Le Québec à travers l'objectif d'une Française

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Interview
Publié il y a 6 mois

Jeune, dynamique et pleine de vitalité, Camille s'envole pour le Québec il y a plus de quatre ans avec un visa Programme Vacances-Travail (PVT) en poche. Aujourd'hui bien installée à Montréal, elle croque la vie à pleines dents et profite de la moindre occasion pour partir à la découverte de la région. Elle parle, à Expat.com, de son expérience, de son quotidien d’expatriée et de ses projets.

 

CAMcestelle

CAMcestelle

Je suis française et j'habite depuis plus de trois ans et demi au Canada à Montréal. J'ai lancé une chaine YouTube qui s'appelle "CAM c'est elle" afin de partager mon expérience en tant ...

Bonjour Camille, peux-tu te présenter brièvement et nous parler de tes projets ?

J'ai grandi à Grenoble, puis j'ai vécu deux ans à Bordeaux, cinq années à Lyon pour étudier et travailler avant de venir vivre à Montréal. Avant d'arriver, j'avais terminé mes études dans l'audiovisuel et j'étais monteuse vidéo.

Qu'est-ce qui t'as attiré vers le Québec ?

J'étais venue en vacances deux semaines durant l'été 2012 et j'étais tombée en amour avec la ville de Montréal. Je trouvais les gens plus ouverts, moins stressés et plus souriants. J'avais, pour la première fois, l'impression de marcher en regardant devant moi au lieu d'avoir la tête baissée vers mes pieds. Ça m'a fait un bien fou. J'ai donc décidé de revenir un an après.

Depuis combien de temps y vis-tu ?

Ça fait maintenant plus de 4 ans. Je suis arrivée le 23 août 2013.

Quelles étaient les formalités à remplir pour que tu puisses t'installer au Canada ?

Étant française et répondant aux critères, j'ai pu faire une demande de Programme Vacances-Travail (PVT). À mon époque, les demandes se faisaient par courrier et le visa avait une durée d'un an (au lieu de deux ans maintenant). En revanche, il me semble que les critères sont restes les mêmes, c’est-à-dire avoir moins de 35 ans, un peu d'argent de côté, une assurance maladie, un casier vierge et, dans mon cas, être Française.

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Parles-nous de ce que tu aimes le plus au Québec et le moins.

C'est dur de ne citer qu'une seule chose que j’aime... J’ai très envie de répondre Montréal : l'énergie de cette ville, tout ce que l'on peut y faire, l'ouverture d'esprit des gens, le côté multiculturel, avoir des parcs et de la verdure même si on est en ville. J'aime aussi énormément de choses, notamment la nature dès que l'on sort de la ville, les Québécois, les paysages.

Ce que j'aime le moins, c'est sûrement le prix du fromage ou, plus sérieusement, le système de santé. Partir vivre à l'étranger permet de se rendre compte de la chance que l'on a en France sur ce point là.

Peux-tu nous décrire le Québec en une phrase ?

C’est de la nature à perte de vue, des milliers de kilomètres de forêt, des millions de choses à faire et des villes de toutes tailles, vraiment agréables à visiter.

Qu'est-ce qui t'a le plus surpris à ton arrivée au Québec ?

Je pense qu'en premier ça a été la gentillesse des gens. Au tout début, si j'ouvrais un plan dans la rue, il y avait toujours quelqu'un qui venait me demander si j'avais besoin d'aide. À côté de ça, j'ai été surpris par la propreté. Que ce soit dans les villes ou dans les parcs nationaux, il y a des poubelles partout et les gens sont très respectueux.

Est-il difficile de trouver un logement au Québec ? Quels sont les types de logements disponibles pour les expatriés ?

Trouver un logement à Montréal est relativement simple. C'est peut-être un peu plus compliqué quand on a des animaux de compagnie. Vous n'aurez pas besoin de garants, de payer trois mois de loyer d'avance, ou encore, de fournir une fiche de paie. D'une manière générale, il y a tout au plus une enquête de crédit, mais ce n’est pas obligatoire. Ça dépend surtout du propriétaire. Les expatriés ont accès à tout type de logement, au même titre que les Québécois. J'ai tendance à conseiller la colocation pour rencontrer du monde plus facilement, mais c'est plus une affaire de goût.

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Quelles sont les particularités du marché de l'emploi québécois ?

Le plus déstabilisant pour un étranger, je dirais que c'est le fait de pouvoir être licencié à n'importe quel moment. Il n'y a pas cette sécurité de l'emploi avec des CDI. Ici, on peut trouver facilement un emploi et les employeurs donnent une chance, mais il est facile de se faire licencier si on ne fait pas l'affaire.

