermées, plus confortables mais beaucoup plus chères. D'autres préfèrent vivre dans des maisons locales. Si les pannes de courant occasionnelles ne vous posent pas problème, louer une maison peut s’avérer l'option la plus avantageuse. La colocation est également très répandue sur l’île en raison du flux constant de volontaires internationaux.

ile Jaco
© Xian Warner

Quels sont les festivals les plus populaires au Timor oriental ?

La population étant majoritairement catholique, de nombreuses festivités religieuses y sont célébrées, hormis Pâques et Noël.

Quels sont les principaux codes culturel ?

Acceptez le café que l'on vous offre lorsque vous rendez visite à quelqu'un.

Que penses-tu du mode de vie au Timor oriental ?

Ayant toujours vécu dans de grandes métropoles, déménager à Dili, une ville avec environ 100 000 habitants, était une expérience hors du commun. Aujourd'hui, je me suis habituée au fait de pouvoir me déplacer d'une extrémité de la ville à l'autre en une vingtaine de minutes et à croiser, tous les jours, des personnes que je connais. En revanche, tout le monde n'est pas fait pour vivre à Dili. Compte tenu de l'importation de la plupart des produits, la fourniture peut être irrégulière. Si vous pensez, toutefois, pouvoir survivre une semaine sans votre brique de lait habituelle, tout ira bien.

Quels sont les moyens de transport disponible au Timor oriental ? Comment te déplaces-tu ?

La plupart des expatriés ont une voiture, une moto ou un scooter. Il existe un système de mikrolets, de petits vans qui sillonnent la ville toute la journée. Les taxis sont généralement disponibles durant la journée. Les taxis bleus sont plus surs et fiables que les jaunes.

paysage timorais
© Xian Warner

Comment se définit ton quotidien d’expatriée au Timor oriental ?

Comme je travaille depuis chez moi, j'ai la possibilité de démarrer la journée par une petite séance de yoga dans le salon avant de m'installer devant mon ordinateur, ma tasse de café timorais en main. En fin de journée, particulièrement lorsqu'il n'y a plus d’électricité, je vais dans l'un des cafés du coin. Avec mon époux, on sort souvent dîner, mais on essaye de faire la cuisine le plus régulièrement possible.

As-tu eu des difficultés d'adaptation à ton nouvel environnement ?

Pas tant que ça.

Que fais-tu de ton temps libre ?

Je joue au badminton trois fois par semaine avec quelques amis. Des fois, je vais regarder un film au cinéma. J'aime aussi passer de longues journées à la plage, ou encore, profiter d'un brunch paresseux suivi d'un peu de lecture. Les week-ends prolongés, j'en profite pour partir à la découverte du reste de l’île.

Y a-t-il au Timor oriental des activités nocturnes pour les fêtards ?

La vie nocturne a connu un certain changement depuis mon arrivée il y a trois ans et demi. J'ai l'impression qu'il y avait une plus grande variété d’activités à mon arrivée par rapport à aujourd'hui, mais je pense que les choses vont encore évoluer. Le vendredi soir, on a une « happy hour » sur le toit, très populaire. Il y a aussi pas mal de bars dont certains disposent d'une piste de danse. En outre, le karaoké est l'un des passe-temps préférés des Timorais. Avec le flux d’arrivées et de départs, l'on trouve toujours les moyens d'organiser une crémaillère ou une fête d'adieu.

Leublora Green School a Maubisse
© Xian Warner

Quelles nouvelles habitudes as-tu adoptées au Timor oriental ?

Le badminton ! Je n'y avais pas joué depuis le lycée. Depuis que j'ai été invitée à jouer par mon voisin, je ne peux plus m'en passer.

Quelles vielles habitudes as-tu laissé tomber ?

Mes tours de natation. Bien sûr, cela me manque, mais il est plutôt difficile de trouver des piscines ici, sauf si l'on vit au sein d'une communauté fermée.

Que penses-tu du coût de la vie au Timor oriental ?

Comme le dollar américain est la devise locale, le coût de la vie au Timor oriental est supérieur à celui de nombreux pays d'Asie. Un trajet en mikrolet coûte environ 25 centimes et une canette de bière 1,25$ dans un kiosque mais 3 ou 4$ dans un restaurant. Pour une bonne baguette au supermarché, comptez environ 2$. Si un dîner dans un petit restaurant local ne coûte que quelques dollars, l'addition pour deux personnes dans un restaurant international peut rapidement grimper jusqu'à 60$ ! D'autres frais, telles que celles d'une voiture, sont plus élevés puisque le marché de l'automobile n'est pas très développé.

Y a-t-il une chose que tu souhaiterais faire au Timor oriental mais dont tu n'as pas encore eu l'occasion ?

Une plongée nocturne !

Lever du soleil a Atauro
© Xian Warner

Quel est ton meilleur souvenir du Timor oriental ?

Le jour où une baleine bleue a fait surface juste à côté de notre bateau. La migration des baleines a lieu dans les environs du Timor oriental. Je vais les observer chaque année. L'an dernier, le jour de mon anniversaire, j'ai eu l'occasion de croiser trois baleines bleues lors de notre retour de l’île Atauro. C’était un moment magique !

Si tu pouvais repartir à zéro au Timor oriental, que ferais-tu différemment ?

J'aurais emmené moins de choses. Je ne me sers presque pas d'une bonne partie de mes affaires.

Que penses-tu de la cuisine locale ? Quelles sont tes spécialités préférées ?

La cuisine timorais a de fortes influences portugaise et indonésienne. Depuis quelque temps, grâce aux efforts des entrepreneurs locaux, on a constaté l’émergence de la gastronomie locale grâce à l'utilisation des produits locaux. J'aime bien la salade d'algues, salée et épicée, ainsi que les pointes de fougères frites accompagnées d'ail et de citron.

Qu'est-ce qui te manque le plus par rapport à ton pays d'origine ?

La cuisine chinoise !

danse avec les dolphins
© Xian Warner

Es-tu déjà arrivé au point de vouloir rentrer ? Comment as-tu surmonté cette étape ?

Oui. Mes premiers mois ici ont été particulièrement difficiles, mais cela aurait été cas n'importe où ailleurs. J'ai eu de la chance d'avoir décroché un contrat solide et de travailler avec une équipe formidable. C'est surtout cela qui m'a aidé à me faire à l’idée de vivre ici. Tout s'est finalement arrangé lorsque je me suis acheté une voiture pour pouvoir me déplacer plus facilement.

Quels conseils donnerais-tu aux futurs expatriés au Timor oriental ?

Le système de santé timorais est plutôt limité. Assurez-vous, donc, de mettre à jour votre carnet de vaccination et de souscrire une bonne assurance santé avant de venir ici. L'on y trouve quelques cliniques étrangères et locales, mais la plupart des expatriés préfèrent se tourner vers Darwin, Bali ou Singapour en cas de complication ou de traitement avancé. Par ailleurs, on voit rarement circuler des billets de 50 ou 100$. Les coupures de 20$ sont les plus répandus. A votre arrivée, pensez à avoir 30$ en main pour les frais de visas puisque vous ne trouverez pas de guichet automatique avant votre passage à la douane.

Tes projets d'avenir ?

Je vais rester ici encore quelque temps. Je me plais bien ici, et puis, j'adore le café timorais !

Y a-t-il une chose que tu souhaiterais ramener avec toi en quittant le Timor oriental ?

Mon conjoint, évidemment.