Le bonheur en famille à l'Ile Maurice

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Interview
Publié il y a 11 mois

D'origine allemande, Anne a passé les 10 dernières années à Londres où elle fait la rencontre de Kevin, un Mauricien. C'est ainsi que démarre une très belle histoire qui la conduit vers l'Ile Maurice pour la première fois en janvier 2016. Trois mois plus tard, ils décident de tout plaquer au Royaume-Uni pour s'y installer. Profitant aujourd'hui de chaque instant de sa nouvelle vie de famille, Anne se confie à Expat.com.

Bonjour Anne, peux-tu te présenter brièvement et nous parler de ton parcours ?

Je suis allemande même si je ne vis plus en Allemagne depuis très longtemps. J'ai vécu les 10 dernières années à Londres où j'ai rencontré mon époux qui est Mauricien. J'avoue qu'avant de le rencontrer, j'avais pour projet de retourner en Allemagne et y rester. Quant à Kevin, cela faisait des années qu'il n'avait pas remis les pieds sur son île natale. Après la naissance de notre fils Lucas, en 2015, on s'est mis à réfléchir à son avenir et à ce qu'on voulait faire de notre vie. Nous avons souvent songé à l'Ile Maurice mais cela présentait un risque, au cas où je ne m'y plairais pas à long terme. Aussi, l’idée de partir si loin de mon pays et de ma famille ne m'inspiraient pas trop. Ce n'est qu'en janvier 2016 que je posais mes valises pour la première fois sur l’île pour des vacances. Je dois avouer que je n'ai pas vraiment eu le coup de foudre pour l’île durant notre séjour. Ce n'est qu'à notre retour en Allemagne que rien n'allait plus. Le temps maussade de Londres, ainsi que mon manque de motivation sur le plan professionnel, m'ont poussés à prendre un peu de recul. Voguer vers de nouveaux horizons me semblait une bonne idée. Nous sommes donc arrivés à l'Ile Maurice en avril 2016 après avoir quitté notre emploi, vendu notre appartement à Londres et organisé notre déménagement.

Parles-nous de ce que tu aimes le plus et le moins à l’Ile Maurice.

Ce que j'aime le plus, c'est surtout le sentiment de liberté dont profite mon fils, surtout en termes d'espaces et d’activités en plein air. Les Mauriciens sont généralement très gentils et adorent l'interaction avec les enfants. C’était totalement différent à Londres et c'est d'ailleurs l'une des décisions pour lesquelles j'ai décidé de partir.

Je ce qu'apprécie le moins, en revanche, c'est la langue. Bien que l'anglais soit la langue officielle, les Mauriciens parlent généralement plus le français. Des fois, j'ai même l'impression qu'ils ne se sentent pas à l'aise en anglais.

Qu'est-ce qui t'a le plus surpris à ton arrivée à l'Ile Maurice ?

Que tout soit cher ! Je parle surtout de toutes les commodités auxquelles les expatriés sont habitués mais qui pourraient être considérées ici comme un luxe. Quand je vais faire mes courses à l’hypermarché, je trouve souvent que tout est plus cher qu'à Londres, y compris les vêtements, les glaces, le café, ou encore les jouets.

Famille a l'ile Maurice

Qu'est ce qui caractérise le marché du travail mauricien ?

En tant que conjointe d'un citoyen mauricien, je suis détentrice d'un permis de résident, ce qui, techniquement, ne fait pas de moi une expatriée. Je ne peux donc pas vraiment me prononcer sur le marché du travail. J'entends toutefois dire qu'il existe des perspectives de carrière pour les expatriés dans différents secteurs compte tenu du développement économique du pays.

Est-il difficile de trouver un logement à l'Ile Maurice ? Quels sont les types de logements disponibles pour les expatriés ?

Là encore, il est difficile pour moi de donner mon avis. Étant Mauricien, mon époux a pu acheter un lopin de terre et y faire construire notre maison. Mais avant de déménager, nous louions la maison d'un couple mauricien, pas très loin de l'endroit où nous avions prévu de construire notre maison, ce qui nous a permis de garder un œil sur les travaux.

Quels sont les festivals les plus populaires et les principaux codes culturels à l'Ile Maurice ?

A mon avis, Divali, la fête de la lumière, et l'Eid sont les festivals les plus importants. Il faut dire que les Mauriciens ont une grande ouverture d'esprit, tant en termes de cultures que de religions. Les différents festivals religieux sont célébrés par toutes les communautés qui se côtoient quotidiennement en parfaite harmonie. Qui plus est, les Mauriciens sont très chaleureux et accueillants et leurs festivals sont souvent accompagnés d'un grand festin.

Que penses-tu du mode de vie à l'Ile Maurice ?

L’Ile Maurice est tout simplement parfaite pour notre petite famille. Comme je l'ai mentionné plus haut, nous sommes venus ici en vue d'offrir tout ce qu'il y a de mieux à notre fils, allant des grands espaces ouverts à un environnement multiculturel et bilingue. Nous avons également la possibilité de faire les choses que nous aimons, comme aller au café ou au restaurant, se promener dans la nature ou à la plage, organiser un barbecue avec des amis à la maison, etc.

A la plage

Quelles seraient, selon toi, les différences entre d’élever ses enfants à l'Ile Maurice et au Royaume-Uni, ou encore, en Allemagne ?