Selon moi, on peut trouver un emploi à Montréal en se donnant les moyens. Certes, il est plus facile de trouver un emploi dans le domaine de l'alimentaire que dans sa branche, mais tout est possible avec une bonne recherche et en étant prêt à faire de la route ou déménager si besoin. Certains prennent plus de temps que d'autres. Pour ma part, j'ai pris deux mois pour trouver le poste qui me convenait, dans mon secteur d’activité. Je préfère plutôt être employée que pigiste.

Quels sont les festivals les plus populaires et les principaux codes culturels au Québec ?

Les festivals et événements, ce n'est vraiment pas ce qu'il manque au Québec. Il y en a toute l'année, sur tout et pour tous les goûts. A Montréal, par exemple, l’été est principalement marqué par les festivals de musique dont les Francofolies, le festival international de jazz, Osheaga, etc, mais il y a aussi le festival Juste pour rire. Nombre de ces festivals d’été offrent une partie de leur programmation gratuitement afin que tout le monde puisse en profiter. Quand il fait un peu plus froid, ce sont les festivals de cinéma qui prennent le relais.

D'une manière générale, il y a des festivals pour tout : festival de la poutine, de la bière, du fromage, ou même des ribs, des montgolfières, du western. Les festivals de Québec en hiver et en été, ou encore, l'Igloofest qui se tient à Montréal en hiver, sont des incontournables.

Que penses-tu du mode de vie au Québec ?

Je trouve que c'est un mélange des modes de vie à l'européenne et à l'américaine. Contrairement à la France, ici les gens sortent habillés comme ils veulent sans crainte d'être jugé. En France, on a un peu la critique facile et peut être jugé assez facilement. En dehors de ça, je trouve que les gens prennent plus le temps de vivre et de profiter. A mes yeux, c'est quelque chose qui fait vraiment du bien.

Quels sont les moyens de transport disponibles au Québec ? Comment te déplaces-tu ?

Il y a globalement tout de disponible ( voiture, train, bus, avion). On peut même ajouter le skidoo (qui est la moto neige) ainsi que le chien de traîneau. Personnellement, quand je suis en ville, j'alterne entre les transports en commun, le vélo ou la marche. Si je voyage un peu dans le Québec, je loue une voiture avec des amis.

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As-tu eu des difficultés à t'adapter à ton nouvel environnement et à la société québécoise ?

Pas du tout. Vu que j'avais eu un petit aperçu en venant en vacances, je n'étais pas perdue. Je regardais pas mal de vidéos sur YouTube et je me documentais pas mal, donc je savais un peu à quoi m'attendre. Je m'adapte plutôt facilement. J'étais tellement heureuse d'être ici que tout cela s'est fait sans problème.

A quoi ressemble ton quotidien d'expatriée au Québec ?

Parfois j'ai l'impression qu'il est identique à la France et avec le temps je n'ai plus trop l'impression d'être expatriée. En gros, mon quotidien se résume à travailler (ce que je fais principalement de chez moi), voir mes amis, aller au resto ou prendre un verre avec eux, voyager dès que je peux et profiter de la vie.

Que fais-tu de ton temps libre ?

J'aime créer des choses, donc quand j’ai le temps (ce qui est rare en ce moment) j'aime peindre ou bricoler des trucs. En dehors de ça, et c'est relativement classique, sortir boire une bière dans une microbrasserie avec des amis, aller faire un barbecue dans un parc, me balader en faisant des photos, ou aller explorer des endroits de la ville. Ça peut être tout aussi bien un musée qu'un resto en passant les différents quartiers où je ne me rends pas souvent. J'aime aussi simplement ne rien faire et regarder un film ou lire un livre en écoutant de la musique. Je me dis que dans l'idéal, je devrais aussi occuper mon temps libre en allant faire du sport, mais j'ai un gros manque de motivation en ce moment.

Y a-t-il au Québec des activités nocturnes pour les fêtards ?

Il y en a énormément. Très honnêtement, je pense qu'il est dur de ne pas trouver quoi faire. Certes, si on va dans des petites villes, elles ont généralement tendance à être tranquilles et il devient donc compliqué d'avoir des activités nocturnes. Dans une grande ville comme Montréal, il est impossible de s'ennuyer. Il y a des bars à chaque coin de rue, de nombreuses salles de spectacle, des cinémas, des stades pour voir des matchs de presque tous les sport, et il est même possible d'aller faire du bingo pour les plus téméraires.

camping au quebec

Quelles nouvelles habitudes as-tu adoptées au Québec ? Quelles vieilles habitudes as-tu laissé tomber ?

Il y en a pas mal. Mes habitudes alimentaires beaucoup changé. Le pain et le fromage étant plus chers, je les ai plutôt laissés de côté. Je mange aussi beaucoup plus tôt. Ici, les gens sont généralement en train de dîner à 17h-17h30. Mon horaire tourne autour de 18h-18h30, histoire de trouver un juste milieu.

