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Le défi d'une femme entrepreneure en Autriche

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Paroles d'expert
Publié la semaine dernière

C'est durant son séjour au Vietnam, en tant que coéditrice d'un journal en ligne, que l’intérêt de Marine pour le journalisme se transforme en une véritable passion. De retour en France, elle décide de se lancer dans le monde de l'entrepreneuriat en créant son propre site d'informations francophone. Marine est aussi une mère dévouée qui jongle savamment entre ses responsabilités familiales et professionnelles.

Marine Herisset

Marine Hérisset

Expatriée, dynamique mère de famille et avide entrepreneure, Marine est la directrice de publication de « Le Fil Rouge Media ». C'est aussi une passionnée découvertes et de nouvelles rencontres. De formation juridique, elle est reconvertie d'abord dans le tourisme et la vente et finalement en communication.

Bonjour Marine, peux-tu te présenter brièvement et nous parler de ton parcours ?

J'ai 32 ans et suis originaire de Bretagne en France. J'ai suivi des études de droit mais comme je rêvais de vivre à l'étranger, je me suis reconvertie.

De stages aux petits boulots en Europe, j'ai eu l'occasion de vivre au Vietnam pendant 4 ans (Hanoï et Ho Chi Minh-Ville), grâce au travail de mon conjoint.

Après le Vietnam, c'est l'Autriche qui nous a ouvert la porte (là aussi, grâce au travail de mon conjoint). Nous sommes à présent basés à Vienne, au cœur de l'Europe centrale.

Qu'est-ce qui t'as motivée à lancer ton site « Le Fil Rouge » ? Où en es-tu à présent ?

A Ho Chi Minh-Ville, je me suis lancée dans l'entrepreneuriat et le journalisme. J'ai travaillé en tant que co-responsable d'un journal en ligne pour expatriés francophones. Gérer un journal m'a énormément plu. C'est pourquoi en rentrant en Europe, j'ai voulu tenter ma chance, mais cette fois-ci en créant mon propre journal et en choisissant la ligne éditoriale que je souhaitais.

Vivre au Vietnam m'avait boostée et donné l'envie d'entreprendre. « Le Fil Rouge » est né de ces dernières années de réflexion, de travail, de rencontres et de voyages.

« Le Fil Rouge » est un média qui s'adresse aux francophones du monde. Il parle de tous les pays du monde sous un œil nouveau et accessible. Son but ? Combattre les idées reçues et apprendre au lecteur l'insoupçonnable sur un pays.

A qui s'adresse « Le Fil Rouge » ?

« Le Fil Rouge » est lu par les francophones du monde (et pas uniquement les Français de France). Nous cherchons à être lu par des expatriés, mais surtout par des locaux qui sont aux quatre coins du monde. Actuellement, notre principale visibilité se trouve dans les pays du Maghreb et en Afrique.

Qu'est-ce qui te plaît le plus dans ce style de vie nomade ?

Comme beaucoup et au risque d'être un peu « cliché », je trouve que vivre à l'étranger représente une richesse hors du commun. Voyager et visiter, c'est bien mais vivre dans un endroit pendant un moment, changer son mode de vie, se faire de nouveaux amis, se couler dans le moule local, changer d'habitudes alimentaires, de style de vie... c'est aussi se mettre en danger et c'est excitant. On a l'impression d'être un caméléon, de vivre plusieurs vies. On ne s'ennuie jamais.

Chacun voit midi à sa porte, mais je suis personnellement une femme dynamique qui s'ennuie vite. J'ai besoin de donner à ma vie une touche exotique et, surtout, me soumettre des défis. Je n'aurais jamais pu vivre toute ma vie au même endroit. Mais là aussi, c'est purement subjectif.

Quelles étaient les formalités à remplir pour créer ton entreprise ?

Pour des raisons logistiques, je suis enregistrée comme auto-entrepreneur en France et cotise et paye des impôts en France. J'ai lancé le média sur mon temps et mes ressources personnelles, mais aussi en attendant mon premier enfant (j'aime les défis, vous disais-je). J'ai donc mené de front « 2 bébés » ! Le fait de travailler enceinte m'a permis d'avoir une grossesse agréable. J'étais trop concentrée sur mon projet pour me stresser avec le bébé : je n'y pensais pas et tout se passait naturellement. Inversement, être enceinte en montant le projet, en me rendant à la Chambre de commerce et de l'industrie, à mes rendez-vous sur Paris, etc. a en quelque sorte « attendri » le regard des gens qui m'ont beaucoup encouragée.

Quels sont les avantages et désavantages de créer une entreprise en tant qu'auto-entrepreneur ?

Le plus dur a été et demeure encore la question financière. Il faut investir et quand on a des projets personnels à côté, il est tout naturel d'avoir des doutes. Le site est en constante mutation : il y a toujours des frais annexes auxquels on n'avait pas pensé. Lors qu’arrive l'heure du bilan, il faut garder la tête froide et ne pas douter de son projet. Les retours sur le site sont plus que positifs, ce qui me redonne confiance dans les moments où les doutes commencent à m'envahir.

Un autre problème est celui des ressources humaines. Il faut trouver des collaborateurs qui prennent goût à l'aventure et qui sont prêts aux sacrifices que cela impose (en termes d'horaires de travail, d'énergie, de rémunération, de motivation). Ce n'est pas évident de devoir recommencer tout le temps : trouver la bonne personne, la former... En ce moment, j'ai une équipe sensationnelle et je croise les doigts pour que cela dure !