Le climat est certes un facteur important. On se lève généralement à 6h, ou dois-je dire que c'est Lucas qui nous réveille ! Le soleil s'est déjà levé, ce qui nous permet de démarrer la journée bien plus facilement. Le week-end, nous prenons notre petit déjeuner sur la terrasse et Lucas passe pratiquement toute la journée à jouer dehors. En jour de semaine, mon époux le récupère à la crèche et ils passent toujours quelques instants à la plage avant de rentrer.

A Londres, on se demandait toujours ce qu'on pourrait faire le week-end. Aller encore au centre commercial ? Passer une heure et demi dans les transports en public, ne sachant pas s'il fera beau toute la journée, ce n’était pas l’idéal. Aussi, l'assistante maternelle à temps partiel, pour mon fils, me coûtait presque deux tiers de mon salaire ! Ici, c'est nettement moins cher, même si cela change lorsque l'on se penche sur les écoles primaires et secondaires privées.

Aussi, comme je le disais plus tôt, les Mauriciens adorent les enfants. A Londres, il arrivait que Lucas pleure dans le bus ou dans le métro et les gens me regardaient comme s'ils voulaient me dire de le faire taire. A l'Ile Maurice, c'est totalement le contraire. Les gens peuvent même vous approcher et essayer de calmer, voire faire rigoler votre enfant !

As-tu eu des difficultés à t'adapter à ton nouvel environnement et à la société mauricienne ?

Je suis tentée de dire oui mais je dois reconnaître que mon époux m'a beaucoup soutenue et aidée à m'adapter. J'ai aussi appris à adopter une attitude positive, celle de laisser vivre les gens comme ils l'entendent et de ne rien prendre à cœur de manière à ce que cela ait un impact sur mon bien-être. L'Ile Maurice, ce n'est pas le paradis, mais il faut reconnaître qu'aucun pays au monde n'est parfait, certainement pas l'Allemagne et encore moins le Royaume-Uni.

Que fais-tu de ton temps libre ?

Je le consacre surtout à mon fils même si je me suis initiée à l’équitation à mon arrivée. C'est comme un rêve qui se réalise. Je vais à l’écurie une fois par semaine pour une heure. Quand je ne suis pas avec Lucas, je fais un peu de couture. J'ambitionne de lancer une nouvelle marque de vêtements à l'Ile Maurice, surtout en raison de la hausse de la tendance en termes de mode et de design. Je travaille actuellement sur une collection reflétant la fusion des cultures européennes, mauriciennes, indiennes et africaines.

Equitation a l'Ile Maurice

Quelles nouvelles habitudes as-tu adoptées à l'Ile Maurice ? Quelles vieilles habitudes as-tu abandonnées ?

A présent, je passe beaucoup plus de temps à l’extérieur, même si je préfère rester à l'ombre plutôt que m'exposer au soleil. C'est une attitude typiquement mauricienne ! En revanche, je ne mange pratiquement plus de chocolat vu qu'il fait si chaud ici.

Y a-t-il quelque chose que tu voudrais faire à l'Ile Maurice mais dont tu n'as pas encore eu l'occasion ?

J'aimerais vraiment grimper au sommet de ces magnifiques montagnes que nous avons ici et aller regarder les baleines.

Quel est ton meilleur souvenir de l'Ile Maurice ?

Il y en a tellement qu'il m'est difficile de choisir. J'ai surtout apprécié le jour où on a parcouru la côte est à dos de cheval. Le propriétaire de l’écurie avait préparé le petit déjeuner et on s'est finalement posé sur la plage de Belle Mare. Au lever du soleil, l'eau turquoise était si belle que ce fut un véritable plaisir de s'y balader.

Si tu pouvais repartir à zéro à l'Ile Maurice, que ferais-tu différemment ?

Pas grand chose. J'aurais peut-être pris une avance sur les préparatifs de déménagement. Notre décision fut si spontanée que ma famille a eu beaucoup de mal à la digérer.

Que penses-tu de la cuisine locale ? Quelles sont tes spécialités préférées ?

J'aime surtout les « curry » et les achards, sans oublier les casse-croûtes et les petits gâteaux locaux. En revanche, c'est plutôt gras, ce ne je n'apprécie pas trop.

Vacances en famille

Qu'est-ce qui te manque le plus par rapport à ton pays d'origine ?

Ma famille, bien sûr ! Et le pain allemand !

Quels conseils donnerais-tu aux futurs expatriés à l'Ile Maurice ?

Une expatriation est un projet qui se prépare et l'on doit savoir à quoi s'attendre une fois installé dans son pays d’accueil. Il faut également évaluer ses besoins pour déterminer si le niveau de vie nous convient. J'ai de la chance de ne pas avoir à faire face à la bureaucratie mauricienne, plutôt complexe, pour obtenir ou renouveler les permis. La vie d’expatrié est certes différente de celui d'un local, d'autant que ce n'est pas si facile de se faire des amis.

En ce qui concerne le coût de la vie, il vaut mieux acheter ses fruits et légumes frais au marché du coin. Pour votre shopping de vêtements ou d'accessoires, direction Port Louis ! Attention toutefois aux arnaques ! N'hésitez pas à négocier les prix.

Tes projets d'avenir ?

Nous souhaitons rester ici aussi longtemps que possible. J'aimerais aussi développer mon entreprise et, par la suite, avoir un autre enfant.