J'ai aussi pris l'habitude de regarder plusieurs fois par jour la météo tellement vu que ça change si vite. Aussi, j'ai pris l'habitude de laisser un pourboire. Ça change vraiment de la France.

Quel est ton avis sur le coût de la vie au Québec ? Combien coûtent un trajet en bus, une bière, ou encore, un bon pain ?

J'ai des avis mitigés sur ce sujet. Des fois, j'ai l'impression que c'est la même chose qu'en France et d'autres je me dis que la vie est moins chère ici. Ça a sans doute un rapport avec la qualité de la vie. Un trajet en bus à Montréal coûte 3,75$ mais traverser le pays jusqu'à Vancouver ou aller à New York revient à une centaine de dollars. C'est, du moins, ce que j'avais payé quand je l'ai fait il y a 4 ans. Pour une bière, comptez entre 5 et 8$, dépendant de l'heure et de la qualité de la bière. Un bon pain venant d'un boulangerie coûte environ 3 à 4$, même si on peut en trouver pour moins cher mais d'une qualité inférieure.

Y a-t-il quelque chose que tu voudrais faire au Canada mais dont tu n'as pas encore eu l'occasion ?

Je rêve de voir la Gaspésie depuis très longtemps. J'ai aussi plein d'envies. J'aimerai voir des aurores boréales, aller au festival des montgolfières, aller dans l'extrême nord du pays, aller plus longtemps dans les Rocheuses, retourner à Vancouver parce qu'il pleuvait tout le temps la seule fois où j'y suis allée. Il y a aussi le saut en parachute mais je n'en suis pas encore convaincue.

Quel est ton meilleur souvenir du Québec ?

Mes différents roads trips, que ce soit celui dans les Rocheuses, ou des plus petits avec des amis pour aller camper, voir des baleines, faire du canoë ou de la tyrolienne. Voyager et découvrir de nouveaux endroits, dormir dans des endroits qui sortent de l'ordinaire, c'est quelque chose de génial !

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Si tu pouvais repartir à zéro au Canada, que ferais-tu différemment ?

À première vue, je ferai exactement pareil. Les choses se sont très bien enchaînées pour moi. Peut-être que je voyagerai encore plus sur le continent.

Que penses-tu de la cuisine locale ?

Je trouve que les plats typiques ne sont pas forcément les plus raffinés du monde mais ils sont super bons. À mes yeux c'est du « comfort food ». Ce n'est pas vraiment ce qu'il y a de mieux pour garder la ligne mais ça fait toujours du bien au moral. J'ai eu l'occasion de manger dans de très bons restaurants qui proposaient exclusivement des plats à base de produits québécois et c'était excellent.

Quelles sont tes spécialités préférées ?

Sans la moindre hésitation, la poutine ! J'aime aussi le pâté chinois, les épis de blé d'Inde avec du beurre, un bon sandwich à la viande fumée et bien d'autres. La liste est longue.

Qu'est-ce qui te manque le plus par rapport à ton pays d'origine ?

Mon entourage, c'est certain. Ensuite, la gastronomie française, même s'il est relativement facile de cuisiner à la française.

Quels conseils donnerais-tu aux futurs expatriés au Québec ?

En premier lieu, de bien se préparer, de ne pas venir avec des idées préconçues, de partir avec suffisamment d'argent pour le début, de prendre une assurance santé et de profiter à fond parce que ça va passer très vite.

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Qu'est-ce qui t'a motivé à lancer ta chaîne Youtube « Cam c'est Elle » ?

Aider et faire rire les gens. L'idée m'est venue il y a 2 ans à la suite des attentats du Bataclan. Étant loin de la France, j'avais le moral dans les chaussettes. Pour me remonter le moral, j'ai regardé des vidéos sur YouTube, dont celles de PL Cloutier. Il a réussi à me faire rire et me remonter le moral. Par la suite, j'ai eu envie d'arriver à faire la même choses pour d'autres.

Quelles seraient, selon toi, les 5 choses à emmener dans sa valise au Québec ?

Une bonne paire de chaussures parce que l'on passe son temps à marcher, une bonne dose d'ouverture d'esprit car ce n'est plus la même vie, le même pays et les gens ne fonctionnent pas forcément pareil, du courage et de la confiance en soi pour les moments de doutes, quelques vêtements de chez Décathlon, et un appareil photo.

Tes projets d'avenir ?

Arriver à continuer à faire ce que je fais et, dans l'idéal, avoir encore plus de temps et d'opportunités pour faire découvrir le Québec, le Canada ou n'importe quel autre endroit du monde.

Y a-t-il une chose que tu souhaiterais ramener avec toi en quittant le Québec ?

Des millions de choses! La totalité de mes souvenirs, mes amis, la gentillesse des gens, du fromage en grain pour pouvoir faire de la vraie poutine et bien d'autres choses. Mais pour le moment, je ne pense pas trop à rentrer.