Un dernier problème est celui des compétences et du savoir technique. Je suis une femme de communication et de management, donc je ne m'y connais pas tant que ça en technique et en informatique. Il faut savoir se former sur ce domaine pour être en mesure de prendre les bonnes décisions. Il faut aussi savoir compter sur les bonnes personnes pour prendre conseil et se faire aider. On ne peut pas être bon sur tous les plans.

Qu'est-ce qui te motive à aller plus loin ?

Les retours positifs du média me poussent à continuer. Je suis folle de joie d'apprendre de gens, que je connais ou pas d'ailleurs, ce qu'ils pensent du journal et suis flattée.

Quel est ton meilleur souvenir sur le plan des affaires jusqu'à présent ?

J'ai récemment été invitée à participer à une conférences pour femmes entrepreneures organisée par l'Organisation Internationale de la Francophonie à Bucarest en Roumanie, fin Octobre. C'est une belle récompense en soi et, surtout, une preuve de l'intérêt que suscite le média. C'est une reconnaissance de mes efforts et sacrifices et j'en suis vraiment fière.

A quoi ressemble la vie d'une entrepreneure à Vienne ?

Pour le moment, mon temps libre à Vienne est plutôt sportif ! Je jongle entre ma vie de femme, de maman et d'entrepreneure ! Ce n'est pas si facile car s'ajoute à ma charge le fait d'habiter dans un nouveau pays et de devoir apprendre une nouvelle langue et de comprendre les codes.

Vienne est une ville très internationale et il y a beaucoup de jeunes ici. Je suis sûre de pouvoir faire des rencontres intéressantes durant mon séjour ici. La ville est moins chère que Paris, ce qui est très appréciable aussi quand on a un petit budget.

As-tu eu des difficultés à t'adapter au rythme et au mode de vie des Autrichiens ?

J'aimerais me mettre en relation avec d'autres entrepreneurs, hommes et femmes. J'attends aussi de trouver des espaces de coworking. Je me demande si la ville est aussi dynamique que Paris sur ces points. Je n'ai pas encore eu le temps de me pencher dessus comme je dois d'abord me concentrer sur mon installation.

Qu'est-ce qui t'a le plus surpris à Vienne ?

J'ai été surprise par l'allure internationale de Vienne. Je pensais que la ville était plus « fermée » mais il y a énormément d'expatriés ici. Dans les rues, on parle différentes langues et les Autrichiens, pour la plupart, parlent plusieurs langues (au moins quasiment tous l'anglais).

L'Autriche est-elle une destination idéale pour s'expatrier en famille ? Pourquoi ?

L'Autriche est définitivement un pays parfait pour les familles ! C'est sain et calme. La nature est préservée et mise en avant. Tout est conçu pour que les enfants puissent pratiquer des activités en plein air et profiter de la nature. On vend même des combinaisons de ski pour bébés ici !

Il y a des marchés partout et la nourriture est facilement accessible et pas cher. C'est vraiment super pour ceux qui aiment cuisiner pour leurs enfants. La spécialité du pays c'est le potiron.

Qu'est-ce qui caractérise la scène entrepreneuriale en Europe ?

Je ne sais pas vraiment comment se présente l'entrepreneuriat en Europe en tant que tel. Je pense que cela varie d'un pays à l'autre. En France, il y a énormément de mesures (institutionnelles, privées, associations) mises en place pour faciliter la vie des entrepreneurs. Il faut savoir être réactif et se bouger car les bonnes informations sont difficiles à trouver. En termes de financement, de relations et de création d'entreprise, il faut trouver la bonne voie. Sur internet, on trouve tellement de choses qu'il est facile de s'y perdre. Il ne faut donc pas hésiter à en parler autour de soi. Je suis actuellement en relation avec d'autres jeunes femmes entrepreneures du monde et effectivement en France, il y en a beaucoup.

Quel conseil donnerais-tu aux expatriés souhaitant créer une entreprise indépendante à l'étranger ?

Mon conseil numéro 1 est de choisir un secteur d'entreprise qui motive réellement car on passe tellement de temps dessus, et seul (au début, en tous cas) qu'on ne peut pas se permettre d'être lassé ou désintéressé. Il faut être motivé à 200% pour pouvoir anticiper tous les problèmes, les changements, les attitudes, ainsi que les résultats. A titre personnel, je fais constamment des recherches pour le site. Dès que j'ai un moment, en donnant le biberon à mon bébé, je suis sur la toile, en train de chiner, fouiller, fouiner, trouver des choses qui pourraient être utiles à mon entreprise (idées d'articles, contacts, design, appels à projets, événements, actualités, sites, aspect technique, banque...). Mon esprit tourne tout le temps autour du site, ce qui dérange souvent mon conjoint. Je suis si passionnée que je vois à peine le temps passer. Créer sa structure demande un investissement personnel des plus importants. Il faut vraiment être bien sûr de soi et de son domaine d'activité.

Quels sont tes projets d'avenir ?

Continuer de développer le journal en le portant dans plus de pays encore et en ralliant plus de personnes à notre cause. Maintenant que j'ai obtenu une place en crèche pour mon bébé, je vais pouvoir développer plus régulièrement le site... jusqu'à l'arrivée du second bébé !

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